Chaussée glissante
Par Petaramesh le lundi 18 septembre 2006, 10:07 - A lire ailleurs... - Lien permanent
[...] un compagnon d'arme a témoigné que lorsque les forces étasuniennes voyaient des bébés étendus sur la route de Falloujah - de façon scandaleuse, les insurgés, semble-t-il, les y placent parfois pour forcer les Américains à s'arrêter et se retrouver face à une embuscade - ils avaient les ordres de rouler sur les enfants sans s'arrêter.
Robert Fisk, L'armée américaine et son culte de la cruauté












Commentaires
Mais c'est horrible :-/
Que c'est beau ces fusées qui illuminent la nuit
Elles montent sur leur propre cime et se penchent pour regarder
Ce sont des dames qui dansent avec leurs regards pour yeux bras et coeurs
J'ai reconnu ton sourire et ta vivacité
C'est aussi l'apothéose quotidienne de toutes mes Bérénices dont les chevelures sont devenues des comètes
Ces danseuses surdorées appartiennent à tous les temps et à toutes les races
Elles accouchent brusquement d'enfants qui n'ont que le temps de mourir
Comme c'est beau toutes ces fusées
Mais ce serait bien plus beau s'il y en avait plus encore
S'il y en avait des millions qui auraient un sens complet et relatif comme les lettres d'un livre
Pourtant c'est aussi beau que si la vie même sortait des mourants
Mais ce serait plus beau encore s'il y en avait plus encore
Cependant je les regarde comme une beauté qui s'offre et s'évanouit aussitôt
Il me semble assister à un grand festin éclairé a giorno
C'est un banquet que s'offre la terre
Elle a faim et ouvre de longues bouches pâles
La terre a faim et voici son festin de Balthasar cannibale
Qui aurait dit qu'on pût être à ce point anthropophage
Et qu'il fallût tant de feu pour rôtir le corps humain
C'est pourquoi l'air a un petit goût empyreumatique qui n'est ma foi pas désagréable
Mais le festin serait plus beau encore si le ciel y mangeait avec la terre
Il n'avale que les âmes
Ce qui est une façon de ne pas se nourrir
Et se contente de jongler avec des feux versicolores
[...]
- Guillaume Apollinaire, Merveille de la guerre
Mais c'est B E A U...
Comme quoi, de toutes les horreurs peut sortir la beauté...
Est-ce pour autant qu'il faille continuer ?
Et si j'ai des sequellles dans le corps et si j'ai l'âme morte d'avoir bu des horreurs... Après, je dois servir de la beauté, en vers, en images ou en mémoires... Non, cela ne se fera probablement pas, d'autres le feront : ceux qui regardent de loin, qui extraient la beauté de l'horreur non vécue... La merveille chez Appollinnaire, sa guerre, en horreur, en temps, en énergie de feu lancée sur les hommes, est-elle comparable à celles menées aujourd'hui ? J'en doute
@ Garçonconfus : il me semble que la guerre, sous quelque forme que ce soit EST, par définition, horrible.
Il ne faut cependant jamais oublier que ses manifestations sont ancrées au plus profond de chacun d'entre nous, que nous ne savons pas quel genre de soldats nous ferions, quel genre de population occupante ou occupée nous pourrions devenir...
Ceci dit, franchement, je ne suis pas certaine que la guerre au temps d'Apollinaire eut été moins ou plus pire (je sais, Swâmi, ce n'est pas français...) que celles qui ont lieu aujourd'hui... Est-ce seulement comparable ?
Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde.
Voilà ce que ça m'évoque, tout ça... fatigue...
Je suis entièrement d'accord avec vous. Je suis désolé d'avoir eu une réaction épidermique au qualificatif BEAU qui immerge d'une contemplation esthétique du ciel en feu alors que l'abominable se passe sur terre. Est-ce comparable ? Par pudeur, par éthique et par je ne sais sens de la justice, ne posons pas ce genre de questions. C'est dire, si un paysan fauché par l'épée à l'époque Apollinaire est mieux loti qu'un paysan qui reçoit une balle dans la poitrine en dommage collatéral. Je m'autocensure pour ne pas étaler sur animaux, arbres, enfants, vieillards, femmes, les justes, etc.
Ko a été plus rapide que moi. Mon commentaire s'adressait à la pertinence partagée de Laflote. Désolé d'oublier l'art et la manière de commenter in blogue
@ Garçonconfus : je ne comprends rien à ce que tu écris... Désolée !
Oui, je maintiens, le poème d'Apollinaire est B E A U, ce qui ne veut pas dire que je trouve que ce qu'il décrit l'est !
Apollinaire a fait la guerre de 14-18. En entier. Il est mort après, juste après : de la grippe espagnole. Il a fait cette guerre dans l'espoir d'avoir la nationalité française, après.
Cette guerre a été infiniment atroce. Être déchiqueté par la mitraille, être gazé à l'ypérite, c'était pas mieux avant.
Garçonconfus, tu trolles, ou tu le fais pas exprès ?
@Laflote : Pour te rassurer, je ne comprends pas non plus grand-chose à ce que dit Garçonconfus, mais c'est habituel, et ça doit être son peudonyme qui veut ça...
@Hervé : En effet, la guerre de 14 n'a pas la réputation d'avoir été une partie de plaisir pour ceux qui l'ont faite. Elle a cependant sans doute été la dernière guerre "conventionnelle" mettant essentiellement aux prises des armées, avec un front et un arrière bien délimités, et gardant de ce fait à l'abri les populations civiles.
Depuis lors (merci l'aviation, merci les missiles de croisière, merci les frappes stratégiques...), il n'y a plus vraiment de front et plus vraiment d'arrière, et les civils morflent encore plus que les militaires...
Quant à Apollinaire, il ne s'est pas contenté de "faire" la guerre de 14, il s'y est également pris un schrapnel dans la tête à travers son casque le 17 mars 1916, ce qui est également le jour de l'anniversaire de Swâmi Petaramesh, mais ça n'a rien à voir. ce schrapnel lui valut tout de même deux trépanations, ce qui n'est pas de la petite bière, surtout à l'époque. Il fut naturalisé Français le même mois.
L'affaiblissement qui suivit n'est peut-être pas étranger au fait qu'il chopa la grippe espagnole (comme la moitié de l'Europe, il est vrai), et en mourut le 9 novembre 1918, soit deux jours avant l'armistice.
@ Swâmi : pinaise, mais tou è poissoune
RAH, je le savais que tu étais un grand homme. Dans mes bras :-)