De l'art de traiter les importuns
Par Petaramesh le mercredi 19 avril 2006, 16:24 - Méchanceté gratuite - Lien permanent
Dans son billet du jour, Rose nous rappelle à quel point il est facile de se faire emmerder par des malotrus, goujats et autres butors, et à quel point il peut être difficile d'oser l'ouvrir dans de telles situations, et de se faire remarquer en remettant l'importun en place.
Swâmi Petaramesh est pacifiste. Très. Et non violent. Complètement.
Mais ce n'est quand même pas une raison pour se laisser emmerder !
Swâmi Petaramesh a donc fini par acquérir une certaine pratique dans "l'art de faire chier les malotrus importuns", et particulièrement, dans notre belle ville, dans l'art d'apprendre la vie aux automobilistes-rois-du-pavé quand on est piéton... Ca en regorge, par ici : il doit y avoir un élevage... Alors, ah, les fines joies d'un coup de poing bien placé sur le rétroviseur externe quand le taureau te frôle en plein passage clouté. Et pan dans l'rétro, prends ça, connard ! Généralement, le rétro violemment rabattu provoque un claquement très violent qui fait sauter au plafond le conducteur qui ne s'attendait pas du tout à ce qu'un vil piéton ose s'attaquer à sa caisse. Quand le véhicule passe moins vite, le bon coup de saton dans la portière du conducteur peut aussi être un vrai plaisir, mais plus délicat à exécuter, surtout si l'on veut vraiment bien enfoncer la portière. Ces deux premières manoeuvres me sont souvent un plaisir aux abords d'un célèbre grand parc de la ville entouré de rues à 4-voies, sur un passage clouté où des automobilistes impolis tentent quotidiennement de se tailler un passage de force entre les poussettes et les tricycles de gosses qui vont au parc ou en reviennent.
L'exécution de ce type de manoeuvre par un piéton sur une automobile montre généralement que plus un automobiliste joue les cadors vis-à-vis des piétons bien protégé dans sa boîte-en-fer vroum-vroum, plus il y a de chances qu'il ait de toutes petites couilles, et n'ose pas descendre de ladite boîte incompréhensiblement attaquée par le piéton. Un piéton qui attaque à mains nues une automobile est certainement un fou furieux et il ne serait vraiment pas raisonnable de descendre de voiture face à un fou furieux !
Neuf fois sur dix, l'automobiliste s'arrête sidéré dix mètres plus loin. Un tiers du temps, une fois qu'il réalise ce qui s'est passé, il t'insulte copieusement. Mais il repart toujours fissa sans descendre de sa caisse. Surtout si tu fais mine de marcher droit sur lui. Du moins jusqu'ici ;-)
Je me suis offert ce dernier 24 décembre au soir le rare plaisir de laisser doucement avancer jusqu'à moi un capot menaçant au moteur vrombissant, qui avait décidé que, puisque le feu était passé au vert entre le passage de ma femme et mon nain sur les clous et celui de ma vieille mère et ma naine, pourtant en file tous ensemble, sa Toute Puissante Bagnole allait rompre la file et affirmer sa Domination sur le Bitume à grands coups de Vrombissements Terrificques. Aussitôt le feu vert, il s'avança donc avec une incroyable morgue, forçant ma femme et mon Nain à se hâter, tandis que ma mère et ma fille battaient en retraite. Voyant cela, le foutre me prit, et je me jetai bras croisés en plein milieu de la route, ordonnant à ma mère et ma fille de traverser, et jurant que je ne dégagerais pas le passage tant qu'elles ne l'auraient pas fait, jaugeant d'un oeil noir le connard au volant et sa pouffiasse passagère. Le type, encore un peu joueur, se sentant vachement fort dans sa boîte de conserves, fait vrombir de plus belle en avançant tout doucement en plein sur moi sur l'air de "tu te pousses ou j't'écrase". Avec dans mon dos ma mère toujours pas décidée à traverser, du genre évitons l'esclandre, faisons pas de vagues, etc., et moi de devoir à nouveau leur intimer l'ordre de passer, tâchant par mon attitude bien campée sur mes jambes de bien faire comprendre à tout le monde que je ne bougerais pas d'un poil soit jusqu'à ce que tout le monde ait traversé, soit jusqu'à ce que l'autre con ait fini par choisir de me passer sur le corps.
Mère et fille, toujours pas décidées à passer. Le type qui avance sur moi. Au moment où son pare-chocs avant se trouve à 20 centimètre de mes tibias, soudain et sans prévenir, j'assène de toutes mes forces deux énormes coups de poing en plein sur le capot du type. Qui, sous la surprise, pile net. Et moi de faire à ma petite colonne "Bon, alors vous traversez oui ou merde, ou vous attendez que je finisse de faire du petit bois avec sa bagnole ?". L'argument porte. Il faut dire qu'après le traumatisme infligé au conducteur qui ne bouge plus une oreille, et vu que je suis toujours les deux poings plantés pile dans son capot, bien arrangé, tiens, chuis content de moi, je préférerais que la traversée se résolve avant que des hormones plus belliqueuses n'aient le temps d'être libérées dans sa circulation sanguine. Mais non, il semble maté.
Mes ouailles traversent, je libère enfin le passage en tournant ostensiblement le dos à l'aut'con (soulagé quand même que ça se termine, j'étais pas vraiment à l'aise juste devant son pare-chocs...).
A ce moment, la pétasse baisse (un peu) sa vitre et commence à me traiter sur tous les tons de malade et de fou furieux (dans ces cas-là, c'est très souvent la pétasse qui gueule le plus fort, rarement le conducteur. Le conducteur, lui, sait que c'est probablement lui qui risque d'en prendre plein la gueule si les choses finissent par tourner au vinaigre. Ca a tendance à le calmer efficacement s'il n'est pas pour de bon décidé à en découdre).
Du coup, je refonce sur la bagnole en prenant mon air le plus "fou furieux" et balance un bon coup de latte dans la portière de la pouffe, et m'offre le plaisr de la traiter de tout un tas de noms dont on évite généralement l'usage pour désigner les dames, en lui disant que son couille-molle aurait intérêt à descendre ou à foutre le camp vite fait avant que sa bagnole ne soit encore plus en ruine. Et un deuxième bon coup de latte pour appuyer la suggestion. La jugeant alors fort sage, le conducteur décolle en catastrophe. Allez ciao bello !
'videmment, qui c'est qui se fait engueuler après, et traiter de fou furieux par sa petite famille ? C'est Swâmi Petaramesh. Non mais t'as vu dans quel état tu t'es mis pour ça ? T'es fou dans ta tête non ?
- Nan, nan, je vous assure je ne me suis mis dans aucun état, j'ai juste été obligé de taper un grand coup pour que l'autre arrête sa bagnole et pour lui faire peur, et après de traiter sa pouffe de pouffe (ce qui paraît logique) tout en satonnant sa portière afin de les inciter à mettre un terme le plus rapide possible à l'incident, avant que celui-ci ne risque de dégénérer pour de bon. Et puis, je n'ai pas oublié de crier "Joyeux Noël" quand ils sont partis, vu qu'on est le 24 au soir, et que les gens sont tous joyeux, fraternels et de bonne humeur, non ?
Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas vraiment certain d'avoir pleinement convaincu que je n'ai pas une case. Des fois, comme ça, de manière inattendue. Mais non, je vous assure.
Comme je le disais l'autre fois à Mâ Anandaramesh : Mais non, je ne m'énerve pas sur son rétro, à lui. De toute manière, mon poing a décidé tout seul de lui rétamer son rétro, je n'avais pas eu le temps de me poser la question, et je n'ai pas eu le temps de m'énerver non plus.










Commentaires
Très cher Swâmi (bien que le "swâmi" ne soit peut-être pas convenable en l'occurrence :) ), ce n'est pas moi qui te jetterais la pierre quant à tes accès de rebellion musclés!
Mais, encore une fois, comme tu as de la chance d'être un homme! Parce que les femmes de mon type ne font pas le poids face aux abruti(e)s: j'ai été volontairement heurtée par une voiture dont la conductrice devait estimer que je n'allais pas assez vite, alors que je traversais - sans traîner- sur un passage piétons dont le feu était vert pour moi.
Je dois avouer que j'ai été très choquée par cette "violence" gratuite, et par le fait que ce soit une femme, mère de famille, avec les enfants à l'arrière de la voiture!!! Je suis allée au commissariat déposer "une main courante", qui, bien sûr, n'a pas eu de suites. Certes, je n'ai pas été blessée, je suis juste tombée sur le capot de la voiture, mas quand même!!!?
Au volant de leur bolide, les humains deviennent fous!
Alors, désolée, c'est pas joli-joli, mais je serais bien tentée de dire: "BRAVO!"
!! Je ne serais donc pas le seul à hurler connard! 5 fois quand je veux traverser une rue ? :D J'avoue que mes petits doigts ne supporteraient peut être pas la violence d'un choc main->retro a vive allure, mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque . ;)
Ben dis donc, ça ne respire pas la zenitude autour de l'ashram.
Ceci dit, je comprend ta famille : vu de l'extérieur, ta croisade doit faire vieux pétage de plombs fondus. Mais je te comprends aussi. La bagnole rend con. Ça tombe bien, avec la flambée du carburant, j'utilise plus mes pieds ;-)
C'est un peu ton Tian an men, quoi...
@Thierry : Eh oui, à chacun selon sa mesure ;-)
@Stilgar :
Evite les doigts ;-) Le dessous du poing, le tranchant de la main, la partie externe de la paume le font très bien, en t'assurant que tu peux "rebondir" sans problème. Et puis, je n'essaierais pas de faire ça à une voiture qui passe à 120 ;-)
@Le Monolecte : Ben si, tout Zen, surtout les jours où j'arrête de fumer ;-)
@Rose :
Pourtant, ce n'est pas la force physique qui importe : Personne ne "fait le poids" en face d'un véhicule à moteur...
N'importe quel automobiliste qui "heurte" volontairement un piéton, quelle que soit la vitesse, est un malade mental. On peut faire de considérables dégâts sur un humain à 5 km/h...
Un peu comme toi, mais involontairement, ma puce a été renversée l'an dernier par une voiture alors qu'elle roulait sur un trottoir sur la trottinette (achetée la veille) de son frère.
Une c***nasse qui sortait d'un parking souterrain de supermarché a traversé le trottoir sans regarder et à une vitesse excessive, et hop ! Ma gamine...
Coup de bol, elle n'a été que renversée, mais n'a rien eu. J'étais tellement outré par le comportement de la conductrice - qui a roulé 2 bons mètres de plus avant de se rendre compte de quoi que ce soit et de s'arrêter avec un air bête, elle aurait pu passer sur le corps de ma gamine avant de percuter, qu'aussitôt après avoir vérifié que ma fille n'était pas blessée, je lui ai ordonné de foutre le camp d'urgence avant que je ne perde mon contrôle et ne lui explose la gueule - or je répugne à battre une femme ;-) Voyant que je parlais très sérieusement, elle ne se le fit pas dire 2 fois. Et ce n'est qu'après que je découvris que la trottinette toute neuve de mon Nain était broyée, foutue, irréparable. Passée sous la roue avant de la bagnole.
Voyant cela, je décidai de porter plainte chez les flics pour la trottinette foutue, mais ils refusèrent d'enregistrer ma plainte au prétexte que sans blessés, une trottinette foutue, ils s'en balançaient, et qu'après tout, c'était ma faute puisque c'était moi qui avais enjoint à la conductrice de disparaître de ma vue...
Et il n'y eut plus qu'à racheter une autre trottinette...
Pfff, ça craint pour Patâpatî... :-/ (Allez, j'en rajoute une couche! Style "Prends une pelle et enterre-toi"! que-je-sais-trop-bien-faire, je sais!)
"Femme au volant, danger permanent (/mort au tournant)" ou plus simplement, "Femme au volant... femme au volant!"
(Swâ gentil... No comment!)
@Rose : Spécialement pour toi :
Usenet: lisez bourré, postez déchiré.
-+- LC in <http://neuneu.mine.nu> : Le postage sans peine. -+-
(Mah non! Cépaça "être gentil"... :-/ Je jette l'éponge!)
Ah, ben moi, c'est à coup de latte que je les éclate, les rétros, lorsqu'un fou dangereux à quatre roues me frôle de trop près, moi, pôvre femelle à deux roues... ;-)))))
Bon, plus sérieusement, je ne l'ai plus fait depuis bien longtemps (faut dire que désormais je roule avec des petites chaussures mignonnes ou de magnifiques bottes auxquelles je tiens beaucoup, et que le défonçage de rétros à coups de latte, s'il n'est pas parfaitement exécuté, peut aussi endommager le talon transformé en arme !), mais je continue de rouler au klaxon et de tenter d'expliquer, aux malotrus du volant, les règles de bonne conduite.
Lorsque manifestement, ils ne veulent point comprendre - ce qui arrive souvent, faut dire - je prends un malin plaisir à les châtier, comme on dit en langage tauromachique (châtier un toro : lui montrer qui c'est qu'est le plus fort, non mais ! en l'obligeant à suivre la muleta alors que son plus cher désir est d'enfoncer une corne dans l'aine du torero - je sais, ce n'est pas très kasher, comme métaphore, mais on a les références qu'on peut, hein). Châtier un fou-du-volant, ça signifie rouler devant lui, au beau milieu de la chaussée, en l'empêchant de dépasser ma Vespa, et rouler à une allure parfaitement pépère, en respectant à la lettre le Code de la route, en m'arrêtant aux passages piétons (ce que je fais toujours, et je recueille ainsi un tas de sourires étonnés par jour, car je dois être le seul scooter parisien à s'arrêter lorsqu'un piéton s'approche d'un passage protégé). Là, le Fangio des faubourgs ne peut que fulminer, et ça ne le rend pas plus intelligent (dommage), mais moins dangereux pour un bout de temps, ce qui est déjà pas mal.