L'excellemment bon côté des choses, c'est que ça fait aujourd'hui 15 jours que ce vieux drogué de Swâmi Petaramesh n'a pas touché à une cigarette, ce qui est une forme de record gainsbourique à tel point que je m'étonne fort que Guinness n'ait pas encore appelé, mais c'est sans doute seulement parce que FR3 Rhône-Alpes n'en a pas encore parlé, ce qui, je le sens, ne saurait plus tarder.

Mais qu'est-ce qui a permis à Swâmi Petaramesh d'accomplir pareil tour de force sans lever un sourcil ? Oh, un moteur très simple, le désespoir.

Mais attention, pas un petit, hein. Pas un semblant d'embryon de désespoir à trois balles ! Non, un vrai, bel et bon désespoir bien noir et bien profond, de celui qui finit par te pousser à l'alternative : Bon, alors maintenant, je fais quelque chose. Sois je me fous dans le Rhône, soit je fais autre chose. Faire quelque chose, mais quoi ?

Au moment où tu contemples le champ de ruines qui fut un jour ton existence, et où tu remercies le Guru[1] de t'en avoir tellement balancé plein la gueule et d'avoir fait foirer[2] tout ce que tu avais, croyais avoir, ou espérait construire, histoire de t'apprendre un peu le détachement nom de Dieu ! et te conduire à l'essentiel, ce que rien ne peut ôter, quand il ne reste plus autre chose... Ou presque, enfin là, mon p'tit père tu dramatises, la pudeur devrait te retenir de t'étaler ainsi, il eût été plus poli de t'attacher discrètement une pierre au cou et d'aller te foutre dans le Rhône sans déranger personne.

Oui, mais non.

Avant de te jeter dans le Rhône sans déranger personne, mon p'tit gars, t'as trois gosses, et ça les dérangerait quand même un peu, donc un minimum serait de tenter de faire un point honnête de la situation et de voir ce qu'on peut en tirer.

Déjà, l'état du véhicule :

  • La carrosserie du bonhomme tient encore à peu près le coup, du moins si on n'y regarde pas de trop trop près. Bon, ça tient grâce à la peinture comme on dit, mais ça tient.
  • Le moteur est tout pourri, du moins le filtre à air est gravement encrassé par plus de 25 ans de clope, et là, le moteur, il va finir par couler une bielle et ça va plus tarder.

Conclusion : => Si c'est pour aller se foutre dans le Rhône, c'est pas trop gênant tout ça, mais dans le cas contraire, ça constitue depuis déjà longtemps un très sérieux problème dont auquel il va falloir faire quelque chose.
De ce côté-ci, la problématique est assez simple semble-t-il.

Deuxio, le boulot, ou plutôt, le chômisme :
Rhââ ça putain oui, le chômisme, c'est une plaie béante et suppurante que je n'ai pas encore su soigner. Pas encore arrivé à effectuer une "réelle et sérieuse" recherche d'emploi, tellement ce putassage me pèse et m'est un obstacle presque infranchissable, et tellement retourner dans ces bureaux tertiaires qui puent la merde de hyène est au-dessus de mes forces. Mais il faut que je m'efforce, parce que...

Troisio, les phynances :
Ah, ce voyant rouge qui clignote pendant que le signal sonore fait "Tsoin...Tsoin...Tsoin..." me signale que je vole depuis déjà un certain temps sur des vapeurs de kérosène... Bon-bon...
Troisio découle de deuxio, mais on dirait que le moteur de gauche commence à tousser... Aïe.[3]

Quatresio, le couple :
Le couple, j'aurais pu le mettre en deuxio d'ailleurs, mais le couple, décidément, il est crevé comme un poisson pêché l'année de notre mariage.
Et comme disait Agnès l'autre jour, y commence à y avoir de vieilles odeurs...
Cela dit, le couple, ce n'est même pas un crève-coeur ni une immense souffrance, c'est quelque chose... de pire.

Et le moral, avec tout ça, mon bon Monsieur ? De chiotte, ma brave dame, de chiotte.
Etonnant, non ? (™ Desproges)

Et la Self-Esteem, mon bon Monsieur ? Oh, à peu près autant que pour la merde de chien, là, au coin du trottoir, ma brave dame.
Etonnant, non ? (™ Desproges)

Et le sexe, mon bon Monsieur ? Oh, à peu près 4 ou 5 fois par an ces derniers temps, ma brave dame ! C'était pas mal, pour 40 balais, hein ! Ouais, il m'arrivait parfois de tromper ma main droite avec ma légitime épouse, étonnant, non ? (™ Desproges)
Mais là, cette fois, les aminches, je sens que c'est mort.
Déjà que d'avoir passé ces dernières années à me sentir en moyenne aussi désiré que le fer à repasser ou l'aspirateur (enfin non, eux, sont utiles, et on s'en sert chaque semaine), question Self-Esteem, comme on disait plus haut, le panard...

Alors, Merci Guru de m'apprendre ainsi le détachement, ça me fera du bien pour une prochaine vie, je n'en doute pas une seconde.
On en était où déjà ? Ah oui, la pierre autour du cou, le Rhône, tout ça...

Euh, réfléchissons un peu. Quelle relation toutes ces merdes entretiennent-elles entre elles ?

Alors... Euh, le moral à zob, ça n'aide pas à trouver du boulot...
Pas de boulot, ça n'aide pas à avoir du pognon...
Ni pognon ni boulot, ça n'aide pas à conquérir l'admiration de son épouse...
L'épouse qui tire tout le temps la gueule, d'un autre côté, ça ne donne pas le moral...
Et pas de boulot ni de pognon, c'est pas génial pour le moral non plus...
Mais pas de moral, pour se sentir Grand Séducteur, c'est pas le pied quoi...
Sans compter que ça ne met pas dans des conditions de winneur à deux balles idéales pour trouver du boulot...

Comment vous dites ? Circulaire ? Un peu ouais...
Et quoi d'autre ? Ah oui, aucune de ces choses ne dépend uniquement de moi. Il y a toujours un tiers-facteur, conjoint, offres d'emploi, employeur, chance...
Et le tiers-facteur, y boude.

Ca serait bien un truc à rester emmabovaryser dans son coin, ça...

Sinon y'a quoi ?
Ah oui, la clope...
Alors la clope, ça aide pas pour la santé, donc ça aide pas pour le moral...
Et en plus, ça coûte un max de pognon...
Et ça dépend de quoi ? De moi, juste de moi. De personne d'autre. Y'a pas de relation circulaire, et arrêter peut aider pour le reste.
Sans compter qu'arrêter à la force du poignet, pour la Self-Esteem, ça le ferait bien aussi...

Pour le reste on verra après.

Commençons par traiter le seul problème que je peux traiter immédiatement, à coup sûr et qui ne dépend de rien d'autre que de moi.

Si ça ne le fait pas, on pourra toujours se foutre cette pierre autour du cou et aller se foutre dans le Rhône.

Si ça le fait, on pourra ensuite envisager de traiter les autres problèmes dans l'ordre le plus simple qui se présentera, comme de travailler le Self Esteem en invitant de charmantes dames folles de désir à partager ma peau de bête par exemple...
...Ou en demandant l'asile politique auprès d'une charmante jeune femme follement désireuse de mon corps prête à tout pour pratiquer avec gourmandise sur Swâmi Petaramesh une sexothérapie intégrale de nature à remettre moral, Self-Esteem et toutes ces sortes de choses au beau fixe pour tenter d'envisager le futur de la suite et plus si affinités...[4]

Bon, enfin chaque chose en son temps, un truc après l'autre, pour le moment...

15 jours sans clopes.

Le désespoir, ça a du bon. Parce que sans le désespoir, je n'avais aucune chance.

...Pis sinon, faudra que je passe au BHV pour la chaîne et le cadenas pour la pierre et tout ça...

Notes

[1] Guru Kripa Kevala, n'oublions pas...

[2] ou de t'avoir aidé à faire foirer toi-même, mais c'est un peu pareil...

[3] Les ASSEDIC, dans leur Infinie Bonté, viennent de m'envoyer une "demande de pièces complémentaires" pour se décider à savoir s'ils vont ou pas continuer de me filer royalement trois zeuros par jour. Ils me demandent de leur adresser par retour 12 photocopies de bulletins de salaire de mon épouse, plus une mienne, vu que oui, l'an dernier, j'avais un poil travaillé... Fumiers.

[4] D'autant que Swâmi Petaramesh est extrêmement beau, ne l'oublions pas...