Chef ! J'peux dire un truc ? Chef ? Cheeeeeffff ?
Par Petaramesh le mardi 17 octobre 2006, 13:57 - p0rn0graph1e - Lien permanent
Garfieldd...
Petite Anglaise...
Bereno...
Next ? Next ??
Celui-ci sera, je l'espère, connu pour les siècles des siècles comme "Premier Axiome de Swâmi Petaramesh" :
La liberté d'expression des uns s'arrête où commence le droit de leur hiérarchie à préférer qu'ils ferment leur grande gueule.
D'où découle comme corollaire le "Premier Théorème de Swâmi Petaramesh" :
La liberté d'expression consiste à ne pas parler de choses qui fâchent en général, ni de son travail en particulier.
Ce matin à 9h10, Embruns annonçait l'existence du blog d'un flic, Thomas, intitulé "Que fait la police ?"
Ce même jour à 10h34, Maître Eolas relayait l'information dans son billet "Méta-Blogage", en se félicitant de l'existence d'un tel blog, mais en s'interrogeant toutefois : J'espère que le ministère de l'intérieur ne sera pas aussi frileux que d'autres et laissera faire ce fonctionnaire...
Ce même jour à 10h17 (A-t-il été encore plus rapide ? Ou y a-t-il l'effet d'un artefact de fuseau horaire de serveur ?), le flic Thomas décide de fermer son blog :
Face au succès relatif de ce blog. Un mois après, je décide une nouvelle fois de fermer. Je suis en attente d'une réponse officielle de l'administration et je ne veux pas commettre d'impairs. Ce blog a atteri sur des sites aussi divers que variés [...]
..et manifeste également quelques soucis d'être "plagié" (bien la première fois que je vois un blogueur se taire de peur d'être plagié...)
Du coup Maître Eolas culpabilise un max : Je dois porter la poisse.
Mais non, rassurez-vous maître : S'il n'y a pas de gag de fuseau horaire là-dessous, Thomas l'a fermé avant que vous ne l'ouvriez !
Par coup de bol, j'avais la page du blog "Que fait la police ?" ouverte dans mon navigateur avant que celui-ci ne Dzzoïïïiingggg ! Schlack !, et je n'avais cependant pas encore eu le temps de la lire. J'ai donc pu aussitôt enfoncer le panic knob rouge et en faire une sauvegarde en l'état, incluant tous les billets du 7 septembre à ce jour.
...Et je note que le plus ancien des billets dont j'ai ainsi gardé la trace, daté du 7 septembre 2006, 10h17, était justement déjà intitulé Fermeture du Blog
et disait :
A grands regrets, j'ai décidé de fermer temporairement mon blog afin de trouver une solution pour pouvoir diffuser mes écrits sans entrer en contradiction avec le devoir de réserve, que je dois respecter, malgré l'extrême modération de mes propos. Je précise que j'ai pris seul cette décision. Merci pour vos commentaires, et vos passages. Le site a vu plus de 3000 visiteurs en quelques mois.
Pour le billet de fermeture actuel, vous pouvez le consulter vous-même en ligne...
Addendum 18/10 00:19 : Tiens, j'apprends via Samantdi qu'il y en a une autre à qui son blog a pété dans la g...
Piting, bientôt les blogs, ça va faire plus de victimes que le phylloxéra...
Alors rappelez-vous bien : Ce n'est pas parce que Nissan commercialise une voiture (originalement) nommée "Micra blog" (par des marketoïdes de génie) qu'il faudrait en déduire hâtivement que de vils employés sont autorisés à ouvrir leur gueule revendicative[1] sur le wild-wild Internet qui n'est comme chacun sait qu'un repaire de pédonazis[2], de pirates informatiques et de méchants anargauchistes qui font rien qu'à désinformer le peuple à propos de la magnanime et généreuse bonhomie proverbiale des vertueuses sociétés qui les emploient.
Non.
Faut pas déconner, non plus !
C'est vrai, quoi.
A la fin.
Tout ça me rappelle à ma grande honte que j'ai un peu négligé la "Chaîne p0rn0graph1que" consacrée à Bereno, ces derniers jours. Mea maxima culpa. Voici donc...
Le Billet Pornographique du jour
Par Carnet d'un inspecteur du travail
Mardi 9 mai 2006
Plusieurs raisons m'incitent à ne pas interrompre ce blog, l'une d'entre elle est ma volonté de témoigner des difficultés d'exercice de la mission de contrôle.
Le jeudi 04 mai 2006, en Dordogne, un contrôleur de l'inspection du travail relevant du régime agricole (ITEPSA) a été agressé verbalement par un employeur assisté dans sa basse besogne par son fils.
Le contrôleur du travail procédait à une contre-visite afin de s'assurer que les observations formulées lors d'un précédent contrôle avaient été suivies d'effet. Mission ordinaire et indispensable de tout agent de contrôle de l'inspection du travail. Le paternel et son rejeton ne l'entendirent pas de cette oreille: insultes et menace de mort; l'employeur n'ayant aucun scrupule à rappeler, en guise d'avertissement, le double meurtre de Saussignac (En septembre 2004, dans ce même département, Sylvie Trémouille (ITEPSA) et Daniel Buffière (MSA) avaient été abattus par un exploitant agricole).
Dans un premier temps, le contrôleur fut empêché de repartir avec son véhicule, puis conduit dans une cave où on lui présenta des bulletins de paie et divers documents. Après quoi, les deux hommes le laissèrent quitter les lieux.
Au-delà de l'agression verbale inacceptable à l'encontre du contrôleur, c'est le droit du travail, droit protecteur des salariés qui est, une fois de plus, piétiné.
Alors, chers lecteurs, si vous avez quelques secondes vous pouvez déposer, en commentaire, quelques mots de soutien en solidarité avec notre collègue contrôleur du travail qui exerçait ce jour là sa mission : s'assurer du respect du droit du travail.









Commentaires
La liberte d'expression. Je ne me suis jamais autant pose la question de ce que ca voulait dire que ces derniers temps, en lisant ton blog... et en ne lisant plus celui de Bereno.
disais-tu dans je ne sais plus quel billet. Je pensais me servir de cette phrase en introduction a une de nos chansons, en concert. Une de ces chansons pour laquelle mes proches m'ont dit, pour la premiere fois: . Une reflexion qui m'a profondement choque, y voyant une forme de capitulation resignee face a une perte progressive, et donc acceptee (car l'on s'habitue a tout n'est-ce-pas ?), de la liberte d'expression, par le truchement de la peur du puissant (poursuites, etc...)
Du coup, j'en viens meme a me demander ou s'arrete effectivement cette liberte d'expression, et ou commence la diffamation et la culpabilite de manipulation.
Enfin, ca veut dire quoi finalement liberte d'expression ? (Ca me paraissait clair pourtant - limpide). Une chose est sure, en lisant ce billet et en voyant le blog de ce flic qui s'eteint volontairement, c'est qu'on doit etre nombreux a se poser la question.
@Arno : Ah, la liberté d'expression, vaste sujet... Et l'autocensure et ses causes, encore plus vaste sujet.
J'ai failli publier un billet aujourd'hui (j'imagine que je ne le ferai pas, abordant la question dans ce commentaire) pour dire à quel point tout ce que j'ai pu écrire dans mes billets de ces derniers jours est éloigné, et même sans aucun rapport, avec ce qui m'habite, me hante, me taraude ou m'émeut ou me soucie ces temps derniers.
En somme, j'ai écrit sur des choses extérieures ou des choses sans réel impact émotionnel pour moi.
Pourtant, je n'ai ni employeur, ni Dieu, ni maître, ni aucune intention de fermer ce blog.
Je suis par contre clairement freiné par plusieurs modes d'autocensure, allant de l'orgueil du personnage que l'on s'est créé - quand bien même il ne s'agirait que d'un personnage virtuel sous pseudonyme, celui-ci tend à conquérir sa vie propre au détriment de son créateur... - à la pudeur, en passant également par le fait de redouter, et de ne pas désirer, telle réaction prévisible ou possible de tel ou tel lecteur ou lectrice, si l'on écrivait telle chose... En passant également par le fait que beaucoup de choses qui nous habitent et prennent de la place en nous n'ont pas forcément atteint le degré de maturité - l'atteindront-elles jamais - qui rendrait nécessaire ou seulement possible leur expression extérieure écrite.
Ah, les deux soeurs jumelles de l'expression et de l'auto-censure...
Pour reprendre Anne Archet, la liberté là-dedans se résume à la présence ou à l'absence, ou plutôt à la présence plus ou moins pesante de contraintes extérieures. Quant aux nécessités intérieures...
Et voilà ce qui revient à dire que nous sommes loin d'être comme les napolitains qui ne SONT pas ce qu'ils FONT !
Y'en a marre de cette confusion entre ce que je fais et ce que je suis, y'en a marre de cette sensation de vivre sous l'oeil de Big Brother, y'en a marre de presque tout en fait :-(
Hou Laflote, un petit coup de fatigue ? Allez fais pô cette tête, remets ton nez rouge, le spectacle continue !
Je me suis fait la même réflexion que toi, Swâmi, quand Bereno a fermé son blog d'autant que le mien aussi parle de mon travail. Je me sens donc, moi aussi, concerné par le problème. Pour l'instant, je garde donc la gueule grande ouverte, en attendant que ça chauffe, mais mon audience confidentielle me protège. J'ajoute que je suis très intéressé par ta sauvegarde du blog de Thomas.
@Sol :
Eh bien, dans ce cas, sans doute te faudra-t-il en passer par là, ou laisser une adresse mail avec ton commentaire. Parce que même avec tous mes pouvoirs swâmiques inoxydables et tout, n'est-ce pas...
Mais le coup de fatigue (dépression, désolation et tout ce qui rime en "on" ;-DD) il est en fait permanent chez moi... Sous-terrain mais permanent :-}
Bizarre, quand même, cette démocratie où les serviteurs de l'État, les agents des services publiques ont peur de parler de leur métier, de leur quotidien, de peur de se faire saquer par leur hiérarchie.
Pour la culture de la transparence, on repassera.
Comme quoi, plus on communique, moins on en dit!
nan @ monolecte ... c'est plutôt "plus on communique plus on est seul" ... c'est ça la démocratie participative ... ça existe aussi dans l'administration ce management gerbeux des ressources humaines, et ça marche ... on a patiemment déconstruit les syndicats ( faut dire qu'ils ont bien aidé ... ) et même dans l'administration , les gens sont seuls face à la machine ...
Puisque j'ai bossé sur la question (eh, oui... en ethnologie !), ce n'est pas une histoire de liens hiérarchiques et de craintes à l'égard des supérieurs. C'est un vieux projet qui remonte à Hegel : séparer l'Etat de la société civile. L'Etat, cette chose qui flotte dans les têtes. Et ceux qui ont la charge d'incarner l'Etat (le représenter) ont pour nom "fonctionnaires". Pour que le système tienne le coup, il faut que les fonctionnaires soient séparés de la société civile : des liens de subordination au travail différents. Le statut et non pas le contrat de travail. Des syndicats très corporatistes (syndicats arrivés plus que tardivement après une interdiction qui perdure dans l'armée). Le devoir de réserve et plein d'autres choses très mignonnes commes les pourpres et les ors de la République, le contrôle à l'entrée des ministères et... l'impossibilité d'avoir un blog.
@Laflote (#7) : Console-toi, va, ça ne peut guère être pire que moi ces temps derniers. Enfin si, ça pourrait, mais je ne te le conseillerais pas ;-)
J'avais crû comprendre via Kozlika que Bereno avait demandé lui-même à ce qu'on ne publie pas ses billets à nouveau.
Mais j'ai pu mal comprendre.
@Otir : Je n'ai personnellement pas été en contact direct avec Bereno, ni n'ai reçu aucune demande de sa part.
La question de mon positionnement par rapport a son "accord" ou non a été largement abordée à la fin de ce billet et dans son fil de commentaires, que je t'invite à lire.
Si tu as des objections ou des remarques supplémentaires à formuler à ce propos, je t'invite à les faire sous le billet concerné, puisque c'est là-bas que la discussion a déjà en grande partie eu lieu.
Son blog étant sur blogspot, à moins d'en éditer l'heure au moment de la publication, le billet est daté du moment où l'on commence la rédaction, d'où peut-être cet écart constaté...
J'avais récupéré ceci à l'aide de GoogleCache à l'epoque.
Vu que votre lien semble être cassé, j'ose humblement mettre un lien directe vers la copie hébergé chez moi.