En guise de maigre écho au magnifique et bouleversant billet de Traou "Mon compagnon", en guise de ce qui ne sera certainement pas non plus une consolation...

La solitude peut aussi se trouver en la présence de l'autre, la solitude peut être, peut-être, aussi douloureuse, qui sait, pire ? parce que plus amère, quand la présence de l'autre n'est plus que partage d'une sourde hostilité, d'une constante exaspération, d'un inextinguible énervement, de reproches muets... mais jamais, non plus jamais, de caresses, de sourires, de réconfort, de jouissance, de rires partagés...

Quand la lumière sous la porte ne signale plus que seulement : "Il y a quelqu'un ici, qui, en bonne partie, aliène ta liberté".

Quand le comble de l'attente vis-à-vis de l'autre est d'attendre qu'il n'y ait point d'éclat, qu'il n'y ait point de cris, que la mauvaise humeur ne soit pas trop visible, que la rancune ne soit pas trop étouffante...

And she turns to me with her hand extended
Her palm is split with a flower with a flame

And she says "I've come to set a twisted thing straight"
And she says "I've come to lighten this dark heart"
And she takes my wrist, I feel her imprint of fear
And I say "I've never thought of finding you here"


(Texte cité : "Solitude Standing", Suzanne Vega)