Décapant pour les neurones
Par Petaramesh le lundi 16 octobre 2006, 09:10 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
Encore un nécessaire tour du côté de chez Anne Archet : Notes sur l'anarchie (2/3) :
L’oppositionnisme est intimement lié à la cinquième perversion, le progressisme (qui est, soit dit en passant, l’épithète de choix des organisations de gauche en ce moment – les mots « socialisme » et « communisme » étant largement tombés en disgrâce). Le progressisme est l’idée que l’ordre établi est le résultat d’un processus historique continu (ou alors dialectique) d’amélioration qui peut être poursuivi et même accéléré par divers moyens, que ce soit l’exercice du droit de vote, la pétition, la désobéissance civile, le terrorisme ou la conquête du pouvoir politique – en fait, n’importe quelle action sauf la destruction de ce pouvoir.
Ainsi, le progressisme (et la stratégie de revendication de réformes partielles qui est son application pratique) forme un autre aspect quantitatif de la conception de gauche de la transformation sociale. Pour la gauche, la transformation sociale est une simple question de degrés, de position dans un processus de changement continu. Une quantité adéquate de réformes suffit pour mener collectivement les masses à leur objectif (quelque soit ledit objectif). La réforme et la révolution ne sont ainsi, pour la gauche, qu’une question de degré, que deux niveaux distincts d’une seule activité. Engoncée dans le mythe éminemment bourgeois du progrès, la gauche reste aveugle à la plate évidence que la seule trajectoire des sociétés humaines depuis l’essor de l’État moderne et du capitalisme est l’accroissement continuel de l’appauvrissement et de la domination, et que ce système ne peut en aucune manière être réformé.
L'article entier est à lire, bien sûr.
Et le précédent (1/3), donc :
Monisme et immanentisme sont au coeur de l’anarchie. Les anars n’admettent pas la distinction hiérarchique entre âme et corps, esprit et matière, homme et nature. L’être humain ne diffère en rien de tout autre phénomène, de tout ce qui compose la nature, si ce n’est en degré de puissance. Comme le disait Deleuze, il n’y a qu’une seule nature pour tous les corps, une seule nature pour tous les individus, une nature qui est elle-même un individu variant d’une infinité de façons. Cela signifie que l’être humain ne peut en aucun cas prétendre sortir d’une nature qui le pénètre et qui constitue toute son existence. L’anarchie est également un immanentisme absolu : tout se passe à l’intérieur des choses et des êtres qui ne peuvent sortir de leur nature et qui doivent accorder leurs actions à cette nécessité plutôt qu’à des forces extérieures telles que Dieu, l’État, les Lois, les Idées, la Constitution, le Peuple, etc.
Il faut donc comprendre que lorsque les anars parlent de liberté, ils ne parlent pas de libre arbitre puisque selon eux liberté et puissance vont de pair. La liberté est le pouvoir d’être soi-même cause de son être et de ses propres actions, alors que la contrainte consiste à être et agir en étant déterminé par autre chose que soi-même. Toute liberté est puissance, une puissance qui n’est pas coupée de ce qu’elle peut. Bref, la liberté, c’est « avoir la volonté de répondre de soi » comme le disait Nietzsche.
La liberté est donc synonyme de nécessité et c’est en cela qu’elle s’oppose à la contrainte. La contrainte est toujours extérieure ; elle est faite d’oppression et de domination. La nécessité est toujours intérieure : c’est la possibilité pour l’individu d’être autodéterminé, c’est-à-dire déterminé par sa propre nature, par l’ensemble des forces et des désirs qui le constituent réellement. En offrant la possibilité d’accorder les désirs et l’action, la liberté offre la possibilité pour l’individu d’aller jusqu’au bout de ce qu’il peut. Ce n’est donc ni privilège, ni une coquetterie pour occidentaux blasés, ni un caprice de bobos en mal de sensations fortes. La liberté étant constitutive du sujet, les contraintes extérieures qui s’exercent contre elle sont une atteinte à la nature même de l’individu.
Évidemment, la liberté n’a rien à voir avec le libre arbitre, la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser. Le libre-arbitre est une fausse liberté, une invention intéressée de tous les ordres établis qui remonte à Saint-Augustin, pour qui « Dieu a conféré à sa créature, avec le libre arbitre, la capacité de mal agir et par là même, la responsabilité du péché ». Le libre arbitre est donc bel est bien le « tour de passe-passe théologique » que dénonçait Nietzsche dans le Crépuscule des idoles. Premièrement parce que si le libre arbitre existe, l’homme est placé au-dessus des lois de la nature. Or, l’homme n’échappe pas à cette nécessité du réel pris dans sa totalité. Et deuxièmement, parce les hommes ont été considérés comme libres seulement pour être jugés et punis, seulement pour pouvoir être coupables – en sauvant ainsi la perfection divine tout en dédouanant Dieu de sa responsabilité envers le mal.
Dans nos sociétés démocratiques, le concept de libre-arbitre a le même effet liberticide, Dieu étant tout simplement remplacé par la Morale, la Société ou la Loi, devant lesquels l’être humain est tenu responsable. Il est donc tenu responsable des forces et des désirs qui le constituent réellement comme sujet et doit sans cesse les refouler, les vivre comme des réalités extérieures à lui-même, des réalités dangereuses et diaboliques qu’il se doit de rejeter… même si elles constituent le seul chemin de sa liberté et de son émancipation.
Ces quelques paragraphes, que je n'avais pas encore lus jusqu'ici, résonnent fortement, je trouve, avec ce que j'écrivais là...
...et aussi...
En tant que citoyens de démocraties libérales, nous sommes tous et toutes dressés dès notre plus jeune âge dans le but de faire de nous des citoyens utiles et responsables, c’est-à-dire obéissants. Et l’un des principaux outils de contrôle social est le mythe.
Le mythe raconte une histoire sacrée et performative – du moins pour celui qui appartient à la culture qui le crée. Il s’agit d’une narration qui explique non seulement l’origine du monde, mais aussi tous les événements primordiaux à la suite desquels les humains sont devenus ce qu’ils sont aujourd’hui, c'est-à-dire des êtres organisés en société, obligés de travailler pour vivre, vivant selon certaines règles et soumis à des institutions hiérarchique de contrôle social dont l’État est une des principales incarnations modernes. Le mythe a la particularité de se justifier lui-même ; il est « vrai » parce que la société qui l’a produit et dont il est l'image existe. Il est « vrai » parce qu’il est continuellement répété, par des « conteurs » dont l’autorité découle du fait de conter et de répéter le mythe. En ce sens, le mythe, même s’il n’est pas toujours religieux, contient des éléments cérémoniaux, liturgiques. Réciter le mythe recrée donc le monde, par la force du rite.
Le mythe démocratique est une narration particulièrement puissante dont on peut retracer les sources jusqu’aux philosophes des Lumières. Ce mythe est progressiste et évolutionniste ; il pose que la civilisation – conçue comme un ensemble d’institutions de contrôle social dont l’Etat moderne est l’aboutissement – est la finalité de toute société humaine. Il existe donc des primitifs, vivant dans un état de barbarie violente mais aussi de d’innocence naturelle – le bon sauvage de Rousseau – et des civilisés, sujets de dirigeants dont le pouvoir découle par contrat social du peuple. L’Histoire est donc l’émergence de l’humanité des brumes de la sauvagerie vers la splendeur de la civilisation, guidée par les progrès des lumières de la raison. Il ne peut donc y avoir de société sans police, sans armée, sans prisons, puisque l’existence de ces institutions est inscrite dans l’Histoire et sont des conditions sine qua non des sociétés développées et prospères.
Malheureusement pour le mythe, cette vision des « peuples barbares » a été depuis les cinquante dernières années complètement réévaluée par les anthropologues, qui pour la plupart estiment que ces peuples étaient prospères, qu’ils vivaient dans un état général de paix… et qu’ils n’étaient soumis à aucune forme institutionnalisée de domination hiérarchique. Des chercheurs comme Frank Hole et Kent Flannery ont, par exemple, constaté que les chasseurs-cueilleurs avaient un mode de vie peu contraignant, qui permettait de développer une vie culturelle en harmonie avec l’environnement. Et surtout, qu’ils ne travaillent pour ainsi dire jamais, le plus clair de leur temps à jouer, à discuter, à se reposer ou à dormir.
Bon. Vous êtes encore là ? Mais qu'est-ce que vous foutez ? Faut que je vous tienne la main pour que vous filiez lire le reste ?










Commentaires
Eh bé... C'est du haut vol :-)
Passionnant, j'ai tout lu un peu vite malheureusement!
J'adhère, beau rappel de Nietzche!
belle critique du libre arbitre
il me faudrait plus de temps, que présentement une fois, je n'ai pas!
"Des chercheurs comme Frank Hole et Kent Flannery ont, par exemple, constaté que les chasseurs-cueilleurs avaient un mode de vie peu contraignant, qui permettait de développer une vie culturelle en harmonie avec l’environnement. Et surtout, qu’ils ne travaillent pour ainsi dire jamais, le plus clair de leur temps à jouer, à discuter, à se reposer ou à dormir."
et oui,les occidentaux s'imaginent avoir découvert et créé le bonheur, grave erreur, ils ont (nous avons )créé la névrose et la dépression, le boulimisme et l'anorexie, la société de consommation et érigé l'argent en entité suprême.
Un joiur, il y a longtemps, une partie de l'humanité s'est fourvoyée, a pris un mauvais chemin, depuis malgré un certains nombre de progrès rééls (santé, et parfois éducation, encore que là aussi il faudrait nuancer), on patine dans la semoule, on se désespère, on se regarde le nombril, on laisse mourir ceux qui ne nous ressemblent pas...
Il y a encore des paradis: la campagne balinaise par exemple, là où ne vont pas les touristes.
Bonne journée Swâmi et bravo pour la qualité de sa télexion, bravo aussi à Anne Archet.
Je repasserai quand j'aurai le temps pour approfondir ma lecture
@Céleste :
Attends, je branche le décodeur... Grouïïïkk ! Pssssscchhhh... DZz-DzzzTtTT... Dzoïnggg !! ...Grrou-Piiilililouiuouioiiiii-sssssscccchhh.. ... ...ta sélection.
Ca a marché !
Swâmi Petaramesh, ton décodeur s'est planté:
je voulais dire :"de ta réflexion", mais mes doigts n'ayant point suivi la rapidité de mon cerveau (partant du principe autosatisfait que c'est ce dernier qui est rapide et non mes doigts qui sont lents et maladroits) il est sorti "téléxion" :télé = de loin, à distance, croisé avec le xion de réflexion.
La téléxion: l'art du blogueur Swâmi Petaramesh!
@Céleste :
Je ne sais pas si l'on peut écrire que l'humanité s'est fourvoyée, cela implique le sous-entendu qu'elle ait eu le choix de faire autrement, le libre-arbitre à l'échelle de la société humaine, en quelque sorte.
Cela implique aussi que l'on use du conditionnel imparfait, que l'on imagine que les choses auraient pu être différentes, que l'on crée un second. [1]
On peut y trouver une forme de réponse dans ce paragraphe du premier billet d'Anne :
Le "graissage" d'un passage absolument crucial est de votre serviteur ;-)
On pourrait par ailleurs trouver différentes manière d'apporter le contredit à l'argumentaire d'Anne à propos des chasseurs-cueilleurs, en soulignant par exemple que leur mode de vie nécessite une population très faible et très peu dense par rapport à son environnement, condition nécessaire au prélèvement "facile" de nourriture sans déséquilibrer l'écosystème. Le contraire du productivisme. Un tel mode de vie est décidément inapplicable à une population de six milliards d'humains sur notre petite planète - A moins que ce ne soit, plus directement, une population de six milliards d'humains qui soit, à terme, incompatible avec les ressources de notre petite planète, quel que soit le type de société que l'on envisage (en dehors de quelques centaines de millions de privilégiés pour plusieurs milliards de crève-la-dalle).
Ou pourrait également mettre en doute l'efficacité de l'anarchie pour la réalisation de toute tâche hors de portée d'une personne seule ou d'un tout petit groupe. En effet, si l'on imagine pouvoir construire une petite maison de manière anarchique, on l'envisage beaucoup plus mal pour ce qui concerne une cathédrale, qui nécessite un plan d'ensemble scrupuleusement suivi et coordonné.
On peut cependant également se demander si l'existence de constructions basées sur le modèle de la cathédrale est strictement nécessaire à l'humanité.
Quoi qu'il en soit, la création d'artefacts ou d'oeuvres de l'esprit très complexes ou importants nécessite le plus souvent la coordination et la spécialisation d'un grand nombre d'êtres humains. On associe souvent cela avec un système très organisé (où les échanges commerciaux compensent la spécialisation de compétences et de production), et on associe le plus souvent l'idée d'organisé avec l'idée de hiérarchisé : adieu la belle anarchie...
Cependant, l'exemple des Logiciels Libres en général et de leur navire amiral, GNU/Linux, en particulier, montre d'une manière que beaucoup auraient crue impossible que le modèle de développement du bazar peut réaliser des tâches aussi complexes et complètes que celui de la cathédrale.
Ce qui nous amène bien sûr à citer le célèbre ouvrage de (ce dangereux crétin d') Eric S. Raymond : "La cathédrale et le bazar".
Il n'est cependant pas certain de mon point de vue que cet exemple puisse être transposé de manière efficace à l'ensemble des activités humaines.
Ce qui n'empêche nullement que des réflexions comme celle que nous propose Anne ont l'immense avantage de nous faire sortir des ornières de la véritable religion que constitue actuellement le concept de "démocratie capitaliste libérale dont le Dieu est le Marché". On peut imaginer d'autres voies et d'autres possibles, et l'on peut s'inscrire individuellement en dehors de cette religion, même si l'on vit, nolens volens, au sein de cette société.
[1] Ce qui est bien sûr en flagrante contradiction avec l'un-sans-un-second, en ce que l'usage du conditionnel imparfait crée un second fictif ("ce qui aurait pu être") à côté de Cela qui Est. (Spécialement pour toi Céleste, qui sauras probablement de quoi je parle ;-)
Bonne remarque!
C'est bien de réfléchir!
Rien à ajouter pour l'instant, mais je n'en pense pas moins.
:o))) ... GNU/linux ... et quelques autres ... mais le plus souvent possibles par la "dématérialisation" des rapports humains que permet/produit le web ... l'experience du libre n'a t'elle pas été possible que parcequ'elle est le fait de "loups solitaires" ...???
...qu'agressent les fillettes et leurs mères
Quand j'ai rien à me mettre sous la dent,
Je grimpe dans un wagon restaurant.
Y'a là une bonne douzaine de rombières
Qui finissent leur partie de poker,
J'en balance trois par la portière
Et les autres suivent en chantant...
Hmmm...
Sous-entendrais-tu que l'experience GNU/Linux a ete possible sans aucune organisation, coordination, centralisation ou meme standardisation (les "man" pages pour ne prendre qu'un exemple). Enfin, je la ramene sans doute sur un sujet que je connais finalement tres mal, ou du point de vue du simple utilisateur. Cela etant, j'ai du mal a imaginer qu'une "oeuvre" telle qu'un Linux soit possible en totale anarchie.
Par ailleurs, la mobilisation de ressources sur des taches complexes, necessitant une grande implication, n'est possible que parce que d'autres taches, tout aussi fondamentales, sont assurees de manieres suffisament "efficaces" pour subvenir aux besoins de tous. J'entends pas la que si chacun d'entre nous devait assurer, individuellement, son approvisionnement en nourriture (ce qui est un modele acceptable - pourquoi pas), ca laisserait "beaucoup" moins de temps pour la gamberge, et donc pour la creation et/ou la recherche quelle qu'elle soit (artistique/technique/scientifique). Dire cela n'est en rien un jugement de valeur sur le-dit progres. Peut-etre serions-nous plus heureux ainsi, on vivrait moins longtemps mais plus simplement, mais comme le dit Anne Archet, c'est tout simplement non naturel pour l'homme. La preuve: c'est ce monde qui est et qui donc est le meilleur (dans le sens, le seul possible - celui vers lequel nous avons converge malgre la diversite des options au depart), dans des conditions donnees, bien sur.
Par ailleur, pour revenir a l'anarchie, peut-etre ai-je mal compris le fond de la pensee de ses defenseurs ici, mais je n'arrive pas a la voir, pragmatiquement, comme autre chose que la loi du plus con, etant donnee, une fois de plus, la nature humaine.
@Arno : Non, au contraire ! L'expérience GNU/Linux démontre qu'il est possible d'avoir communication, organisation, standardisation, coordination en l'absence de hiérarchie et de centralisation. Il peut y avoir par contre des équipes parfaitement coordonnées, voire apparemment hiérarchisées, qui gèrent tel ou tel aspect particulier d'un tel projet, le noyau par exemple, mais même au sein de telles équipes, il ne s'agit pas d'une hiérarchie d'individus, mais d'une définition de rôles précis, ce qui n'est pas du tout la même chose. On peut ensuite juxtaposer un grand nombre de telles équipes et même d'individus travaillant sur des projets ou sous-projets différents, qui n'ont nul besoin d'être strictement coordonnés entre eux, mais seulement de respecter certains standards communs et d'entrer en communication seulement quand cela s'avère utile ou nécessaire.
Les "man pages" que tu prends pour exemple sont justement un exemple de chose qui semble centralisée, mais qui ne l'est pas : La seule chose qui est précisément définie, c'est le format que doit avoir une man page, et l'endroit où l'on est censé la stocker. Ensuite, chaque auteur d'un programme, d'une commande ou d'un script, peut (et devrait) écrire une man page, page de documentation d'usage de son programme ou script. S'il respecte le standard, un "
make install" ou un "urpmiblabla" installera sa man page au bon endroit, et la commandemansaura dès lors la retrouver et l'utiliser.La suite de ton commentaire insiste sur la nécessité d'organisation et d'une certaine dose de spécialisation dans toute communauté humaine, pour des raisons d'efficacité. Cela rejoint ce que j'en disais déjà dans mon commentaire #5...
Quant à traduire l'anarchie en termes de , je te laisse l'entière responsabilité de ton jugement.
@Swami:
Un terme un peu tranche, j'en conviens. C'est d'ailleur un jugement que je devrais differer tant que je ne suis pas sur de comprendre la definition de ce qu'on appelle ici l'anarchie, appliquee a l'echelle humaine (le contre-exemple Linux/GNU mis de cote). Une de ses definitions les plus communes (grosso-modo: chacun fait ce qu'il veut - ou croit vouloir - peu importe), m'amene immanquablement a la loi du plus con etant donne l'immaturite de l'Homme.
Une reflexion sans grande importance tant il me parait peu probable que je vois un jour un exemple d'anarchie.