le retour de la p0rn0graph1e
Par Petaramesh le jeudi 5 octobre 2006, 09:28 - p0rn0graph1e - Lien permanent
Quand, au mois de janvier dernier, le proviseur Garfieldd avait été révoqué[1] pour avoir tenu un blog, sous l'accusation fantaisiste de "pornographie", la blogosphère avait immédiatement réagi par différentes initiatives de soutien.
Parmi ces initiatives, celle de Kozlika de créer la Chaîne p0rn0graphique, à laquelle de nombreux blogs ont participé en republiant chacun, chaque jour, un billet extrait de l'archive du blog de Garfieldd, dans le double but de montrer l'innocence du contenu de celui-ci, d'une part, et d'affirmer haut et fort d'autre part que la liberté d'expression ne se négocie pas, et que dans une société qui tend de plus en plus à vouloir la rogner pour la remplacer par une pensée unique consensuelle cuisinée par les principaux média aux ordres des puissances financières qui les contrôlent, la liberté d'expression est un droit que l'on prend, et non une permission qu'on demande.
Aujourd'hui, une dizaine de mois plus tard, la p0rn0graph1e est de retour, dans le sens d'obscénité qu'a ce mot : Le Monolecte nous apprend que Bereno, un Inspecteur du Travail qui tenait un blog, s'est vu contraint de le fermer brutalement sans autre forme de procès, à la suite d'un ultimatum de son ministère de tutelle.
Le blog de Bereno nous montrait, avec neutralité et réserve, en respectant l'anonymat des protagonistes, le quotidien d'un Inspecteur du Travail du beau pays de France, et, à travers ses yeux, la réalité du monde du travail dans notre pays.
Une réalité qui, sans doute, dérange le ministère, tant il ne faut pas que certaines choses soient dites... Le corps des Inspecteurs du Travail n'a pas vraiment bonne presse sous ce gouvernement UMPo-MEDEFien.
Alors, silence dans les rangs ! On ne veut voir qu'une seule tête, et certainement pas celle de la liberté d'expression, non, plutôt celle du devoir de réserve, ancien concept pour exprimer de manière moderne : Ferme ta gueule, boucle-la, et tais-toi !
.
Le déni du droit à l'expression, l'ultimatum exigeant le silence, la voilà bien, l'obscénité, la voilà bien, la p0rn0graph1e...
D'où me vient très logiquement l'idée de reprendre l'initiative de Kozlika[2] pour Garfieldd, et, allant dans le même sens que l'initiative irrepressible.info d'Amnesty International, de rendre irrepressible ce que nous pouvons aujourd'hui sauver du blog de Bereno, dont :
- Un certain nombre de billets ont déjà été mis en ligne ici
- D'autres peuvent être récupérés en explorant le cache de Google
- D'autres enfin seront peut-être un jour disponibles sur la Wayback Machine, laquelle n'a toutefois intégré aucune mise à jour depuis début avril 2005...
Pour reprendre, quasi mot-pour-mot, les instructions de Kozlika en la matière, je demande donc à chaque volontaire participant de reproduire chaque jour, sur son propre blog, l'un des billets de Bereno :
- Rendez-vous sur l'un des sites archivant tout ou partie du Blog de Bereno, exacer.be ou cache de Google
- Choisissez un billet, publiez-le (billet complet) sur votre blog.
- N'oubliez pas de mentionner son auteur, la date et le titre.
- Informez vos lecteurs que vous participez à une initiative de soutien à Bereno.
- Envoyez-le en trackback sur l'Ashram de Swâmi Petaramesh dans le "billet p0rn0graph1que''" du jour de votre publication, ou dans le dernier billet disponible. Si vous ne pouvez pas faire de trackback depuis votre plate-forme signalez votre parution dans les commentaires.
- Poursuivez chaque jour jusqu'à avoir publié tout ce que vous avez en votre possession, provenant de l'archive du blog de Bereno.
- Passez la chaîne à cinq personnes.
Bonus : pour réaliser un Google bombing positif, choisissez comme titre de votre billet d'associer plusieurs mots de la liste suivante : Bereno - Inspecteur du Travail - censuré - blog - blogueur.
(Comme je l'écrivais par ailleurs dans un commentaire chez Le Monolecte : Je me demande même s'il faudrait tenir compte de l'approbation ou de l'opposition éventuelle de l'auteur, dans une telle situation. Il possède bien évidemment le droit moral sur son oeuvre (je ne parle pas de "propriété intellectuelle"), mais d'un autre côté, il est patent qu'il subit des pressions qui lui ôtent sa liberté d'action et d'expression à ce propos... Si j'étais à sa place, je serais certainement heureux que mon blog soit "immortalisé" ainsi par un acte de résistance de tiers indépendants...
Toutefois, Bereno, si tu nous lis... Ma "page contact" est là...)
Je passe cette chaîne aux cinq premiers commentateurs de ce billet.
Le Billet Pornographique du jour
Bref retour
par Carnet d'un inspecteur du travail
Mercredi 13 septembre 2006
Plus de dix ans d'ancienneté, plus de dix ans de bons et loyaux services. Monsieur Y a, semble-t-il, toujours donné satisfaction. Il a accepté, par le passé, d'occuper différents postes de travail dans l'entreprise selon les nécessités du moment.
Puis survient l'accident; une mauvaise chute dans l'entrepôt. Fracture du genou gauche. Cette blessure nécessite six mois d'arrêt de travail. Lors de la reprise, il est bien conscient que son genou est encore fragile et douloureux parfois, mais l'inactivité lui pèse et il insiste auprès de son médecin pour reprendre le travail. Malheureusement, au bout de quelques jours de travail, il est de nouveau contraint de s'arrêter, pour trois mois de plus.
Cette fois, en accord avec le médecin traitant et le médecin du travail il est décidé que la reprise s'effectuera dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique mais pas sur le même poste, non cela semble trop risqué. Après une concertation entre le médecin du travail et le responsable de l'entreprise, monsieur Y aura en charge les livraisons à domicile.
Il est satisfait monsieur Y, ça lui plaît d'aller livrer les clients. Très vite cependant, il remarque que cette nouvelle fonction nécessite de sa part bien plus de responsabilités et de technicité que les tâches (essentiellement de la manutention) qu'il effectuait jusqu'alors. Tout naturellement, il sollicite un rendez-vous avec le patron pour discuter salaire et demander un avenant à son contrat de travail qui prendrait en compte son nouvel emploi.
Trois jours plus tard, il se présente dans le bureau du chef d'entreprise et lui exprime ses souhaits. Mais à peine a-t-il terminé de parler que le patron s'emporte en le tutoyant alors que jusqu'à présent le vouvoiement était de rigueur:
-"Pour qui tu te prends ? Tu es livreur et tu es suffisamment payé comme ça".
Il est abasourdi monsieur Y, il ne s'attendait pas à une telle réaction ! Le patron continue dans son élan:
-"Estime toi heureux que je te garde dans l'entreprise. Un chauffeur n'a pas d'heures et dorénavant tu travailleras tous les jours du lundi au samedi".
La moutarde lui monte au nez à monsieur Y. Il ressent ce tutoiement comme un mépris total envers sa personne. Au-delà du désaccord, c'est ce sentiment d'être traité comme un "moins que rien" qui le blesse profondément. Il est prêt à exploser mais il se contient.
-"Voila les clés du camion, pour les livraisons ne comptez plus sur moi." dit-il en déposant les clés sur le bureau et il se retire.
Il décide de reprendre son ancien poste. Il veillera à ne pas faire d'efforts trop violents pour préserver son genou blessé ...Mais le patron n'entend pas s'en laisser conter. Rapidement, il le rejoint dans l'entrepôt et le somme de passer par la pointeuse et de rentrer chez lui. Il insiste pas monsieur Y, il en a plus qu'assez, il obéit.
Le lendemain matin, il reçoit une lettre de l'employeur. Il la parcourt rapidement: mise à pied conservatoire à effet immédiat et convocation à un entretien préalable au licenciement pour faute grave.
Il est désemparé monsieur Y à la lecture de ces mots. Il me téléphone, il veut savoir: "C'est une faute grave de demander une rémunération appropriée au travail fourni et un avenant au contrat de travail ? C'est une faute grave ça ?".









Commentaires
on s'interroge ... peut on fabriquer un martyr malgrés lui ?
soyons clair, si l'on veut flinguer un fonctionnaire , y a plein de moyens ... et si l'on veut , apres coup se venger, une certaine affaire de célébrité peut bien y aider ... même a titre de "vengeance" ... alors que l'individu c'est tu ... le problème n'est pas tant le contenu du blog que le retour à une conception napoléonienne du "devoir de réserve" des fonctionnaire, alors que l'on voit des 35emes sous secrétaires de sous sections d'un syndicat de police ( dans lequel tous les syndiqués sont responsables syndicaux, c'est plus pratique pour pouvoir causer en direct lors des opérations médiatiques )
s'exprimerporter la parole du kanichabouch tous les soirs au 20h ... on vit dans un monde qui opere un fabuleux retour en arriére en terme de "société" ... qui va nous ramener peu a peu, incidemment au pires temps du second empire ... là est le vrai probléme ... restons prudent POUR béréno, il y a besoin de tas de gens comme lui dans ce boulot ....si je ne puis qu'applaudir à cette initiative,j'aimerai être sûre que l'on ne cause pas plus "d'emmerdements" à cet homme courageux, qu'il n'en a déjà.
je rappelle ce post du 3 mai 2006 : Fin de blog.
Ce blog prend fin ce jour.
Ce blog ne pouvait continuer à vivre que si l'anonymat des entreprises, des salariés et le mien était préservé. Aujourd'hui, cela n'est plus le cas. Un employeur a pu établir l'origine du blog et s'est empressé de signaler ce "scoop" à un journal local qui en a reproduit quelques extraits. Le journaliste évoque l'hypothèse de suites judiciaires...je verrai bien.
Toujours est-il que j'ai laissé tous les commentaires (sauf un ou deux injurieux) y compris ceux défavorables à l'inspection du travail. Les employeurs se sont exprimés librement sur ce blog et des "débats" intéressants ont eu lieu.
Je regrette que ces échanges ne puissent se poursuivre. Vous pouvez laisser vos derniers commentaires , qui seront toutefois validés préalablement à leur publication sous cette ultime note.
Je vous remercie encore toutes et tous pour vos visites et vos commentaires. Bonne continuation et bon courage à vous.
Cordialement
Bereno.
Je vais le faire, dans la journée, parce que je lisais de temps en temps ce blog... et que, de par mon boulot, le social, les conditions de travail et l'inspection du travail sont des mots familiers, et près de 10 ans de défense syndicale, ça marque sa femme, tiens ! Quant aux termes teche-nique de trackmachintrucbidule, j'sais pas faire, mais je ferai un lien, pour mes sources, of course !
J'ai un peu le sentiment que tu ne devrais pas faire ça sans avoir reçu, en privé bien sûr, l'aval de Bereno... Il peut avoir ses raisons de s'y opposer.
Euh, sinon, une autre idée, ça serait de préparer un pdf avec tous les textes, à décharger et à imprimer pour relire au calme...
Téléchargez la première saison du carnet d'un inspecteur du travail.
Que chacun puisse juger par lui-même du contenu d'un blog censuré.
Super...
@Tous ceux qui s'inquiètent des conséquences possibles pour Bereno d'une remise en ligne par des tiers de billets de ses "Carnets d'un inspecteur du travail", sachez que je ne veux bien évidemment en aucun cas nuire à cet homme courageux, encore moins en faire un martyr malgré lui, et que je souhaite au contraire lui rendre hommage, et permettre à ses textes et documents de demeurer en ligne, faisant ainsi échec à la censure.
C'est également dans ce sens que je comprends l'initiative du Monolecte d'avoir mis en ligne sa "première saison" sous forme de PDF.
La question qui se pose est :
En dehors des états totalitaires, on ne peut reprocher à un homme que les actes qu'il a effectivement commis ou auxquels il a participé, en aucun cas les actes accomplis hors de son contrôle et auxquels il n'a pris aucune part.
Les actes que sa hiérarchie reproche (honteusement !) à Bereno, sont d'avoir publié un certain nombre de textes sur son blog. Gageons que ceux qui lui reprochent cette publication ont pris copie de leur côté de tous les textes auxquels ils trouvent quelque chose à reprocher, aussi infondées que soient leurs critiques.
Le ministère a obtenu sous la pression que Bereno retire ses textes, ce qu'il a fait. A partir de là, on ne peut plus rien lui reprocher de plus. Il a retiré les textes après les avoir publiés, la situation de son point de vue est "figée" indépendamment des conséquences qu'elle pourra peut-être avoir (sanctions, etc.).
Si maintenant des tiers (nous !) prenons l'initiative de republier ces textes d'après les copies que nous pouvons en sauver ou en récupérer, sans demander l'accord de Bereno pour ce faire et, éventuellement même, en signifiant que nous ignorerions toute demande de ne pas le faire, alors :
A contrario, si nous avions demandé l'accord de Bereno préalablement à cette republication, quelqu'un pourrait lui reprocher d'avoir donné cet accord. Ici cela ne sera pas le cas.
Et si nous indiquions que nous retirerions les textes sur sa demande, alors il pourrait être exercé sur lui des pressions dans ce sens. C'est pourquoi nous ne l'indiquerons pas. Comprenez-vous ?
Entreprendre une quelconque action dans une semblable circonstance est toujours très difficile, car nous ne voulons surtout pas nuire à un homme qui est déjà injustement attaqué, bien au contraire, nous souhaiterions l'aider de notre mieux.
Il me semble qu'une des premières manières de l'aider est de maintenir en ligne les textes qu'il s'est donné du mal à écrire et porter en ligne à la connaissance du public. Maintenir ces textes en ligne est respecter la volonté initiale de Bereno, et faire échec à la censure qui désire le faire taire (Quelqu'un ne veut pas que vous lisiez ceci). Maintenir ces textes en ligne envers et contre tout est signifier haut et fort que nous ne tolérerons aucune censure sur Internet, et que plus un document sera censuré, plus nous le republierons.
L'autre manière de l'aider est de faire un maximum de bruit et d'assurer un maximum de visibilité à cette affaire. Si nous nous faisons tout petits, Bereno sera seul devant l'arbitraire de sa hiérarchie. Si nous faisons savoir haut et fort que nous sommes nombreux à suivre cette affaire, que nous soutenons Bereno, que nous n'accepterons pas une sanction arbitraire et injustifiée sans faire beaucoup de bruit et assurer à la chose une très large médiatisation, alors nous pouvons effectivement lui venir en aide.
Nous soutenons Bereno non pas en raison de ses opinion ni même du contenu de ses écrits, mais simplement en vertu de l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, signée par la France en 1948 :
Article 19:
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
et, antérieurement, de l'Article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, qui est sans doute l'un des textes dont la France peut se montrer légitimement la plus fière :
Article 11:
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
- Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen
Lisez aussi le billet d'Yves et son poème d'Aragon "Légende de Gabriel Péri".
Allez c'est un feu mal éteint / Il couve ici mais brûle ailleurs.
Pour info :
Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983
Article 6 Modifié par Ordonnance n°2005-901 du 2 août 2005 art. 1 (JORF 3 août 2005 en vigueur le 1er novembre 2005).
Article 26
Message personnel :
"Bereno, si tu nous lis... ;-)"
je persiste a dire qu'un certain nombre d'écrits sont de la responsabilité de leur auteur ... et que certains des écrits de béréno peuvent être utilisés sur le plan judiciaire ... l'opinion d'eolas serait intéressante à ce sujet ...
je précise que les faits étaient différents pour Garfieldd qui était sous le coup d'une sanction disciplinaire déjà prononcée... et non de la menace d'une procédure ...
;-)
Mais ne peut-il lui être reproché d'avoir publié des textes violant son devoir de réserve sans se soucier du fait que, même hors de son contrôle, ils risquaient d'être reproduits par ailleurs ?
Auquel cas ça serait plutôt agravant pour lui, non ?
@Anne : Je ne pense pas que cet argument tienne debout. C'est un peu comme si on te reprochait le fait d'avoir publié un livre, et qu'on veuille retenir comme circonstance aggravante le fait que quelqu'un d'autre l'ait ensuite photocopié. Je ne suis pas juriste, mais je ne pense pas que ça tienne une seconde debout en droit (même si ça peut, hors droit, agir sur "l'humeur" de personnes qui auraient à prononcer d'éventuelles sanctions avec une marge d'appréciation arbitraire qui n'exclurait pas l'influence de l'humeur).
Comme je le disais plus haut, je n'ai aucune idée de la position de Bereno à ce propos, je ne le connais pas. J'écouterais bien évidemment le cas échéant tout ce qu'il aurait à m'en dire avec la plus grande attention (mon formulaire de contact est là, ou il suffit d'envoyer un e-mail à swami à petaramesh.org).
Je pense quand même que nous nous fourvoyons à trop considérer les choses sous cet angle. Je répète que je ne désire pas causer le moindre ennui à Bereno, bien au contraire, mais par ailleurs, si on commence à ne plus oser bouger un cil en pensant par avance aux terribles conséquences que cela pourrait avoir, on reste terré dans son trou par crainte du Père Fouettard, et c'est la fin des haricots. Déjà qu'il n'en reste plus des masses, de haricots...
Je pense que Bereno, quand il a commencé à bloguer, et quand il a décidé de recommencer à la suite d'une interruption causée par un premier "coup de semence", ne cherchait sûrement pas à s'attirer des ennuis, mais a certainement pris en compte le fait que cela lui faisait courir certains risques, et a décidé de passer outre, en homme debout, que je salue.
On peut essayer de guider notre action sur la base de ce que l'on pense comprendre de son état d'esprit à lui ; en dehors de cela, ce serait effectivement le trahir que de trahir ses intentions.
Je ne sais pas si le parallèle tient : ce n'est pas le fait d'écrire un blog qui est en cause mais le fait d'y parler de son activité professionnelle, je pense.
Je me pose la question parce qu'à l'époque, c'est Garfieldd qui avait demandé de ne pas agiter la blogosphère dans un premier temps.
Il ne s'agit pas de Garf et le sujet est effectivement différent. Mais s'il a cédé à la pression et fermé son blog, on peut supputer (un p ? deux p ? pas le temps de vérifier !) que c'est par désir de ne pas agraver des tensions déjà existantes (même s'il avait pris le parti de ne pas en tenir compte en recommançant à bloguer).
Bref.
Difficile de savoir ce qu'il pense sans qu'il le dise lui-même et j'espère avant tout pour lui que le fait que ça bouge autour de "son cas" ne va pas lui nuire.
> Message personnel : Bereno est prié de contacter Maître Eolas
Ça a pas porté chance au sieur Eolas, semblet il . Y aurit il une malédiction ?
Tu peux ajouter les archives de Rezo à ta liste: http://rezo.net/sources/bereno.
Quand une personne n'a plus le droit de s'exprimer, suite à une menace - car c'est bien de cela qu'il s'agit, non? -, et un chantage de mort - puisque le chômage, nous autres chômeurs le savons bien, c'est ni plus ni moins qu'une condamnation à mort -, il est évident que faire vivre sa parole est un devoir sacré. Il ne sert à rien de lui demander son autorisation de publier ses textes, puisqu'il n'est plus maître de sa parole.
Voici donc une nouvelle attaque, un nouvel acte de guerre froide après les "mésaventures" d'actuchomage.
Ceci montre à l'évidence que les pouvoirs, qui n'ont plus de public que le nom qu'ils se donnent eux-mêmes, ont la trouille. Et que s'ils ont la trouille, c'est parce qu'ils savent que tôt ou tard même les aveugles finiront par ouvrir les yeux et les sourds leurs oreilles.
On sait bien qu'un mensonge, si on le répète des centaines de fois, a des chances de devenir une vérité. Mais une vérité, si elle est répétée autant de fois, parvient peu à peu à faire naître des interrogations, même chez les plus timides. Et quand les plus timides s'interrogent, il y a du chamboulement dans l'air.
Maintenant nous savons que l'ennemi a peur. Et que forcément, il va commettre l'erreur fatale. Ça ne sera certainement pas un gros truc, mais plutôt une petite goutte, une toute petite goutte. C'est tout le bien que pour ma part je lui souhaite.
Espérons que d'autres inspecteurs du travail qui trouvaient en Bereno leur porte-parole et qui croient toujours fermement dans leur vocation, auront le courage de bien vouloir continuer dans l'anonymat son travail, en attendant qu'il puisse lui-même le reprendre.
Une dernière interrogation: qui a cafté?
@ragnvald.
Béréno raconte lui-même qu'il a été reconnu, il y a déjà un moment, par un des patrons qu'il a contrôlé (fermeture temporaire en mai de cette année).
Qui a cafté? Probablement personne.
Il a été reconnu une fois par un des protagonistes d'une histoire qu'il a raconté (peut-être un peu trop près de la réalité) et qui s'était plaint à sa hiérarchie. Après hésitation il avait décidé de continuer. Son anonymat avait déjà sauté ce jour là.
En plus les blogs sont surveillés, et il n'est pas très difficiel pour eux de savoir qui a ouvert ce blog (en l'occurence il suffit de demander à lemonde.fr) et d'où passent les connections qui y arrivent.
Il s'agit plus ici, comme dans l'affaire Garfieldd, d'un pseudonymat que d'un anonymat. Le pseudo est supposé protéger le devoir de réserve en permettant une distance suffisante entre la fonction et l'expression. Il ne suffit manifestement plus, les fonctionnaires qui souhaitent parler de choses touchant à leur métier vont devoir se tourner vers des solutions plus lourdes (vrai anonymat, transposition des situation dans la SF ou dans le passé) qui sont habituellement utilisées lorsqu'il n'y a pas de droit à la liberté d'exression.
Il me semble que si l'ensemble de ce blog censuré se retrouve sur la toile sans que Bereno en ait été demandeur, personne ne pourra le lui reprocher. Doit-on suivre votre initiative au nom de la liberté d'expression ou doit-on attendre l'évolution de sa situation, notamment professionnelle ? J'avais préparé un article reprenant un des posts de Bereno, mais je ne souhaiterai en aucun cas lui nuire, donc je le met de côté pour le moment.
Reprendre ses mots sans lui demander son avis, et en criant bien fort qu'on ne lui a pas demandé, est à mon avis la solution la plus satisfaisante. Avant qu'on ne l'en empêche, il les publiait. Maintenant, il ne faut pas lui laisser la liberté de nous en empêcher dans la mesure où ça le rendrait indirectement responsable de la persistance sur le web de ses écrits néfastes à notre grande république.
Informé via le blog de Maître Eolas, et par la magie de l'hypertexte, j'arrive céans. J'ai pu récupérer grâce à vous une grosse partie du blog de Bereno, que je vais pouvoir lire. Bien malheureusement je ne connaissais pas l'existence de ce haut lieu de la blogosphère, et se pointer après sa fermeture, ça fait un peu "fossoyeur". TOut du moins en apparence, puisque . Je compte publier par la suite un des billets de Bereno une fois que j'aurai lu ses billets (107 pages de PDF, j'ai de quoi faire)
Désolé, le lien n'est pas passé : Le voici
C'est avec horreur et stupéfaction, via le blog d'Irène Delse, qui me fait ricocher sur cet article d'Eolas (encore lui...) que j'apprends que la p0rn0graph1e avait encore frappé cet été alors que j'en ignorais tout, fort occupé que j'étais au Camping des Flots bleus à me
traîner des tonnes de cafardtaper le 40° de fièvre par 40° à l'ombre avec une double otite et un splendide t-shirt.Pendant ce temps donc, le cabinet comptable Dixon Wilson virait sec et sans bavure Petite Anglaise au motif de ...son blog, évidemment.
Eolas (toujours lui...) discute ici du contenu de la lettre de licenciement de Petite Anglaise.
Je n'étais pas un habitué du blog de la demoiselle, sur lequel j'avais cependant atterri trois ou quatre fois au hasard des fils de liens - un peu comme le blog de Garfieldd, quoi : je savais un peu qu'elle existait, et en connaissais légèrement l'ambiance, voilà tout.
Et j'apprends ce soir, toujours au fil des liens, que Petite Anglaise est encore une blogueuse de plus tombée au Champ d'Honneur de la blogitude...
Ca me fout le bourdon, tout ça, tiens.
Il va falloir finir par réfléchir à fonder une association ou un comité de défense des blogueurs flingués :-(
En tant que citoyen anxieux de voir nos droits se réduire à peau de chagrin de jour en jour, merci à tout les sites qui diffusent l'information sur la fermeture du blog de Bereno, l'explicitent, et remettent en ligne ses textes.
Le plus grand danger, c'est l'oubli. Ca ne vous rappele pas le terrible 1984, terrible, parce que s'y plonger c'est contempler chaque jour de plus en plus un miroir de notre monde moderne?
Quelle est l'une des armes des dicatures totalitaires, du pouvoir, l'une de ses plus puissantes et aliénantes? L'effacement de la vérité, l'oubli, la propagande, la censure. Les autodafés de livres, la destruction de la parole qu'elle soit orale ou écrite.
Chaque blog censuré qui tombe dans l'oubli est une victoire de plus pour eux, une défaite pour la vérité et l'échange, une marche de plus gravie en direction de l'aliénation.
Donc aujourd'hui, il n'y a pas le choix: la seule défense, c'est de FAIRE CIRCULER, c'est de rappeler ce qu'ils veulent que l'on oublie, de montrer ce qu'ils veulent cacher, d'expliquer ce qu'ils veulent simplifier.
Le pompier de Fahrenheit cachait des livres, et les héros de ce monde si proche et si lointain apprenaient par coeur et transmettaient le contenu des livres brûlés. Nous, nous pouvons diffuser ce contenu sur un média ou subsiste encore un peu de liberté: profitons en tant qu'il est encore temps! Ni la radio, ni la télé, ni la presse écrite, dans leur immense majorité, ne sont plus des espaces de liberté d'expression. Si nous ne faisons rien, demain, internet?
A chaque internaute de défendre ce qui fait l'intêret suprême d'internet et de répercuter l'echo d'une voix, celle de Bereno, qui parlait vrai, qui prenait des risques, et qui s'est tue, mais qui, si elle est encore discutée et commentée, ne sera pas oubliée et continuera à nous éclairer!
Chaque jour, de nouvelles personnes se connectent à Internet, ou découvrent ces blogs "libertaires": nous leur devons je crois, de mettre à leur disposition le contenu censuré ;).
Continuez comme ça, faut pas désespérer, ce serait trop bête, et c'est ce que cherchent nos chères élites autoproclamées.
@Incanus : Merci de ce commentaire, que je partage entièrement.
Comme les trackbacks ne fonctionnent pas chez "blogger" (et que j'attends dotclear2 pour passer à dotclear), je mets le lien de mon billet ici : Le blog de Bereno censuré
Merci à toi, ô Petaramesh pour tes billets incontournables.
But I'm not a bisounours, for sure. ;-)