Son interview par Le Monde se termine ainsi :

Je me vois mal donner ma voix à la candidate de Lutte ouvrière, restée bloquée sur un logiciel des années 1920. Je n'ai pas plus envie de voter pour une LCR plus soucieuse de politique politicienne que de la misère française. Je ne voterai pas pour un PCF dont la direction n'a pas renoncé aux méthodes staliniennes. Un vote de conviction semble désormais impossible.

On peut alors choisir de rester pur et se cantonner à la seule éthique de conviction en votant blanc aux deux tours. On peut aussi mettre les mains dans le cambouis, composer une éthique de responsabilité : voter blanc au premier tour et Royal au second ; ou voter utile deux fois en choisissant Ségolène Royal. Ce qui suppose - ce que je crois - qu'à défaut d'idéal, on compose avec une gauche antilibérale responsable qui pense que la droite de Sarkozy, a fortiori celle de Le Pen, ça n'est pas la même chose que la gauche libérale des socialistes.


gauche libérale ? Qu'est-ce donc que cette coquecigrue ? Un peu la même chose que de l'eau bouillante froide, peut-être ?

Nous voilà repartis pour l'amère purge du "vote utile", c'est-à-dire porter au pouvoir les mêmes qu'on voit depuis 30 ans, ceux qui ont amené, dansant sur le volcan, notre Société au point de déliquescence soumise où elle est aujourd'hui.

Onfray opte clairement, donc, pour le proverbe Shadok : Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.

Chouette.

Non ?

Du coup, ça fait un peu perdre la saveur acidulée qu'on avait pu trouver à lire le début de son interview, des choses plaisamment assassines comme :

La Ligue communiste révolutionnaire avait donné le ton en affirmant très vite et très tôt qu'elle n'en serait pas, prétextant des différends sur la gestion de la gauche antilibérale en cas de victoire de la gauche libérale. Lutte ouvrière s'est tenue à l'écart, jouant la carte de l'intégrisme révolutionnaire. La direction du Parti communiste, tout à ses tractations d'appareil menées contre la base des militants, a noyauté les comités antilibéraux afin d'obtenir une majorité communiste lors du vote national. José Bové a tergiversé, s'est fait désirer.

Restaient Patrick Braouezec, Yves Salesse et Clémentine Autain qui ont joué collectivement un jeu que les autres jouaient personnellement. Mais sans succès : l'honnêteté ne paie pas. [...]

[...] Le PCF n'est plus stalinien car Staline n'existe plus. Il ne soutient plus les pays de l'Est car il n'y en a plus.


Fait chier, tiens.[1]

Il devient clair pour moi que ce pauve Michel Onfray s'adonne à l'endive :

Endive n.f. L'homme qui s'adonne à l'endive est aisément reconnaissable, sa démarche est moyenne, la fièvre n'est pas dans ses yeux, il n'a pas de colère et sourit au guichet des Assédic. Il lit Télé 7 Jours. Il aime tendrement la banalité. Aux beaux jours, il vote, légèrement persuadé que cela sert à quelque chose.
- Pierre Desproges


Swâmi Petaramesh, quant à lui, dit : Votez Coluche !

Et rappelez-vous son admirable slogan :

Quand je vois un chômeur entrer dans un bureau de vote, c'est comme si je voyais un crocodile entrer dans une maroquinerie...


Notes

[1] (Profonde pensée politique hautement conceptuelle)