Chat qu'expire à la tronçonneuse
Par Petaramesh le mercredi 29 novembre 2006, 15:53 - Port'Nawak - Lien permanent
Bel exemple de bêtise artificielle...
Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie !
Je citais dans ce commentaire l'immense William Shakespeare, dans As you like it, vers 1600 :
Jaques :
All the world's a stage,
And all the men and women merely players :
They have their exits and their entrances ;
And one man in his time plays many parts ,
His acts being seven ages. At first the infant,
Mewling and puking in the nurse's arms.
And then the whining school-boy, with his satchel
And shining morning face, creeping like snail
Unwillingly to school. And then the lover,
Sighing like furnace, with a woeful ballad
Made to his mistress' eyebrow. Then a soldier,
Full of strange oaths and bearded like the pard,
Jealous in honour, sudden and quick in quarrel,
Seeking the bubble reputation
Even in the cannon's mouth. And then the justice,
In fair round belly with good capon lined,
With eyes severe and beard of formal cut,
Full of wise saws and modern instances;
And so he plays his part. The sixth age shifts
Into the lean and slipper'd pantaloon,
With spectacles on nose and pouch on side,
His youthful hose, well saved, a world too wide
For his shrunk shank; and his big manly voice,
Turning again toward childish treble, pipes
And whistles in his sound. Last scene of all,
That ends this strange eventful history,
Is second childishness and mere oblivion,
Sans teeth, sans eyes, sans taste, sans everything.
Je ne sais pas quelle idée à la con m'a poussé à le soumettre à translate.google.com, avec pour résultat (n'ai-je donc tant vécu que pour cette infâmie ?) la bouillie suivante. C'est, paraît-il, du français :
Étape de l'A. du tout monde., Et tous hommes et de femmes joueuses simplement : Ils ont leurs sorties et leurs entrées ; Et un homme dans son temps joue beaucoup de rôles, Sien agit étant sept âges. Au début l'enfant en bas âge, Mewling et vomir dans les bras de l'infirmière. Et puis l'écolier de pleurnicherie, avec sa sacoche et visage brillant de matin, rampant comme l'escargot à contrecoeur pour instruire. Et puis l'amoureux, Sighing aiment le four, avec une ballade affligeante Fait à ses maîtresses le sourcil. Puis un soldat, plein des serments étranges et barbu comme le pard, jaloux dans l'honneur, soudain et rapide dans la querelle, cherchant la réputation de bulle Même dans la bouche du canon. Et puis la justice, dans le ventre rond juste avec le bon chapon rayé, Avec les yeux graves et la barbe de la coupe formelle, Complètement des scies sages et des exemples modernes ; Et ainsi il joue son rôle. Le sixième âge décale dans le pantaloon de maigre et de slipper'd, Avec les lunettes sur le nez et la poche du côté, Son tuyau jeune, puits sauvé, un monde trop au loin pour le sien jambe rétrécie ; et sa grande voix virile, tournant encore vers le triple enfantin, pipes Et sifflements dans son bruit. La dernière scène de tous, celui finit cette histoire mouvementée étrange, Sont les deuxièmes enfantillages et le seul oublie, Les dents de Sans, yeux de sans, sans goûtent, des sans tout.
Addendum 16:32 : Je n'allais tout de même pas me borner à la bouse qu'en offre Google, en voici donc ma propre et humble traduction humaine, car on doit trembler en osant traduire Shakespeare...
La qualité littéraire n'y est sûrement pas, traduit à la va-comme-j'te-pousse sur un coin de table, ce n'est pas du Baudelaire... J'espère toutefois que c'est plus proche du sens du texte que les gougleries précédentes...:
Le monde entier est un théâtre,
Et tous les hommes et femmes à peine des acteurs :
Ils font leurs entrées et leurs sorties ;
Et chacun à son tour joue de nombreux rôles,
Son jeu traversant sept actes. En premier, le bébé,
Miaulements et renvois de lait dans les bras de sa nourrice.
Ensuite l'écolier geignard, avec son cartable
Et son visage brillant du matin, traînassant comme un escargot
A contre-coeur jusqu'à l'école. Ensuite l'amoureux,
Soufflant comme une forge, déclamant une ballade transie
D'amour pour les sourcils de sa maîtresse. Puis un soldat,
Plein d'étranges serments et barbu come un paon,
Jaloux en honneur, soudain et prompt à la querelle,
Cherchant la gloire éphémère
Jusque dans la bouche du canon. Et ensuite le juge,
Avec son ventre rond empli de bons chapons,
Ses yeux sévères et sa barbe à la coupe formelle,
Tout plein de sages vues et de concepts modernes ;
Lui aussi joue son rôle. Le sixième âge change
Amaigri, pantalon et pantoufles,
Des lunettes sur le nez, un petit sac au côté,
Les bottes de son jeune âge rangées, un monde trop vaste
Pour ses jambes rabougries ; et sa grosse voix virile,
Retournant dans les aigus de l'enfance, sonnant
Comme flûtes et sifflets. La dernière scène de toutes,
Qui termine cette étrange et palpitante histoire,
Est la seconde enfance et la chute dans l'oubli,
Sans dents, sans yeux, sans goût, sans plus rien.
- Le Chat Qu'Expire, vers 1600. Traduction blairométrique de Swâmi Petaramesh.









Commentaires
C'est furieusement moderne sur le fond, Shakespeare !
Quant au service de traduction de Google, il est dans tout à fait dans l'air du temps : on dirait une copie de français d'un jeune dans un collège d'aujourd'hui... vous savez, de ceux où l'on les oblige à passer devant un lecteur infra-rouge à chaque début de cours, comme de la viande sous blister à la caisse de Auchan ;-)
Pour avoir mangé (de force mais sans trop de déplaisir) du Sakespeare en fac, pour en avoir traduit de nombreux passages, force est d'avouer que l'on se dit, en entamant la première phrase traduite: pourvu que ça tienne debout mon truc, j'ai quand même pas affaire à un passage de Oui-Oui chez les nudistes là !!
Oui-Oui, britannique lui aussi si je ne m'abuse, de Enid Blyton, et fourni en série avec des allusions racistes et colonialistes dans ses premières éditions (eh oui, c'est véridique...)
Sa tombe (+1616) porte l'épitaphe suivante :
« Garde-toi, doux ami pour l'amour de Jésus
De fouiller la poussière renfermée ici
Béni soit celui qui épargne ces pierres
Et maudit celui qui dérange mes os »
Un 'e' à transi ?
(Note de Swâmi Petaramesh : J'ai accordé "transie" à "ballade" et non pas à "amoureux". Qu'est-ce qui empêcherait une ballade d'être transie ? ;-)
Jolie traduction, surtout à la va-vite ;-)
@Amazone : Si quelqu'un chipote, t'auras qu'à dire que c'est un hypallage.
Un de mes textes préférés....
Je me suis livrée à ce petit exercice pendant quelques années ( 5 pour un DEA "littéraire" et qui, donc, ne sert pas à grand chose dans notre monde, comme vous le savez, mon brave M. Michu) et je dois dire que ta traduction n'est pas mal du tout.
La traduction que j'ai entendue des premiers mots est :
Le monde entier est une scene de theatre.
Si ce genre de choses t'interesse tu peux toujours jeter un oeil sur : E. Goffman : La mise en scene de la vie quotidienne en 2 tomes, c'est de la socio et ca se trouve dans les bibliotheque.