Sat, Chit, Ananda
Par Petaramesh le lundi 11 septembre 2006, 08:54 - Non-dualité tout court - Lien permanent
Ou Rions un peu avec les religions
, qui ont toujours tant fait pour l'amitié entre les peuples, et tellement excellé à mettre les hommes d'accord entre eux...
En voici un savoureux exemple qui nous vient du XIVe s. :
27/ De même qu'un homme tombé à la mer voit ses sens perturbés, de même celui qui apprend que la Réalité est Une et indivisible, a l'esprit paralysé par l'angoisse.
28/ Le Maître Gaudapada l'a mentionné[1]: Certains yogis, adeptes du brahman pourvu de forme (c.-à-d. du dieu personnel), redoutent cet état de contemplation sans distinction.
29/ Ce yoga "sans contact" (asparsa-yoga) est difficile à mettre en oeuvre, car les yogis le redoutent : ils projettent leur angoisse sur Cela qui est exempt de trouble (et toujours serein).
30/ Le vénérable Maître Shankara parle de ces (bouddhistes) Madhyamika[2], si habiles en logique stérile, qui divaguent à propos de l'atman éternel, inconcevable par l'esprit.
31/ Ces bouddhistes, aveuglés par l'ignorance, ont le fol orgueil de faire fi de la Révélation (Sruti) ; réduits à ne voir que par les oeillères de l'inférence, ils ont échoué dans la "doctrine du non-Soi".
32/ (S'adressant aux bouddhistes :)
Votre formule : "Seul, le Vide existait (auparavant)" signifie-t-elle que le Vide est associé à l'Être, ou bien qu'il est de la nature de l'Être ? Mais dans les deux cas, votre idée du Vide se trouve contredite.33/
Le soleil et les ténèbres sont incompatibles ; il en va de même pour l'Être et le Néant : comment donc pouvez-vous prétendre que "le vide existait" ?34/ (Réponse des bouddhistes :)
Les noms-et-formes des éléments tel l'akasha, etc. sont projetés par la maya (sur l'Être, selon vous les védantins) ; (nous disons, quant à nous) de même, les noms-et-formes sont projetés sur la Vacuité.
(Réponse des védantins :)Vous êtes mal barrés !(litt.:Puissiez-vous vivre longtemps !)Srî Vidyaranya Swâmi, La Pancadasi[3]
Houhahahaha !
Je ne sais pas pourquoi, ça me fait hurler de rire.[4]
Notes
[1] Dans son commentaire à la Mandukya Upanishad, III, 39.
[2] Ceux qui suivent Nagarjuna et son école du Madhyamika = le chemin du milieu
; ils prennent une position intermédiaire et ne se rangent ni à l'affirmation ni à la négation au sujet des choses, mais les reconnaissent pour vides d'être propre
(L'Inde Classique, 2343). Comme les autres écoles bouddhistes, les Madhyamika ne reconnaissent pas l'autorité de la Révélation védique et récusent la notion d'un Soi substantiel, permanent et immuable. Shankara critique la doctrine du Madhyamika dans son commentaire aux Brahma-sutra (II, 2, 31).
[3] Traduction et annotation d'Annie Cahn-Fung, Ed. Accarias - L'Originel, coll. Advaïta.
[4] Oui, je sais, je dois être un peu spécial.








