Vous êtes nul
Par Petaramesh le mardi 5 décembre 2006, 14:33 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
Comment Swâmi Petaramesh vient de se faire casser le moral en une leçon et un exercice pratique.
Alors voilà, cela faisait quelques temps que je rampais sous les fourches caudines d'un nouveau processus de recrutement,[1] entretien à gauche, rendez-vous à droite, on y retourne, on vous rappelle, mais les fourches caudines, je viens à nouveau de me les prendre dans la gueule.
Cool.
Si ça continue comme ça, je sens que je vais finir au télémarketing...
Alors comme ça, après plusieurs entretiens facétieux à Lyon, et comme, candidat que je suis, je faisais - envers et contre tout - apparemment bonne impression, il a été décidé que les spécialistes du siège parisien allaient me faire l'honneur de m'appeler, et de me questionner par téléphone pour évaluer mes compétences. Chouette.
Ca a eu lieu fin de semaine dernière. Coup de fil d'une bonne heure, et c'est parti pour la pire série de "questions de cours", celle que tu imposerais (et encore...) à l'oral à un môme qui passe son exam' à la fin de son année d'études, mais certes pas celle que tu poserais à un bonhomme plutôt autodidacte ayant quand même plus de quinze ans de bouteille dans la profession. Celui-là, tu ne le juges pas sur le programme scolaire : tu peux te faire une idée en parlant avec lui, puis, il faut le mettre en situation et le regarder bosser, pour savoir ce qu'il vaut.
Mais là non. Alors feu roulant d'une heure de questions...
Questions trop puissantes, comme de définir un sigle, quand on t'en a balancé quarante d'affilée, tu ne sais plus comment tu t'appelles... Tu as bon sur 35, y'en a 5 qui ne reviennent pas. Il ne s'agit pas de savoir si tu comprends un concept ou si tu sais le mettre en application, il s'agit de savoir si tu connais le sigle et sais le mettre en rapport avec le nom complet.
Genre (après déjà 20 minutes) :
- Vous savez ce que c'est que la GTR ?
- Heeeuuuu... Attendez, ça me dit quelque chose, mais là... Ça ne me revient pas.
- Vous ne savez pas ce que c'est que la GTR ?
- Heeeeuuuu ben non, là...
- Garantie de temps de Rétablissement, ça vous dit quelque chose ?
- Ah oui bien sûr ! Mais je n'ai pas l'habitude de la désigner par le sigle... C'est la clause contractuelle qui engage un opérateur télécoms à réparer sous 4 heures (ou un autre délai garanti) en cas de panne, sous peine de pénalité...
(Au débriefing du truc, il en aura seulement été retenu que je ne "savais pas gérer un GTR". Et que eux veulent un mec qui a "l'expérience de travailler dans un environnement GTR" [ce que, par parenthèse, j'ai déjà fait]. Porte quoi. Y'a rien à gérer, seulement mettre l'opérateur en demeure de respecter ses engagements...)
Des tonnes de questions aussi con que ça. Genre si j'avais postulé pour un job de chauffeur de taxi, plutôt qu'ingénieur réseaux :
- Vous avez déjà conduit une Fiat ?
- Ah non, j'ai conduit des Renault, des Peugeot, des Volkswagen... Pas de Fiat, mais je pourrai m'adapter sans problème...
- Ah oui, mais vous n'avez jamais conduit de Fiat !
- Sur une Fiat modèle Truc, la serrure du coffre est-elle au milieu du coffre, sous le coffre, ou à droite du coffre ?
- Ca fait 20 ans que je conduis toutes sortes de bagnoles, je trouverai bien le moyen d'ouvrir le coffre...
- OK... Ne sait pas...
- Sur une Fiat modèle Chose, où se trouve exactement la commande du dégivrage de la lunette arrière ?
- Euh...
- Très bien. Ne sait pas.
À la fin, il sera évident aux yeux de tous que tu n'es absolument pas qualifié pour être chauffeur de taxi.
Dans la série de questions cons, j'ai en effet été incapable (sur l'instant) de me rappeler ce que pouvait bien être un "IDS" (perdu au milieu de 20 autres sigles), bien que je sache parfaitement ce qu'est un "système de détection d'intrusion" (Intrusion Detection System). Mais c'est sûr que c'est comme ça qu'on juge les qualités professionnelles d'un mec, savoir s'il a bien appris par coeur son dictionnaire des acronymes avant le début de l'entretien.
Bon, ce que j'ai fait de pire, c'est un fait, c'est de cafouiller grave sur l'appellation des couches du modèle OSI. Ça, pour un spécialiste réseau, c'est sûr, ça la fout mal. Mais d'un autre côté, c'est encore une fois de la question de cours. Et dans la vraie vie on s'en bat d'autant plus furieusement les couilles que même le protocole IP ne respecte pas franchement le modèle OSI...
Quand tu sais qu'un switch travaille à la couche 2, un routeur à la couche 3, et les filtres et proxies applicatifs travaillent aux couches 4 et supérieures, tu en sais largement assez pour faire ton boulot, dans 99,99% des cas et sauf cas extrêmement particulier qui te laissera le temps de voir venir. A moins de vouloir bosser dans la conception de nouveaux protocoles réseau, ce qui n'était pas mon cas.
Enfin, bon, foiré la question de cours. D'accord. C'était la seule question que je considérais en mon âme et conscience avoir réellement foirée en une heure de questions cons. Avoir été incapable de régurgiter par coeur :
- 7 - Couche application
- 6 - Couche de présentation
- 5 - Couche de session
- 4 - Couche de transport
- 3 - Couche de réseau
- 2 - Couche de liaison
- 1 - Couche physique
...mais d'un autre côté, en plus de quinze ans de métier, ça ne m'a pas manqué une seule fois, de ne pas savoir ça par coeur...
Bon, alors j'avais fini l'entretien pas très content de moi, genre Merde, j'aurais pu mieux faire, me suis fait piéger bêtement sur le modèle OSI, c't'un peu con, et puis ces deux sigles qui ne me sont pas revenus, GTR et IDS, c'est ballot... Mais bon je m'en suis quand même à peu près tiré.
Hier, j'ai eu le (gentil) négrier qui tentait de me vendre à son client, et qui m'a dit que lui, était très content et très optimiste. Et que pendant que je répondais au feu roulant des questions (en conférence téléphonique), lui, dessinait des petites barres et comptait les points. Et que selon lui, sur 75 questions, j'avais fait 3 "faux" ou "ne sait pas" et moins d'une dizaine d'hésitations ou de réponses un peu floues. Et que l'autre soir "le client avait l'air content aussi".
Donc il était content comme tout, et me disait qu'il rappellerait le client ce matin.
Ce qu'il a fait, et il a eu le verdict du client.
Je suis une burne. Il paraît. je ne suis pas foutu de savoir ce que sont GTR et IDS, et je ne maîtrise même pas le modèle OSI.
Je suis d'une incompétence crasse qui pue sa mère et nique ta face.[2]
Rendez-vous à l'ANPE. Allez directement à l'ANPE ; ne passez pas par la case ASSEDIC, et ne touchez pas l'ASS.
Notes
[1] Et vous savez comme j'aime ça...
[2] Du moins est-ce la version officielle. Mais j'ai depuis le début la sensation qu'il y a là-dessous également des réalités "politiques" propres au client et à sa structure, et qui m'échappent complètement. Ou c'est mon C.V. qui ne leur a pas plu, mais ils n'ont pas voulu le dire pour ne pas sembler déjuger le type qui l'avait retenu. Enfin quoi qu'il en soit, je l'ai dans le cul tout pareil...











Commentaires
Les questions indiquent qu'il s'agit probablement d'incompétents notoires qui recrutaient...
Pour le coup, il eut été tout à fait indiqué de passer du côté obscur de la force et de leur déstructurer le neurone qui leur sert de système nerveux central en les pourrissant d'insultes bien, bien moches, mais pas autant que leur connerie!
@Le Monolecte : Tu n'y penses pas Agnès ! Se montrer impoli avec de pauvres salariés exploités qui ne font que leur travail !
Et puis de toute manière, tant que tu les as en ligne, tu crois que ça a une bonne chance de le faire. C'est quelqu'un d'autre qu'on charge de t'annoncer que tu t'es fait eu. Comme ça, tu n'as personne à pourrir d'insultes (sans compter que ce serait excessivement mauvais pour le karma)...
Incompétents notoires oui, mais ce sont eux qui ont le pognon. Ou du mois ce sont eux qui tiennent les cordons de la bourse...
J'ai subi ce genre de questionnaire à la con.
En postulant chez un transitaire, au tout début de ma carrière, il y a peu de temps donc (7 ans pour être précis), j'ai eu droit à un long questionnaire, écrit, dans les locaux de la boite qui recrutait.
Un blabla genre test de QI, avec un peu d'Anglais de base aussi.
Donc rien à voir avec le poste proposé (qui consiste à gérer l'import et l'export de marchandises). J'ai bien réussi le test, et j'ai été embauché.
Seulement sur mon CV c'était écrit Licence d'anglais, et pas BTS transport par exemple. En résumé, je ne connaissais donc absolument rien au job proposé, mais avec leur QCM de mes deux, ils ont considéré que j'étais celui qu'il leur fallait.
Moi je m'en foutais, je cherchais un job qui a besoin d'anglophones et j'ai eu ce que je voulais.
Du coup j'ai tout appris sur le tas avec de chics types qui m'ont formé au métier.
Courage !
Faut pas (trop) leur en vouloir, les incompétents s'accrochent aux acronymes et autres buzzwords comme à des bouées de sauvetage... Au final ça dessert l'entreprise qui recrute un type sur sa maîtrise des sigles et la couleur de sa cravate. Sinon tu peux pas virer la validation de l'e-mail, ça sert à rien?
Et faiche ... Ca devient la norme.
Le plus frustrant est que le client/recruteur va contre son propre intérêt, que tu le sais, que tu as la solution et avec un super retour sur investissement en prime mais qu'il n'y a strictement rien à faire. A dégoûter du métier.
Plutôt que le côté obscur de la force qui ne sert qu'à aller dans le mur en chantant, j'ai choisi le côté légal de la force ou mimétisme défensif. Ca ne change rien, je reste moi-même (j'essaie) et le jour je change de peau cf Balavoine, je fais le zonard de bureau, cadre encravaté. Pas le choix, même pas honte. C'est ça ou crever. Qui a dit schizo ?
L'avantage de cette grotesque expérience, c'est que maintenant la règle du jeu est claire, mais tu la connaissais déjà. Etre bon, même très bon, même excellent ne suffit pas. Ca peut même être contre-productif, il vaut mieux avoir tort avec le parti que raison contre le parti. Ce qu'il faut c'est correspondre aux cases, flamber le QCM, péter le scoring même si c'est creux, même si ça ne correspond à rien de rationnel du moment que ça colle avec le business plan en ppt.
Ne pas hésiter à tricher, à mentir, bachoter et faire péter les antisèches, en avoir près du téléphone.
Il ne faut pas leur donner ce dont ils ont besoin, il faut leur donner ce qu'ils veulent, ou croient vouloir. Il n'y a malheureusement pas de scrupules à avoir, ils n'en ont aucun, c'est leur règle, leur loi, et nous n'avons pas le choix des armes.
Dans un billet précédent tu disais ne pas promettre plus que tu n'étais certain de tenir. P... c'est beau, et on devrait tous être comme ça. Seulement ça ne marche pas. Ou alors j'ai pas trouvé la planète. Et ceux que tu ne veux pas tromper (d'ailleurs ce n'est même pas tromper (coucou Ardisson), ce n'est qu'une question de temps à consacrer à l'auto-formation) n'auront aucun scrupule à promettre sur le même sujet à leur client pour emporter le marché.
Franchement, faiche de voir que des gens de ta compétence et de ta culture galérer comme ça alors que d'autres moins doués (dont moi) s'en sortent mieux parce-qu'ils savent non pas bosser mais correspondre, et dire à l'autre ce qu'il veut entendre. Et quitte à faire la p..., autant la faire au bureau qu'à l'ANPE. Mimétisme défensif !
Roah ! Le modèle OSI ! La vieille question de cours niveau licence (j'ai eu 5/20 à mon exam de réseau) !
Tout à fait édifiant !
Tu devrais leur envoyer Minîshiva sur sa Shivamobile, histoire qu'il refasse la décoration du bureau de ces brillants individus.
En tout cas, billet après billet, le constat me semble s'imposer : il faut que tu nous ponde un bouquin sur ta vie de chercheur d'emploi. Entre l'accueil aux assedik, les super-recruteurs et j'en passe, il y a matière...
Un collègue de passage dans mon bureau me souffle un autre acronyme à connaître : le MPDTG : Mon Poing Dans Ta Gueule.
@H. de Strasbourg :
Beh, qui serait prêt à payer pour lire la narration des emmerdes des autres ? A la fin de la journée, les gens préfèrent généralement la Star'Ac pour se distraire de leurs emmerdes à eux...
@ti_cyrano :
Moui, mais dans ce cas précis, vu la manière dont cela s'est déroulé et quelques trucs que j'ai entendus, je suis pratiquement certain que le "type pour le poste", ils l'ont sous le coude dès le début (en interne peut-être), et que mon élimination était prévue d'avance au niveau de la société "cliente".
J'ai déjà vu plusieurs exemples de recrutement tout-à-fait bidons, "fermés" où ils ne passent annonces et ne reçoivent du monde que pour suivre la procédure et pouvoir dire ensuite : Oui, on a suivi la procédure, on a passé une annonce, on a épluché 50 CV, reçu 3 types, et c'est Machin qui était le meilleur (le fait qu'on l'aie eu en vue dès le début et qu'il couche avec la fille du patron n'y étant strictement pour rien)...
Ou
Du coup, les types qui vont sur ce genre d'entretiens servent d'alibis et de prétextes, et je me demande sérieusement si ce n'est pas justement ce qui vient de m'arriver...
Allez, un de perdu...
Ce qu'il faut se dire dans ces moments là, et je sais que c'est dur, c'est que c'était pas les bons... ce n'était pas le boulot pour toi. Et puis, réussir un entretien d'embauche, quelle qu'en soit la forme, demande de l'entrainement, et bien tu viens d'en passer un, ce sera forcément mieux la prochaine fois
Je te l'ai dit...tu es sur la pente ascendante, puisque tu viens d'avoir plusieurs contacts après de nombreux mois de rien... donc c'est tout bon, continue comme ça, ça va pêter bientôt !
Et maintenant tu es prévenu pour la prochaine fois, bosse les buzzwords, revoie le modèle OSI et quelques conneries inutiles du genre et ce sera bon
@Swâmi, que Krishna le berce de bonheur jusqu'à la fin du septième et ultime pralaya
Pas évidente, ta position sur ce que les gens ont envie de lire : d'une part, on est quand même quelques-uns à s'emmerder à suivre tes aventures en live, et d'autre part un certain bouquin qui fait un tabac en ce moment propose au lecteur de suivre les pensées intimes d'un nazi.
Comme quoi, savoir ce dont les gens ont envie.... Non-espace insécable-?
@H. de Strasbourg :
Je suis conscient de cette tapâsya, et vous en remercie, ô disciples.
Je crois qu'on peut affirmer sans trop de risque de se tromper que tu n'es pas un poytechnicien, et que ces gens-là cherchaient juste à embaucher un polytechnicien.
L'adage populaire nous apprend en effet qu'un polytechnicien, c'est quelqu'un qui connait tout, mais qui sait rien faire.
@Pla (#12) :
En essayant continuellement, on finit par réussir.
Donc : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.
-- Proverbe Shadok
Tu as raison, Swâmi, tout le monde se fout des emmerdes des autres. Et c'est tout à fait normal !
Si tu veux tout savoir, Swâmi, j'ai été éditeur un temps. J'ai reçu un tas de manuscrits de gens qui racontaient leurs malheurs. Je ne parle pas des tourments existentiels égocentriques des bobos, mais des vrais malheurs.
On pouvait compatir, tout ce que tu veux, mais on ne pouvait pas les publier. Tu sais pourquoi ? Imagine-toi dans le bus ou le métro, le matin, tu bouquines pour passer le temps. Ou le soir, pour t'endormir. Et tu tombes sur un texte qui te donnes envie de te jeter sous le bus ou le métro. Et surtout pas envie de roupiller !
Maintenant, il y a une sorte de manuscrit qu'on attendait. Et qu'on ne nous a jamais donné. Quand je lis tes billets, des fois, je le trouve, pas encore abouti, mais pas loin...
Ce serait l'histoire d'un type qui ne raconte plus ses malheurs, qui fait totalement abstraction de lui-même... mais qui met en scène le monde qui l'entoure avec sa vision à lui, sarcastique, jubilatoire, truculente. Les gens des Assedic, ou de l'ANPE, le banquier qui vous reçoit, planqué derrière sa cravate, pour attendre vos explications concernant le faramineux découvert de 20,60 € non autorisé sur votre compte...
Imagine, Swâmi, tu es le narrateur masqué, tu es en face de ces zombies. Et dans ton esprit enflammé, tu entrevois en un quart de seconde leur histoire, depuis le moment où ils sortent d'entre les cuisses de leur mère jusqu'à celui où ils ont atterri derrière leur cravate, devant toi, pitoyables et grotesques. Tu racontes...
Nous revoici maintenant avec le lecteur, dans le bus ou le métro. Ou au chaud sous la couette avant de dormir. A quoi crois-tu qu'il rêve, le lecteur ? Comme toi, Swâmi, de défoncer la gueule de ces connards qui lui en font baver jour après jour ! Ou à défaut de trouver le narrateur masqué qui va le faire à sa place. Une vengeance par procuration douce comme une confiture maison sur du pain frais. Alors offre leur ce cadeau avec un éclat de rire marmoréen !
Tiens, suppose même que ce lecteur travaille aux Assedic ou dans une banque. Eh bien, c'est pareil ! Il gagne plus que toi, c'est sûr, mais à peine suffisamment pour rembourser ses emprunts, faire face à la pression fiscale, aux tracasseries hiérarchiques. Et surtout, il y a cette damnée cravate qui lui cisaille le gosier ! Alors lui aussi attend que le narrateur masqué intervienne, qu'il pulvérise ce chanvre de soie (ou plus modestement de tissu synthétique) qui lui coupe le souffle, l'enthousiasme et l'envie de vivre...
Bon, j'arrête, sinon je vais écrire le bouquin moi-même. A toi de faire maintenant, Swâmi, et rappelle-toi ceci : qui reste dans la mémoire collective ? Robin des bois, Zorro, Arsène Lupin (gentleman cambrioleur), Fantômas ... On attend celui de ce début de siècle.
(Quand tu as fini, tu m'appelles.)
@Le Yéti : ouais ! vas-y ! Comme je le sens, il pourrait y avoir, après le Guide du routard galactique, le MPDTG de Swâmi Petaramesh. Je vois déjà les foules enfin libérées broyer leurs chaines en scandant le nom divin.
Merci pour ton soutien ; si on s'y met à plusieurs, on aura peut-être un prix littéraire à fêter à l'ashram. Sauf si une condamnation pour outrage à la BravePatrie vient mettre un terme à tout cela et qu'on force le divin gourou à boire la cigüe...
@Le Yéti, H de Strasbourg : En fait elle n'est pas mauvaise votre idée, d'ailleurs je me demande si vous avez vraiment besoin de moi, ou si vous ne pourriez pas inventer ce personnage fictif et écrire le bouquin en nom collectif ;-))
Quand je lis les textes du Yéti, je pense d'ailleurs qu'il le ferait probablement bien mieux que moi ;-)
Pis écrire un manuscrit, pour être publié, hé ho, c'est un métier sérieux ça ! Ce n'est pas comme bloguer à la va-comme-j'te pousse ce qui te passe par la tête...
Enfin, le problème de ce manuscrit que tout le monde attend mais que personne n'a lu, c'est que s'il est publiable et vendable, c'est qu'il aura été suffisamment châtré et politiquement corrigé pour être aussi pasteurisé et sans intérêt que le camembert industriel.
Et si c'est un truc réellement jubilatoire et détartrant, il croûlera sous les procès ou, simplement, ne trouvera aucun éditeur prêt à prendre le risque. L'iconoclasme n'a plus droit de cité que quand il respecte l'essentiel des codes du système - même la satire doit maintenant d'y plier. Sinon tu t'édites à compte d'auteur, tu en vends quatre, ça ne paie pas les frais de publication et encore moins ceux de ton avocat... pour les procès à venir.
Mais n'allez pas penser que je suis pessimiste :-D
Allons, allons, Swâmi, tout ça c'est des conneries, des excuses pour pas bouger...
Publier un bouquin, ça ne coûte rien ou presque. Et surtout ce n'est pas le problème de l'auteur, mais de l'éditeur.
Ecris et arrête de pessimistiser ! On se démerdera de notre côté pour le reste. Même pour ce qui est des procès !
Tiens les couches osi, c'est tout ce dont je me rappelle moi par contre, l'autre incompétente notoire qui ne sait plus où se situer ....
pfffu on est vraiment dans un monde de nazes.
çà me paraît étrangement familier, Swâmi... Très bien l'image de la Fiat, c'est d'un réalisme brillant !
Alors que la plupart de mes anciens collègues m'ont trouvée très compétente, j'ai toujours foiré les "tests de connaissance" que m'ont fait subir les recruteurs, procédé ô combien indélicat de peigne-culs incultes qui sont tellement dépourvus de domaine de compétence qu'on ne saurait pas quel QCM leur soumettre, à eux (fréquent dans les agences d'intérim, notamment), mais qui te laisse seul pour vomir ton échec et te faire de la bile au sujet de tes savoirs-faire.
Je me souviens de deux recrutements consécutifs pour deux postes équivalents...
Dans un cas, la psychologue du travail que j'avais rencontrée et qui m'avait laissé entendre que j'avais toutes mes chances m'a par la suite sabrée de manière sanglante en me disant qu'il fallait d'emblée songer à une reconversion parce que ma personnalité était en parfaite inadéquation avec le poste à pourvoir, ainsi qu'avec mon domaine de compétences, voire avec le secteur dans son entier ; tout juste si elle ne m'a pas dit "pendez-vous sans attendre, vous êtes perdue pour la société". Dans l'autre cas, le recruteur s'est enthousiasmé pour ma "personnalité" (la même que dans le cas précité, pourtant), mais m'a éliminée d'un air navré et déçu (çà casse bien) sur la base d'un test de connaissances, lequel ne concernait ma spécialité et le poste à pourvoir que pour env. 10% des questions (un peu comme si on demandait à un horticulteur d'être expert en mécanique poids-lourds).
Bref ! Révise ton lexique d'acronymes comme un petit singe-savant si tu t'en sens le courage, mais ne remets surtout pas en question l'image que tu as de tes compétences. Il y a fort à espérer que toutes les sociétés du secteur n'usent pas des mêmes méthodes de sélection et qu'on t'épargnera le QCM la prochaine fois... pour mieux t'éliminer sur d'autres motifs perfides parmi la multiplicité à disposition des recruteurs ;-)))
Je suis dégoûtée par ce qui t'arrive, mais il te reste encore des munitions et avec ton aisance d'écriture peut-être devrais-tu songer, comme le suggèrent Le Yéti et H de Strasbourg, à une reconversion. L'insomnie me fait tomber dans la catégorie peu recommandable des bisounours, pardon ! Oups !
Oui je pense aussi. Avec l'avantage pour eux, avec ce genre de procédure de pouvoir prouver que le chasseur de têtes ne leur a proposé que des burnes, et donc ne pas lui payer leurs honoraires... pas regretter de pas bosser dans une boîte pareille...
Allez, pour te remonter le moral
l'entretien d'embauche vu par les monty pythons
Ecris, Dugenou, t'es doué !
"Oui, on a suivi la procédure, on a passé une annonce, on a épluché 50 CV, reçu 3 types, et c'est Machin qui était le meilleur (le fait qu'on l'aie eu en vue dès le début et qu'il couche avec la fille du patron n'y étant strictement pour rien)..."
Oui, ça arrive aussi ... Rien à faire contre ça. Existe également dans des cahiers des charges avec des clauses bidons pour coller exactement au devis du fournisseur choisi à l'avance.
D'un autre côté si tu n'y mets pas du tien (et quel tien !) ça va pas le faire non plus ! Elle était si moche que ça la fille du patron ? Je suis sûr que Ma t'aurait remercié de t'être sacrifié pour l'ashram.
Vois également ce à quoi tu as échappé après les questions essentielles sur l'ouverture d'un coffre de Fiat : test d'embauche de Ron l'infirmier
La prochaine fois, enregistre la conversation, bip les références afin de le rendre anonyme, et fais péter le MP3 qu'on rigole :-)
Il n'y a rien à espérer de ce genre de contacts. De ce genre d'épreuves humiliantes. Rien. De toute façon, ils ne veulent définitivement pas de vous.
Vous savez pourquoi ?
Parce que vous-mêmes ne voulez définitivement pas d'eux.
Et qu'ils le sentent.
Barrez-vous, trouvez une autre solution. Sinon vous êtes cuits...
@Le Yéti :
C'est pas faux. Mais alors quoi ? Aller faire le gardian en Camargue ? En dehors du fait que, ça aussi, c'est un métier, je n'aime ni les chevaux ni les taureaux, ni les paysages trop plats...
Aller faire des jouets en bois et des ceintures en cuir à La Couvertoirade, Larzac ? Euh, je ne suis pas certain d'avoir les talents artistiques nécessaires...
Aller faire pousser des chèvres en Ardèche ? J'aime pas le fromage de chèvre.
Je sais faire tourner des machins informatiques et j'aime ça, malheureusement, le contexte où l'on a besoin de ce genre de "talents" est en effet un contexte et un milieu qui me donne surtout envie de fuir à toutes jambes, bien qu'on y trouve, comme partout, un certain pourcentage de braves gens qui font eux aussi semblant...
D'un autre coté, quand on envoie un CV à une boite en écrivant "Curriculum vitæ" en haut sur toute la largeur de la feuille, il ne faut pas s'étonner que le DRH, pris pour un gros con, en renvoie une derrière...
@Agnès M. : Ça c'est de l'argument où je ne m'y connais pas ! On ne se demande pas quel est le contenu du C.V. ou les compétences du bonhomme (qui ne postule ni à un boulot de rédacteur de C.V. ni à un boulot de maquettiste de presse, rappelons-le au passage) mais on lui latterait la gueule parce qu'on n'aimerait pas la manière dont il a écrit Curriculum vitae en haut de la page parce qu'on aurait pris cette mention pour une insulte personnelle ?
Je vais te dire une chose : Le DRH qui latte mon C.V. pour ça, je préfère encore qu'il le latte tout de suite, car je n'aurais vraiment pas envie de bosser avec lui.
J'espère que tu ne bosses pas dans les R.H toi-même car ce serait vraiment affligeant, mais je dois avouer que c'est un corps de métier sur lequel je n'ai jamais entretenu de grandes illusions (euphémisme).
Je vais te dire une deuxième chose : J'ai montré mon C.V. (depuis plus de 20 ans qu'il évolue...) à une tripotée de gens du métier, pas que des gens de l'ANPE bien sûr, des cabinets de recrutement, des cabinets d'outplacement, des recruteurs qui m'avaient recruté, des recruteurs qui ne m'avaient pas recruté, des conseils en rédaction de C.V...
Et j'ai tout entendu. Des qui encensaient le CV, des qui le démolissaient. Des qui disaient que le truc en haut de la page était bien, d'autre qu'il était moche. Des qui disaient que le C.V. était honteusement trop long, d'autres qui disaient qu'ils auraient bien voulu une version encore plus détaillée quitte à être plus longue. J'ai entendu absolument tout et absolument tout le contraire, asséné à chaque fois comme vérités d'Évangile comme tu le fais toi-même ou presque, pour entendre l'exact contraire le lendemain de la bouche d'un autre bon apôtre.
Alors j'ai compris une chose : Ce n'est là qu'une affaire de goûts personnels, et j'ai cessé de me prendre la tête dès que le premier pignouf venu éreintait mon C.V. de manière définitive parce que tel poil de cul n'avait pas la bonne inclinaison.
Si c'était donc tout ce que tu avais à me dire, je te remercie de tes lumières, je ne sais pas comment j'aurais pu faire sans...
ben pourquoi tu précises pas que M.... c'est ton prénom, etc.... ? Quand un DRH a une pile de 400 CV et qu'à la lecture du 313, il lit "Curriculum vitæ" sur tout la largeur de la page, il a deux solutions : soit il est de bonne humeur, ça le fait rire, et il le fout à la poubelle, soit il est de mauvaise humeur et il se dit "j'y crois pas, celui là me prend pour un con ou quoi ??" et il le fout à la poubelle.
Pour les CV, il y en a deux principaux : les chronos et les thématiques. Le tien serait probablement mieux en thématiques (ie j'ai fait ça et ça et ça et ça.... plutôt que j'ai fait ça ici et ici et ici et ici.)
Sinon, pour ton CV : un simple lien ne serait-il pas suffisant ? Obligé de passer par une requête php ? (qui semble ralentir... ce qui énerve...)
Enfin, dire que tu blog mais que surtout tu ne veux pas dire où... Dieu sait combien ça a dû en effrayer...
C'est un conseil. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Bon courage pour la suite. L'australie, au fait ? on est toujours à 1% ? Ça remonte ou...
@Agnès M : C'est sssslàààà, ouiiiii... Et bien, merci Agnès d'être venue, mais on se rappellera bien sûr que le Schmilblick est un oeuf.
(Et au passage, tes conseils me gavent, aussi bien intentionnés soient-ils, mais ça n'aura certainement pas échappé à ton puissant sens de l'observation...)
Une petite citation de Vian pour la route ?
Ouhleu... !
Ouvre tes chakras !
Bien que prévenue, il est vrai ("Si c'était donc tout ce que tu avais à me dire, je te remercie de tes lumières"), la pauvre Agnès n'en était pas moins prévenante, relativisait elle-même ses propos ("C'est un conseil. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs."), et n'en méritait peut-être pas tant... !? :)
Il n'en reste pas moins qu'il est un fait connu (mais qui n'est pas du tout un conseil, mais alors là, pas du tout, oh que non, alala alors là non, pas du tout) : les curriculum vitae intitulés "curriculum vitae", alors qu'ils sont à l'évidence des curriculum vitae... les recruteurs en ont ras la casquette (qui est à l'évidence une casquette, bien que personne n'ait pensé à l'écrire sur la visière).
Amour,
gloireet beauté...
Et alors ?
Quand tu reçois 300 candidatures, avec une liasse comprenant, CV, lettre de motivation, divers documents qui se ressemblent tous et parfois complètement inutiles mais qu'à force de s'entendre réclamé tout et n'importe quoi, et prêts à tout pour avoir un poste, les gens envoient d'office même quand ce n'est pas la peine (et je ne les blâme pas, qu'on ne se méprenne pas), eh bien ça ne fait pas de mal pour aller à l'essentiel d'avoir curriculum vitae écrit en toutes lettres en haut. Surtout quand ça n'est pas plein de fautes d'orthographe et qu'en effet, comme Swâmi le précise, ce n'est pas un poste d'administratif...
Alors oui, certes, ça irait encore plus droit au but d'avoir le poste recherché en entête. Mais avec un même CV on peut être polyvalent. Dans ce cas là on fait quoi, on surcharge l'entête avec tous les métiers qu'on est capable de faire ? On fait une enquête pour savoir quel terme va flatter les oreilles du recruteur ? On envoie un CV par métier (pauvre DRH...) ? Chacun sa méthode, ses priorités. En tout cas ça ne me semble pas laisser ledit DRH chercher lui-même à quoi il pourrait employer ce type qui a une liste aussi impressionnante de compétences.
J'ai été ce qu'on appelait pompeusement "DRH", pas dans une immense structure, je le reconnais, mais je pense tout de même en avoir appris qu'on ne peut ni mettre tous les DRH dans le même panier, ni avoir la Vérité en matière de recrutement.
Et ras la casquette avec ou sans visière des conseils pas forcément faux mais vraiment déplacés.
Ouhla je m'énerve alors qu'aujourd'hui est un jour de fête. Pardon, désolée, 'scusez, je nettoierai derrière moi...