Merci de ne pas quitter
Par Petaramesh le vendredi 27 octobre 2006, 18:26 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
Ou les tribulations téléphoniques d'un demandeur d'emploi.
Or donc, hier, n'écoutant que mon courage qui ne me disait pourtant pas grand-chose, je déposai un certain nombre de candidatures et saupoudrai l'univers de C.V. comme le Petit Poucet l'aurait fait de petits cailloux blancs.
Il faut que je précise aussi qu'un téléphone mobile GSM est un objet numérique et non analogique, et que donc, quand on perd temporairement son correspondant, ça ne fait pas "Pshhhhhttt !" ni "Scccfrrrccchhhttt !", mais juste ce que l'on notera [...........] et que l'on interprétera comme le silence éternel de ces espaces infinis qui effrayait tant Blaise Pascal.
Or donc, ce soir vers 16h45, juché sur le siège du conducteur de mon char-à-bancs monospace familial Scénic diesel TDi qui pue dans ta face de la fumée noire pleine de microparticules qui te niquent les alvéoles pulmonaires qu'heureusement que t'as pas une caméra pour voir dedans comme c'est moche, je véhiculais par ailleurs quatre monstres fort excités d'être non seulement sortis de l'école, non seulement vendredi, mais également en vacances.
Il y avait là Mademoiselle Patâpatî, Srî Minîshiva, et deux topines de Patâpatî toutes deux équipées d'une aussi grande bouche et d'une langue aussi bien pendue. Je ne vous dis pas le boxon dans le véhicule automobile.
C'est alors que mon téléphone mobile sonna, aspergeant au passage mon foie d'une bonne cinquantaine de volts/mètre de micro-ondes à 1800 MHz pulsées en très basse fréquence à quelques centaines de Hertz, le tout étant definitivement plus mauvais pour ledit foie que plusieurs verres de Jack Daniel's.[1]
Je décrochas.
- Allô ? Fis-je.
- [...........], n'entendis-je pas...
- Allô ? ? Fis-je.
- [...]jour, ici [...........], n'entendis-je pas...
- Mais tais-toi Patâpatî, tu vois bien que je suis au téléphone et que je n'entends rien ! Hurlé-je à l'autre patate en train de pousser des cris stridents à la place du mort...
- Excusez-moi, je vous entends très mal..., repris-je au téléphone.
- Ici Sylvie [....], du cabinet [...] et Jones, me répondit la voix.
- Ou-hiiiiiii ? Je suis tout ouïïiïïe ? poursuis-je.
- Je vous appelle à propos [LE RESTE EST COUVERT PAR LES HURLEMENT STRIDENTS DE PATÂPATÎ ET SES COPINES]
- MAIS TAIS-TOI PATÂPATÎ QUOI BORDEL MERDE J'ENTENDS RIEN DANS LE TÉLÉPHONE, VOS GUEULES LES NAINS, CHIER, MERDE !!! fais-je fort civilement, suivi de pardonnez-moi chère madame, je vous entends fort mal, auriez-vous l'obligeance de répéter ?
- [...........] vous appelle parce que [...........] reçu votre C.V. [...........]crutons [...........]système, [...........] disponible ?
- Heuu madame excusez-moi, je ne vous entends vraiment pas, je suis dans ma voiture avec mes enfants (un cadre ouinneur est-il supposé être à 16h45 dans sa voiture avec ses enfants ? Un doute me point) dans les embouteillages, je vous entends très mal, pourriez-vous me rappeler ?
- Heu quand ?
- Je ne sais pas, jusqu'à quelle heure pouvez-vous me rappeler ?
- 17h30.
- Eh bien, pouvez-vous me rappeler à 17h20 ?
- Entendu. Clic-BIP-Tululu ! [...........]
(Là je pousse une gueulante de force 7 sur l'échelle de Beaufort, que la politesse m'interdit de reproduire ici)
C'est soir de ouacances... Bouchons... Scotché... Avance pas... Aller larguer les copines... Rentrer voiture au sous-sol... Ouvrir box-garage... Faire descendre Nains... Rentrer voiture dans box-garage... Téléphone sonne...
- Allô ? Fis-je.
- [...........], n'entendis-je pas...
- Allô ? ? Fis-je.
- Ici Sylvie [....], du cabinet [...] et Jones, me répondit la voix.
- Excusez-moi, je vous entends très mal..., repris-je au téléphone. Je suis dans ma voiture dans mon box garage dans le sous-sol de mon immeuble, auriez-vous la gentillesse d'attendre que je sorte de mon véhicule ?
- Faisâtes, Monseigneur, Faisâtes...
- Je sors du véhicule et du box. Ou-hiiiiiii ? Je suis tout ouïïiïïe ? poursuis-je.
- [...........] vous appelle parce que [...........] reçu votre C.V. [...........]crutons [...........]système [Le reste est couvert par Patâpatî qui ouvre le coffre à la volée en le balançant dans la porte du garage, puis les nains qui chopent leur cartoche, claquent le coffre, cavalcadent en hurlant...]
- Excusâtes-moi madame, je suis dans le garage avec mes Nains qui gueulent et ça résonne et ça révèrbe et ça passe mal et j'entends rien... Est-ce que je pourrais vous rappeler dans euh disons 10 minutes ?
- Hhhhhh nan, ça va pas être possible, écoutez, c'est moi qui vais vous rappeler la semaine prochaine.
- Bonsoir madame... (Piteux).
- Bonsoir Messire. Clic-BIP-Tululu ! [...........]
Si elle me rappelle la semaine prochaine, je suis la Reine d'Angleterre :~/
De toute manière, j'ai même pas compris son nom, à Sylvie [....], du cabinet [...] et Jones...
Piting, avant de chercher tu taf', faudrait noyer ses Nains...
Ça rentre dans quelle case explicative des "suites données à votre candidature", ça, pour les contrôleurs de chômistes ?
Notes
[1] A consommer avec, hips, euh... modéra... déréra... euh.... ration.









Commentaires
Euh, putain, merde, euh, bite, chier, merde, c'est trop con, euh, t'as quand-même son numéro ?
Goût de luc, en tout cas.
@Hervé :
Ah ben non, tu penses bien, ces boîtes de recruteurs, c'est top-confidentiel, ça a un PABX configuré pour ne pas transmettre le numéro...
@ Swâmi
C'est marrant mais ça me fait parfois la même chose avec ma mère... mais sans téléphone... en direct live, quoi...
Ou alors aussi avec un Kanichokanichabouch...
Mais là, la solution est toute trouvée : un coup de rangers dans l'arrière train et ça vire au "Kaïkaïkaï" du coté ou les pompes cloutées sont tombées ... ce qui est quand même beaucoup plus rigolo voire ludique que "Tuuutuuutuuut"...
Leçon 1 : pas de numéro de portabeulh dans le CV. Car les variantes du coup de fil qui tombe mal sont infinies.
Ah c'est donc ça le bourreau de nains que j'ai vu passer en bagnole l'autre jour ???
Leçon 2 : pas décrocher sur des numéros konkonépa. Laisser la boîte vocale s'en charger. PS : Se rappeller de changer le message d'accueil humoristique de geek dans ta face qui déchire trop.
@Trub : Ah ouais, tu as raison, c'est dingue ce que la vie de type marié et père de famille façon "total frustration" a pu me rendre hargneux, aigri et méchant. Alors je torture mes gosses pour me détendre un peu. De temps en temps. Enfin, souvent même. Pas encore assez, d'ailleurs.
Tiens, je vais aller découper ma femme en morceaux, ça va me détendre.
@Yogi :
Tu rigoles, j'ai un message de répondeur tellement sérieux qu'il pourrait servir à une entreprise de pompes funèbres...
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(H.F. Thiéfaine)
D'accord avec le commentaire 6 du Yogi. Et bravo pour rester "cynique et corrompu":o) Pâpapatî t'a peut-être évité une galère visqueuse, mine de rien :o)