Eh oui, entendu tout-à-l'heure cette information hallucinante sur France-Intox[1] : Le lycée Albert Camus de Nîmes inaugure une nouvelle invention de la Mort qui Tue[2] : Désormais, chaque élève sera muni d'un code-barre, et, faisant l'appel, les profs scanneront désormais le code-barre des élèves présents. l'"appel" ainsi effectué sera transmis instantanément par radio (Wi-Fi ?) au serveur central de l'établissement qui moulinera le tout, et préviendra automatiquement les parents des absents en leur envoyant un SMS.

Le protal du lycée en question, interrogé par France-Intox, se félicitait du truc en disant que les CPE (ou je ne sais quel personnel administratif) ne perdraient désormais plus leur journée à saisir les absents à la main dans un quelconque logiciel. Il disait aussi que les parents des absents qui pourraient "apprendre à leur grande surprise" l'absence de leur progéniture en recevant le SMS automatique, seraient donc en mesure d'y mettre bon ordre immédiatement en appelant aussitôt leurs gosses sur le téléphone mobile de deux-ci.

Ceci soulève à mon sens quelques amusantes questions :

  • Les élèves dont les parents ne possèdent pas de téléphone mobile auquel envoyer de facétieux SMS, ou qui refuseraient de communiquer leur numéro de mobile au lycée, seront-ils toujours admis en classe ?
  • Les élèves qui ne possèdent pas eux-mêmes de téléphone mobile GSM que leurs parents peuvent appeler à tout moment doivent-ils encore être considérés comme des adolescents normaux, ou comme des sous-hommes ?
  • Du point de vue psychologique (et sous l'angle de la santé mentale et du développement de l'individu), quel effet cela fait-il de se savoir codebarrisé et tenu d'être un gentil toutou bien sage 100% du temps sinon le gros nordinateur qui te surveille va te cafter immanquablement à Papa-Maman dans la seconde, avec zéro chance de passer à travers ?

A propos de seconde, en seconde, et en première aussi, il y a eu des périodes où il m'arrivait assez rarement de sécher le bistrot pour assister à un cours... Je ne suis pas sûr que si mes parents avaient reçu 6 SMS par jour pour les en avertir, cela aurait nécessairement arrangé nos relations, fort "complexes" à l'époque...

- M'sieur l'Censeur ?
- Oui m'dame le Professeur ?
- Y'a Petaramesh, le fils de l'Inspecteur d'Académie, qui sèche encore les cours aujourd'hui... Qu'est-ce qu'on fait ?
- C'est emmerdant... On va demander à M'sieu l'Proviseur...

- Y'a qu'à lui envoyer un SMS !
- Oui mais on peut pas, on est en 1980...

Et quand je pense qu'à l'époque de ma folle jeunesse, les établissement scolaires arrivaient à fonctionner sans code-barres... On se demande comment on a pu vivre aussi longtemps sans, hein !

Gauche !... Droite !... Gauche ! ... ... Gauche ! ... ... Gauche ! ... ... Hop !... Déêêêè... Hop !... Déêêêè... Hop !... Déêêêè...


Update 18:40 : (via Rezo.net) Qui n'a rien à voir, mais un peu dans la même veine :

Caméras dans les toilettes: pas d'atteinte à la privée pour la Cour d'appel

METZ, 23 nov 2006 (AFP) - 20h24

Caméras dans les toilettes: pas d'atteinte à la privée pour la Cour d'appel

Deux dirigeants de Smart condamnés en première instance pour la pose de caméras dans les toilettes et des bureaux ont été relaxés jeudi pour le délit d'atteinte à la vie privée des salariés par la Cour d'appel de Metz, a-t-on appris de source judiciaire. "La Cour a estimé que les toilettes étaient le prolongement du lieu de travail. Il ne s'agissait donc pas d'une atteinte à la vie privée" des salariés, a expliqué à l'AFP Me Ralph Blindauer, l'avocat du Comité d'établissement (CE) de Smart, à Hambach (Moselle). [...]

(Lire les restes fumants...)

Notes

[1] Enfin, ce que je trouve le plus hallucinant, c'est que ce genre d'information n'hallucine que moi, trois pelés, et un tondu...

[2] Ce n'est pas le premier avril à ma connaissance, hélas...