Remise passeport électroniqueEt voici donc quelques informations sur l'objet, que je suis allé récupérer en mairie quelque part en début de semaine.

Sachant que l'animal était censé être un bidule biométrique avec une puce électronique dedans, je m'attendais à un passeport équipé d'une puce bien visible genre "carte de crédit", et donc doté d'une couverture ou d'une page intérieure au moins partiellement en plastique rigide.

Aussi quelle ne fut pas ma surprise de me voir remettre par la guichetière un passeport en papier-carton d'apparence tout-à-fait traditionnelle, avec 32 pages dedans et puis c'est marre.
Je demandai donc à la guichetière : Mais heuuuu... C'est pas un passeport biométrique ? Et la demoiselle, qui avait du consacrer davantage de temps et d'efforts à l'étude de la princesse de Clèves plutôt qu'à l'approfondissement de ses connaissances à propos des documents qu'elle délivrait me répondit que Euh ben non c'est un passeport ordinaire quoi... tout en me donnant à signer un petit bordereau de remise par lequel je reconnaissais avoir pris bonne livraison d'un passeport électronique (ta mère[1]).

Alors électronique ou pas électronique ? Electronique, certes. Puisque la partie "à conserver par devers moi" du petit bordereau de remise, dont le recto est reproduit ici, précise sans ambiguité que le passeport est doté d'une "puce sans contact", qu'on appelle également un tag RFID, objet de taille minuscule très certainement logé dans l'épaisseur de la couverture cartonnée du passeport, et franchement indécelable à première vue pour qui ne le sait pas, tant la couverture du passeport ne présente aucune anomalie d'aspect ni aucune surépaisseur visible. Elle est tout-à-fait aussi mince, sinon plus, que la couverture de mon précédent passeport pas-électronique. Un examen visuel poussé en "lumière rasante" me laisse voir de très légères irrégularités qui me donnent à penser que le bidule doit être dans la partie arrière de la couverture, encore ne puis-je en être certain.

Et il n'y a pas d'erreur, le bordereau de remise de "passeport électronique" correspond bien à la nature électronique du passeport, puisque la page 32 de celui-ci spécifie, au milieu de la liste des choses interdites : De même, il est interdit d'effectuer toute altération, modification ou intrusion dans son composant électronique.

Interdits passeport

Donc bon, la messe est dite, c'est bien un passeport "électronique", même si ça n'se voit pas. Et le fait qu'il fonctionne par radiofréquences pose l'amusante question de la possibilité éventuelle du contrôle d'identité furtif à distance, autrement dit qu'il soit possible de lire le contenu du passeport dans votre poche à l'insu de votre plein gré, en passant dans un portail fixe dans une entrée de bâtiment par exemple, ou avec des appareils discrètement transportables. Au présent ou au futur, ce n'est pas follement enthousiasmant...

Le bordereau remis avec le passeport précise au verso le contenu (supposément) enregistré dans la puce, qui correspond parfaitement à tout ce qui est inscrit de manière humainement lisible dans le passeport physique proprement dit. On y trouve donc identité, nationalité, sexe, taille, couleur des yeux, date et lieu de naissance, domicile, date et autorité de délivrance, date limite de validité, ainsi que ma photographie numérisée de manière vectorielle, pour faire plaisir aux systèmes automatiques de reconnaissance faciale, présents ou à venir.
En fait, la partie humainement lisible du passeport n'est plus d'aucune utilité, sauf pour les flics et douaniers sous-développés qui ne disposent pas encore de l'équipement nécessaire à la lecture de la puce électronique... laquelle puce est tellement minuscule (je suppose, puisqu'elle est invisible...) que la prochaine étape logique sera sans doute l'implantation directement sous la peau, non ? Brrrr...
Le papelard va jusqu'à préciser que je peux exercer le droit d'accès et de rectification prévu par la loi de 78 auprès de l'autorité de délivrance.
Et le machin est valable dix ans contrairement aux anciens modèles qui ne l'étaient que cinq.

Côté "humainement visible" du passeport, une seule page est intéressante, du moins pour le non-spécialiste et non-faussaire que je suis : la page où est inscrite mon identité et où est reproduite ma photo.

La première chose que je remarque est que la page est très mince, et que la photo que j'ai remise n'y a pas été collée ni agrafée comme par le passé, mais au contraire, comme sur les cartes d'identité actuelles, scannée et réimprimée directement sur la page. Ma photo se trouve imprimée là en deux exemplaires : En grand, et en couleur, à gauche, et également en plus petit et en noir et blanc, sous le texte de mon identité, auquel elle sert en quelque sort de filigrane, pourrait-on dire.

Au bas de cette même page se trouve, également comme sur les cartes d'identité, un bandeau de lecture optique comportant mes nom, prénoms, et un numéro à rallonge.

Enfin, la page entière est recouverte d'un film plastifié "anti-falsification", lequel film est doté de plein de caractéristiques amusantes, comme des dessins en filigrane en encres fluorescentes de plusieurs couleurs, on y voit par transparence une planète stylisée, une grande "France" avec une "Mariane" à l'intérieur en couleurs changeantes différentes, à cheval sur la photo et sur l'identité ; plein d'autres petites "France" un peu partout, un hologramme par-dessus la photo principale (en bas à gauche) avec encore par-dessus des inscriptions "République Française" en tout petits caractères métallisés ; un autre hologramme "métallique" "RF" + "France" + "Soleil" superposés en haut à droite de la page. Bref, ils se sont bien fait chier pour compliquer la vie des faussaires.
Ajoutons que tout le passeport est micro-perforé en bas de son numéro de série qui traverse toutes les pages, mais que contrairement aux vieux passeports où cela était fait à la trouilloteuse, on dirait ici que le numéro est perforé au laser : le diamètre des trous est absolument minuscule, plus gros sur les premières pages que sur les suivantes, à peine visibles (sauf en regardant "à travers") sur la "4 de couverture", et les pourtours des trous ont l'air un peu jaunis/brûlés. Ca sent son trouillotage au laser, ça, oué.

Bref, quand j'ai dit à la guichetière, après un rapide coup d'oeil : Ben dites donc, ça doit être le cauchemar des faussaires, un truc pareil, elle m'a répondu : Oh, y'en a déjà des faux en circulation...

Comme quoi, c'était pas la peine de se donner tout ce mal...

Enfin me voilà électroniqué d'importance. Sniff. A quand le tatouage sur l'avant-bras l'oreille ?

Notes

[1] OK, je n'ai pas pu m'empêcher. Je suis déjà sorti.