Le Troll vu par Maëster Au fur et à mesure qu'un blog accroît son lectorat, et donc, son commentorat, il risque de souffrir d'un effet indésirable sous la forme plus ou moins prononcée d'une certaine dîner-de-connerie dans son fil de commentaires.

Or, la qualité du fil de commentaires d'un blog est presque aussi importante que la qualité de ses billets, tant il est vrai qu'un blog devient presque, sinon une oeuvre collective, du moins une aventure partagée entre son principal auteur et ses lecteurs / commentateurs.

Il incombe donc au taulier, soucieux de la qualité de son blog, de se montrer aussi soucieux de la qualité des commentaires que celui-ci héberge.

Swâmi Petaramesh, en ce qui le concerne, n'a aucun état d'âme à appliquer une bonne vieille technique déjà éprouvée en de nombreux ashrams : Virer sans hésitation l'importun à coups de pompes dans le cul.
C'est simple, facile, salvateur, et bon pour le karma des deux parties.

Swâmi Petaramesh n'objecte nullement aux joies de la discussion ou aux plaisirs de la contradiction, pas plus qu'aux affres de la mise en cause personnelle, encore faut-il qu'elles soient intelligentes, ou à tout le moins, intéressantes. Par contre, les commentaires ennuyeux, stupides, les ramassis de phôtes, le langage SMS, les anthologies d'idées reçues, les plaidoiries-pour-sa-paroisse, le je-viens-chez-toi-pour-t'apprendre-à-vivre, le prosélytisme religieux ou politique composé d'extraits du dogme, et plus généralement, tout ce qui fait bailler Swâmi Petaramesh ou le fait hocher la tête plein d'une commisération incrédule et navrée, tout cela n'a pas sa place ici, alors dehors, s'il-vous-plaît, pas dedans !

Alors qu'en ferai-je, de tous ces commentaires que je jugerai chiants ou déplacés, en ma seule et autocratique dictatoriale estimation souveraine ?
Me contenterai-je de les mettre hors-ligne ?
Les supprimerai-je carrément ?
Ou les épinglerai-je en bonne vue sur un amusant Wall of Shame[1] ?

La dernière solution excite mon sadisme. Tiens, je crois que je vais composer un petit Dîner de Cons virtuel !

Il me suffit d'écrire un petit script marrant dinerdecons.sh et je pourrai déplacer tout commentaire indésirable depuis son billet original vers ce billet-ci, faisant de celui-ci un splendide bêtisier que l'on consultera pour le plus grand esbaudissement des petits et des grands !
Oho, je sens que je ne vais pas me priver, et j'en ai déjà quelques-uns pour inaugurer le bal !

Si vous souhaitez commenter ce billet où l'une des perles qu'on ne tardera pas à y trouver, veuillez préciser visiblement que vous avez mis votre grain de sel ici de votre plein gré, qu'on n'aille pas vous soupçonner de faire partie des invités ;-)

Quant à ceux qui crieraient aussitôt à la sçanssure fââchiisteuh ou au déni de la sacro-sainte liberté d'expression, je les renvoie à ce commentaire que je fis récemment à une commentatrice, et dont je cite ici la substantifique moelle :

[...] juste une petite remarque : La liberté (d'expression je suppose, en l'occurrence...) n'est pas incompatible avec une certaine tenue d'une part, et avec d'autre part la claire notion de "qui est chez qui".
Autrement dit, ta liberté, que je reconnais totale, de t'exprimer comme tu l'entends chez toi ne te donne aucun droit particulier à devenir franchement relou dans les fils de commentaires chez moi, comme je te l'ai déjà fait remarquer, hélas à plusieurs reprises, essayant de me montrer aussi poli et léger que possible mais pour autant clair et sans ambiguité, ce qui, certes, n'est pas facile.
C'est donc aussi du ressort de la liberté, liberté chérie, oui, de la mienne de te signaler que tu me casses un peu les pieds si c'est le cas, de te demander gentiment de bien vouloir en tenir compte avec la politesse qui caractérise les êtres civilisés que nous sommes, dans l'espoir que cela puisse m'éviter de devoir user de ma liberté de bottage de cul virtuel puisque je suis chez moi et que m'y livrer à la pratique du bottage de cul, fût-il virtuel, manque peut-être un peu de courtoisie, mais n'entame en rien la liberté d'expression fondamentale d'autrui, qui consiste à aller râler et faire la gueule ailleurs.

Pour conclure sur cette autre citation :

Il est méchant, monsieur Brochant.
- Francis Veber, Le dîner de cons


Les commentaires ci-dessous sont donc venus d'ailleurs, vous l'aurez bien compris...


Edit 24 Mai : Pour ceux que l'idée amuserait et qui voudraient faire la même chose chez eux, voici les trois lignes du petit script dinerdecons.sh que j'ai pondu sur un coin de table. C'est du cradingue bâclé, mais efficace.
Il suffit d'appeler le script en lui fournissant en argument le n° du commentaire à déplacer, et Hop !
Ah, bien sûr, vous ne pouvez utiliser ça que si vous avez un accès shell sur le serveur de votre blog. Il serait amusant que quelqu'un convertisse ça en PHP et en fasse un plugin "Dîner de cons" pour dotclear, tiens...

[root@totor sbin]# cat dinerdecons.sh
#! /bin/bash

[ "$#" == "1" ] || { echo "Usage: $0 <comment_nr>"; exit 1; }

# Indiquer ci-dessous le numéro du billet destinataire des commentaires à déplacer
dest_post=263

#Accès à la base de données. Indiquez vos propres paramètres
mysql -u utilisateur_db -pmot_de_passe_db nom_de_la_db << EOT
set @o = (select post_id from dc_comment where comment_id=${1});
update dc_comment set post_id=${dest_post} where comment_id=${1};
update dc_post set nb_comment=nb_comment+1 where post_id=${dest_post};
update dc_post set nb_comment=nb_comment-1 where post_id=@o;
EOT

That's all folks !

Notes

[1] Mur de la Honte, pour les non-anglicistes...