Il faut dire que la judicieuse remarque du Yéti l'autre jour me trotte dans la tête : Comment se marier à un système qui ne veut pas de toi, et qui sent que toi non plus tu ne veux pas, mais alors pas du tout, de lui ?

Cette question lancinante résume en quelque sorte le petit drame absurde de mon insignifiante existence terrestre.
Ce n'est pas vraiment nouveau pour moi : Ca doit bien faire 30 ans que je me le demande. Peut-être plus.

Mais il faut bien que le mariage se fasse. C'est con, mais il faut bien bouffer. Je ne vois pas d'autre solution pour assurer l'équilibre énergétique de cet organisme et de ceux dont il a la responsabilité. Et pas prendre la pluie sur la tête. Y'en a qui sont dehors, juste là, maintenant...
Enfin là, je l'occupe à maigrir, cet organisme. Trop préoccupé, plus faim, dors plus. Excellent pour le régime, mais probablement pas très bon pour le coeur, dans tous les sens du terme.

Alors là, franchement, même si la mariée n'est pas bandante, j'épouse sans regarder, tellement ça me reposerait d'être enfin tranquille 5 minutes, de ce point de vue là au moins.

L'autre possibilité, c'est tout simplement de se ramasser la gueule dans le caniveau. Ca n'est pas enthousismant des masses comme hypothèse, mais y'en a des tas à qui ça arrive tous les jours. Y'a pas de raison de penser qu'on jouit d'une bénédiction particulière, si ? Ca se verrait...

Ca fait quelque jours, quand ma machine n'explose pas en vol, que je m'occupe à remonter le fil de mes billets passés, pour y ajouter des "tags" permettant de les classifier et retrouver selon les sujets qu'ils abordent, donnant au passage ce joli petit nuage sémantique. Je ne suis encore remonté que jusqu'à début mai (février-mars-avril restent à faire), mais ça m'a suffi pour me rendre compte du point auquel la lecture de ce blog est follement déprimante... Houlàlà ! Je m'étonne avec ça de conserver quelques lecteurs qui ne se sont pas encore pendus en me lisant, ou attachés une grosse pierre au cou pour s'en aller jeter au fleuve le plus proche...

Enfin j'assume. C'est la merde depuis un bon bout de temps, donc ça se voit. Puis ça se voit même sur ma gueule, maintenant, il paraît. Comme qui dirait, je sens de l'intérieur que ça se voit de l'extérieur...

Mais j'arrêterais bien, en fait. Je parlerais bien de petits oiseaux qui chantent et de collègues sympathiques et souriants, et d'une bonne paie bien grasse, parce que si on y réfléchit bien, je ne prends pas de plaisir particulier aux situations merdiques, aussi étonnant que cela puisse paraître, tellement j'y suis abonné.[1]

Je disais quoi déjà ? Ah oui, le chômedu.

Tout-à-l'heure, j'ai eu la joie ultime et sans mélange de voir que la boîte qui m'a boulé l'autre jour repasse une annonce pour le même poste. Chouette, ce n'est pas qu'ils avaient quelqu'un d'autre sous le coude alors, c'est juste que j'étais trop nul pour de bon ahahaha !

Ben non pourtant. J'ai du mal, j'avoue, mais je reste persuadé que si je ne suis pas Dieu-le-Père, je ne suis pas si nul que ça, et à l'époque bénie où j'avais du boulot, j'en voyais tous les jours de bien plus nullosses que moi à des postes très supérieurs. J'ai toujours trouvé ça amusant, d'ailleurs.

Alors voilà :

  • J'ai des compétences que j'ai la modestie de croire plutôt bonnes dans une branche réputée donner du travail, même si ce n'est pas Noël tous les jours et si ça ne l'a pas été ces dernières années ;
  • Il paraît qu'il y a du taf ces temps-ci ;
  • J'ai vraiment, vraiment, vraiment extrêmement très besoin de bosser ;
  • Je ne suis ni alcoolique ni drogué et j'ai cessé de fumer il y a 8 mois ;
  • Je ne suis ni trop gros ni trop maigre ni trop grand ni trop petit ni handicapé ;
  • Je ne pense pas être totalement idiot ;
  • Je maîtrise plutôt pas trop mal la jolie langue de notre beau pays ;
  • Je ne fais partie d'aucune des "minorités visibles"[2] couramment discriminées[3]
  • Je n'aime pas le costard, mais je sais me résoudre quand y faut, et je n'ai quand même pas l'air si déguisé que ça...

Alors franchement, je n'y bite plus rien, et j'ai fini par en perdre tout le peu de Zen que j'avais.

Ou alors c'est que les recruteurs n'aiment pas embaucher les types qui ont vraiment besoin de bosser. Ils préfèrent débaucher des types qui ont du boulot plutôt que de faire bosser un type qui a un trou dans son C.V. Vaut mieux avoir un trou dans son pantalon plutôt que dans son C.V., probable...

Enfin bon, je m'épanche, je m'épanche... C'est une diarrhée par écrit, allez plutôt lire autre chose, faut que le file, là, et il pleut. Je vais chercher mes Nains pour les emmener à un concert. Après on ira voir la fête des lumières sous la flotte et la tempête... Pas de bol pour la météo.

Je vous prête une corde, ou vous avez la vôtre ?

Notes

[1] Comme dirait l'autre, cet aimable éternel donneur de conseils : Doit y avoir un truc que t'as pas compris...

[2] Grand-prix de fauxculterie au dernier concours de "Terminologie Novlanguienne" de l'ENA.

[3] T'imagines, en plus, si j'étais Arabe ou Noir, je serais sûrement en train de gueuler au racisme des recruteurs. Et ben là, même pas, tiens...