La Ballade des Candidats à la Pestilence
Par Petaramesh le mercredi 23 août 2006, 11:16 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
Décidément, ça fleure bon le retour de ouacances, et tous les futurs candidats, candidates et candidats à la candidature pour l'élection 2007 au poste de Grand Timonier du Reich affutent leurs rapières, dérouillent leurs cordes vocales par quelques arpèges microphoniques, retournent sur les plateaux télés dire bonjour à de gentils journalistes bronzés tout heureux de pouvoir de nouveau leur servir la soupe, bref, en un mot comme en cent, les affaires reprennent.
Montebourg-qui-fut-noniste se rallie à la bannière fleur-de-lysée de Ségolène, la femme qui se dit de gauche dans un parti qui se croit de gauche (à moins que ce ne soit le contraire). Il paraît toutefois qu'elle est la meilleure candidate à proposer de vagues solutions rétrogrades pour un parti qui n'a pas de programme - sinon se faire investir plus vite que le copain, mais ça ne compte pas.
Le Nain Cryptofasciste vient plastronner au J.T. tellement fier d'avoir vidé un squat comme on vide une poubelle, avant de foutre dans des charters ou stocker en "centres de rétention" tous ces indésirables colorés qui ont vocation à aller se faire pendre ailleurs dans les meilleurs délais. Le Nain a fait le ménage et veut que ça se sache, histoire de brosser son électorat dans le sens de son poil visqueux et de faire au passage la nique au RESF, coup de pied de l'âne en quelque sorte.
Les brèves pleuvent sur nos télescripteurs :
Lionel Jospin s'interroge sur la "légitimité" des candidats socialistes.
Laurent Fabius (s'il est élu) veut augmenter le SMIC de 100 Euros. (fera-t-il campagne en Harley de location ?)
Jack Lang a dit des trucs, mais je ne sais pas quoi parce que je n'ai pas écouté.
Tous ces petits crabes se remettent à grouiller, ohé ! ohé ! c'est la rentrée !
Citoyens nos amis, n'ayez nulle inquiétude, d'ici le printemps prochain, vous allez en bouffer. On vous dira pour qui voter.
Mais entre-temps, avant que le rideau ne se lève sur ce piteux spectacle et en guise de prélude, de la part de François Villon, laissez-moi donc, ô candidats, vous dédier
La Ballades des Langues Ennuyeuses
En rïagal, en alcenic rochier,
En orpiment, en salpestre et chaulx vive,
En plomb boullant pour mieulx les esmorcher,
En suye et poix destrempee de lessive
Faicte d'estrons et de pissat de Juisve,
En lavailles de jambes a meseaux,
En raclure de piez et vieulx houzeaux,
En sang d'aspic et drocques venimeuses,
En fïel de loups, de regnars et blereaux,
Soient frictes ces langues ennuyeuses !En servelle de chat qui hait peschier,
Noir et si viel qu'il n'ait dent en gencyve,
D'un viel matin, qui vault bien aussi chier,
Tout enragié, en sa bave et sallive,
En l'escume d'une mulle poussive,
Detrenchée menue a bons cyseaulx,
En eaue ou ratz plungent groins et museaux,
Regnes, crappaulx et bestes dangereuses,
Serpens, laissars et telz nobles oiseaux,
Soient frictes ces langues ennuyeuses !En sublimé, dangereux a toucher
Et ou nombril d'une couleuvre vive,
En sang c'on voit es poillectes sechier
Sur ces babriers, quant plaine lune arrive,
Dont l'un est noir, l'autre plus vert que cyve,
En chancre et fix et en ces ors cuveaulx
Ou nourrisses essangent leurs drappeaux,
En petits baings de fïlles amoureuses
- Qui ne m'entant n'ay suivy les bordeaux -
Soient frictes ces langues ennuyeuses !Prince, passez tous ces frians morceaux,
S'estamine, sacz n'avez ne bluteaux,
Parmy le fons d'unes brayes breneuses,
Mais paravant en estronc de pourceaux
Soient frictes ces langues ennuyeuses !- François Villon (1431 - 1463+? )










Commentaires
et rasurez vous les border collie de la "juste pensée économique" vont livrer a tout ce petit monde leur programme clef en main ... vais acheter une canne à pêche ... ou un fusil, j'hésite ...
Tu viens de répondre à la question du pourquoi la quadragénairité est un maladie baveuse, dégoulinante et pas jolie jolie. Parce ça t'oblige à avoir un truc qui s'appelle "conscience politique" (entre autre), truc qui te fait piger que tfaçon les politicieux c'est tous des salaud pas très gentil avec toi parce qu'ils t'empechent de braquer les petites vieilles(comme papa et maman quand tu as 14 ans, mais il faut bien faire le transfert), et que après il se tapent sur la gueule pour savoir lequel se fera haïr pendant cinq ans. Ouhouu!! Vivement que je grandisse alors!!
et merde, j'ai déjà le droit de vote en fait... fuck.
@Souen : Tiens, il y a des liens http vers des sites bien (pas) drôles (du tout) (mais alors pas du tout du tout), sur ton blog, et tu as des commentateurs dont le propre blog est fort indigeste...
Oui, je sais, on ne choisit pas ses commentateurs. Certes...
Mais j'ai quand même mon five o'clock tea qui a du mal à descendre.
Je ne dis rien se soir... je cite:
Extrait du "Manifeste électoral du peuple" de Proudhon.
Bon évidemment Swâmi, tu t'en doutes, je viens faire un peu ma rabat-joie...
Bien sûr que les politiques sont de gros pourris qui prennent le peuple pour un gros c**, c'est pas nouveau, je dirais même que c'est plus que Hment ancien.
Cette banalité étant énoncée, il fait AUSSI dire que certain(e)s FONT des choses, dans le réel, pour les vrais gens qui votent pour eux...
Arrêter de voter, c'est quand même un peu laisser la place à des barjos encore plus barjos que ceux que nous avons déjà. Etre élu à la Présidence de la République ça ne signifie pas être TOUT SEUL aux manettes.
Oui, beaucoup agissent dans le seul but d'être de nouveau élu, mais en attendant ils agissent...
Notre pays va mal, ce n'est plus un scoop, en fait, je serai assez tentée de d'écrire que c'est le monde dans son (petit) ensemble qui crache ses poumons dans une toux nauséabonde...
C'est bien beau de critiquer, de dénigrer, mais en attendant que faisons-nous pour qu'il y a du nouveau, du changement, du mieux
Tu le sais, je n'ai que très moyennement confiance en la nature humaine :-(
@Laflote :
? Mais nous ne faisassons rien.
Manquerait plus qu'il faille faire quelque chose...
Atteins Suprême Vacuité
Et maintiens-toi en Quiétude
Face à l'agitation fourmillante des choses
Je contemplerai leur Retour
Car toute chose après avoir fleuri
Retourne à sa racine
Retour à la racine a nom Quiétude
A nom Retour à Destinée
Retour à Destinée à nom Constant
Connaître le Constant, Illumination
Ne pas connaître le Constant
C'est courir aveugle au malheur
Qui connaît le Constant
Embrasse et saisit tout
Quiconque embrasse et saisit tout, il sera juste
Etant juste, il sera royal
Etant royal, il sera céleste
Etant céleste, fera un avec la Voie
Et faisant un avec la Voie persistera
Toute sa vie durant il échappe au péril.
- Lao Tzeu, Tao tê king
@Laflote :
Tiens, à propos d'action (-réaction), sincérité, tout ça quoi, un certain Yves a pointé quelques petits détails amusants chez Lolo. Je m'étonne d'ailleurs qu'il ait omis de rappeler que la très chouette LSI tellement sympathique et tellement de gôôôôche était l'oeuvre du gouvernement Jospin, qui faisait déjà du Sarkozy avant la lettre (à l'époque, on avait l'impression qu'il faisait du Pasqua-Pandraud, c'est seulement le vocabulaire qui change)...
Histoire de se rappeler qu'on n'est jamais si bien trahi que par (ceux qui se prétendent) nos amis...
Tiens, sinon, il aime bien se faire photographier entre plein de fââââmes, le Lolo biker (avec un aigle dans le dos ?), même qu'il faudrait regarder à la loupe le haut de page pour s'assurer qu'on n'y trouve pas une Laflote ;-)))
Laflote n'est la fââââââme que du Lièvre...
Et elle n'est faaaaan de personne (à part de Swâmi, mais ça ne compte pô !).
Pardon pour la faute d'orthographe que tu soulignes si gentiment dans le commentaire n°6.
Concernant la politoc, je persiste à me foutre de savoir quel est le moteur (de recherche) des "médiatics politics" pourvu qu'ils mettent en pratique ce pour quoi on les propulsent aux responsabilités.
Depuis quand l'acte gratuit, désintéressé, tout plein de bons sentiments existe-t-il ?
Je travaille dans ce milieu et je vois chaque jour des choses pas jolies-jolies en terme de relations humaines, de compromis, de volonté d'écraser celui ou celle qui gêne, mais c'est comme dans tous les univers professionnels.
A côté de ça, il y a de belles mesures qui sont mises en place pour aider les plus démunis (je parle du local que je connais le mieux), des routes construites avec application, des collèges avec tout ce qu'il faut pour tout bien apprendre comme il faut, un environnement chaque jour un peu mieux protégé et valorisé, etc.
Sincèrement, au risque de passer encore à tes yeux pour "une blonde", je n'ai rien compris au truc de Lao Tseu... ;-)
Pour la première fois, j'ai été saisi de : dégoût, écœurement (terme exact ?) devant les livres étalés sur les tables des rayons "Politique, actualité" dans les librairies. Ces visages : Royal, Sarkozi, Chirac, Hollande... ces titres racoleurs : Jeunes si vous saviez blabla, Lettre à ceux qui blabla, qui achète cette merde, je me le demande, qui perd son précieux temps de vivre à lire ça, je ne vois jamais personne prendre un de ces bouquins et partir à la caisse.
@Bruno :
Ce doit être parce que personne ne les lit plus depuis longtemps. On trouvait dans les bibliothèques de nos parents et grands-parents divers ouvrages de politiques de tous bords - mais ils étaient d'une autre épaisseur. Et quoi qu'il en soit tous ces livres ont terriblement vieilli, et les ouvrir aujourd'hui prête à rire.
Mais quant aux oeuvrettes que commettent nos politicaillons actuels, peu leur importe que personne ne les lise en dehors des journalistes qui font semblant de les lire et les commenteront. Avoir sorti un bouquin, cela donne matière à parler sur les plateaux de télé, à laisser croire que l'on est plein d'idées, et que beaucoup de monde vous lit avec passion. Peu importe que cela ne soit pas vrai, tout ce qui compte, c'est l'image que l'on donne. Et ce qui compte encore plus, c'est qu'on donne une image. N'importe laquelle finalement, l'essentiel est d'occuper l'espace. Pour être sûr d'être reconnu dans 100% des cas par l'électeur et la boulangère, et même par le petit mitron [1].
De toute façon, Tartempion ministre ou leader de n'importe quel parti "respectable" (ce qui signifie mondialisation-financière-libéralo-capitaliste-compatible) se verra invité sur les plateaux de télé pour parler de son non-livre, puisque justement le métier des journalistes des services politiques est d'inviter ces gens-là et de parler d'eux. Et il leur faut bien parler de quelque chose ! Alors, la énième profession de foi de Duschmoll fera parfaitement l'affaire, occupera le temps d'antenne, et fournira la matière de l'article qui permet au journaliste, à son tour, de bouffer. Et qui plus est de devenir une signature de plus en plus connue à force d'éditorialiser sur le bouquin de Truc ou le programme de Chose. Et de se faire inviter à bouffer dans de très bons restos pour parler... du prochain livre. Et échanger quelques tuyaux off, bien entendu.
Quand on y réfléchit, le journaliste a autant besoin du politique que le politique du journaliste, pour montrer sa gueule à la télé. C'est un mariage de raison. Une symbiose de parasites saprophytes, et pour profiter, ça profite...
[1] Comme dit Srî Minîshiva : Au moins, on voit qu'il suit.
Je devrais te lire plus souvent, infidèle que je suis, tu es plus radical et plus juste que mon petit bavardage. Bises redoublées. Soient frictes ces langues ennuyeuses!
Tiens, du Villon, du Proudhon, du Sinziana-la-pétasse-d'en-face (bises ma chérie)...ça m'a l'air bien ici. Quelqu'un a lu Je, Francois Villon le roman (?) de Jean Teulé?
@Cassandre : Voué. Swâmi Petaramesh a lu le roman de Teulé. je ne suis pas certain de la fidélité historique absolue (il semble notamment selon certains que la mère de Villon ait vécu bien plus vieille et n'ait pas subi le sort que le roman lui inflige), mais hormis cela, il mérite certes lecture !