Se faire péter la sous-ventrière
Par Petaramesh le lundi 25 décembre 2006, 20:06 - Râleries dualistes - Lien permanent
Bon, y'a des gens sous des tentes sous les ponts, mais je suis heureux de constater que (tout comme nous d'ailleurs) mes voisins ne se laissent pas abattre : Je rentre à l'instant de l'expédition la plus révélatrice en ce jour de Noël : la descente aux enfers au local-poubelles en portant d'une main mon lourd sac de qui-ne-se-recycle-pas-mais- qui-attire-les-chats et en tirant de l'autre main mon carton plein de cartons de jouets aplatis...
J'arrive au local-poubelle, putain ! c'est Tchernobyl là-dedans ! Il y en a jusqu'au toît ! Toutes les poubelles grises de "pas-recyclable" dégueulent jusqu'au plafond, y'en a partout des restes de bouffe de luxe à nourrir un village africain pendant 3 mois... À vomir. Quand aux poubelles de "recyclable", on ne les trouve même plus, noyées sous une pile de cartons en vrac (bien évidemment non aplatis ni débités) qui va des tonnes de jouets en tout genre jusqu'à la télé-écran-plasma home-cinéma chaîne-Hi-Fi, cartons étiquetés "Dell", "Plackard-Bèle", "Canon", "Sony" et autre coûteux gadgets du même tabac...
Plus du vieux matos subitement devenu inutile bazardé au milieu de tout ça en vrac, vu qu'on ne trouve même plus les poubelles, n'est-ce pas...
Bon. Mes voisins ne se laissent pas abattre, c'est déjà ça de pris.
Une qui va se sentir toute abattue, c'est la gentille dame de la société de ménage qui vient très tôt le matin pour nettoyer notre immeuble de jeunes locataires middle-class et sortir nos bourgeoises poubelles. Là, elle va devoir se démerder avec la tonne de trucs en vrac jetés n'importe comment à son plus grand mépris par un tas de connards mes charmants voisins tellement civilisés dès que personne ne les regarde. Il lui faudrait au moins un Fenwick, à la gentille femme de ménage, la prochaine fois qu'elle viendra. Mais elle n'aura certainement ni "Fenwick" ni la moindre prime de nettoyage des restes de réveillons d'un tas de salopards trop gavés et qui s'en foutent. Ça lui prendra des plombes, mais tout le monde s'en tape.
T'te façon y'a plus de concierges qui nous feraient la gueule dans l'escalier ou nous demanderaient des étrennes depuis des décennies. Nous avons externalisé tout ça, braves gens ! Rationalisé.
La concierge, tu la respectes un minimum... syndical. Mais la femme de ménage que personne ne connaît, tu peux lui chier sur la tête. Logique. Pourquoi se priver ?
Ce qu'il y a de marrant dans mon immeuble - et je suis certain que c'est le cas dans le vôtre aussi, non ? - c'est les jours de déménagement. Alors là, ceux qui partent s'en battent vraiment les couilles. Les meubles carrément abandonnés dans les allées des garages souterrains, les tonnes de trucs balancés n'importe comment dans le local poubelles... Ils s'en foutent les braves gens : Ils sont partis et ne reviendront pas, personne ne leur dira jamais plus rien. Ils n'auraient vraiment aucune raison de se casser le cul à aller jeter leurs merdes à la déchetterie. Vous pensez bien.
Le local-poubelles de mon immeuble un 25 décembre est le thermomètre qui nous indique la distance astronomique qui sépare encore notre société d'une quelconque révolution en profondeur. Un peu comme la queue aux caisses de la FNAC avant-hier, quoi...
Humanité, je t'aime.
Je finirais bien ermite dans une grotte, moi, tiens. Je pourrais chier juste devant l'entrée pour dissuader les touristes.











Commentaires
Au moins du côté de chez mon fils, les gens sont un peu plus civilisés. Les poubelles sont devant les maisons bien rangées sans rien qui déborde ... remarque y a pas beaucoup d'enfants non plus dans le coin, c'est un hameau de vieux.
Du côté de chez ma fille, c'est un peu plus jeune, mais il n'y a pas non plus de boxon poubellien. Peut-être l'avantage de la vie en village où chacun doit nettoyer sa merde ....
Ah, marrant, j'avais connu ça, le bordel du local-à-poubelles, et pourtant, il y avait
des conciergesdes gardiens, et ils étaient vraiment sympas (si, ça existe).Tandis que dans mon nouveau chez-moi à moi que j'ai, tout ça se déroule le plus civilement du monde, et même, le plus amicalement du monde... parce qu'au-delà du terrain que nous partageons à deux maisons, nous partageons la même poubelle (faut aller deux rues plus loin pour le carton et le verre, ça fait bizarre), et vu que nous partageons souvent les mêmes bouteilles, chacun fait attention aux autres ! Comme quoi, à quoi ça tient, hein... ;-)
bah, c'est ça d'habiter dans les beaux quartiers, hein ...
quoique demain, va falloir que j'aille bazarder le stock de cadavres ...
@Ko :
Tiens, c'est marrant, ça, que tu fasses dans le politiquement correct anti-nom-concierge...
Pourtant, "concierge" est un mot désignant un métier précis, qui n'a en soi rien de péjoratif.
Tandis que "gardien", c'est le comble du vague et du flou qui ne renvoie à rien si ce n'est... au gardiennage.
Gardien... de quoi ? Gardien de prison ? Gardien de square ? Gardien de cimetière ? Gardien de la paix ? Gardien d'entrepôt ? Gardien de la foi ? :-D
Si tu te mets dans la foulée à traiter les aveugles de non-voyants et les sourds de malentendants, je ne te cause plus ! :-}
()
Heu, con-cierge, ça fait trop anticlérical, en cette fin d'année où la Saint Nicolas sent le sapin ???
M'enfin, c'était pô du premier degré, les loulous !!
On se rassure : je n'appelle pas les femmes de ménage des , les caissières sont des caissières, et les sont des sociaux-traîtres. Un chien est un chien et un con est un con, quoi ! ;-))
@Ko :
Pardon poulette, j'avais pas vu la flèche... ;-)
(D'un autre côté, si les socialistes sont des sociaux-traîtres, les cocos aussi... On n'est pas dans la merde avec ça, tiens...)
Ah mais dis donc, tu as farpaitement raison (même si on ne dit pas , mais ... des sociaux-traîtres, donc) : les communistes, ou plutôt, le parti, entrent désormais dans cette catégorie détestable.
Je dis que , parce que rien qu'ici, dans l'Hérault, il y a eu dissidence, jusqu'aux instances fédérales : le secrétaire s'est mouillé, ils ont été plusieurs cadres locaux à signer une adresse, très respectueuse, d'ailleurs, enjoignant MGB à ne pas saborder l'unité du mouvement... Et il y a eu plusieurs initiatives nationales du même acabit.
(je peux pas m'empêcher de les défendre, les communisssses, c'est de l'atavisme familial, c'est comme çaaaaa - lalalalala-lala) ;-)