Se poignarder le trou de balle avec un cervelas
Par Petaramesh le jeudi 4 janvier 2007, 15:52 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
Michel Onfray, Ségolâtre de raison, à défaut de coeur ? Est-ce bien raisonnable ?
Son interview par Le Monde se termine ainsi :
Je me vois mal donner ma voix à la candidate de Lutte ouvrière, restée bloquée sur un logiciel des années 1920. Je n'ai pas plus envie de voter pour une LCR plus soucieuse de politique politicienne que de la misère française. Je ne voterai pas pour un PCF dont la direction n'a pas renoncé aux méthodes staliniennes. Un vote de conviction semble désormais impossible.
On peut alors choisir de rester pur et se cantonner à la seule éthique de conviction en votant blanc aux deux tours. On peut aussi mettre les mains dans le cambouis, composer une éthique de responsabilité : voter blanc au premier tour et Royal au second ; ou voter utile deux fois en choisissant Ségolène Royal. Ce qui suppose - ce que je crois - qu'à défaut d'idéal, on compose avec une gauche antilibérale responsable qui pense que la droite de Sarkozy, a fortiori celle de Le Pen, ça n'est pas la même chose que la gauche libérale des socialistes.
gauche libérale
? Qu'est-ce donc que cette coquecigrue ? Un peu la même chose que de l'eau bouillante froide, peut-être ?
Nous voilà repartis pour l'amère purge du "vote utile", c'est-à-dire porter au pouvoir les mêmes qu'on voit depuis 30 ans, ceux qui ont amené, dansant sur le volcan, notre Société au point de déliquescence soumise où elle est aujourd'hui.
Onfray opte clairement, donc, pour le proverbe Shadok : Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.
Chouette.
Non ?
Du coup, ça fait un peu perdre la saveur acidulée qu'on avait pu trouver à lire le début de son interview, des choses plaisamment assassines comme :
La Ligue communiste révolutionnaire avait donné le ton en affirmant très vite et très tôt qu'elle n'en serait pas, prétextant des différends sur la gestion de la gauche antilibérale en cas de victoire de la gauche libérale. Lutte ouvrière s'est tenue à l'écart, jouant la carte de l'intégrisme révolutionnaire. La direction du Parti communiste, tout à ses tractations d'appareil menées contre la base des militants, a noyauté les comités antilibéraux afin d'obtenir une majorité communiste lors du vote national. José Bové a tergiversé, s'est fait désirer.
Restaient Patrick Braouezec, Yves Salesse et Clémentine Autain qui ont joué collectivement un jeu que les autres jouaient personnellement. Mais sans succès : l'honnêteté ne paie pas. [...]
[...] Le PCF n'est plus stalinien car Staline n'existe plus. Il ne soutient plus les pays de l'Est car il n'y en a plus.
Fait chier, tiens.[1]
Il devient clair pour moi que ce pauve Michel Onfray s'adonne à l'endive :
Endive n.f. L'homme qui s'adonne à l'endive est aisément reconnaissable, sa démarche est moyenne, la fièvre n'est pas dans ses yeux, il n'a pas de colère et sourit au guichet des Assédic. Il lit Télé 7 Jours. Il aime tendrement la banalité. Aux beaux jours, il vote, légèrement persuadé que cela sert à quelque chose.
- Pierre Desproges
Swâmi Petaramesh, quant à lui, dit : Votez Coluche !
Et rappelez-vous son admirable slogan :
Quand je vois un chômeur entrer dans un bureau de vote, c'est comme si je voyais un crocodile entrer dans une maroquinerie...
Notes
[1] (Profonde pensée politique hautement conceptuelle)










Commentaires
Je ne trouve pas ça si clair, ou du moins j'ai pas envie. Disons qu'Onfray évoque cette possibilité...
Pour ma part, et pour le moment, c'est blanc au premier, et pour le 2e on verra bien qui y aura, je ne fais pas de pronostics. Quitte à se taper 5 ans de Sarko, je préfèrerais que le PS ne soit pas au 2e tour, ça nous donnerait au moins un chance de nous en débarasser...
@Hervé : Il fait plus que l'évoquer, le "ce que je crois" de son dernier paragraphe étant sans ambigüité quant à sa position, ainsi que tout le paragraphe, du moins tel que je le lis.
Simplement, il s'abstient de le crier trop fort tout de même, à cause du côté pornographique de la chose.
Et alors, tu proposes quoi Swami ?
Dis nous un peu ce que tu comptes voter et pourquoi !
J'ai bien peur de ne pas être du tout d'accord avec Michel Onfray, pour une fois. C'est assez rare.
Voter blanc, ou voter LO ou LCR pour faire chier Ségolène est la meilleure chose à faire. Et de loin.
Voter Ségolène Royal, c'est exactement le contraire d'un vote utile: c'est donner raison à ceux qui, au PS, pensent qu'il faut s'ancrer au libéralisme et marginaliser les antilibéraux. C'est donner raison à ceux qui, au PC et surement au PS (genre "si ça capote tu as trois députés elligibles de plus") ont fait exploser la candidature anti libérale.
Le PS n'est pas un vote utile pour la gauche. C'est un vote suicidaire de plus.
Arlette ou Olivier sont un vote beaucoup plus utile: nonobstant leur position politique discutable, ils permettent d'indiquer sans discuter une position anti libérale et à gauche. Et d'indiquer au PS que non, tant qu'il n'aura pas compris ce qu'être à gauche veut dire, il n'aura pas ma voix. Et tant pis si Sarko passe. De toutes façons Ségo et Sarko c'est blanc bonnet et bonnet blanc.
Antilibéral? Le vote utile, c'est à l'extrème gauche qu'il se trouve.
@Alban :
Est-ce que quelqu'un aurait une bonne marque de canne à pêche à me conseiller ?
(Pas trop chère tout de même, hein, c'est seulement pour deux week-ends...)
Normalement, je trouve ça d'un chiant, et en plus je n'aime pas trop le poisson, mais cette fois je crois que mon civisme proverbial va me pousser à faire un gros effort...
Avec un bon aïoli, le poisson !
C'est vrai, j'oubliais que tu n'aime ni les conseils, ni l'aïl !
@Yves : Je partage en bonne partie ton analyse ; pour autant je ne risque pas de voter pour la secte archaïque qu'est L.O., ni pour la LCR qui a préféré la jouer partisane plutôt qu'unioniste, avec en substance un ... Peuvent toujours se gratter pour avoir mon bulletin de vote, presque autant que le PCF.
Donc je vais voter canne à pêche, à moins que ne parvienne à se présenter un franc-tireur clairement anticapitaliste, un José, une Clémentine ou un Yves (Salesse), voire même un Mélenchon qui se déciderait, comme ça, sur un coup de tête ;-) à y aller...
Je suis persuadé qu'une telle initiative individuelle - pour peu qu'elle parvienne à trouver les indispensables 500 signatures - ferait un carton qui serait l'évènement du premier tour.
A défaut, je me demande ce qu'on trouve, comme poissecaille, dans la région, au mois d'avril-mai...
Et pour les autres, peau de balle et balai de crin, pas la peine de nous agiter vos vieux épouvantails sous le nez, ça ne prend plus. ? Non, merci.
Je voulais juste démonter le raisonnement vote utile, vote Ségo de Michel Onfray.
Le vote utile, c'est voter pour quelqu'un pour qui tu n'es pas d'accord en raisonnant moins pire. LO ou LCR sont des sectes archaïques mais antilibérales, le PS est une secte libérale. Ou est le moins pire pour un anti libéral? Certainement pas au PS.
Ce qui bien entendu n'exclut pas non plus un vote blanc. Bien meilleur vote utile que le vote PS pour un anti-libéral.
Pour Michel Onfray on compose avec une gauche antilibérale responsable qui pense que la droite de Sarkozy, a fortiori celle de Le Pen, ça n'est pas la même chose que la gauche libérale des socialistes. C'est à dire qu'il va voter Ségo dans un choix Ségo/Le Pen. Si c'est le second tour je voterai peut-être Ségo, mais il y a un premier tour avant. Le second tour aura lieu après le premier, enfin si j'ai bien compris.
Je trouve l'ensemble des propos de Onfray sensé. Sauf la conclusion. Evidemment. Mais je peux comprendre le raisonnement : "mieux vaut une mauvaise gauche qu'une mauvaise droite". Sauf que je suis en situation de pouvoir subvenir à mes besoins avec les deux. Alors... Moi aussi je ne suis pas fana de pèche... mais pour une fois. Je comprends néanmoins les gens qui n'en peuvent plus et qui aimerait quelques assouplissements de la politique sociale... enfin... peut-être qu'après 20 ans d'alternance inutile, il se peut que ces gens qui tirent la langue aient eux aussi compris qu'on ne tirerait rien d'une Ségo... socialement parlant. Bref. On se retrouve nombreux sur le vote blanc depuis que le PC s'est tiré une balle dans l'pied, que la LCR a fourni le révolver au PC et que LO n'a pas décidé de prendre ses pilules contre l'autisme.
@Yves : Mmoui, il m'apparaît évident que, pour un tenant de la gauche véritable, l'ennemi politique principal est le P.S., et que c'est donc lui qu'il faut combattre en premier lieu.
Parce que tant que le P.S. squatte indûment l'étiquette "La gauche" vis-à-vis des media dominants (et parfaitement complices), et, par voie de conséquence, du grand public, alors la gauche-de-gauche reste marginalisée, dispose de peu d'espace médiatique et n'a que très peu de chances de jamais pouvoir obtenir une majorité électorale.
Il faut donc déboulonner le P.S. et le faire apparaître enfin comme ce qu'il est vraiment : Un parti de gouvernement de centre-droit qui est essentiellement une machine à placer à des postes électifs et de gouvernement un groupe de professionnels issus de la fonction publique, qui ne représentent finalement guère qu'eux-mêmes et le système en place, et ne servent que leurs propres intérêts sans nuire à ceux du système en place. Et rien d'autre.
Seule l'implosion du P.S., que j'appelle de mes voeux, pourrait laisser dans le paysage la place nécessaire à une gauche qui soit authentiquement de gauche.
Il est donc absolument exclu pour moi de voter Ségolène à un quelconque tour d'une quelconque élection, et quel que soit le candidat qui soit en face (je me suis bien juré de ne plus jamais voter socialo avant qu'il ne gèle en enfer. On a parfois spontanément un réflexe idiot, mais il ne faut pas oublier ses bonnes résolutions, surtout pas en début d'année ;-)
Quant à voter blanc, cela me paraît plus inutile que de s'abstenir : Les chiffres de l'abstention sont visibles, ceux du vote blanc, invisibles. Quelqu'un qui vote blanc *semble* participer du rapport de force : .
Et par la magie de l'oubli du décompte des blancs, ton vote blanc *semble* en quelque sorte réparti au prorata des opinions véhiculées par les suffrages exprimés, donc, en gros, tu *sembles* avoir soutenu le vainqueur... Mauvaise idée, je trouve.
est beaucoup plus clair : Il y a eu 35% d'abstention.
Transforme ces 35% en votes blancs, tu obtiens Où sont les blancs ? dans le compte-rendu, apu. Disparus. C'est une pure et simple confiscation du vote blanc. Donc : Abstention. Y'a que ça qui se voit.
Entierement d'accord avec Swami et je suis sur que tu es heureux de le savoir. J'ajouterais que dans un cas (vote blanc) on cautione un systeme, tandis que dans l'autre cas (abstention) on le refuse, on le rejete.
Et qu'on ne vienne pas me dire ensuite que si je ne suis pas content du resultat je me dois de la fermer. L'abstention n'est PAS un non-choix, c'est bel et bien un choix, double d'une signification pour qui veut bien enlever ses oeilleres.
Moi je peux vous dire que les flics et Cie quand ils sont commandés par des Pasqua et Sarko, ils se croient tout permis et tabassent à tout va.
Tout sauf le Sarko ou le Le pen, c'est ma devise.
Signalons simplement pour ceux qui voudraient voter blanc que ne sont pris en compte seulement ceux qui ont glissé dans l'enveloppe un carré de papier d'une blancheur virginale. Tout le reste est considéré comme nul.
Quand à savoir pourquoi ce bulletin n'a jamais - au cours de notre histoire qui se veut démocratique - été proposé aux portes des isoloirs, c'est probablement qu'il est de meilleur ton de fustiger la masse informe des abstentionnistes plutôt qu'un vote (car c'en est un) contestataire.
Un
blogashram bien sympathique que voilà.@Vagabond : Il me semble cependant (mais je peux me gourrer) qu'une enveloppe strictement vide est considérée comme un vote "blanc" et non pas "nul", mais quoi qu'il en soit le distingo est subtil et reste de pure forme, dans la mesure où les chiffres des blancs/nuls ne sont jamais communiqués au public (je crois qu'ils restent au niveau des préfectures et du ministère de l'intérieur), et que le seul chiffre largement communiqué et commenté par les journalistes est celui des abstentions.
De toute manière, ni blanc ni nul ne sont comptabilisés comme suffrages exprimés, autrement dit dans tous les cas ça compte pour du beurre.
(On peut cependant recalculer leur nombre global par un savant delta entre le nombre de votants et le nombre de suffrages exprimés, mais bizarrement, c'est une reconstitution qu'aucun journaliste ne prend jamais la peine de faire).
Ça fait surtout chier les volontaires qui dépouillent, car dépouiller un bulletin blanc ou nul, c'est trois fois plus de boulot de dépouiller un suffrage exprimé : Il faut que toute la tablée confirme la "nullité" ou la "blancheur", puis la faire constater par le chef du bureau de vote, puis agrafer l'éventuel bulletin à l'enveloppe et retourner le tout à la préfecture dans une enveloppe à part. Que de boulot pour un blanc/nul qui ne sera même pas vraiment comptabilisé au final...
(Eh ouais, des dépouillements, je me suis déjà dévoué pour en faire quelques-uns... Bad news à chaque fois, d'ailleurs...)
Ce qui fait que, si vous voulez réellement faire passer un message, il faut s'abstenir. Voter blanc-de-chez-blanc ou voter "Ma couille gauche" (donc nul), c'est peut-être intéressant d'un point de vue théorique, mais c'est du gaspillage de temps d'un point de vue pratique - et ça permet de récupérer l'apparence du choix du votant, c'est donc tout bénef pour le système car ça fait disparaître toute contestation, recyclée en devoir civique accompli. Mouarf.
Vote blanc-nul ou abstention :
je veux bien que le chiffre de l'absention soit plus commenté que le chiffre des nuls, mais dans mémoire en 2002 il avait été interprété comme étant le chiffre des gens qui n'ont en rien à foutre de la politique, pas des gens que le systeme actuel exaspere, c'est à dire l'extreme opposé...
Le vote blanc-nul a au moins cet avantage de ne pas pouvoir etre mal interprété ( à condition qu'on l'interprete certes ).
@Fabien :
Un grand classique du genre, mais les "interprétations" de cette sorte n'engagent que ceux qui les font, et ne trompent que ceux qui les croient...
>
...et c'est bien la raison pour laquelle il est soigneusement enterré, et, l'étant ainsi, doit par ailleurs rester très marginal, les gens disposés à voter blanc sachant par avance que . Je parie ma chemise que le chiffre des blancs monterait d'un seul coup de plus de 10 points si l'on annonçait qu'il sera comptabilisé et rendu public et commenté lors du prochain scrutin. Raison pour laquelle on ne le fera certes pas !...
Mmoui, il m'apparaît évident que, pour un tenant de la gauche véritable, l'ennemi politique principal est le P.S., et que c'est donc lui qu'il faut combattre en premier lieu.
Ah mais non pas du tout. L'ennemi politique est le libéralisme. Voter PS ou UMP c'est kif kif et bonnet blanc. Pour moi la question du vote n'est pas celle de vote pour ou contre le PS, mais à gauche ou pas à gauche. Le but n'est pas de faire échouer Ségo (Ségo ou Sarko ça ne fait aucune différence) mais de voter à gauche. Que cela puisse faire échouer Ségo n'est pas mon but, ni mon problème. C'est son problème: si elle veut ma voix elle n'a qu'à être à gauche.
--Dire "mieux vaut une mauvaise gauche qu'une bonne droite", comme semblent le dire Onfray et les tenants du vote utile, c'est oublier:
- les 30 ans de libération des marchés financiers (Beregovoy).
- "L'état ne peut pas tout" (Lou Jospinou).
- Les privatisations (Jospin a plus privatisé que Baladur).
- « C’est à nous qu’est revenu de faire le “sale boulot” » (Fabius à Chirac, 1986).
- DADVSI (la directive EUCD a été négociée par le gouvernement Jospin).
- etc...
Le PS est rigoureusement équivalent à l'UMP dans les faits. Le PS est politiquement à droite. Je ne voterai pas à droite. Ce n'est pas contre le PS, c'est contre la droite, et le PS en fait partie.
Allez un slogan pour la route:
Ségolène Royal sera mon vote utile le jours ou elle sera de gauche !
Ségolène Royal sera mon vote utile le jour ou elle sera de gauche !
C'est mieux sans faute. Variante:
Ségolène Royal serait mon vote utile si elle était de gauche !
@Yves :
Certes. Mais en la matière, avoir une droite-portant-des-habits-de-droite prétendûment "opposée" à une droite-déguisée-en-gauche verrouille le système et évacue tout réel débat.
Mieux vaut un adversaire clairement identifié comme tel plutôt qu'un adversaire déguisé en ami... et qui continue toujours, hélas, à tromper pas mal de monde, ou qui du moins convient tel quel à toute une frange de la population porteuse de convictions de droite mais qui se plaît toujours à se dire (et se croire) de gauche. Ah qu'il est bon être de droite et voter à droite tout en se prétendant de gauche et en faisant semblant de voter à gauche !
La première priorité est donc de renvoyer cette gauche d'opérette au camp qui est vraiment le sien. On se rendra sans doute compte alors que la somme de toutes les droites dispose d'une confortable majorité face à la somme de toutes les gauches (réelles), cela n'aura rien de très surprenant, mais au moins les choses auront-elles l'avantage de la clarté, et à partir de là pourra-t-on espérer faire quelque chose. Au moins, on pourra déjà se compter ;-)
Alors la je suis outre par ton comportement Swami !
Comme oses-tu parler de si vile maniere du cervelas !
Des fois je rêve d'une grande manif, le jour du vote, ou tous ceux qui refusent le "choix" que l'on nous impose, iraient brûler leur carte d'électeur.......Vi, je sais, c'est pas citoyen, mais qu'est ce que ce serait jouissif!!!!!!!!!!!!
Dans une democratie qui se respecte, la vox populi devrait etre plus importante que de ne pas etre citoyen en brulant sa carte d'electeur.
Bah... Pourquoi pointer Michel Onfray ? C'était prévisible : abonné aux médias (qui mentent), tête de gondole à la FNAC... Qu'attendre de lui ?
En quoi serait-il plus méprisable que les politiciens de la gauche "radicale" (qualificatif accordé généreusement par les médias (qui mentent)) qui appellent à voter pour le PS au second tour ? Les Buffet, Bové, Autain, Salesse, etc. Ceux que l'on retrouvera secrétaires d'État du futur gouvernement socialiste.
Même Bernard Cassen est de la partie dans le Diplo de janvier. Certes, il y met les gants, mais les propos de Royal sur la BCE seraient à prendre au sérieux d'après lui. C'est admirable de jésuitisme. Les retournements de vestes s'accélèrent, au point de donner le tournis. Les mêmes personnes qui conspuaient le traité européen trouvent soudainement fréquentable celle qui promettait la privatisation des cantines scolaires en cas de victoire du NON, celle qui incarne l'ancrage définitif du PS à droite.
Et bien, le Monde diplomatique a rejoint son papa le Monde dans la poubelle. Un lecteur de moins, hop.
On nous susurre mielleusement dans l'oreille que Royal est préférable à Sarkozy, que ce dernier représenterait une Thatcher puissance 10, que son arrivée au pouvoir déclencherait une tornade ultra-libérale comme aucun pays n'en a connue, et qu'entre deux maux il faut choisir le moindre, blablabla.
Les lois et réformes mises en place par Chirac II (Raffarin-Villepin) n'ont été que de simples développements de la politique socialiste précédente : libéralisation de l'énergie, lois sur la retraite, lois sur la sécurité (le fichier des empreintes génétiques a été créé par Jospin). Contrairement à beaucoup, j'ai trouvé parfaitement juste l'apostrophe de Villepin à Hollande, traitant ce dernier de "lâche" lors du débat sur Airbus (ce n'était pas une perte de sang-froid, ces gens là savent ce qu'ils font). Car c'est le gouvernement Jospin qui, en bradant Airbus à Lagardère dans des conditions incroyables, a permis le désastre qui a suivi.
Abstention ou vote blanc !
Namaste,
Un des avantages de ne pas voter du tout est que cela ne laisse aucun doute pour celui qui consulte la liste des votants.
Une bonne partie des gens élus au conseil municipal de ma commune savent qui je suis (c'est lié aux antécédants familiaux) et peuvent constater que je n'ai pas voté pour eux ni pour aucun autre.
J'irai voté au premier tour pour celui/celle le plus près de mes aspirations politiques et j'irai pique-niquer le jour du second tour.
L'idéal serait que le borgne n'obtienne pas les 500 signatures ce qui enleverait toutes substances à ceux qui prônnent le vote utile dès le premier tour. Ce qui entre nous est une aberration, pourquoi organiser une élection au suffrage universel à deux tours si dès le premier tour je n'ai pas le choix ?
salut swami
""Onfray opte clairement, donc, pour le proverbe Shadok : Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas."""
genial ,ta formule ..si tu m'autorise a la reproduire !
d'ailleurs si j'avais ete capable d'une aussi belle saillie ,commet que je m'en serais deja servis sur quelques forums !!!!!
@Chris :
Il s'agit d'un authentique proverbe Shadok dont je ne détiens pas la paternité. Je ne puis donc ni autoriser, ni interdire (d'autant que je suis fort occupé à pomper le cosmogol...)
@Bruno :
Ceci pose une intéressante question : Le fait d'avoir de temps à autre le droit de postillonner dans un micro, ou de se retrouver en "tête de gondole" à la FNAC, est-il en soi suffisant pour ôter toute crédibilité à un auteur, ou, a minima, le rendre suspect ?
Dans ce cas, il ne va rester de crédibles que les auteurs que (presque) personne ne lit et qui n'en tirent pas un maravédis. Swâmi Petaramesh, par exemple...
onfray est dans l'air du temps, le pire c'est qu'il est progressiste, c'est dire ou on en est. Universite populaire d'un cote, totalitarisme sur l'affaire redeker de l'autre.
De toute facon, on se la prendre bien profond, et celle la va aussi faire mal. Tout est prevu les medias et autres appareils ont selectionne leurs candidats, a cote de la frange dominante des dominants... Sans compter sur cette gauche antiliberale fictive, qui n'aspire a rien de mieux que les autres.
Et ben, j'avais bien raison d'être en vacances, moi, et de ne pas m'intéresser à toute cette misère pendant quelques jours... Parce que là, je rentre, et je découvre ça, et piouf... Ça me conforte : je t'accompagnerai à la pêche, Swâmi.
gauche libérale ?
Qu'est-ce donc que cette coquecigrue ?
Un peu la même chose que de l'eau bouillante froide, peut-être ?
Pour ta culturitude,
l'eau peu bouillir froide, et oui, ca depend de la pression.
Pour la gauche liberale, je te conseille un livre assez ancien 1844,
"l'unique et sa propriété", tu y trouveras mélangés les bourgeois,
les sociaux (au sens très très large) et les humanistes sous l'eternelle
et illusoire idée du liberalisme.
bonne lecture.
Hum.
Le libéralisme, c'est l'égoïsme érigé en tant que système : chacun sait mieux que tout autre ce qui est bon pour lui, il doit poursuivre ce but coûte que coûte, et toutes ces forces contradictoires "s'équilibrent".
L'anti-libéralisme, c'est fixer d'autres buts à l'aventure humaine que l'exacerbation des égoïsmes, c'est avoir une autre vision de la finalité de l'existence, c'est penser qu'une somme d'égoïsmes à courte vue ne fait pas nécessairement un bonheur global et durable.
Mais l'égoïsme est le seul moteur connu capable de mettre en mouvement des masses humaines.
(l'altruisme ça ne marche que pour quelques individualités, et pas à tous les coups).
(les systèmes religieux qui mettent en mouvement les masses sont un égoïsme du type "ma croyance d'abord").
Etre libéral, c'est avoir un gros gros moteur et foncer foncer foncer. On va où Chef ? Tais toi et fonce !
Etre anti-libéral, c'est se priver de moteur. C'est avoir de beaux et clairs objectifs, mais pas les moyens d'avancer.
Non ?
@Yogi :
Non, un bon coup de pied au cul le fait également très bien. L'histoire n'est pas avare en exemples.
>
Juste un détail : Le charbon est presque épuisé, chef...
Juste un autre détail : Les rails s'arrêtent à 2500 mètres chef, et le tunnel dans la putain de montagne n'a pas encore été creusé, chef !
- Tais-toi et enfourne le charbon Ducon ! Tu sais bien que si la machine n'accélère pas, elle cale !
@Swâmi : "un bon coup de pied au cul le fait également très bien"
Le coup de pied au cul ça donne au mieux (?) une révolution, ça ne fait pas tourner une société.
Un système économique qui ne laisse pas assez de place à l'égoïsme se fera corrompre ou renverser par l'égoïsme. Il faut l'encadrer pour en limiter les effets pervers, mais si tu ne satisfais pas l'égoïsme rien ne marchera.
@Yogi : Il y a pourtant des société qui ont marché à coups de pied au cul pendant des décennies. Cela dit, c'était en réponse à ton . Je n'ai pas dit que le coup de pied au cul était un système politique souhaitable...
>
C'est sans doute une déplaisante vérité de l'âme humaine. Ceci dit, satisfaire l'égoïsme dans une certaine mesure n'est pas l'équivalent de "laisser l'égoïsme gouverner" (le système capitaliste) "sans aucun frein ni bémol ni contrôle" (le cauchemar du hard-libéralisme actuel).
On peut imaginer qu'une société capable de satisfaire les besoins de tous (au moins les besoins essentiels : logement / nourriture / santé / éducation, de manière convenable) satisfasse ainsi dans une certaine mesure l'égoïsme de tous.
Maintenant, si par tu parles de satisfaire ce plaisir pervers qui veut que j'aie (beaucoup) plus que mon voisin, y compris beaucoup plus de superflu, et alors même que mon voisin manque du nécessaire, je ne suis pas persuadé qu'une société doive satisfaire cet égoïsme-là, et encore moins l'ériger en principe directeur.
Or l'alpha et l'oméga de la théorie du libéralisme économique est que la somme des égoïsmes individuels est le moteur menant à la "meilleure" société possible. Même en faisant abstraction de l'aspect moral de la chose, il s'agit d'un dogme qui n'a jamais été démontré - mais qui, pour des raisons évidentes, satisfait les possédants et les puissants, ce qui a jusqu'ici assuré son succès (au seul bénéfice des précités).
@Max :
L'ébullition de l'eau froide confirme donc la situation de dépression dans laquelle nous nous trouvons. Pimprenelle va pouvoir prendre un bain de siège (© Rika Zaraï).
@Swâmi : Mettons fin à une idée reçue tout d'abord : "laisser l'égoïsme gouverner sans aucun frein ni bémol ni contrôle" n'est revendiqué par personne. Même les américains les plus libéraux réclament et pratiquent un encadrement des forces de marché. La question est plutôt "Quel niveau d'encadrement faut-il ?" et "Au profit de quoi ou de qui encadrer le marché ?".
Comme le disait déjà Gandhi, "l'égoïsme de tous" est inextinguible, et il est bien sûr impossible de l'ériger en principe directeur.
Mais c'est le ressort de l'humain, et il est exploité à fond par le libéralisme. A contrario, les anti-libéraux n'ont aujourd'hui aucun moteur de remplacement à proposer. Et en déclarant "tabou" le seul moteur connu ils se condamnent - ils nous condamnent - à rester au bord du chemin. Ils confondent la fin et les moyens. Ils trahissent leur propres idées en refusant d'envisager de mettre à leur service les seuls outils disponibles.
La "gauche libérale" ça doit être ça : "la gauche" pour avoir une vision et définir des objectifs, "libérale" pour se donner les moyens de les atteindre. Evidemment tu peux craindre qu'elle s'égare, qu'elle oublie sa mission en cours de route, mais au moins elle a une chance d'avancer.
"Un con qui marche va plus loin qu'un sage assis".
Hugh.
@Yogi :
Non, c'est l'un des ressorts de l'humain, du moins si tu limites ta conception de l'égoïsme à l'égoïsme économique (soif d'argent et de pouvoir). Et nous parlons en l'occurrence d'économie (et de politique).
Mais si tu regardes autour de toi, aucune des belles et grandes "créations de l'humanité" que tu verras n'a été créée pour, ni au nom de, cette forme d'égoïsme.
D'autres, peut-être : L'orgueil, le désir de gloire, celui d'un grand destin, la piété religieuse, la curiosité scientifique, l'amour de l'Humanité...
Un psychanalyste te ramènera aisément n'importe laquelle de ces motivations à de l'égoïsme, mais il ne s'agit pas du même égoïsme.
Voir cette phrase vers la fin du (très moyen par ailleurs) "Christophe Colomb" de Ridley Scott, ou Colomb, de retour en Espagne, ruiné, critiqué, répond à l'un des nobles "gestionnaires" qui lui fait remarquer sa déchéance et la gloire d'Amerigo Vespucci : .
Les hommes avides d'argent, les bourgeois, les banquiers, les financiers, n'ont jamais rien créé depuis que le monde tourne. Ils tiennent les cordons de la bourse, mais dès lors qu'ils confondent la fin et les moyens, et prétendent définir les objectifs de la société, ils ne méritent que notre mépris.
>
C'est un des ressorts de l'humain, et il est non seulement exploité, mais surtout glorifié, donné en exemple, présenté comme seul but raisonnable de l'existence, par le libéralisme. Heurk.
>
Absurde. Non seulement ça ne tient pas debout, mais en plus cette "gauche libérale", qui a largement été au pouvoir ces dernières décennies, est-il besoin de le rappeler, a prouvé qu'elle ne savait que trahir la soi-disant-fin ("gauche"), intoxiquée par la puissance du moyen ("libérale").
On n'atteint pas un objectif en commençant dès l'abord à composer avec son contraire au point de vouloir atteindre le nord en se dirigeant droit au sud. On ne fera pas le tour du capitalisme ainsi.
Croit-on qu'on résoudra un problème en essayant pour la millième fois des solutions qui ont largement prouvé qu'elles ne fonctionnaient pas ?
>
Aller loin dans la mauvaise direction est le comble de l'inutile.
@ Swâmi : Je ne voudrais pas que nous sombrions dans une empoignade stérile mais il me semble que nous ne nous comprenons pas sur les points suivants :
> "Les grandes créations de l'humanité ne sont pas faites par égoïsme"
En effet. Mais une fois de plus je ne parle pas de ce qui peut ponctuellement provoquer un changement ou déclencher une découverte, mais de ce qui peut faire tourner un système économique entier sur la durée et motiver suffisamment l'ensemble des gens pour qu'ils y jouent le jeu qui leur est proposé. Et c'est l'égoïsme. Quoi que tu fasses, sur la durée, un humain cherchera à poursuivre son petit but égoïste et à faire primer "Moi" (mon confort, mes enfants, mes idées, ...) sur "Le reste du monde", et ce jusqu'au bout des limites possibles. Si tu n'utilises pas cette force là, si tu ne la canalises pas, elle te battra (c'est pourtant bien de l'art martial oriental ça, ô Guru ;-)).
> "Les financiers prétendent définir les objectifs de la société ... l'égoïsme est non seulement exploité mais surtout glorifié ..."
On est bien d'accord. C'est bien mon point.
> "On n'atteint pas un objectif en commençant dès l'abord à composer avec son contraire au point de vouloir atteindre le nord en se dirigeant droit au sud"
Si. Ca s'appelle de la négociation. C'est même la seule façon d'atteindre un objectif. Et en l'occurrence l'idée est justement de ne PAS laisser la société partir droit au sud en restant là à crier "bande de cons", mais à monter à bord pour essayer de faire du "Sud-Est" dans un premier temps.
> "Aller loin dans la mauvaise direction est le comble de l'inutile."
Avancer est la seule façon de changer de direction.
Puriste comme tu l'es, je pense que tu vas me vouer aux gémonies et me traiter de traître inconscient et vendu. Que tu veux une révolution et pas une compromission. Mais je ne pense pas que nous soyons ici dans le traditionnel débat "Munichois" sur la composition (ou non) avec l'ennemi. La question est "de quel moyen moralement acceptable disposons-nous pour faire tourner une société humaine ?"
Que vas-tu mettre en place après la révolution ? Cette organisation sera-t-elle à l'épreuve de l'égoïsme ? Si oui, n'est elle pas atteignable par - urk- réforme - berk - du - pouah - libéralisme - beuark- ?
Hormis sa conclusion, votez utile, votez Ségo, son analyse de la gauche antilibérale est juste. Incroyable que le PC, la LCR et le PCF espèrent peser plus chacun de leur côté en réalisant de scores entre 2 % et 6%, qu'en s'unissant... Idées communes, front commun anti-libéral mais dès qu'il s'agit de construire qqchose, une candidature unique de gauche antilibérale, chacun pointe telle ou telle incurie chez l'autre...
Bref, tant que la gauche antilibérale aura l'esprit de clocher, ce qui est quand même regrettable et ironique pour des internationalistes, la gauche libérale aura les coudées franches pour appeler au vote utile et imposer sa politique.
@Pas perdus :
Il n'existe rien de tel qu'une . Il existe une gauche d'une part, et une droite-qui-se-prétend-de-gauche parce que ça fait mieux dans les vernissages et dîners d'autre part.
Ce que tu appelles la , moi je l'appelle la droite honteuse.
Et en l'occurrence l'idée est justement de ne PAS laisser la société partir droit au sud en restant là à crier "bande de cons", mais à monter à bord pour essayer de faire du "Sud-Est" dans un premier temps.
ça c'est la promesse politique. La pratique vécue depuis 25 ans, c'est que ceux qui monte dans le poste de pilotage, et tout en prétendant pousser le cap au Sud-Est, poussent toujours plus directement au sud en augmentant les gaz pour s'éloigner du Nord au plus vite, parce que comme ça ils peuvent profiter des petits fours avec les premières classes, en expliquant qu'il y a trop de courant et qu'ils n'y peuvent rien.
Mais les passagers qui veulent le Nord ne croient plus à la responsabilité du courant. Ils ont vu l'équipage louvoyer pour prendre toutjours plus vite les courants qui mènent au Sud, au lieu de chercher ceux qui mènent ailleurs. Ils savent que les équipages qui prônent le sud-est sont des pro-sudistes masqués. D'expérience ceux-ci n'ont jamais tenté de faire dévier le cap d'un iota epsilonesque, se sont disqualifiés d'eux-même et ne peuvent plus prétendre vouloir atteindre le nord.
Gauche liberal est pour moi simplement le reflet de ce que notre société ( et j'inclus tout ce qui on un doigt où je pense qui se pretende d'un bord ou d'un autre et qui n'y voit uniquement que leur interet personnel ) tend à etre ... un truc pateux puant et gluant sans reelle definition, juste allant là où ça pue le pognon pour juste en avoir.
En gros comme tout ce qui est du ressort de parler pour rien dire .. comme mon poste :p
Si nous étions libre nous ne vivrions pas en "société" pour laquelle on paye ( jai pas encore vu un simple truc gratuit dans ce merdier) ..
Je m'emballe mais bon c'est gerbant de voir comment on se fit manipuler et on appelle ça "pour notre bien" .
Allons y gaiement les petits moutons !
Simple truc ... on fait des ecoles de politique non ? et ces branleur de première se retrouve où ?