Faire et défaire, c'est toujours travailler
Par Petaramesh le vendredi 2 juin 2006, 13:07 - Râleries dualistes - Lien permanent
...et cela reste vrai même quand on fait le trottoir..
J'habite un immeuble récent, en ville, comme il y en a des milliers.
Quand nous avons emménagé, début 2000, nous étions les premiers occupants de l'appartement, et le trottoir, devant l'immeuble, était tout neuf, ayant été refait après que l'immeuble ait été terminé.
Dans les deux premières années qui suivirent, toutefois, le pauvre trottoir fut tellement souvent défoncé de tranchées en tous sens, pour des canalisations, des tuyaux, du courant, du gaz ou que sais-je, qu'il ne tarda pas à être encore plus couturé de cicatrices que le visage du monstre de Frankenstein.
Un vieux trottoir tout pourave, qu'il était devenu.
Heureusement, l'année suivante, la rue fut entièrement refaite à neuf : rue, et les trottoirs des deux côtés. Un mois de travaux aux moins. Tout neuf, nickel.
Moins de deux mois plus tard cependant, la rue et ses deux trottoirs furent entièrement redéfoncés sur toute leur longueur pour remplacer toutes les canalisations de distribution d'eau du quartier[1]. La rue toute neuve se transforma donc illico en rue et trottoirs tout recoutus de tranchées (pas trop mal) rebouchées (mais quand même). Autant dire que le chantier dura un bout de temps.
Mais très rapidement ensuite, les trottoirs furent redéfoncés au point de se Frankensteiniser de nouveau[2]. Ne me demandez pas pourquoi, si je l'ai su, j'ai oublié. Y'avait encore des types avec des casques, des marteau-piqueurs et des pelleteuses.
Ce qui justifia donc, au bout du compte, que le trottoir soit intégralement refait un certain temps plus tard, nous livrant à nouveau un tout beau et tout magnifique trottoir tout neuf.
Il y a un trimestre de cela, des types décidèrent de planter sur le trottoir quelques réverbères d'éclairage public tout neufs, chacun quelques mètres à côté de l'ancien qu'il semble destiné à remplacer à terme, de manière surprenante puisque les anciens réverbères réverbèrent et éclairent convenablement et qu'à l'oeil nu tout au moins, ils semblaient en bon état.
Ils creusèrent donc des trous pour planter les nouveaux cure-dents géants. Pas tant que ça, surtout vers les deux bouts de la rue, d'ailleurs, les autres étant accrochés aux murs des immeubles.
Ensuite, il y a deux mois, ils défoncèrent le trottoir sur toute sa longueur pour y creuser une tranchée et des gaines d'alimentation électrique visiblement destinées aux nouveaux réverbères. Pas beaucoup de nouveaux réverbères au sol, certes, mais comme ils sont aux deux bouts de la rue, faut bien creuser d'un bout à l'autre, s'pas...
Puis ils rebouchèrent leur tranchée avec du grossier goudron mal posé qui fit une grosse cicatrice en relief tout bombé.
La, depuis le début de la semaine dernière, ils ont recreusé la même tranchée pour enlever le goudron mal foutu, puis bétonné bien à plat, et regoudronné par-dessus avec du beau goudron tout noir et tout lisse qui ne fait presque pas moche.
Je suppose que quand ils auront mis en service les nouveaux réverbères, ils enlèveront les anciens.
Ce qui laissera des trous.
Qu'il faudra reboucher.
Je suis parfois surpris qu'il y ait du chômage en France...
P.S. : Dans l'immeuble en face de chez moi, au septième [3] étage, il y a juste en ce moment deux adolescentes assises sur un appui de fenêtre, en surplomb donc à plus de 20 mètres du sol, en train de fumer leur cigarette en papotant, sans aucune sorte de protection. Elles ont passé une bonne heure là l'autre jour, et j'ai passé une partie de ce temps à me demander s'il serait justifié ou non de ma part d'appeler les pompiers dans une telle circonstance... Me font flipper, ces connes.
M'en fous, j'irai pas ramasser la viande.










Commentaires
Ho, Swâmi, n'as-tu jamais fait l'équilibriste sur des toits ou des gouttières, du temps de ta glorieuse adolescence ? Laisse donc les demoiselles vivre dans l'inconscience tranquillettes... Dans quelques années, elles seront peut-être des urbaines post modernes stressées, s'en voulant de cloper, de manger, de boire, de toujours rater l'hypothétique prince charmant... Elles sont pas bien, là, sur leur fenêtre ? Mmmhhh ? ;-)
@Ko : Certes, à cet âge, j'ai souventes fois risqué ma vie comme un con, et les vieux schnocks susceptibles de m'avoir vu en ont probablement encore les poils du cul hérissés...
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...Vouais. A moins que dans quelques minutes elles ne soient une tache rouge aplatie 20 mètres plus bas.
Ce qui n'est pas sans poser la question de la responsabilité éventuelle (aussi bien légale : non assistance à personne en danger ? ...que morale) de celui qui les aurait vues sur leur fenêtre depuis des semaines... et aurait décidé que ça n'est pas son problème... D'un autre côté, si tu vas faire le vieux con râleur, tu te fais envoyer chier par les deux filles, "100% des gagnants ont tenté leur chance"...
Sinon oui, des conneries dangereuses, j'en ai fait plus que ma part. Y'a un Dieu pour les inconscients. Enfin pour certains d'entre-eux ; les autres finissent à la morgue. Ou dans une grande poussette, comme disait Srî Minishiva l'année dernière.
A Lyon en ce moment, c'est la saison des tranchées aussi. On finit par s'habituer. Par contre, ce qui m'a mise en rage récemment, c'est qu'ils ont rasé des arbres pour pouvoir faire leurs trous tranquillement et là je dis halte à tout : on ne touche pas aux arbres ! Sinon chez moi c'est l'égout qui pue et qu'ils nettoient régulièrement sans effet. Ma fleuriste et moi on chante le blues de "ça schlingue à Montplaisir" tous les étés à cause de ça !
@Trublyonne :
Ben c'est normal, je suis à Lyon aussi. Ça fait 6 ans que j'y suis, et ça fait 6 ans que c'est la saison des tranchées. C'était p'têtre déjà le cas avant... Ca doit être une spécialité locale, comme la rosette et les traboules ?
Bé moi ça fait huit ans et j'ai eu la joie d'arriver en pleine construction du tram. Epique mon bon monsieur, épique. J'ai cru que j'étais chez les fous, embouteillages en série et crises de nerfs à tout bout de champ. Levons nos verres de Côte du Rhône (surtout pas de Beaujolais) à nos tranchées lyonnaises ! Elles sont tombées tes nenettes finalement ?
@Trublyonne :
Ah oui, moi aussi. Je dis toujours que je me suis davantage paumé les premiers temps à Lyon avec un GPS, qu'à San Francisco sans GPS...
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Euh ? V'pouvez répéter la question ?
Je ne veux pas plomber l'atmosphère, mais je comprend les inquiétudes de Swâmi, j'ai un ami d'enfance qui est mort connement comme ça à 18 ans. Grenoble, une fesse sur la rambarde d'un balcon, et en quelques secondes tout a basculé ... 7 étages plus bas (c'était aussi au 7ème) sa vie s'est arrêtée.