Oh my darling Clementine
Par Petaramesh le lundi 23 octobre 2006, 12:18 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
C'est en regardant Soir 3 hier soir que j'ai appris, à ma grande surprise, qu'il existait une gauche dans ce pays.[1]
Etonnant, non ?
Notes
[1] Non, je déconne, quand même. Figurez-vous que je le savais déjà.
Le mouvement pour une alternative à gauche a beau exister formellement depuis un an (et réellement, depuis la campagne anti-TCE), le premier Appel pour des candidatures unitaires de la gauche anti-libérale en 2007 et 2008 a beau dater de novembre 2005, je ne crois pas en avoir entendu parler aux journaux télévisés du Miniver jusqu'à hier soir. C'est à croire que ces gens-là sortent peu.
Remarquez, peut-être en ont-ils parlé un jour ou l'autre, à une édition ou une autre. Mais à dose tellement homéopathique que cela m'aura sans doute échappé. Pas comme l'autre nain aux grandes dents pointues, ni la chaisière-de-droite-qui-se-croyait-de-gauche. Ah ceux-là, on ne peut pas les louper ! On en bouffe à toutes les éditions, jusqu'à plus soif, jusqu'à l'indigestion.
Mais hier soir, tremblement de terre. Le présentateur-pas-vedette de Soir 3 prononce, presque en s'excusant, les noms de José Bové et Clémentine Autain. Mais pourquoi-ce ? Mais comment-ce ? Mais qu'est-ce qui lui toque donc ? L'omerta est donc levée ? Il est permis de parler de la gauche au journal télévisé du Miniver sans risquer sa place de présentateur nocturne ? Ah oui, si c'est juste pour dire que Christine Ockrent reçoit José et Clémentine dans son émission France Europe Express à pas d'heure, pour être sûr que pas trop de monde regarde (et surtout pas les français qui se lèvent tôt[1] lundi matin).
Voilà donc un teaser qui m'intéresse, et je me dis comme ça que je vais regarder Krissine le temps de faire péter une poire en supportant la pub...
Regardons donc tout ce petit monde sous la loupe grossissante de mon téléviseur et de mon mauvais esprit réunis en conclave.
La chose qui m'a le plus frappé, durant toute l'émission[2] a été la véritable haine pour la gauche manifestée par tout ce petit peuple journalistique, et autres doctes invités et intervenants. Ah, le sourire carnassier d'Ockrent balançant ses flèches haineuses à José ou à Clémentine, les yeux vibrants d'expectative
Je vais te piéger mon canard ! Tiens, prends ça dans ta g... !
.
Incroyable.
Quand on pense à la manière dont la même clique de pseudo-journalistes aurait servi la soupe et ciré les pompes de n'importe quel candidat ou autre politicard situé n'importe où du P.S. à l'UMP, crache dessus et fais briller !
L'émission commence par une première tentative de déstabilisation infligée par Ockrent à José (dont la stabilité tranquille ne s'en laisse pas conter) : Ockrent affirme haut et fort,[3] accompagnée par ses choristes, que, finalement, la "direction" du mouvement anti-capitalisme-sauvage[4] devrait revenir à Marie-Georges Buffet[5], de manière en quelque sorte naturelle ceci trahissant simplement le désir éperdu de notre petite classe journalistique de faire retomber le débat dans son univers de l'habituel ronronnant, déjà-vu, déjà connu : Une gauche composée d'un P.S. (fréquentable), d'un P.C. (historiquement toléré, on ne les aime pas mais on a l'habitude...) lequel P.C. serait une espèce de centre de gravité naturel de tout ce qui est à gauche de l'aile gauche du P.S., à l'exception de la gauche Arlettiste la plus extrême au couteau entre les dents, le facteur et sa bande oscillant quelque part entre le PCF et Arlette. Retombons vite dans le connu, reconstruisons notre petit échiquier politique standard en dehors duquel nous faisons, nous les petits journalistes de télévision, la preuve que nous sommes incapables de penser (de toute manière, si on était payés pour ça, ça se saurait).
A moins que ce ne soit une tentative parfaitement délibérée de notre Ockrent nationale de faire l'impasse la plus totale sur l'importance du rassemblement de la gauche anti-capitaliste sous une forme nouvelle, bien plus large et ouverte que les anciens appareils de partis. Ockrent préfère ne voir là que quelques corpuscules en agitation brownienne autour du noyau atomique du PCF (PCF dont le poids électoral, à lui tout seul, est probablement aujourd'hui inférieur à celui de la LCR ou d'Arlette...). Incompétence ou malhonnêteté flagrante de la journaliste ? Devinez !
Le piège ne marche pas, mais pourtant, elle tentera de nous le ressortir sous une forme à peine différente à deux autres reprises dans le cours de l'émission.
Toujours dans la série "le manque d'imagination au pouvoir", puisqu'on voit les candidats socialistes se déchirer dans le plus ridicule des pugilats pour savoir lequel d'eux aura le privilège de porter la cocarde, notre Ockrent nationale feint d'imaginer qu'il en va de même à la gauche de gauche, et tente de créer une "guerre des candidats à la candidature". A chaque fois qu'elle sourit, il semble encore lui avoir poussé deux ou trois dents supplémentaires. Après avoir sorti Marie-Georges de son chapeau tout-à-l'heure, elle tente maintenant d'opposer José Bové et Clémentine Autain.
Mais encore raté, tiens ! Au lieu de s'attaquer comme Ockrent l'aimerait tant, José et Clémentine font corps, se citent l'un l'autre, montrent clairement qu'à gauche la question est toute différente : rassembler le plus large possible, sans qu'aucun parti ou courant puisse se sentir floué ou exclu, et sans que le mouvement ne puisse tomber sous le contrôle de tel parti ou mouvement spécifique. Et désigner comme candidat celui qui répond le mieux à ce besoin, et qui sera soutenu par les autres "ex-candidats-possibles". C'est tout naturel. Mais cela, nos journalistes d'opérette l'ont bien en travers. Quoi ? On ne pourra pas les dresser les uns contre les autres ? On ne pourra pas faire un petit combat saignant ? On n'arrivera pas à faire dire à José des méchancetés sur Clémentine, ni à Clémentine des "petites phrases" sur José ? Ca ne marche pas comme ça ? Décidément, nos journalistes-politologues en sont comme deux ronds de flan.
Ockrent n'en revient pas, elle et son sourire carnassier. Elle a beau ressembler de plus en plus à la version 2 (wolf inside) de la grand-mère du petit chaperon rouge, elle ne parvient pas à planter ses dents dans la viande.
Alors de temps en temps, on se tourne vers l'invité représentant du P.S. Lui, ça se voit tout de suite, on l'aime bien. C'est un ami. C'est le recours, ah, si le P.S. était capable de ramener au bercail du vote utile toutes ces brebis égarées par les mirages d'une gauche qui a le front d'être de gauche (Pouah ! C'est dégoûtant ![6])... Ah, comme on sent nos braves journalistes prêts à l'aider, ce bon vieux P.S., cet ami de toujours...
Comme ça ne suffit pas, quand Ockrent fatigue un peu, elle se fait relayer par quelques questions vachardes de Jean-Michel Blier, ou interroge le politologue de service, "spécialiste de l'extrême-gauche", neutre, forceménent neutre, vous croyez ? Meuh non. Un spécialiste de l'extrême-gauche invité par Ockrent, c'est avant tout un type capable de nous expliquer en détail pourquoi l'extrême-gauche c'est bête, divisé, ça pue et c'est pas bien. Et pas réaliste en plus. Pour deux ronds. Même pas capitaliste, c'est dire !
A un moment où l'autre gauchistologue de carnaval se laisse emporter dans son élan à cogner sur L.O. et le M.P.P.T., Clémentine risque la remarque qu'aucun de ceux-là ne fait partie de la coalition anti-capitalisme-sauvage de la gauche dont il est ce soir question. C'est peine perdue : son micro n'est pas réglé bien fort, elle n'est pas assez mère-emptoire,[7] l'autre poursuit son docte démontage.
A un autre moment, Ockrent (Mère-grand, que tu as de longues dents !) pousse la mauvaise foi crasse jusqu'à se demander comment on peut être contre la liberté puisque bien sûr, forcément, étymologiquement, le libéralisme, c'est la liberté. On omettra juste fort opportunément de préciser que c'est la liberté du pognon, pas la liberté des gens. (et voilà pourquoi j'évite personnellemement d'employer les termes libéral / anti-libéral, mais préfère parler de capitalisme sauvage et de l'anti- qui va avec, tant le mot "libéral" semble avoir été soigneusement étudié par des spécialistes en communication pour créer l'adhésion à sa seule sonorité. Du beau Novlangue s'il en est).
Dans la série des basses manoeuvres (comme si ça ne suffisait pas), on fera aussi largement appel à une intervenante "verte" italienne, les ritals mis sous colle, laquelle transalpine (de ch'val) nous expliquera bien à quel point le NON français au TCE a ringardisé et ridiculisé le pays et le peuple français aux yeux du reste du monde-qui-pense-pas-comme-nous, et à quel point on va glisser dans l'encore pire si jamais on a la mauvaise idée de continuer à suivre ce que nous disent ces gens-là... (car chez ces gens-là, ma brave dame...). Jean-Michel Blier l'entonne en canon.
La transalpine reste là, bien gentiment en duplex, disponible dans l'arrière-fond, pour servir à Ockrent de choriste européenne et pour bien nous expliquer que la bonne façon de penser (et de voter), c'est de penser comme pensent les autres, et que les français ne sauraient continuer de se discréditer en pensant différemment, quoi ! Cent milliards de mouches ne sauraient toutes avoir tort ! Bouffez de la merde !
Et nos candidats et amis, là-dedans, José et Clémentine, comment s'en sortent-ils ?
Eh bien, José est très bien. Il fait le poids, on voit que ce type a de la bouteille, et que cette bouteille lui réussit pour affronter la meute de journouiouistes. On voit également que l'homme a désormais, par ses différentes activités, une envergure internationale qui le crédibilise complètement comme candidat chef d'état. José fait excellente impression. Mûr, modeste et sympathique, il fait preuve d'un flegme étonnant devant la flagrante mauvaise foi et les sempiternelles attaques de la clique Ockrentienne. Je m'imaginais un instant à sa place, comme j'aurais écumé, comme j'aurais eu du mal à me retenir de leur rentrer dans le lard ! Vraiment, José est excellent. Voilà qui nous fera un très bon candidat.
Et Clémentine ? Eh bien, Clémentine est excellente aussi. Cependant, l'organisation de l'émission en fait une invitée de second plan, l'invité de premier plan étant clairement José. Et l'émission est ainsi conduite, un tel temps de parole est donné aux détracteurs de la gauche - qui parlent bien davantage que les "invités" - sous des excuses journalistiques ou pseudo-machinologiques que Clémentine a hélas peu droit à la parole. Est-ce à cause de sa jeunesse ? Est-ce parce que c'est une femme ? Manque-t-elle encore un peu de bouteille ? Elle ne "pèse" visiblement pas le même poids que José face à l'agression journalistique. Elle se défend très bien, avec vivacité et intelligence, connaît parfaitement ses sujets, mais elle en impose moins.
Dans le montage image, le réalisateur ne coupe pas à la tentation habituelle de saucissonner l'émission de brefs plans sur le charmant visage de la jolie jeune femme aux beaux yeux bleus,[8] qui a cependant certainement d'autres ambitions et bien d'autres capacités que de faire la potiche décorative. Réalisation aidant, on l'entend peu mais on la voit beaucoup. Soyons cyniques : c'est toujours ça de gagné pour la notoriété.
Comme Clémentine est vive et nerveuse, ces petits plans brefs nous la montrent assez souvent en train de grimacer ou de s'agiter sur son siège : elle a un peu oublié de prendre sa Ritaline avant de venir. Encore heureux, elle ne se met pas les doigts dans le nez !
Je soupçonne également ces petits "gigotages à l'antenne" d'être un peu une vacherie délibérée du réalisateur, aussi.
N'empêche. Elle en a, des atouts pour elle, Clémentine. Quand je vois le nombre de gens prêts à voter pour l'autre chaisière de paroisse de Pimprenelle, simplement parce que c'est une fââââââmmeuh, oubliant que l'argument est loin de se suffire à lui-même et que, par exemple, Christine Boutin, "MAM" ou Marine Le Pen sont aussi des fââââââmmeuhs...
Eh bien, avec Clémentine, on en tient une, de fââââââmmeuh. Et une très prometteuse. Une jeune, pour nous changer de la sénilocratie habituelle. Une mignonne avec des yeux bleus qui déchirent ta race, quand je pense qu'il y en a qui prétendent voter Pimprenelle bicoze son soi-disant "charme". Nan, sans dec' ? On hésite à les diriger vers Afflelou ou vers Optic'2000... Enfin, pour ceux qui sont sensibles non seulement à l'argument du sexe, mais également à celui du charme, votez Clémentine, franchement, y'a pas photo !
Et puis, oui, en fait, une femme président, ça nous changerait. Une qui n'est pas un vieux briscard de cheval de retour à sa douzième campagne. Une qui serait le symbole d'un collectif qui ne mise pas tout sur la notoriété personnelle de son candidat, donnant ainsi le signal d'une certaine rupture avec le présidentialisme de la cinquième république.
Je ne peux que regretter qu'elle n'ait pas eu davantage la parole, hier soir, Clémentine.
je m'interroge quand même sur la capacité d'une candidature Clémentine à rassembler autant de bulletins dans l'urne qu'une candidature José, la faute au déficit de notoriété. Mais d'un autre côté, la notoriété de José lui vaut sans nul doute un certain nombre de détracteurs qui ne le verraient pas dans la peau d'un chef d'état. Oui, mais Clémentine, y'en aura toujours pour douter de sa capacité à cause de sa jeunesse et de son "inexpérience" réelle ou supposée. Peut-être dans 5 ans ?
Enfin, Clémentine ou José, dans les deux cas, c'est de la bonne. Dites, ou pourrait pas avoir les deux ? Ils nous feraient un beau couple ! Ou alors, Clémentine Présidente, José premier ministre ? Ah ouais, ce serait bien, ça. (Entre José ou Galopin de Viles Eaux, j'hésite pas une seconde).
CLÉMENTINE FOR PRESIDENTE ! ! !
Mais quand même, ce qui était de loin le plus intéressant hier soir, ce n'était ni José, ni Clémentine. Ce qui était le plus intéressant, et qui mériterait bien une étude socio-psycho-machinologique, c'était le comportement de la clique journalistique. Ce sont eux qui nous montrent clairement, indubitablement, l'endroit où se situe le clivage gauche-droite.
Ce sont eux qui nous montrent clairement pour qui ils roulent, et qui sont leurs maîtres.
Et ces gens-là ont peur. Ca, c'est intéressant.
...ET ON LEUR PÈLERA LE JONC
COMME AU BAILLI DU LIMOUSIN
QU'ON A PENDU UN BEAU MATIN
QU'ON A PENDUUUUUUUU
AVEC SES TRIIIIIPEUH !! [9]
Notes
[1] © Kanichabouch.
[2] Émission que j'ai tout de même quittée peu après minuit et demie, pas assez de piles pour aller plus loin après une nuit précédente sans sommeil...
[3] Sous la forme de questions innocentes, ces gens-là ont un art consommé de tourner sous forme de pseudo-questions ce qui n'est que l'affirmation des "évidences" de leur propre opinion.
[4] Je n'aime guère l'appellation "anti-libéral", tant celle-ci peut être dévoyée de son sens par ses détracteurs, Ockrent nous en a d'ailleurs donné un bel exemple hier soir, j'y reviendrai.
[5] Marie-Georges pour qui j'ai le plus grand respect par ailleurs, qu'on ne se méprenne pas sur mes propos.
[6] Non seulement c'est dégoûtant, mais en plus, une gauche qui soit de gauche, c'est ringard, c'est has-been, c'est obsolète, c'est sclérosé, c'est figé, c'est anachronique, c'est passéiste, c'est loser, on pourrait presque même dire que c'est... si on osait... que c'est... anticapitaliste ! Enfin, là, chouette, j'ai fourni plein d'épithètes aux journalistes sans imagination.
[7] On ne va quand même pas dire père emptoire ;-)
[8] Ah, Clémentine, si tu avais mis une mini-zupette, on aurait eu le plaisir de contempler tes cuisses... Raté pour cette fois.
[9] "Les Visiteurs". Ouais, je sais, sortir Christian Reno et Jean Clavier à ce stade de mon argumentaire intellectuel de gauche qui tue, c'est moyen... Arf.









Commentaires
Pour le choix du candidat-unis-de-la-vraie-gauche, Onfray avait fait une bonne proposition : chaque candidat à la candidature vote pour son candidat préféré (mais n'a pas le droit de voter pour lui-même).
Dans le même ordre d'idée, la semaine dernière, la grande christine reçevait le secrétaire général de la CGT et là j'ai véritablement vu les hauts le coeur en direct de la miss Ockrent de devoir parler à un syndicaliste de masse. Rien ne lui fut épargner à lui aussi : hors sujets, questions fermées, répetitions ... Ce qui avait le don d'énerver les journalistes c'était la maitrise de Thibault qui pertinament argumentait sur tout les sujets et répondait patiament, même à l'abrutis du MEDEF (obcure chef d'entreprise spécialisé en rien mais qui avait de très jolies pompes en crocos) Bref les émissions ce suivent, mais chez Ockrent elle est quand même vachement plus à l'aise avec les forces traditionnelles du pouvoir : ump, udf, ps. Il est vrai qu'avec Kouchner ils ne doivent pas inviter souvent à diner des Thibault, Autain, Bové... Et ca se voit.
Décidemment, chez Swâmi on en apprend toujours autant.
Je constate d'abord une chose, c'est que tu te couches tard, et que tu aimes bien le Soir3 :-)
Merci de ce compte rendu et de ton analyse, et continue comme ça tu va finir journaliste...c'est peut-être pas plus mal qu'informaticien ?
Merci d'avoir éveillé ma curiosité sur ce phénomène du et d'en avoir appris un peu plus sur Clémentine que j'avais déjà aperçu par-ci par-là. C'est vrai qu'elle est jeune, mais enfin 33 ans ça commence à être suffisant pour se faire entendre en politique, y'en a d'autres qui ont commencé à son âge...et qui y sont encore
Bon, ben y'a plus qu'à attendre de voir comment tout ça va évoluer.
Ah, et puis aussi, bien vu le commentaire sur : heureusement que dans l'histoire de notre pays on n'a pas toujours suivi ce précepte...sinon on en serait encore au !
bravo, beau compte rendu!
J'aime beaucoup Clémentine Autain. elle est enthousiaste, documentée, elle a de la répartie, des idées et une très bonne maitrise de la dialectique. Elle est jeune, vraiment de gauche et en dehors du nombrilisme gaulo gaulois
j'aime bien Bove aussi, calme, serein.
Je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout du tout la mère Ockrent, que tu décris fort bien. Méprisante, hargneuse avec ceux qu'elle considère petits et mielleuse (avec une petite pointe de pseudo provoc) avec ceux comme qu'elle considère comme grands.
Qui c'était la transalpine (de cheval)?
Il y a des verts très bien en Italie, pourtant. Ceci dit au moment du référendum, je me suis disputée avec tout le monde. A part quelques Réfondazione communista (dont Bertinotti), les italiens n'ont pas aimé (et rien compris) au non français.
- Bernard, rendez-vous compte ! Ce soir à l'émission, j'ai invité des gauchistes !
- Mon Dieu Christine, mais vous n'y pensez pas !
- N'ayez nulle inquiétude Bernard ! Vous savez bien que c'était pour les ridiculiser ! Nous avions tout préparé, avec Jean-Michel !
- J'espère tout de même que vous avez fait désinfecter le plateau après leur départ, et que vous ne les avez pas approchés de trop près : on dit qu'ils ont des poux ! Et êtes-vous parvenue les rendre bien ridicules, ces manants perdus à la ville, très chère ?
- C'est ce que nous a dit notre ami le représentant socialiste, en tout cas... J'avoue que pour ma part, je n'en suis pas si sûre...
- Mais, dites-moi, est-ce vrai, qu'ils sentent ?
Moi j'ai aimé l'émission d'hier, parce que c'était un peu "bas les masques" pour le PPA. Quand Ockrent reçoit des politiques classiques, ça ronronne, on est entre amis. Là on voyait bien qu'il y avait deux conceptions, deux "choix de société" qui s'opposaient. Et plus possible pour les journalistes et autres chroniqueurs de se cacher derrière leur pseudo-objectivité. D'un côté, il y avait la "presse qui ment", qui amalgame (théorie du complot, communistes=assassins, tout a été tenté), qui coupe toute tentative d'exprimer une vraie idée (à un moment, clémentine propose d'énumérer des propositions concrètes, réponse de christine : "on n'a pas l'temps"). De l'autre côté, on a vu des candidats qui argumentent, qui sont sérieux qui proposent une vraie rupture. C'était tellement évident, que Ockrent et ses potes se sont - à mon sens - auto-discrédités. Si ça se passe comme ça dans les prochains débats, je pense qu'on va bien se marrer.
C'est un plaisir de te lire
Formidable billet ! Plein d'humour décapant, de bon sens et de remarques pertinentes ! Et pis un excellent boulot de décryptage, digne d'Acrimed et du Plan B. Bref, jubilatoire ! Vive Swâmi !!!
Bravo! Une plume bien trempée comme remède contre le spleen...
Pourquoi pas Clémentine ou José au deuxième tour en 2007?
Tu lirais Politis, tu aurais déjà pu lire les interviews de la plupart des personnes pressenties pour être sur le bulletin de vote, et en plus, tu aurais pu avoir des résumés des débats et du programme qui semble ressortir.
Hier soir, j'écoutais France Info sur la route du retour du WE (c'est pour dire que je n'écoutais pas FI chez moi) où ils causaient du congrès du PC en insistant sur le fait que le PC souhaitait que ce soit le PC qui dirige l'alternative antilibérale. En insistant lourdement. Et sans avoir préalablement causé de tout ce qui a été déjà décidé lors des différents rassemblements des comités nationaux. Les médias ne vont quasiment rien relayer, et seulement ce qui pourrait semer la zizanie, genre là, donner l'impression que le PC veut faire cavalier seul par exemple, et que c'est comme si c'était fait. Ils vont être déçu dans les médias.
J'ai encore les larmes aux yeux tellement la fin m'a fait rire.
Je me demande quelque chose. Il est vrai qu'il y a des vacheries sur ce plateau et qu'elles sont volontaires. Du moins il y en avait hier soir. Mais par moment, je me demande s'ils ont vraiment toujours conscience, ces journalistes, de ce qu'ils font. Par moment, je me demandais s'ils n'arrivaient tout simplement pas à penser autrement. un candidat, face à un autre (d'où M. G. buffet), des sondages, des gueguerres entre candidats et pas une base en interrelation avec ses candidats, qui sont eux-mêmes représentants donc en adéquation avec les collectifs. Cette impression m'a semblé plus forte encore quand S. July est intervenu. Il a re-formulé trois fois sa question, et on voyait bien qu'il était comme bloqué par ce qu'on lui répondait. Il n'arrivait plus à fixer dans sa logique les réponses. Il était incapable de prendre en compte ces réponses et voulait en arriver à quelque chose qui m'est resté totalement impalpable. Enfin, c'est ce que je crois. Mais j'ai vraiment la forte impression d'une intériorisation. Ce ne sont pas de gentils agneaux, mais je crois qu'à force de pencher d'uncôté maintenant ils ne peuvent plus revenir à la normale.
(gros gros gros point faible à mon humble avis pour Clémentine : son blog est un typepad...)
Je n'ai pas vu France 3, hier soir mais je partage tout à fait ton sentiment quant aux journaleux du service public. Si bien que je n'écoute même plus France Inter, totalement à gerber le matin. Ouais ouais, comme Pla, je te verrai bien reconverti en journaliste, on se ferait moins chi...
Oups lire: "je te verrais"
euh ... on file combien de points goodwin à la mêre christine et ses pôtes ?
a part ça quand même, ton coté obsédé te perdras, Marie Drucker hier (comprends toujours pas comment on peut trouver attirante cette ségolène royal en plus jeune ... ) et maintenant Clémentine Autain ... si ségo fait ses meetings en skaï zippé, tu finiras par la trouver sexy elle aussi ? pfffffff
Merci pour cet article é-pa-tant, je l'ai mis en lien sur mon blog. Lien et pas trackback, puisque celui-ci a l'air de changer toutes les 10minutes...je vois pas bien l'intérêt des trackbacks...je suis un peu techniquement dépassée...en fait si quelqu'un veut m'expliquer :=))
Excellent et plaisant à lire. J'adore la conclusion, c'est peur-être bon signe en effet!
Très intéressante, la remarque sur la différence entre antilibéral et anticapitaliste. Ce dernier terme a un côté archaïque, il fait peur, donc les opposants anticapitalistes ne l'emploient pas. Du coup, les médiacrates jouent là-dessus.
Quant à José Bové, il a un conseiller en communication, Denis Pingaud, qui travaille à Euro-RSCG (boîte de pub). Ceci explique cela. Il n'est guère différent des politiciens traditionnels, quand un micro lui est offert, il ne pose aucune condition, n'émet pas la moindre critique sur les médias, il prend. L'essentiel est de passer à l'écran. La fin justifie les moyens.
C'est probablement notre Lula français. La prochaine grande déception des électeurs de gauche. Pas grave. Il apparaîtra d'ici là un autre Bové qui réenchantera leurs rêves. Chaque apparition médiatique leur permet d'oublier la longue liste des retournements de veste qui parsèment l'histoire électorale de la gauche, depuis Herriot, en passant par Blum, Mitterrand puis Jospin.
Joyeux rêves.
Merci de regarder la télé pour moi, j'y ai renoncé. Si Fabius n'est pas investi, je voterai peut être pour un de ceux là. Sans trop croire à leur chance...
@ Les marques du plaisir : tu serais pas un peu en train de sous-entendre que notre Guru adôré n'est séduit par un discours QUE lorsque ce sont de jolies nénettes qui le prononce. ROH, comment c'est pas beau de dire des trucs pareils ;-D
@ Swâmi : quelle analyse, mais quelle analyse. Perso, je suis on the bottom, comme souvent chez toi (hélas, pas comme tu le souhaiterais, je sais!). Ben j'ai méga HONTE parce que je ne vois même pas la tête qu'elle a c'teuh Clémentaïne... Mais tu penses bien que je vais aller lorgner et écouter tout ça de plus près... ;-)
@Laflote (@Les marques du plaisir) :
La preuve que non, c'est tout le bien que j'ai dit de José, qui n'est pas précisément une jolie nénette ;-)
Quand c'est une jolie nénette qui cause, j'essaie de compenser ma sensibilité naturelle aux arguments non-verbaux. J'y arrive mal, je sais ;-)
@Laflote :
Je ne sais pas ce que tu as à toujours penser et affirmer que la seule obsession de Swâmi petaramesh est de gravir Laflote par la face nord...
Ben non, ce n'est pas cette ascension que le Saint Homme envisageait et dont au sujet de laquelle il s'est affreusement ramassé la gueule, donnant ainsi raison aux Cassandres de service...
> LE BRET (apres un silence, passant son bras sous le sien)
> Fais tout haut l'orgueilleux et l'amer, mais, tout bas
> Dis-moi tout simplement qu'elle ne t'aime pas!
>
> CYRANO (vivement)
> Tais-toi!
>
> - Edmond Rostand ; Cyrano de Bergerac, II, 8.
je crois qu'on dit transalpine d'ours, alors qu'on cohabite de cheval...
Quand au fait que les journalistes aiment bien retrouver leurs répères (gauche/droite, PS/UMP...), ils sont bien aidés par le peuple électeur qui a, lors de chaque élection, le même souci...
"Je ne sais pas ce que tu as à toujours penser et affirmer que la seule obsession de Swâmi petaramesh est de gravir Laflote par la face nord..." : mais je n'ai jamais dit que c'était ta SEULE obsession ;-DD
Et juste pour donner tort à LEBRET (grand dieu, pas celui de chez Rose !) : je te signale qu'à la fin de la fin, eh bé, elle se met à l'aimer la Roxane le Cyrano... Je te concède que c'est quasi à titre posthume, mais bon, c'est mieux que rien, hein ;-}
@Laflote :
Effectivement, vu sous cet angle, je ne peux qu'opiner du bonnet et branler le chef...
>
C'est pas con, ça. Quelqu'un peut me prêter un sabre ?
Tout à fait d'accord sur l'analyse de l'émission (que j'ai aussi regardé). Il y a cependant un autre "problème" qui n'était pas sur le plateau de la peau-de-vache : les opposants "institutionnels". Regarde un peu les réactions des militants PC à un de mes petits billets publiés sur Bellaciao.
Si tu as le coeur bien accroché, Clémentine sera chez Fogiel ce soir. Bonne chance aux courageux.
Je précise mes propos, car je constate que les infos de Politis sont aussi en ligne : http://www.politis.fr/article1845.html
Voir aussi : Langues fourchues à «France Manipulation Express» (Avril 05 - campagne TCE ) => de nombreux liens sur Ockrent et les médias menteurs
Belle analyse, beau papier. Je comprends mieux maintenant, 2 mois après cette émission, pourquoi je peux pas supporter Christine O et sa bande des 7 nains. Je n'arrivais pas à faire une analyse de mon aversion. Merci de l'aide.