J'embrasse pas
Par Petaramesh le vendredi 24 novembre 2006, 11:27 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
La pipe à cent Francs, la passe à 300 Francs.
Combien tu vaux ?
C'est la question que me pose, comme bien souvent quand on a la chance de croiser ce genre de bestiole, un recruteur spécialisé dans la recrutitude.
Combien je vaux ? Déjà, la question me fait flipper, tellement je ne me considère pas comme ça. Faudrait demander à ma mère. Ou à ma femme. Ou à mes gosses. Combien je vaux. Mais faut bien lui répondre au bonhomme, pour ne pas rester ad vitam faucham aeternam avec mes ASS que j'ai plus[1]
Combien tu vaux ?
La question insoluble, tellement j'ai pu avoir des salaires divers et variés, allant de ministre à misère (enfin, j'exagère un peu vers le haut, et à peine vers le bas). Selon que j'ai eu du bol ou pas, bossé à Paris ou en province, dans des grosses boîtes américaines ou dans des p'tites françaises ; y'a eu des hauts, y'a eu des bas, y'a eu des cadres, y'a eu des pas-cadres, y'a eu des avec la grosse voiture cadeau, y'a eu avec tes baskets pour tes pieds, y'a eu avec des tickets resto et du profit sharing et quatorze mois de salaire et des stock options et le C.E., y'a eu tes 12 mois et tu fermes ta gueule, t'es gentil...
Combien je vaux ? C'est vachement variable, ça dépend énormément du contenu du poste qui est proposé, et ces jours-ci je ne peux pas des tonnes faire le difficile... Et je ne connais pas encore exactement le descriptif du possible poste. Ca dépend du secteur d'activité (que je ne connais pas encore), de la boîte (que je ne connais pas non plus). Y'a des boîtes et des secteurs qui paient plus ou moins bien, plus ou moins mal. Y'en a des petites qui paient à la tête du client. Y'en a des grosses qui ont leur grille en fonction du coefficient du point de l'indice de l'échelle et c'est marre. Et tout cela je n'en sais rien.
Lui, c'est son client, déjà. Il le connaît. Il bosse avec. Il sait s'il paie bien ou mal. Il connaît les salaires des gens qu'il y a déjà placés.
Mais c'est à moi qu'il demande Combien tu vaux ?
Pis c'est le genre de question où t'as intérêt à répondre.
Quand je réponds Le plus possible.
, bizarrement, on me dit que ça ne le fait pas, et qu'il faut que je trouve autre chose à répondre. Same player shoots again...
Combien tu vaux ?
Est-ce qu'il vaut mieux que je ponde un chiffre qui me fera me rendre compte dans un an que je suis effroyablement sous-payé et effroyablement con par rapport à mes (futurs) collègues, histoire que j'aie les boules pendant les deux années suivantes à ne jamais arriver à combler le fossé, et que je cherche à me casser le plus vite possible et par tous les moyens ?
Ou est-ce qu'il vaut mieux que j'annonce un chiffre pour que le DRH se vrille la tempe en se disant L'est malade huile ! Nous prend pour des philanthropes ? À dégager !
Tenter de taper entre les deux ? Mais où sont les deux ? Pitain, chuis ingénieur système[2] moi, pas spécialiste en cours des esclaves !
Alors je me fous un doigt dans le cul et je renifle l'odeur : Euh tiens, puisque vous insistez vraiment, je vaux ça. Voilà. Si vous y tenez...
- C'est vachement trop cher !
- Ah oui, je m'y attendais.
- Je vous propose tant.
- Eurgh. Ça fait combien en Francs ? Non, j'ai du me gourrer, je le refais. Le même. Ah ouais, putain... Hourf...
- J'appelle le client, voir si on peut avoir un rendez-vous...
- Faites donc, mais précisez-lui que j'embrasse pas...
Pourraient pas dire d'entrée de jeu, ces chiens, On a un poste chez Machin dans une fourchette entre tant et tant, et vu votre C.V. et mon expérience du client, je crois que vous êtes plutôt dans les tant... Qu'est-ce que vous en dites ?
Non ? Ce serait trop simple.
Mille fois, on me l'a faite...








Commentaires
Et la réponse: la qualité du boulot sera fonction du salaire?, ça le fait pas non plus? Pour 666kBrouzouf je fais le minimum syndical, si vous voulez le top de mes capacités faut allonger 10 fois plus?
Parce que bon, ils croient quoi les employeurs? Qu'on est pas capable d'adapter notre efficacité?
@Yves :
Oh, ça fait un bout de temps que j'ai compris qu'il vont chez Ik*a, et qu'ils prennent du bas de gamme. Pis quand c'est foutu on le change.
(Quoique mes meubles de cuisine Ik*a sont vachement costauds en comparaison d'autres marques, il faut quand même leur rendre justice. C'était une bonne affure. Doit y avoir des employeurs qui raisonnent de la même manière.)
Moi je réponds avec un mode "je demande beaucoup, mais je suis prêt à accepter une proposition inférieure selon le poste, la boite et les perspectives d'évolution". Mais c'est vrai que cela me gonfle aussi. Surtout que la plupart du temps, c'est en réponse à des annonce où il y avait "entre tant et tant". Et que forcément, je vais plutôt demander le max que le min...
J'ai toujours pensé qu'il faudrait chercher du boulot en binôme, comme pour les paillasses d'expérimentation à la fac.
En gros, on est toujours un peu minable à se vendre soi-même : forcément, on donne toujours l'impression d'être en porte-à-faux et en fait de salaire, ce qui est codé dans tout cela, c'est l'estime de soi. C'est à dire quelque chose qui n'a rien à voir avec le prix du kilo de barbaque sur le marché du travail.
Je ne sais pas me vendre. La question n'est pas de savoir si je suis ou non bonne vendeuse, mais je ne peux pas l'auto-objectiver.
Par contre, je vends super bien mes potes :
Que des trucs qu'on ne peut décemment pas dire sous nous-mêmes si on ne veut pas passer pour des melons.
Ou alors, il faudrait des agents de chômeurs? Comme pour les acteurs. Des mecs dont c'est le métier de vendre le bout de gras et de trouver du taff.
Agent de chômeurs : un vrai métier d'avenir!
@Le Monolecte :
Ca existe, ça s'appelle le travail temporaire, et également certaines "sociétés de services".
Le problème, c'est qu'il te faut d'abord te vendre à l'agent, on n'en sort pas... :~/
Sinon, y'a aussi l'ANPE qui ne jure plus que par te faire "coacher" par des cabinets privés qui y font leur pelote (ou : le chômeur vu comme matière première d'une nouvelle industrie de transformation...). En plus je suppose que quand tu es confié au coach, ça doit te sortir de la seule catégorie de chômeurs qui se voit dans les statistiques, à tous les coups...
Bon, moi aussi ce genre de truc me gonfle... comme tout le monde, les spécialistes es-recrutement m'ont dit de ne jamais parler salaire lors du 1er entretien; mais le pbm c'est qu'avec un cabinet de recrutement c'est pas toujours facile.
Lors de mon embauche ousskejesuismaintenant, j'ai pas eu ce dilemme, car après le 1er rdv où je pense que j'avais réussi à éluder la question, on m'a rappelé en me disant : ... j'avais rien à rajouter, vu que j'étais à quelques semaines des ASS, j'ai dit et j'ai ravalé "mes prétentions" :-(
Mais bon, le mieux c'est de s'y être préparé, et il semble qu'il y aurait quelques billes ici : Les vrais salaires des informaticiens
Ah et puis j'oubliais..good luck ! Il semble que tu aies quelques touches en ce moment, ce que je traduirai au vu de mon expérience, par un retour favorable des astres au firmament de ta renommée, donc tout ça "sent bon" :-)
Les amis.
Je vous lis un peu car j'ai le temps de glander à la fac... Mais vous êtes un peu dans une dialectique le patron et mon ennemi et ne cherche qu'à m'enculer.
C'est vrai dans une certaine mesure, mais avant tout il veut de vous du boulot et que vous lui rendiez avec un rendement maximum les sous qu'il va vous consacrer. Et le rendement maximum ne sera possible que si il y a un minimum de confiance entre lui et vous.
Ensuite personne n'est dupe, vous êtes là pour lui rapporter du fric, il est là pour vous donner de quoi vivre.
La question combien tu vaux, n'est pas plus choquante que celà. Putain, vous cherchez du boulot quand même, c'est pas n'importe quoi, ça va occuper le maximum de vos journées, autant savoir dans quoi on s'engage.
En cherchant, on se rends compte du type d'offres qu'il y a, de la nature des boulots proposés et surtout, en faisant son CV on commence petit à petit à savoir ce que l'on sait faire et ce que l'on saura capable d'apprendre. Ensuite aller voir à quoi ça correspond au niveau salaire c'est pas si facile, les gens rechignant un peu à dire, mais on a toujours 2-3 anciens potes qui font plus ou moins la même chose et à qui on peut demander une fourchette approximative s'ils refusent de dire combien ils gagent exactement.
Il y a aussi les enquetes "salaires des cadres" mais c'est pas facile de trouver des profils exactement identiques au sien.
D'autre part, pour répondre à Agnès, c'est pas avoir la grosse tête que de savoir ce que l'on vaut au niveau capacité et ce à quoi l'on peut prétendre au niveau salaire. Et c'est même à mon avis une qualité de le savoir. La monde du travail est en général aux prises avec les réalités économiques. Quelqu'un qui sait combien sa force de travail peut être monayée et quelqu'un de bien informé. Au même titre que quelqu'un qui suit les informations, ou qui connait l'actualité du secteur économique dans lequel il bosse.
Quand à votre rapport avec l'employeur essayez de voir ça comme une future collaboration, au leiu de voir ça comme un rapport maitre esclave. Croyez vous qu'un employeur a envie de signer un contrat avec un mec qui à priori a le sentiment qu'il se fait baiser?
Je viens de trouver su boulot suite à la thèse, pour négocier le salaire j'ai demandé à tous les potes sortis avant moi combien ils gagnaient. Ca tournaient autour des 48 k€ annuel. J'ai ensuite demandé à des managers de grosses boites équivalentes à celles dans lesquelles je vais bosser à combien ils pensaient que je pouvait être embaucher. Ils m'on dit, en regardant dans leurs fiches de leur équipe qu'un doctorant en poste depuis 2 ans gagnait 51 k€ et mont conseillé de demander 55. J'ai donc demandé ça et eu 53. Et pendant l'entretien d'embauche je mettais en avant mes qualités techniques et mon bon contact social au lieu d'être sur la défensive et de me dire "ces bâtars sont là pour me sucer mon sang". Et je pense que l'envie d'intégrer leur entreprise pour collaborer leur a plus. Et je ne suis pas naïf, je sais qu'ils m'ont pris car ils ont besoin et que les comptable m'accordent la même valeur qu'une machine, mais vis à vis de mon futur chef, avec qui j'ai passé l'interview et que je vais cotoyer tous les jours, je pense avoir établi une relation de confiance.
Enfin voilà moi je vous conseille d'y aller en étant informé des prix sur le marché du travail, un peu comme on regarde des tonnes d'annonces avant de louer un appart, histoire de savoir quels sont les prix du marché, et surtout vous allez travailler avec des hommes, alors conduisez vous en hommes libres et pas en esclave à peine affranchis.
Bonne chance.
Dans une vie antérieure où j'étais intermittent du spectacle, ce type de questionnement était permanent. J'en étais arrivé à la conclusion que plus tu demande, plus tu es considéré (bon, après, faut assurer aussi). Je pense qu'il faut toujours demander plus que ce que tu espère vraiment. C'est con, hein ?
Avec ou sans contrat de travail, il faut rester dans le bain rien que pour constater que l'eau y croupit...
Le Presta, Chroniques et actualité de la sous-traitance informatique, dejà trois numéros de la Gazette
numero 1
numero 2
numero 3
Lisez-les avant que quelqu'un ne tire sur la bonde ! :o)
sorry, pas le temps pour des considérations rigolotes sur le sujet mais si ça peut t'aider, une info concrète : un énergéticien leader en france sur le marché de l'électricité (mécéki?)offre pour un ingénieur systèmes avec expérience du métier (à partir de 5 ans, niveaux de responsabilités qui ont pu varier au cours de la période) environ 3.500€ net par mois X13 + une prime annuelle de performance d'environ un mois de salaire (ça peut varier en théorie, mais dans la pratique c'est ça pour une majorité). Position de cadre : ingénieur, dans l'industrie, ça ne se discute même pas!!! bonne chance, je ne sais pas combien tu vaux, mais comme blogueur, t'es tiptop...
@Cynique :
Oui, sans vouloir t'offenser, à te lire, on voit que tu es jeune et encore plein d'illusions amusantes. Tout ça c'est encore de la jolie théorie. Bosse quinze ans, fais-toi deux-trois périodes de chômage, et reviens nous parler de ton "expérience". Pour le moment, sans méchanceté, ça fait un peu court.
(j'ai commencé mon premier boulot salarié en 1982. Tu es né en quelle année ?)
Ah, la jeunesse, c'est une maladie dont on finit toujours par guérir. Hélas.
Sinon un autre truc : Le cas du doctorant qui obtient un premier poste à 53 k€ après avoir demandé leur avis à ses potes managers de grosses bouâtes, n'est probablement pas très représentatif du gros de la société dans laquelle nous vivons. Un premier poste à 53 k€, je me demande même si ça existe, ou si tu fumes juste des trucs trop forts...
Quand on m'a demandé "quelles étaient mes prétentions" (j'adore cette formulation) lors de l'entretien d'embauche de la boite que je suis embauché dedans en ce moment, je me suis dit:
Résultat des courses: il me fallait du taf, mais pas dans le maritiome (ras le bol !), du coup je suis sous payé.
Alors quand ils demandent quelles sont vos prétentions?, ou Combien tu vaux? finalement ils en ont rien à foutre, la réponse semble invariable: C'est trop cher pour nous
J'avais 4 ans en 1982...
Si ça fait 15 ans que tu bosses tu dois tout de même avoir un peu des amis qui ont plus ou moins le même parcours que toi, ça me parait pas abberrant.
Ensuite le coup d'avoir des amis qui managent, comme on dit, c'est pas vraiment des amis ultra proches, mais voilà on finit toujours par connaitre plus ou moins des gens et à pourvoir les appeler pour leur poser ce genre de questions. Enfin je pense. Et ça quelque soit tes origines sociales. On a toujours des amis d'amis d'amis qui connaissent l'homme... Et au pire en galérant un peu avec google on trouve à 20% une fourchette de rémunération à laquelle on peut prétendre.
Et les 53 k€, c'est possible en belgique. C'est le haut de la fourchette mais c'est possible. En France, rassure toi on me proposait 36 (ce que j'ai maintenant en thèse en Belgique) avec une évolution rapide qui m'aurait permi d'atteindre 40 en un an et demi... On paye à peine plus d'impôts en Belgique mais la différence de salaire le compense.
Bon la situation est vraiment bonne ici. Dans mon labo, on a du mal à recruter des doctorants. Alors on les prends en Chine, en Inde et au magrebh. Les belges ne veulent pas, ils trouvent du boulot directement dans l'industrie.
@GeoTrouvetout : Purée, t'es pas cher dis ! Il t'a trouvé chez LeaderPrice, ton patron ? ;-)
Les types comme toi, ça casse le marché. Halte au dumping social ! :-}
@Cynique :
Faudrait que je te présente ma fille, t'as l'air de faire un bon parti...
>
Je n'ai pas d'amis. Je suis un être asocial qui se terre dans une cave.
Sinon, j'ai bien une paire d'amis, mais ils ont ramé aussi...
>
Ah voilà, c'était une histoire Belge :-D
Au pire même si t'as pas d'amis, tu dois avoir des relations...
Pour ta fille, mummm, je sais pas j'ai déjà une copine et je doute qu'elle aprécie... Mais merci quand même... Et puis faudrait qu'elle soit d'accord ta fille. Bourreau d'enfant.
Cherche en Belgique je te dit fieu, t'as rien à perdre, c'est à 1h20 de Paris, les gens sont chaleureux et en plus on te file une bagnole si t'es cadre...
@Swami: (#14) :-) Pas cher c'est peu dire ! C'est tout ce qu'on a dans le maritime. Une misère avec des horaires de taré. Mais en sortant de la fac avec un diplome de langues étrangères (c'est-à-dire qu'on sait rien faire à ce stade là), c'est tout ce qu'on m'a accordé :-( Je suis déjà en train de penser à autre chose (formation admin réseau en vue, ça doit ouvrir un max de portes non?) Oui je sais, passer du maritime à admin réseau c'est étrange mais je vais pas rentrer dans les détails
@Cynique :
Oui, mais je ne suis pas à Paris, et s'il faut que toute la France émigre en Belgique, les Belges vont faire une drôle de tête... Va y avoir du chômage... Et pénurie de frites... La Wallonie fera sécession... Enfin le bordel, quoi.
Sous forme de pied de nez aux discussions zen cours aujourd'hui :
Ben oué, Swâmi, cherche en Belgique, on est en Europe, bourdel !!
:-D
Ok je sors
Faut taper haut.
Trop bas, c'est se dévaloriser et, de toute façon, ce sera toujours trop cher pour le requin de l'autre côté de la table.
Ingénieur, plus tout jeune (c'est toi qu'a dit :o)), 15 ans de taf derrière toi, Il ne faut pas rabioter tes prétentions, à moins que le manque de salaire ne soit compensé par des avantages.
Essaie de taper là : http://votre-espace.airfrance.com/Web/RechDoss.aspx et même s'il n'y a pas ton profil, laisse une trace.
à l'époque où je devais régulièrement "annoncer mes prétentions" (c'était il y a dix ans), j'avais pour stratégie de demander peu..... et d'exiger un alignement sur les pratiques courantes de l'entreprise dès que l'on m'avait confié quelque responsabilité un tant soit peu importante que ce soit.
Bon, j'ai quand même dû claquer la porte de la boîte à l'instant même du refus sans mollir trois fois. Et quand je dis claquer la porte, c'est partir, ne pas revenir, ne rien signer et attendre. Surtout, ne pas démissionner : simplement ne plus venir travailler et s'inscrire direct à l'aneupeu. Et surtout, laisser l'enculé de négrier se démerder.
Depuis, je me suis calmé : j'ai trouvé un job correct.
Aujourd'hui, le licenciement pour abandon de poste est régulièrement considéré comme une démission par les ASSEDIC.
Cynique, tu rêves un peu. Moi aussi, je trouvais plus logique de faire un contrat gagnant-gagnant entre le salarié et l'entreprise. Sauf que tu oublies le chômage de masse et les mecs qui se chient dessus à l'idée de se retrouver au RMI. Du coup, c'est perdant pour ta gueule : pourquoi te payer à ta vraie valeur alors qu'il y en a 100 comme toi qui tambourinent à la porte et sont prêts à bosser pour toujours moins cher, juste pour se tenir la tête hors de l'eau, ne pas crever la bouche ouverte. Hein, pourquoi?
T'es pas jouasse, tu gicles.
Manière, même si t'es jouasse, tu gicles : les Chinois sont encore moins chers et ils ont encore plus peur que toi! Et si ce n'est plus eux, t'inquiète : on trouvera toujours d'autres forçats qui feront toujours plus pour toujours moins cher.
Pour ce qui n'ont toujours pas compris, la mondialisation des échanges, c'est la course au plus crevard. Et cette course-là, on est sûrs de tous la perdre!
Je suis d'accord qu'on est pas dans une situation de force quand on cherche du boulot et qu'on en a pas. Mais tout de même, entre deux crèves la faim, l'employeur va prendre celui qui fait le moins crève la faim. Et je pense qu'il faut faire semblant d'y croire à l'entretien d'embauche. Je parle bien sûr des métiers un peu qualifiés où et la formation et la personnalité du candidat compte. Dans mon cas je fais de la R&D en électronique, autant te dire que je n'arriverai à rien si je m'entends pas avec les gens dans mon équipe. Il est de toute façon impossible de mesurer la productivité en R&D qu'on se dit qu'en employant des candidats sociable et pas trop bêtes on a un peu des chances qu'ils finissent par trouver des choses.
Je veux bien croire que pour plein de métiers comme vendeuses de supermarché les patrons s'en branlent et veulent des travailleurs les plus apeurés possibles. A mon avis ils font un mauvais calcul, ça doit leur coûter cher en absentéïsme, changement constant de personnel et productivité réduite. Sans compter le coût humain.
Sinon, je vous dis, cher compatriotes, venez en Belgique. Il y fait bon vivre.
Mouaifff avec les Flamands qui considèrent les Wallons comme des merdes et rêvent de faire sécession...
Y a même des endroits où les francophones n'ouvrent pas le bac, pour ne pas se faire repérer...
L'herbe n'est jamais plus verte ailleurs!
Pertinente cette discussion...
Ah ! la bonne vieille question piège où la forme prévaut largement sur le fond. çà ressemble à Catch 22 : si tu "prétends" à un salaire moins élevé que dans les usages du secteur, tu es embauché au rabais et tu t'en mords les doigts par la suite (en comparant avec la charge de travail ou les émoluments princiers de tes collègues), et si tu gonfles un peu tes prétentions et qu'on refuse de t'embaucher par la suite, tu t'en mords les doigts également, tu culpabilises comme un bon chrétien pour avoir été trop "gourmand". Dans un cas comme dans l'autre, tu jures mais un peu tard qu'on ne t'y reprendra plus. Et si tu refuses de lâcher prise en maintenant fermement ta fourchette de prétentions de refus d'embauche en refus d'embauche, tu culpabilises secrètement pour ce qui passe pour un pêché d'orgueil.
Chuis d'accord avec Swâmi : halte au dumping social... mais tout comme en situation de dumping commercial, il y a un stade où l'entrepreneur moyen concurrencé rudement par ses homologues qui pratiquent la vente à perte (ou la sous-traitance en Roumanie), n'a plus guère le choix que de s'aligner ou de déposer le bilan (ce qui revient à toucher le RMI ou l'ASS, pour un salarié), sauf s'il parvient par chance à trouver dans son secteur une "niche" lui permettant de survivre en produisant / vendant des produits ou services "rares" à des clients "spéciaux". Nous n'échappons pas à cette machine à broyer.
Chuis aussi d'accord avec Swâmi pour le fait que, dans un cadre de société consumériste à outrance, les employeurs préfèrent désormais largement l'investissement court terme dans la force de travail "jetable" (machines industrielles fabriquées en Chine en "tout-plastique" pour remplacer les bonnes vieilles bécanes allemandes en tôle robuste, ressources humaines "low-cost" dont on cherchera à extraire un rendement maximum sur une période assez courte, même chez les cadres, etc.), comme le particulier préfèrera investir (souvent contraint économiquement) dans du mobilier suédois en kit à prix attractif ou dans des vêtements qui n'auront même pas le temps de s'user, à prix encore plus attractif cachant derrière leurs étiquettes sybillines des nouvriers du sud-est asiatique assujettis aux 35 heures (sur deux jours, eux).
La réponse de Yves (en 1.) ne reste valable que dans des secteurs où la concurrence n'est pas trop rude entre les postulants. Certains ouvriers du bâtiment parviennent même à faire monter les enchères. Sinon, la logique consumériste s'applique de plein droit : "pourquoi payer plus ?", comme à l'heure de louer une fourgonette pour déménager (c'est le même modèle de véhicule chez tous les loueurs, alors autant passer commande chez celui qui facture 29,99€ pour un week-end complet).
Chuis d'accord aussi avec Monolecte, il y a des atouts qu'on ne peut pas évoquer soi-même sous peine de passer pour un infâme prétentieux imbus de lui-même, et l'intervention informelle d'une connaissance peut être déterminante. C'est pour cela que pour un demandeur d'emploi, la cooptation peut s'avérer nettement plus efficace que ce système que cherchent à reproduire les "intermédiaires du recrutement" (intérim, cabinets RH) avec un succès très mitigé parce que leur raison d'être est avant tout de satisfaire un client et de faire leur beurre sur le dos du candidat (des négriers, en somme). La cooptation, même lorsqu'elle est rétribuée par l'employeur, reste sans doute plus efficace parce que plus désintéressée et empathique, sur le schéma : "mon ami untel cherche du travail dans mon secteur, il y a une place à pourvoir dans la boîte où je travaille, je vais le tuyauter auprès de mon boss", et non "j'ai un client qui cherche tel profil, justement, j'ai ce profil dans mon vivier de candidats (ou mon écurie de poulains fougueux), je vais donc tenter de vendre mon candidat comme un chien pure race avec pedigree, et gare à lui s'il a une once de sang de bâtard".
Et puis, pour répondre à Cynique, qui est sans doute un très bon chercheur, mais dont l'analyse du marché semble un peu étroite, je reviens à ce j'ai écrit plus haut : dans un secteur où l'on doit favoriser l'immigration de cerveaux étrangers pour pallier le manque de volontaires autochtones, les enchères peuvent continuer à monter.
Or actuellement, à force d'avoir favorisé les études supérieures à outrance depuis la fin des trente glorieuses, pour que des universitaires puissent se gargariser d'être l'élite de la nation en créant des diplômes totalement inopérationnels pour la plupart, et en faisant miroiter à des milliers d'étudiants que leurs cols seraient blancs et non pas bleus comme ceux de leurs aînés, certaines catégories professionnelles de la population active ressemblent un peu à l'armée blanche de la Russie de 1917 : rien que des officiers brillants en stratégie et en management, mais pas de fantassins pour la mise en oeuvre concrète, des fois que ce serait salissant...
Il y a des secteurs où l'employeur se contente d'un niveau BTS pour des postes d'ingénieurs, faute de postulants, et d'autres secteurs (la plupart, en fait), où un niveau Bac+5 est fortement apprécié pour effectuer des tâches correspondant à un coeff. pour lequel un simple certificat d'études est requis dans les classifications conventionnelles (conv. coll.).
C'est vrai que c'est stressant de se faire acculer par ce genre de question mais il y a des petites techniques qui aident à s'en sortir comme par exemple retourner la question en demandant plus de précisions sur le poste (responsabilités effectives, encadrement, niveau d'investissement du dpt, taille du projet dans lequel le poste proposé est impliqué). Tout cela pour mieux cerner le poste et la demande de service. C'est toujours plus facile en face du "client final" qu'en face du cabinet de recrutement aguerri aux techniques de questionnement en ce qui concerne le niveau de rémunération. Mais je crois quíl faut être décomplexé sur ce sujet et avoir des certitudes sur ce que l'on peut apporter comme compétences et expérience. Il est tout à fait clair que l'on doit savoir apprécier sa fourchette de rémunération "acceptable" et qui correspond à un marché donné et pouvoir l'adapter aux groupes ou PME à qui on a à faire ainsi qu'aux responsabilités et au niveau du poste proposé. Je sais que tout cela ce ne sont que des mots et qu'on la ramène moins quand on est "en situation". J'ai vécu comme toi plusieurs fois cette situation dans mon parcours. C'est aussi assez efficace de s'entrainer avec un binôme, en particulier en mettant au point des réponses à des questions inévitables. Face aux cabinets il faut jouer leur jeu pour passer l'étape et être présenté au "client" (poser de bonnes questions aide aussi à franchir l'étape). Bravo pour ton billet. J'ai passé un bon moment à le lire! ¡Suerte y animo!
Monolecte: il est évident que l'abandon de poste revendiqué est considéré comme une démission : maintenant, je suppose qu'on peut difficilement sur un blog aborder très explicitement les conclusions que chacun peut en tirer pour éviter d'être la seule victime de l'instinct négrier de son employeur. Mais bon : en théorie, chacun peut employer son imagination pour défendre son propre intérêt : et telle est bien la seule chose que je poeux conseiller à un demandeur d'emploi : accepte un salarie même faible et gère la situation une fois que ton utilité pour l'employeur ne fait plus l'objet de débats.
Favoriser le redressement de la France, c'est aussi faire en sorte que les employeurs de merde retournent au caniveau qu'ils n'auraient jamais du quitter !
"une fois que ton utilité pour l'employeur ne fait plus l'objet de débats", euh, c'est-à-dire ? "une fois que tu t'es rendu indispensable et irremplaçable" ? Qui peut se targuer de tels attributs par les temps qui courent ? Cela relèverait presque de la compétence d'un médium africain : "protection, retour de l'être aimé, chance en affaires, guérit l'impuissance sexuelle, envoûtement de ton patron pour ne jamais être viré, dons héréditaires depuis 5 générations, CB acceptées" (LOL)
Combien tu vaux ? Une seule réponse : Mieux ! Mieux que la société qui brouille. Mieux que le politique qui magouille. Mieux que le recruteur qui zigouille. Mieux que le vent qui souffle et la mer fripouille. Mieux quoi ! Mais ce n'est pas les mieux placés qui le voient, juste ceux qui n'ont pas les oeillères du nanti, juste ceux qui sont aussi à côté de celui qui vaut Mieux !