L'ASSEDIC, de H (Harcèlement) à U (Ubuesque)
Par Petaramesh le mardi 21 novembre 2006, 16:04 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
On pourrait se demander si l'ASSEDIC Lyon-Sud n'est pas en train de déménager à la cloche de bois...
S'"ils" ont décidé de la rationaliser en compressant (Ccrrouiiiic !) le personnel ?
S'"ils" sont en train de la délocaliser en douce au Kirghizistan ?
Ou si elle ne serait pas par hasard en cessation de paiement ?
Après tout, la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) serait pour ainsi dire en cessation de paiement selon son propre président, déjà qu'elle n'a jamais servi à rien ou presque, étouffé qu'a toujours été ce machin[1], mais alors là, ça va pas aider...
Si y'a pas de pognon pour la Liberté (noter le "L" majuscule), risque pô d'y en avoir pour les chômeurs (minuscules)...
Notes
[1] Charles de Gaulle dixit
Enfin bon, l'autre jour donc, nous en étions au stade des tribulations, nous en vînmes ensuite au harcèlement quand ils sautèrent sur un prétexte fallacieux pour me sucrer les trois boules d'indemnités de misère qui me restaient, mais aujourd'hui je tente de contester, et nous en arrivons à l'Ubuesque pur et simple.
Je commence par tenter désespérément de leur téléphoner, tenant compte du fait qu'ils n'ont jamais les mêmes (courts) horaires d'accueil téléphonique d'un jour de la semaine sur l'autre.
Comme aujourd'hui j'ai de la chance, j'y parviens dès la troisième tentative et après pas plus d'une ou deux minutes de musique d'attente et de patouillage du robot vocal sur cette troisième fois. Bien.
Je tombe donc sur une employée aimable comme une porte de prison (et dont la voix et le phrasé donnent à penser qu'elle en a également à peu près l'intelligence), à qui je demande des explications sur le fait que l'ASSEDIC me sucre mes ASS au fallacieux prétexte que je n'aurais pas retourné le tomberau de documents demandés - alors que je les ai moi-même déposés dans la boîte-aux-lettres de l'ASSEDIC.
(Il y a 6 mois, j'avais déjà été victime d'un embrouillamini, puisqu'ils avaient déjà sucré mes allocs en "oubliant" de déduire la pension alimentaire que je verse, de mes revenus. Il m'avait suffi (!) de me rendre physiquement à l'ASSEDIC pour que l'employée m'y accueillant règle elle-même le problème en 5 minutes. Mais la dernière fois que je me suis rendu à l'ASSEDIC, quelle ne fut pas ma surprise de voir des panneaux indiquant qu'il n'est plus possible d'y être reçu, même pas au comptoir d'accueil, sans un rendez-vous obtenu préalablement par téléphone.)
Aujourd'hui, je commence par expliquer à l'employée à qui je parle que j'ai reçu un courrier me disant que je me suis fait sucrer mes allocs, alors que le site web de l'ASSEDIC me dit que je les ai toujours, et que j'aimerais bien savoir ce qu'il en est au juste.
L'employée me répond que ce n'est plus à l'ASSEDIC que je dois m'adresser, mais à la "Direction Départementale du Travail et de l'Emploi", comme le dit le courrier que j'ai reçu.
Il me faut 5 minutes de palabres et un bon début d'énervement pour arriver à faire comprendre à cette c***asse qu'avant de contester, il me faut savoir si je dois contester, et donc, savoir si j'ai des allocs comme me dit le site web, ou si je n'en ai plus, comme me dit le courrier, les deux étant à l'en-tête des ASSEDIC. Je lui demande donc de m'indiquer ce qu'elle voit, elle, sur son écran, concernant mon dossier.
Rien que pour lui faire comprendre ça, 5 bonnes minutes, donc.
La c***asse finit, en désespoir de cause par me répondre que le site web ne fait pas foi
, et qu'elle a sur son écran le même courrier que celui que j'ai reçu (et que donc, je n'ai plus d'allocs).
Je lui indique que j'ai envoyé les documents qui m'ont été demandés, que je les ai moi-même déposés dans la boîte-aux-lettres des ASSEDIC, qu'ils n'ont donc pas pu être "perdus par la poste", et lui demande s'ils ont été traités. Elle n'en sait rien.
Je lui demande de me donner un rendez-vous à l'ASSEDIC pour que je puisse rencontrer des gens qui pourront répondre à cette simple question.
Elle refuse de me donner un rendez-vous, prétextant à nouveau que mon dossier n'est plus traité par l'ASSEDIC (à la suite de ce refus), mais par la DDTE.
Je lui réponds que, puisque c'est à l'ASSEDIC que j'ai adressé les documents que m'a demandé l'ASSEDIC, et que c'est un courrier de l'ASSEDIC qui m'apprend que je ne les aurais soi-disant pas transmis, et que c'est donc ce courrier de l'ASSEDIC qui m'informe que mes allocations sont sucrées, c'est donc à l'ASSEDIC que je veux m'adresser, et à personne d'autre, pour faire corriger l'erreur que l'ASSEDIC a commise.
Je lui demande donc de me donner un rendez-vous à l'ASSEDIC dont je dépends. Elle me répond que C'est impossible, car elle n'est qu'un service "d'assistance téléphonique", et ne peut pas donner de rendez-vous.
J'indique que l'ASSEDIC affiche de larges panneaux disant qu'ils ne reçoivent plus désormais que sur rendez-vous obtenu par téléphone auprès du 0811.01.01.69, donc elle. Je lui demande donc de me passer quelqu'un de l'ASSEDIC qui pourra me donner un rendez-vous. Elle me répond que c'est impossible.
J'insiste à nouveau, et, me mettant en colère cette fois, j'exige que l'on me donne un rendez-vous à l'ASSEDIC dont je dépends, ou le moyen d'en obtenir un. Elle me répond de nouveau que C'est impossible, car elle n'est qu'un service "d'assistance téléphonique", et ne peut pas donner de rendez-vous.
Mais elle me dit maintenant qu'elle va faxer à mon ASSEDIC une demande pour que ceux-ci me rappellent "le plus rapidement possible" et me donnent un rendez-vous.
Je demande s'il n'est pas possible que je les appelle moi-même pour obtenir ce rendez-vous directement d'eux. Elle me répond qu'ils n'ont pas de téléphone.
J'en reste donc sur cette promesse de fax, et qu'on me téléphonera... un de ces jours... pour me proposer un rendez-vous... un de ces jours...
"On vous écrira..."
Brazil.
Update 17:34 : Personne ne m'a rappelé, et, vu les horaires de ces braves gens, il y a autant de chances qu'ils me rappellent aujourd'hui que de voir un camion de la Brinks se garer en bas de chez moi pour m'apporter un million d'Euros en liquide.
Ils ne me rappelleront pas non plus demain, donc il faudra demain que je tente à nouveau le gravissement de l'Everest de la connasse l'accueil téléphonique des ASSEDIC.









Commentaires
C'est tout simplement édifiant...
Cette histoire mériterait d'être lue en présence de Mr Borloo (vous savez, le monsieur de la cohésion sociale)
La maison qui rend fou... L'ASSEDIC du coup n'est qu'une hotline administrative si je comprends bien les propos que cette
c****charmante dame t'a tenu. Et ils t'écrivent pour te dire de te renseigner ailleurs: en résumé Allez tous vous faire mettre ailleurs quoi...Merci MM. Borloo & Larcher
Bienvenue au club.
Je te conseille de faire comme tout bon chômeur devrait faire : viendres sur les forums d'actu>chômage! (même que les modos sont supers sympas!)
C'est pas à Mr Borloo qu'il faut écrire, c'est à Mr Delevoye, le médiateur de la république. Celui qui a déjà sévit au ministère de la fonction publique (ceci explique cela ?).
Bon les gars, trouvez du boulot, allez bosser, et comme ça vous ne passerez pas vos vies à vous plaindre...
Ou bien partez en vacances, mais faites quelque chose au lieu de râler tout le temps...
du Jardinage par exemple, moi ça me détend à bloc.
que de bons souvenirs ça me rapelle, l'époque ou fiers de mes mensualités de cotisations je pouvais enfin prétendre à devenir salarié de l'état en échange de mon mutisme quant à ma condition de paupérisé prématuré de la nouvelle économie. (heureusement, j'avais gardé mes stocks options de startups qui m'ont permis de passé mon premier hiver de STF - sans travail fixe - au chaud ).
La douce époque ou la gentille conseillère de l'ANPE me demandait : "programmateur minitel c'est comme webmaster, heiiin ?"
Heureusement, ma banque qui est maintenant, par un heureux concours de rachat-fusion-acquisition, aussi mon employeur et ma mutuelle et ma logeuse, ma raison de vivre et d'être, m'a ramené dans l'orthodoxie de la sainte économie de marché en me proposant de me mettre dehors ou de rentrer dans son rang. Mon gout du lucre et du chauffage urbain m'aura fait courber l'échine, mais va camarade ! Soit le bras vengeur de mes mois perdus en hahainepéheuland, harcèle-les et fais leur rendre gorge et indemnités !
Bon courage.
On devrait faire faire le même marathon aux employeurs pour avoir les réduc de charges ça ferait les pieds du comptable.
Finalement c'est un bonheur de plus rentrer dans les cases et de n'avoir droit à aucune indemnité.
Il paraît aussi que les agents de l'Assedic refusent désormais d'ouvrir des dossiers pour les jeunes de 25 ans qui n'ont jamais travaillé, ce qui leur permettait jusqu'ici d'obtenir une "notification de rejet" permettant elle-même l'ouverture de droits au titre du RMI, et de bénéficier des services d'accompagnement (si inconsistants soient-ils) de l'ANPE.
...de A (Ah ! non, çà ne va pas être possible) à C (dans ton Cul) ;-)
Pas con ça, comme stratégie... plus de guichet, plus de téléphone... bientôt ils pourront fermer le service... good luck Swâmi!
Ps : [BIIIP !] au cas où la moutarde commence vraiment à te monter au nez... en même temps, [BIIIP !], ça risque d'être un peu un coup d'épée dans l'eau. ;-)
Note de Swâmi Petaramesh : J'ai été obligé de [BIP]-er quelques petites parties de ton commentaire pour des raisons que cet article te permettra sans doute de comprendre. Nous vivons dans une société qui a perdu tout sens de l'humour, tant les classes dirigeantes resssentent comme un danger la croissante exaspération de la population exploitée et laissée pour compte de ce pays. Ils ont les jetons, et ça les rend teigneux. Il faut en être conscient.
vu que le téléphone ou y aller c'est brazil, alors courrier :
il doit y avoir sur la lettre que tu as reçu une adresse pour contester la décision. donc
envoyer à cette adresse
plus le directeur départemental de l'assedic
plus l'adjoint au maire chargé emploi social etc de ton bled
plus le préfet
plus le médiateur de la république
plus le ministère de la cohésion sociale
(listes des copies en en-tête cela va de soi).
d'accord ça fait x timbres, mais
- ça reste moins cher que tél ou y aller,
- faut pas hésiter à passer direct à des solutions comme celles-là,
comme carmen cru !! nom de'd'la ! : elle met toujours en copie au procureur de la république et plus haut s'il le faut ;^D
Recommandés et emails tous azimuts, ça soulage moins qu'un coup de pied au c... mais ça peut aider. Faut s'accrocher, parceque le chomeur qui atterit sur le trottoir sans allocs sort des statisiques et permet de claironner que le chomage baisse . Et en plus il risquera pas de pas voter anti liberal (au cas où y aurait un candidat !) s'il est SDF.
Je rapelle que Les ASSEDIC sont comme les Caisses de retraites des organismes "paritaires" cad co-gérés par le patronat et les représentants des cinq confédérations syndicales historiques. Les "organisations syndicales" ou plus précisement les "bons gestionnaires" de leurs appareils siégent sans état d'ame dans les conseils d'administration des ASSEDIC participant et cautionnant de fait ces pratiques. Il ne s'agit pas non plus d'antisyndicalisme primaire. Ceux qui payent les pots cassés sont les chômeurs et les salariés des ASSEDIC et aussi les militants syndicaux de terrain qui s'efforcent de lutter contre ce quotidien. Cette contradiction a valu lors du 48° Congrés de la CGT une intervention désespérée à la tribune d'une syndiqué des ASSEDIC sur le sale boulot qu'on les obligent à faire et que peuvent tolérer les appareils syndicaux. Cette intervention fut relayée et appuyée par une syndiquée de syndicat de chomeurs détaillant sa journée dans l'univers ANPOASSEDICOASSITANOSOCIAL... et le traitement qui y était fait d'un être humain.
Concernant les déboires avec la "hot line", on peut raisonablement supposer, comme celà devient maintenant coutumier, que c'est externalisé et que la c*** en prend plein la geule pour pas cher dans des conditions de merde avec un chef de plateau qui surveille si le "script" est respecté. Au prétexte de la bonne gestion c'est maintenant devenu la grande mode, plus de face à face et d'antenne de proximité serveur vocable et site web et débrouille toi avec. Côté employé on "rationnalise" et on "optimise" . ANPE ASSEDIC SECU même combat.
Peut-être doit t'on y voir une méthode douloureuse mais radicale pour nous aider à nous libérer des entraves de l'assistanat qui empêche notre "empowerment" dans l'employabilitée joyeuse du marché plein et souverain.
Pendant ce temps les entreprises avec les éxonérations de cotisations sociales et les médecins spécialistes avec les économies faites sur l'Assurance Maladie ont optimisé leur "profitabilité".
Va comprendre Charles ...
@Swami : Bien noté! :)
En hommage à ton billet, je te dédicace une tite chanson d'un rappeur (désolé, je sais que t'aimes pas le rap et Mâ non plus). C'est plus sympa en musique, mais les paroles sont déjà pas mal :
http://fr.lyrics-copy.com/akhenaton/eclater-un-type-des-assedic.htm
Il me semblait t'avoir posté quelque chose. J'ai du rêver.