Seppuku Hélas, trois fois hélas !

Après avoir cet après-midi déclaré mon inextinguible flamme d'amour à la bellissime ville de Marseille, et après avoir ensuite découvert avec joie la présence parmi nous de la sardine qui avait bouché le port, même si elle est masquée et sous pseudonyme ne voilà-t-il pas que ce soir, je tombe sur FR3 sur un Des racines et des zebs spécifiquement et entièrement consacré à Marseille !

Argh ! Enfer ! C'en est trop !

La plage du prophète[1], argh ! Le vallon des Auffes, Bouhouhouhouhouououuou... les îles du Frioul... Et plein et tant tellement de coins où je passai chaque sacrée putain de journée de ma folle adolescence, cette rade dont je sillonnai chaque jour pendant des années les flots de la dérive de mon 420 ou de celle de ma planchavouhahl... Bouhouhou !!! Sniff !!!

Arrivé à ce point de la soirée, je n'ai plus le choix qu'entre deux éventualités : celle de trouver le moyen de me faire inviter pour un pélerinage aux sources par la sardine qui bouche le port, ou celle de me faire, carrément et tout de suite, un petit seppuku[2] en toute dignité, sobriété et simplicité.

La question n'est pas simple, il conviendrait que je me munisse du poignard de cérémonie dont j'ignore le nom précis, mais ça doit coûter cher, et que je trouve également un ami prêt à me décapiter presqu'entièrement aussitôt la chose faite, bien que ça, c'est moins dur, on trouve toujours des enculés prêts à tout pour s'amuser un peu aux dépens d'autrui... mais justement, si ça se trouve, un salaud pareil ferait durer exprès, bref, j'hésite...

Fédération Internationale des Gros Branleurs En pleine perplexité hésitatoire, je traîne un peu de-cî de-là, passe par le blog de Sambucucciu[3] et là, tombe en arrêt devant le magnifique logo[4] à la gloire de la Fédération Internationale des Gros Branleurs, logo qui retient aussitôt mon attention d'autant plus que j'ai une excessive envie de fumer une vieille clope, ou n'importe quoi d'autre qui se fume d'ailleurs[5], et que je me demande si une éventuelle adhésion à cette noble fédération pourrait à tout le moins comporter une taffe de bienvenue ou quelque chose comme ça...

Je me précipite donc pour lire le Manifeste des Gros Branleurs, bible de cette noble fédération, et y trouve aussitôt, à défaut de quoi que ce soit qui se fume, d'excellentes et très Nobles Raisons d'adhérer toutes affaires cessantes à cette Sainte Eglise euh, fédération machin, veux-je dire, l'habitude sans doute...

Mais citons donc plutôt :

Je suis faillible, feignant, résigné, incapable d’aligner deux arguments qui se tiennent, inconstant et contradictoire. Je refuse qu’on m’impose, même par ricochet, un quelconque système de valeurs, et j’essaye, dans la mesure du possible, de garder le mien pour moi… Parce que, la morale, hein, c’est un peu comme les slips : ça ne se partage pas, on en a besoin, mais parfois, après de longues journées d’usage, ça pue l’enfer ! Alors la mienne, j’ai l’humilité de la garder pour moi.
[...]
Il aurait fallu lui expliquer l’extraordinaire imposture qui consiste à donner des leçons à son voisin. Parce qu’il n’est pas tout à fait comme on voudrait ou parce qu’on est persuadé qu’il « pense faux »… Quand, comme moi on fait partie des gros branleurs, il est bon, parfois, aux soirs d’exaltation, d’éviter de faire chier le monde en lui expliquant comment vivre, de garder un peu d’humilité.
[...]
Il faudrait laisser (sans illusion) aux philosophes, aux intellectuels, aux élites de tout poil, aux Guevara de salon et aux Malcolm X du clavier, le soin d’être intelligents, brillants, grandioses, novateurs… Gardons pour nous, les gros branleurs, les petites choses de la vie qu’ils sont incapables même de distinguer, tout occupés qu’ils sont à théoriser sur l’attitude à avoir impérativement, si on veut être un type bien.
[...]
Puisque, de toute façon, quand je ne dis rien, je me le reproche, et quand j’ouvre ma gueule, ce sont les autres qui me le reprochent, alors je te propose ami branleur, frère pauvre type, de rejoindre la Fédération Internationale des Gros Branleurs. La charte c’est :

« Ne pète pas plus haut que ton cul et ne fais pas trop chier tes voisins, ils sont peut-être moins cons que toi. »

Devant une telle immensité de sagesse, Swâmi Petaramesh loue aussitôt Cela de lui avoir montré à temps, ce soir, que décidément, la branlette est considérablement préférable au seppuku, et à tout le moins, beaucoup plus agréable, sans compter que les tâches sont quand même beaucoup plus faciles à enlever ensuite, pensons également au petit personnel...

Swâmi Petaramesh se convertit donc aussitôt à sa nouvelle foi de Gros Branleur, foi par ailleurs parfaitement compatible avec la non-dualité, puisque la non-dualité, quant à elle et en essence, n'est incompatible avec rien.

D'où la genèse du pourquoi du comment du magnifique logo qui ornera désormais la colonne de gauche de cet humble ashram, montrant ainsi la parfaite cohésion spirituelle qui existe entre non-dualité et Gros Branleurs.

Puisse notre humble ashram oeuvrer ainsi au bien de tous les Etres Sensibles de la manière la plus oecuménique qui soit, au nom de la Sainte Branlette et de la p'tite pipe, amen.

Notes

[1] Pas celui des caricatures, non, un autre...

[2] Illustration du domaine public provenant de Wikimedia Commons

[3] Il a un nom marrant...

[4] Libre de droits de reproduction aussi, j'imagine, puisque c'est son gros branleur d'auteur lui-même qui invite chaleureusement à le reproduire...

[5] et qui a osé traiter Swâmi Petaramesh de monomaniaque ?