Aujourd'hui est un grand jour !
Par Petaramesh le dimanche 8 octobre 2006, 19:24 - Intime Universel - Lien permanent
Car c'est un jour inoubliable qu'un père ne vit qu'une fois, du moins pour chacun de ses enfants : Aujourd'hui, Srî Minîshiva, du haut de ses 4 ans, m'a demandé de déboulonner les petites roues stabilisatrices de son vélo et a filé tel un pet sur une tringle une flèche et dans un grand Banzaï ! vers le soleil couchant des lendemains meilleurs qui chantent dans le lointain...
Et heureusement que j'avais moi aussi mon vélo, car à la vitesse ou il enroule sur son mini vélo Décale-thon, je ne peux pas cavaler derrière plus d'une centaine de mètres avant que les yeux ne me sortent de la tête ;-)
...Et là, ce n'était pas de la rigolade, il a bien fait 3 bons kilomètres, le Minîshiva sans roulettes. Bon, d'accord, pas sans se prendre 2 ou 3 gamelles. Dont une estampillée "vraie sacrée bonne gamelle avec du sang[1] et tout"[2]. Mais toutefois rien qui soit de nature à faire reculer le Monstre.











Commentaires
Arf, mini-Monolecte a aussi son vélo Décathlon pour demi-portion, mais tout rose, pour les filles, et avec les roulettes, parce qu'elle n'aura 4 ans qu'en janvier.
Et toi, tu lui fait faire où du vélo? Chez nous, c'est problématique : la route avec les camions (bof) et les parkings. Là, on va sur celui de la maison de retraite de ma grand-mère, mais on doit toujours faire hyper gaffe, les gens conduisent partout comme des branques.
@Le Monolecte :
La ville de Lyon et ses immédiats alentours disposent de suffisamment de grands (ou immenses) parcs où faire pédaler les Nains en toute sécurité. Hier, nous étions à Miribel, des kilomètres de piste cyclable où le seul risque est de collisionner dans un autre vélo, une poussette ou un roller (Srî Minîshiva a testé pour vous, la collision dans le type en rollers)...
Dans Lyon même, il y a La Tête d'Or et Parilly, avec de quoi faire du vélo pour les mômes, aussi.
Et à l'extérieur, il y a aussi Lacroix-Laval, mais pas franchement goudronné alors pas idéal pour les Nains avec petites roulettes. Mais maintenant que Minîshiva n'a plus de roulettes, ça le fera très bien.
Et pour rouler en ville, on attendra encore, hmmmm... On a beau connaître le chemin des urgences, on évite d'y aller pour le plaisir...
Je crois que ce que j'aime encore mieux, c'est les brassards, quand il commencent à marcher sur l'eau. Et le vôtre, avec tous ses bras, il va faire bateau à aubes, ça va être drôlement chouette.
Guruji... pour la note sur le couple... Chez moi, il s'est passé un truc curieux. Un jour, après 16 ans, j'ai arrêté d'essayer de parler, d'obtenir une discussion, une réponse, et à la place, je me suis mise à écrire, beaucoup, beaucoup, sans plus ouvrir la bouche. Et là... comme avec les animaux sauvage, la bête s'est approchée en tendant l'oreille, de plus en plus près. Pas un bruit dans les fourés... J'ai pas bougé, genre pas même un mouvement de globe oculaire... le bestiau est venu encore plus près et il a dit : "on ne discute plus, ça me rend malheureux". Et là, le truc, c'est... pas tirer une baffe à l'animal en hurlant de rage QUOIIIIIIII, alors que ça fait des années que je monologue ?? Tout ça tout ça... mais continuer à se taire. Il commence à reculer, toujours rien, puis il revient, "comment tu vas, toi ?" Et là, monosyllabe, pas plus. Faut être très patient, trèèèèèèèès immobile. C'est ça qu'est dur, en fait, pas enchaîner comme un malade et laisser l'autre gérer à son rythme affreusement lent, que nous, foutus hyper-langagiers, nous avons beaucoup de mal à supporter. Ils sont comme ça. Ils ont classé la discut dans le domaine des vanités, et seul le comblage de temps par le faire les rassure, c'est stable, bien en ordre, soumis aux règles de la matière et à ses terribles diktats resserrant de fait le nombre des possibles paniquants à pas beaucoup : genre la position sur le vélo si tu veux pas te casser la gueule, y'en a pas douze. Malgré tout, ces chers cas à pieds sur terre ont l'art de gérer les trucs que nous, nous DETESTONS. C'est le bon côté des choses. Dites, vous me fileriez l'adresse de votre coin à myrtilles ? Nous, on a fait champignons... des tapis noirs de petites trompettes vers Paladru.
Que le vent vous soit favorable, guruji, je m'incline et remets mes pompes pour aller vaquer hors de ces lieux où reigne la parole-parole-parole, haute trinité trine à trois têtes d'hydre. Si. J'ai ménage.
@Marie-Cécile : Très intéressant et superbement écrit commentaire, pendant que je peine à me remettre de ce que mon agrégateur m'a ramené de chez toi ce matin (j'hésite d'ailleurs à appeler la Société Protectrice des Pêches Pelées...).
Pour autant, il y a autant de problématiques différentes que d'individus, tous différents, et celle que tu décris ci-dessus me semble passablement différente de celle que je vis. C'est comme çaaaaaaa-ah, la-la la-lala...
Sinon, pour le coin à myrtilles et mûres et framboises, ça ne se dénonce pas, un coin comme ça ! Encore moins en public ! Ca se montre discrètement et en faisant , à la rigueur...
Sympa, le lac de Paladru. Mais il doit être un peu froid pour s'y baigner, ces jours-ci...
Pour les brassards de nains occupés à
marcherdraguer une 'tite copine sur les eaux, tu peux en avoir une aperçu quelque part vers le milieu de ce billet..."Regarde devant toi, regarde pas les pedales ! REGARDE devant toi... pas les pedales !! MAIS REGARDE DEVANT TOI, PAS LES... !!! Ch'te l'avais bien dit..."
@blop : Ah, le mien, il ne regarde jamais les pédales ;-)
J'ai lu, relu, un peu partout chez vous. Je me suis mal exprimée, je voulais dire SANS les brassards. Quand ils nagent tout seuls et qu'on est plus obligéES de les tenir. C'était un peu métaphorique. Je la comprends, Mâ. C'est dur, sa situation, et tant qu'ils nagent pas vraiment, les mômes, c'est le stress. Nous, les nains, on les a englobés, c'est un boulot de malade, une responsabilité PHYSIQUE. Si ils crèvent, c'est de notre faute. Il y a ce truc auquel je pense depuis longtemps. Le temps du nourrissage. Pourquoi sommes nous aussi tendues tant que les gamins ne sont pas un peu autonomes, solides ? Souvent, les femmes font la bouffe. Je me demande si on ne se trimballe pas des millénaires de culpabilité, le regard accusateur du groupe lorsque l'un des membres tombe malade. Le risque monumental que faisait peser la faune et la flore et leur conservation aléatoire sur les organismes. Les morts par empoisonnement accidentel, par maladie. ça traverse les générations, ces trucs là, de trou dans le langage à trou dans le langage. Et toujours le regard soupçoneux de l'homme sur celle qui a choisi et préparé ce qui va entrer dans son organisme et celui de sa progéniture. Les paniques de ne pas avoir "assez de lait", car existe aussi la gageur de la réserve pour l'hiver : pas trop pour pouvoir avancer, se déplacer, -l'homme portait sans doute puisque la femme, enfant en bas âge oblige, avait les bras et les seins occupés- mais assez pour tenir tout l'hiver. Le convaincre de porter plus, au risque de l'écraser, de l'épuiser, ou se faire reprocher un mauvais calcul "tu n'as pas prévu assez !" Oui, mais je ne voulais pas te charger "prétexte que celà, gente dame". Rien à faire, je persiste à penser que nous continuons, pas dans le matériel, bien entendu (koikeu), dans l'imaginaire, à porter l'écrasante responsabilité de la survie des nains. Vraiment. Même si maintenant, il en meurt moins qu'avant. Le risque plane, et dans certaines familles plus que d'autres, pour cause d'antécédents douloureux, de cadavres cachés. Une espèce d'injection d'adrénaline quotidienne qui fait que l'on reste sur le qui-vive et que l'on continue à avancer, quelle que soient les conditions. Jusqu'au pétage de plomb. Vous connaissez "mon oncle d'Amérique", de Resnais. L'expérience de Laborit avec les rats. La baston permet au rat de rester en forme malgré les décharges électriques dans la cage. Alors que seul, sans adversaire, il s'auto-détruit, tombe malade, chope le poil terne et tout.
La boxe. Faut emmener Mâ à la boxe.
Vouzalezvoir, à force qu'on vous donne des idées débiles, vous allez finir par en trouver une à son goût. Paske, quoique vous en disiez, ça sent quand même l'amour, votre truc.
@Marie-Cécile :
Sur ce dernier point, je te donne raison. C'est bien là à la fois le noeud du problème et ce qui rend la situation tolérable et la survie possible.
Mâ Anandaramesh a bien des qualités, et des grandes, auxquelles ce que j'ai écrit sur ce blog ne rend aucunement justice, tant il est vrai que ce que l'on éprouve le besoin d'écrire n'englobe jamais la totalité d'une situation, ni d'une problématique, et encore moins d'un être humain.
Cette inévitable injustice dans mes propos me navre.
Pour ce que tu écrivais avant cette juste conclusion, par contre, je suis bien moins sûr d'adhérer à tout ;-)
Un truc infaillible pour apprendre le vélo à un petit, courir derrière en le tenant par une echarpe enroulée autour de la taille. Quand on le lache, il file tout seul, c'est magique.
@Amarula :
Merci du tuyau, mais Minîshiva s'étant directement tapé plusieurs kilomètres sans ses roulettes, je crois que ça ne va plus être la peine ;-)