- J'ai quoi, comme costard, de mettable ? ...de moins de quinze ans, je veux dire ?
- Ben, pas grand-chose...
- Ben ouais, déjà, tu peux me passer une brosse, vu la poussière sur le rebord de mes épaulettes ? [1]

  • Costard gris très foncé presque noir. Le seul pas-d'été dans lequel j'entre encore, je pense. Ca le fait.
  • Pompes noires souples genre sport & ville. Brillantes. Les seules pas-baskets que j'ai. Ca le fait presque.
  • Chaussettes anthracite merdiques en slip chinois recyclé, mais ça ne se voit pas. Ca le f'ra.
  • Pour le slibard je ne dirai rien, pas même sous la torture. Circulez, y'a rien à voir.
  • Ceinture Cardin simple et modeste. Bof.
  • Chemise anthracite qu'on la dirait classieuse. Ca le fait bien.
  • Cravate en soie peut-être pas sauvage, mais jaune qui pète avec des jolis dessins. Ca égaie le tout avec goût. Si.
  • Veste 3/4 peau gris foncé pour emballer l'ensemble. Pas le modèle gestapiste tout de même.
  • Lunettes noires de marque et de forme qui déchire sa race de trop ta classe classieuse qui tue la mort.
  • Ma viande dedans, serviette au bout d'un bras.
  • Breitling Aerospace au poignet. Comme tous les jours. Parce que je le vaux bien.

Ordonnateur de pompes funèbres ou presque, ne serait la cravtouze jaune.

Je sors dans la rue déguisé comme ça. Si, sans déconner.
Je prends le métro, je me balade en centre-ville.
Je sens les regards des feûûmmmes qui se posent sur mouha. J'ai l'impression soudaine d'être le sosie de George Clooney et Hugh Grant réunis. Les blondes me matent. Certaines ne peuvent s'empêcher de me décocher leur plus joli sourire (modèle Où c'qu'on se met ?). De la blondasse à 4x4 manucurée à l'assistante de direction et jusqu'à la coiffeuse en pause déjeûner, les blondes me dévorent des yeux. Quelques brunes aussi d'ailleurs. Si j'avais un hygromètre, je pourrais mesurer l'accroissement rapide du taux d'humidité de leur hémisphère austral.

Elles se retiennent à peine d'arracher leurs vêtements pour se jeter sur mon corps frémissant.[2] M'enfin elles se retiennent quand même. Hélas :-}

C'pas croyable.

Je ne sens pas ce genre de regards se poser sur moi, les autres jours, quand je me balade avec mon jeans râpé et mon vieux t-shirt, avec mon sac su'l dos et ma pince à vélo...

Je suis pourtant le même. Plus à l'aise, même.

Pitaing, l'habit fait vraiment le moine...

(D'ailleurs, si j'y réfléchis bien, à l'époque où le costard était neuf, j'ai même plu à Mâ Anandaramesh. Dingue, non ?)

Notes

[1] Y'a pas de raison de s'abstenir de contre-péter quand l'occasion se présente...

[2] J'exagère peut-être un peu, mais franchement, à peine... ;-)