Faites des gosses !
Par Petaramesh le vendredi 8 septembre 2006, 16:43 - Chienne de vie - Lien permanent
13h15. Tataratapouêt ! Ta-ti-ta-tsoin ! Ben ouais quoi, ça fait longtemps que le téléphone ne fait plus Dddrrrrrrrrrrriiinnnnnggg !
, et encore moins les portables, c'eût été trop simple.
- Allôôôôoo ?
- Sa Sainteté Swâmi Petaramesh ?
- Lui-même. Qui le demande ?
- Ici la Directrice du Groupe Scolaire Tartafouète.
C'est bien souvent ainsi que les emmerdements commencent...
- Heu.... Houiiiiii ?
Fais-je d'une voix soudain rendue hésitationneuse en me demandant ce qui va me tomber sur le coin de la gueule dans la fraction de seconde qui suit.
- J'ai mademoiselle Patâpatî dans mon bureau avec moi.
- Houiiiii... ?
- Elle se plaint de maux de tête et dit qu'elle voit tout flou.
- Houiiiii... ?
- Il serait préférable que vous veniez la chercher.
- Heuuuuuu... Vous croyez que c'est préférâââaaaable...?
- Oui, ce serait sans doute mieux...
- Hâââaaaa...
De gros nuages noirs s'amoncellent déjà sur le futur de cette nuageuse journée qui avait déjà commencé comme un vrai gros sac d'emmerdes breveté SGDNS.
Je prends ma titauto qui pue le gasoil et la fumée noire qui fait tousser ta face, et je fonce, Alphonse, n'écoutant que mon coeur de père qui vole au secours du moinillon tombé du nid dans la cruelle forêt obscure où l'ogre féroce etc., mais on ne va pas non plus en faire une tartine, je cours, je vole, au mépris de la survie des cyclistes et au péril de mes points de permis.
J'arrive tel Buzz l'Éclair dans le bureau de la sympatique dirlote.
J'y trouve ma Patâpatî équipée d'une franchement sale gueule des très mauvais jours, la sympatique dirlote, et la non moins sympathique maîtresse de Patâpatî.
- Alors comment ça va la tête ?
- C'est que, Votre Sainteté, nous ne savions pas encore tout ! me fait la dirlote.
- Aahhhh ?
- C'est que, Votre Sainteté, depuis, nous avons appris des choses ! chorusse la maîtresse.
- Aahhhh ? Mékoidonc ?
- C'est que, Votre Sainteté, les petites copines de Patâpatî sont venues nous trouver, et que, séparément, elles nous ont toutes dit la même chose !
- Ahhhh...
(Insoutenable, le suspense, hein ?)
- Parce que Patâpatî nous dit juste qu'elle a la migraine et qu'elle voit flou...
- Hhhouiii...
- Mais en fait...
(Là je commence à me demander si elle fait une overdose de crack ou quoi ou caisse ?)
- Eh bien, Patâpatî se serait apparemment disputée très fort avec ses petites camarades à la récré-d'avant-la-cantine...
- Hhhouiii...
- ...et elle serait partie en hurlant des imprécations en tout genre qu'on ne trouve pas dans son Mini-dictionnaire Hachette...
- Poursuivâtes...
- ...Et elle aurait crié qu'elle allait se suicider !
- Rhmmaaaah...? ?
- Et elle se serait mise à se taper la tête contre le mur !
- Gaaaargle.
- Voilà, Votre Sainteté, ce qui s'est en substance produit, si nous en croyons ce qui nous a été rapporté par les petits camarades de mademoiselle Patâpatî, qui ont tous eu très peur, traumatisés tout ça, et qui sont maintenant entre les mains d'un bataillon de psycho-traumatologues pour se remettre et ne pas cauchemarder de Patâpatî se tapant la tête contre les murs pendant les 60 ans à venir.
Bon.
Voilà.
V'là aut'chose.
C'est nouveau, ça.
Ca vient de sortir.
Et qu'est-ce qu'on est supposé faire, quand on est un père ordinaire vêtu d'un t-shirt ordinairement mouillé d'avoir fait trop de vélo ce matin et de n'avoir pas eu le temps de prendre une douche ensuite à cause du coup de fil de la dirlote d'école parce que la fifille elle pète les plombs en disant qu'elle veut se suicider et se met à se taper la tête dans le mur ?
Qu'est-ce qu'on fait ?
Faut-il foncer chez le pédopsy-chose ? Chez le jivaro lacanien ? Chez le refoulé freudien ? Chez l'archétypique jungien ? Chez le curé pédophile ? Chez les scouts de Farce ? Chez Hamster Jovial et ses joyeux Louveteaux ?
Faut-il foncer aux urgences de l'hosto pour faire faire des radios du crâne, des scanners, des IRM, des EEG, des CGT, des UMP et des IRPP ? Vu qu'elle se plaint de maux de tête et de voir tout flou ?
Que faire ? Qu'avons-nous raté dans son éducation ? Somme-nous coupables mea maxima culpa ? Devons-nous nous couvrir la tête de cendres et nous rouler dans le pipi de chat ? Existe-t-il un cul de basse fosse assez profond pour y jeter les parents indignes que nous sommes ? Indiqnes de je ne sais quoi, mais indignes, forcément indignes, comme aurait dit Marguerite ! Eli, Eli, lama asabthani ?
Nous allons chercher le cartable de la demoiselle dans sa classe. C'est là que je me rends compte que la classe a repris depuis un bout de temps, et que la maîtresse de Patâpatî, qui était dans le bureau de la dirlote, a du se faire remplacer par une de ses collègues pour garder son troupeau de monstres pendant ce temps-là, en plus. Moyennement repérée, la Patâpatî, par tous ses petits copains et -pines qui se détronchent en se demandant quoi t'est-ce et pourquoi que son papa vient la chercher et ci et ça et autre chose encore, ça en fait un sujet intéressant !
Nous rentrons maison. De la voiture, je rappelle Mâ Anadaramesh, qui était bien sûr au courant du début des événéments, mais pas de la suite, et qui ne répond pas à la 245ème sonnerie de son p... de portable malgré mes 71 tentatives, vu qu'elle l'a oublié en vibreur bien que je lui ai dit d'être attentive à mon appel. Bon, faut donc que j'appelle un de ses collègues pour lui demander d'avoir la gentillesse de dire à ma femme de rappeler son mari, et de toute urgence bordel, que ça saute, quoi, merde !
Elle est en train de se goberger au resto avec ses collègues pour fêter la mutation de l'un d'eux à Tataouine, faut dire.
Bon, elle finit par me rappeler, et après conciliabule, nous decidons de ramener notre Patâpatî à casa. Ce que je fais. Deux pilules d'Ibuprofène dans le gosier, et hop ! Au lit.
Au réveil, évidemment, elle est fraîche et pimpante. Il ne s'est jamais rien passé.
Faites des gosses.
Surtout si vous vous emmerdez. Faites des gosses : Vous n'aurez plus jamais l'occasion bienheureuse de vous emmerder tranquillement.
En dehors de ça, oui, la journée avait déjà commencé comme une authentique journée de merde™©®, y'avait pas de raison précise que ça s'arrête, mais je crains le pire car il n'est que 16h30, que c'est le père d'une copine qui va ramener Minîshiva de l'école, que Mâ Anandaramesh doit encore aller se faire scier la couronne chez le dentiste à 18h30, et que la quantité de choses susceptibles de tourner à la franche merdasse avant qu'on se couche ce soir me paraît encore excessivement considérable...









Commentaires
Mâzette de chez pwâl au menton, cong... 8-O
Je me sens soudainement proche de toi...
Envie de se suicider ?
Se tape la tête contre les murs.
Arrgglll, cela me rappelle trop quelqu'une ;-}
Bon, primo un de mes bons zamis m'a dit un jour : "Ma pôv' Laflote, si tu culpabilises, tu es mal barrée..."
Si j'étais toi, je suivrais ce conseil (bien qu'il soit totalement innapplicable :-]).
"Surtout si vous vous emmerdez. Faites des gosses : Vous n'aurez plus jamais l'occasion bienheureuse de vous emmerder tranquillement." : peut-on mieux résumer le contenu d'une vie parentale ?
@Laflote : Avant de mettre un lardon au four, les futurs heureux parents devraient se demander pourquoi la quasi-totalité des déjà parents affichent des têtes de déterrés et un air de gravement épuisés, le tout proportionnel à la durée de la parentalité et au nombre de nains à l'élevage.
Mais bizarrement, les futurs parents ne se posent absolument jamais ce genre de question oiseuse.
Merveille de la programmation génétique, tout de même...
@Laflote : Oh, faut pas dramatiser : J'ai en ce moment même dans le dos mademoisellle Patâpatî qui me donne des explications à base de et et .
Bon bref c'est des conneries (j'y comprends rien, je sais plus où j'ai foutu le décodeur...), des enfantillages de petite fille colérique qui a énormément de mal à contrôler ses réactions affectives, pour ne pas dire qu'elle n'y arrive pas du tout. Mais c'est toujours bon pour pourrir la journée des parents :-\
Mâzette, mais tu ne voudrais pas que l'on se fasse se rencontrer ta moyenne-naine et ma naine-aînée...
Rah, elles pourraient s'échanger des tuyaux sur la plus spectaculaire façon de se suicider ou encore les milles et unes positions les plus efficaces pour se ruiner la teuté contre les murs...
Cette question au sujet de la non prise en compte des non-parents de la gueule de ravagés (et je ne parle pas des larmes et cheveux blancs) des déjà-parents me taraude au plus au point... Cela se résumerait donc à une histoire de programmation génétique :-O
Arf, mais c'est qu'une vie sans mouflet, c'est comme un chili sans carne et surtout, sans piment ;-)
Lundi aussi, l'école m'a appelée. Je confirme, on a tout de suite le toquant qui fait des bonds. Mais ce n'était qu'un coup de fièvre... Maintenant, on a du contacter le Centre Médicaux Psychologique, parce que la naine est tricotillomane à 3 ans et demi. Ça promet. Remarque, quand on connait ses parents, on n'est pas étonné :-D
la naine est tricotillomane
et sans indiscrétion, c'est koitesse ?
@ Pla : c'est une maladie : se tournicoter les cheveux jusqu'à ce qu'ils finissent par tomber... (merci père Go**le !).
Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me lasse pas de relire cette histoire...
@chori : Héhé. C'est parce que tu n'as pas de gosses et que tu cherches à renforcer encore ta ferme résolution d'y échapper, ou c'est parce que tu en as et que tu te sens, d'un coup, moins seul ?
Ah, au fait, pour ze record, Mademoiselle Patâpatî va parfaitement bien désormais (enfin, toutes choses étant égales par ailleurs...) jusqu'à la prochaine surprise amusante, histoire de nous rappeler qu'on ne s'ennuie jamais... ;-)
Dis donc, ils sont précoces, les mouflets d'aujourd'hui. Moi, c'est pas avant 12 ou 13 ans que je me tapais la tête contre les murs de contrariété... (aïe, le crépis, ouille).
Tu faisais ça toi aussi, doulce Ko ? Eh bé :-}