Alors voilà, mon vieux portable silenus, un Compaq Presario 1200 12XL307 souffre depuis plus de 2 ans de batterie-mortite aigüe :

  • Sa batterie ne se charge pas ;
  • Si l'on débranche le secteur, le portable fait "Aaargggh ! Pouf !" dans les deux secondes qui suivent ;
  • Si, portable éteint et débranché du secteur, on appuie sur le bouton Powâââ, la LED "batterie" émet quelques malheureux clignotements rapides puis s'éteint, et c'est tout ;
  • Si l'on extrait la batterie du bouzin et que l'on appuie sur le bouton incorporé à la batterie, seule la LED rouge "0%" elle aussi incorporée à la batterie s'allume, et encore, seulement les bons jours.

Voyant ceci, ceci voyant, je conclus il y a déjà un paquet de temps que ma batterie était aussi crevée qu'un Christ en croix.

Et quand je vis le prix astronomique d'une batterie pour ce bidule, je me dis à la même époque que, branché sur le secteur, c'est très bien ainsi.

Mais l'an dernier, je fis quelques petites affaires sur eBay, et trouvai un beau jour un chinois qui vendait, directement depuis la Chine, des batteries Compaq Ion-lithium (et non pas de viles imitations Ni-Mh) pour mon zazar au prix dérisoire de quarante et quelques Euros, directement expédiées depuis l'Empire du Milieu.

Je me dis Tiens donc ! tentons le coup..., et je reçus il y a environ un an, directement de la lointaine Chine, une batterie d'aspect en tous points identique à ma batterie d'origine, que je remplaçai donc, et qui s'avéra fonctionner parfaitement, à ma plus grande joie.
Et je foutis donc ma vieille batterie mortasse à la benne à recyclage, sans autres états d'âme.

Hélas, ma plus grande joie fut de courte durée, puisqu'après deux semaines, ma neuve batterie défunta aussi violemment que l'ancienne, montrant exactement les mêmes symptômes : Ne se charge plus. Zéro.

Je me dis alors in petto : Morbleu : Le chinois t'a enflé ! ...Ou alors, c'est la partie chargeur de ton portable qui déconne et qui ne charge plus la batterie... mais comment savoir ?

Je me dis également que j'allais tenter de contacter le chinois, mais épuisé rien qu'à l'idée des compexités d'un retour jusqu'en Chine et des frais de port et tout, je laissai finalement tomber, me contentant de ma deuxième batterie mortibus et puis voilà.
Et c'est ainsi depuis environ un an.

Il y a trois jours, sans penser à mal ni à quoi que ce soit, j'installai Ubuntu Linux pour mon plus grand esbaudissement.

Ubuntu Linux qui m'afficha, dans un petit coin de l'écran, un petit indicateur affirmant que ma batterie était "chargée à 1%", et ne progressant jamais davantage, ce qui ne m'étonna guère compte tenu de son pédigrée de batterie foutue.

Ce matin, mon portable était allumé. En trifouillant dans mes prises électriques, je débranchai par mégarde la prise de courant de mon portable en cherchant à débrancher autre chose. Je m'attendais donc à la punition immédiate habituelle : "Aaargggh ! Pouf !", et me dis avec philosophie : Tiens, ça me permettra de voir comment Ubuntu fscke au redémarrage après coupure sauvage...

Le temps de me dire ça, je constatait cependant que mon portable était toujours allumé. Qu'il n'avait pas Aaarghé et pas Pouffé non plus.

Pour être sûr que je n'avais pas la berlue, je débranchai aussi la prise de l'adaptateur au cul du portable, pour être vraiment sûr. Il ne s'éteindit point.

Je cliquouillai de droite et de gauche, forcé de constater que la batterie chinoise supposée défunte alimentait dûment l'animal.

Je regardai les graphes d'Ubuntu, constatai que oui, je pouvais lancer des programmes, que non, le répit n'était pas que de quelques secondes.
Les graphes d'Ubuntu m'apprirent que selon le système, ma batterie était "chargée à 1%" et que ça n'allait donc pas durer, mais toutefois qu'elle fournissait avec grâce une bonne vingtaine de Watts à mon système.

Et cela fait deux heures et vingt-six minutes qu'elle fournit avec grâce une vingtaine de Watts à mon système, tout en s'affirmant "chargée à 1%" !

Au troisième jour de l'installation d'Ubuntu, ma batterie est ressuscitationnée !!!

On parie qu'une fois qu'elle se sera décidée à couper pour de bon, elle retrouvera un cycle de charge normal ?

Mes devinettes me poussent à penser que c'est quelque chose, dans la configuration du noyau Linux de ma Mandriva,[1] qui empêchait ma batterie de se charger (ou de se considérer comme chargée), et que ce problème n'existe pas avec le noyau de mon Ubuntu nouvelle.

Je mets ça sur le dos du fait que, sur le noyau de ma Mandriva j'avais volontairement désactivé l'ACPI et choisi d'utiliser l'APM, parce que l'ACPI foutait gravement la merde dans la mise en veille du système, alors que ça marchait plutôt bien avec l'APM.
Parions que ce choix innocent eut cependant une conséquence sournoise autant qu'inattendue sur la gestion de la batterie, putain je le crois pas !

Il faudra que je confirme ça sur plusieurs cycles de charge/décharge, mais je sens que mon portable Ubuntifié a retrouvé une batterie qui marche !

(Un truc qui me fait braire, par contre, c'est l'idée que j'ai foutu à la benne à recyclage une batterie Li-Ion Compaq qui était probablement encore en parfait état, et qui vaut plus de 200 Euros dans un commerce officiel en France, si je ne m'abuse, et non pas via un chinois sur eBay...)


Addendum 11:09 : La batterie a tenu un peu plus de 3 heures avant que le système ne fasse "Aaargh !" (Je l'avais empêché de se fermer automatiquement, pour pouvoir vider complètement la batterie et savoir ainsi ce qu'elle avait vraiment dans le bide) ; 3 heures disais-je : Oui-da, cette batterie est parfaitement opérationnelle...

Une fois le secteur branché et Ubuntu relancé, je vois maintenant un graphique de charge enfin redevenu rationnel, et qui ne dit plus "1%" tout le temps, mais qui croît normalement : Là il m'indique 21% de charge, et 3 heures restantes avant charge complète à cette vitesse.
Je pense donc que j'ai involontairement réglé le principal problème de ce système (Ubuntu roulaize).

Notes

[1] Vas-y Yves ! Lâche-toi ! Fais-toi plaisir !