Repli stratégique sur des positions préparées à l'avance
Par Petaramesh le dimanche 16 avril 2006, 13:50 - Chienne de vie - Lien permanent
Aujourd'hui, pour fêter la présence de Kestagrandhi à l'ashram, à midi, c'est raclette.
- Patâpatî : Papa, tu peux m'éplucher ma patate ?
- Swâmi Petaramesh : J'ai pas l'temps, depuis que j'épluche les miennes, j'ai pas encore mangé une bouchée... Mais regarde, tu fais comme ça : tu la piques bien avec ta fourchette pour la maintenir, et après, avec ton couteau, tu épluches comme ça...
- Mâ Anandaramesh : Non ! Si tu fais comme ça, tu n'y arriveras jamais ! Il faut faire...
- Swâmi Petaramesh, très calme, voix posée : Un jour, je comprendrai pourquoi, dès que je dis quelque chose, tu dis systématiquement le contraire dans les 4 secondes qui suivent...
- Mâ Anandaramesh, voix qui grimpe aussitôt d'une octave et de deux décibels, se met instantanément en colère : Blabla ! Blablabla !
- Swâmi Petaramesh (toujours calme) : Pourquoi deviens-tu agressive ? Je ne t'ai pas agressée.
- Mâ Anandaramesh (toujours une octave plus haut) : Si ! Tu es agressif ! De toute manière dans cette maison, pour pas qu'on s'engueule, il faudrait que je ne dise jamais rien.
Kestragrandhi, gênée autant qu'emmerdée, fait semblant d'être ailleurs.
Swâmi Petaramesh, peu désireux que le repas évolue en "Règlement de comptes à OK Corral", renonce à tenter d'expliquer une fois de plus le juste milieu que l'on peut trouver entre "ne jamais rien dire" et "critiquer et contredire en permanence". Il se tait donc, et mange.
5 minutes passent.
- Patâpatî : Pourquoi on n'en mange pas plus souvent, de la raclette ? C'est bon !
- Swâmi Petaramesh : Tu sais, on en mange plutôt quand il y a des invités... C'est plus sympa qu'en petit comité.
- Mâ Anandaramesh : Non ! On peut aussi en manger quand on est tous les quatre.
Swâmi Petaramesh constate la grande utilité de l'échange précédent. Il sort fumer sa clope et ira bloguer un instant entre poire et fromage. Mâ Anandaramesh est fort offusquée de le voir ainsi déserter la table de manière prolongée pour aller (encore) pianoter sur son clavier, sans aucune raison compréhensible.









Commentaires
Je me dis, comme ça, que Mâ Anandaramesh a peut-être besoin , parce qu'il est manifeste, à te lire, qu'elle est à cran... est-ce qu'elle ne pourrait pas aller se faire un chti week-end en thalasso avec une copine, par exemple ? Histoire de que vous puissiez souffler un peu...
Oui, ça ne fait qu'environ 8 ans, qu'elle est à cran. Depuis qu'elle a accouché de son premier enfant.
Quant aux week-end non pas chez une copine (puisqu'elle n'en a pas) mais chez sa soeur (qui justement est masseuse dans une thalasso) ou chez sa mère, week-ends, semaine ou quinzaine, n'empêchent en rien l'engueulade dans la minute qui suit le retour, puisque la simple idée de voir la sale gueule de Swâmi Petaramesh est probablement la chose qui la met le plus à cran.
(Oui, je sais, là, Swâmi Petaramesh est fortement énervé, et les deux pieds les deux mains dans la dualité la plus crasse. Mais, à choisir entre passer mes nerfs sur ma famille ou sur mon blog, aujourd'hui, je choisis le blog...)
Shame...
... Que dire?... Se taire serait plus adéquat, plus sage, mais... J'ai connu une situation proche de celle que tu décris et... Pff... Vous avez des enfants. Jeunes. Il ne faut pas leur faire subir ça. C'est moche. Ils doivent être malheureux et... Ca doit être encore plus dur quand il y a des enfants de vivre sa relation de couple, mais... Ont-ils à supporter l'humeur des parents?... Je n'ai pas de réponses, je ne donne pas de leçons ou conseils... Mais c'est triste. Il faut faire quelque chose. Parce que sinon, c'est le mur (enfin, le mur est déjà là j'ai l'impression, mais c'est le crash... -Vécu-). :( Pardon d'être d'un aussi piètre réconfort...
Et si vous lourdiez les nains, la soeur, l'ordi et tout ça et que vous partiez juste quelques jours tous les deux, histoire de voir si c'est vraiment la vie qui vous rend comme ça ou si vous aviez juste besoin d'un peu d'exotisme?
En tout cas, je connais une destination de rêve, garantie sans technologie chronophage!
@Rose : Tu n'es pas d'un "piètre réconfort", je te l'assure. Et tu as raison, le problème le plus crucial dans une telle situation, c'est toujours les enfants. Quand ça ne va plus entre deux adultes, la séparation est facile, si elle devient nécessaire. On ne se fait mal qu'à soi, aux deux adultes impliqués dans l'échec. Un chagrin d'amour est soluble dans une boîte de Kleenex. Ou plusieurs boîtes. Mais quand il y a des enfants, ils subissent toujours nécessairement, et de très près, les conséquences de l'état du couple et de l'état relationnel de leurs parents. Ils sont aux premières loges. Petits ou grands, dits ou non-dits, désagrégation silencieuse ou vols d'assiettes et hurlements, ils trinquent quand même à tous les coups.
Ici, on a jusqu'ici évité les vols d'assiettes. Acheté un lot d'assiettes neuves chez Ik*a mercredi dernier. Je n'ai pas fait un billet sur la joyeuse balade chez Ik*a ? J'ai failli. Heureusement que j'avais le blog de quelqu'un d'autre à installer, ça m'a épargné d'écrire ce billet-là.
Enfin jeudi soir je descendais un ensemble de vieilles assiettes au local poubelle en bon père de famille. Dans l'ascenseur, regardant la pile d'assiettes que j'avais à la main, je me faisais la réflexion : "On est cons de les jeter... On aurait pu se les foutre sur la gueule !"
Pour faire une famille qui va bien, il faut un couple qui va bien.
Pour faire un couple qui va bien, il faut deux individus qui vont bien.
Hors de cela, point de salut.
Quant à savoir ce qu'il faut faire, si j'avais une solution miracle, cela fait des années que je l'aurais appliquée. Je n'en ai aucune. Je n'ai que de mauvaises solutions, et tente de choisir la moins mauvaise, ce qui peut être variable en fonction du contexte et de mes propres insuffisances et imperfections - qui sont grandes. Comme pour tout le monde...
Quoi qu'il en soit, cela fait peut-être deux mois que je vis véritablement en enfer, que bien évidemment mon épouse y vit aussi, et que par conséquent, bien nécessairement, les enfants en subissent les conséquences, quoi qu'on fasse pour tenter de les épargner au maximum.
...et que j'inonde ce blog de toute cette merde. Dieu sait que ce n'était pas dans mon intention en l'ouvrant, que d'y déballer un linge aussi sale.
Quand tu parles d'indécence, Rose, que devrais-je dire alors !!!
Ce n'est jamais ni très joyeux ni très glorieux, ni très agréable à lire pour les autres j'imagine, que de s'étaler ainsi publiquement sur son échec.
Ceux qui échouent sont certes légion, mais ce n'est guère une consolation.
Swâmi Petaramesh n'est pas à la ramasse comme ça d'habitude. Le 36ème sous-sol n'est pas son habitat de prédilection.
Mais là, vraiment, c'est le bout du rouleau. Serré les dents trop fort et trop longtemps, avalé les vibrations du terrain pendant trop de kilomètres et d'années. La machine n'en peut plus, les amortisseurs sont niqués.
@Le Monolecte : Trop tard hélas. Trop tard et trop profond. Trop ancien.
Black is black.
Le couple, c'est comme le poisson : quand c'est mort, faut jeter vite fait avant que ça pue ;-/
Sinon, j'aime vraiment beaucoup ce petit hôtel paumé au fin fond de l'Aveyron profond, avec les mecs qui garent le tracteur devant pour s'enfiler un p'tit canon en revenant des champs et la mama aux bras musclés comme ceux de Maïté qui te brasse un alligot en béton armé qui te scotche au fond de ton siège!
@Le Monolecte :
Mouais, j'imagine que tu as raison :~/
>
Ils cherchent à embaucher un administrateur systèmes et réseaux Linux, dans le coin, aussi ?
Ce billet est intéressant, mais incomplet. je crois que j'ai trouvé la cause profonde du malaise. Le vin ne devait pas être à la hauteur.
C'était quoi le vin en accompagnement de la raclette?
@Yves :
Moi j'étais à la bière, les autres à la flotte. Ah, c'était ça, l'erreur ?
Perso, je n'épluche pas les patates de la raclette, je les bouffe entièrement. D'abord, parce que la peau, c'est plein de vitamines et ensuite parce que c'est ce qui a de plus précieux dans la patate. Tu as déjà calculer combien de kilos de pommes de terre sont nécessaire pour obtenir un seul kilo d'épluchures?
Enjoy! ;-)
J'apprécie le commentaire de Yves, qui me semble judicieux et bienvenu. Vraiment! Je ne fais pas d'ironie. C'est lui qui réagit le mieux sans doute à ce billet. C'est normal, c'est un homme! :)
Magré tout, je me permets de revenir sur le sujet du billet pour insister sur le fait qu'il n'appartient qu'à toi de voir si, oui ou non, il y a quelque chose à jeter... :)
Je me veux optimiste: rien n'est jamais perdu tant que l'on est en vie. :D
@Rose : Je me demande s'il y avait une "bonne" façon de réagir à ce billet...
La réaction d'Yves est en quelque sorte typiquement masculine : Prendre le truc à la légère, ne pas se mouiller, ne pas entrer dans les considérations douloureuses et personnelles qui sont à sa racine.
Certes, ça détend l'atmosphère, mais ça ne fait guère avancer le schmilblick ;-)
Non que cela doive être compris comme une critique à l'égard de son commentaire, d'ailleurs...
Mais tout ça est de la faute de Swâmi Petaramesh : Qu'a-t-il besoin, le bougre, d'étaler son linge sale en public ?
Cela me rappelle des souvenirs tout ça...
Je me permets juste d'émettre une opinion toute personnelle et qui n'engage que moi et si ça te gêne n'hésite aucunement à me supprimer... enfin mon com... Quoique...
Bon voila
Quand je lis ton billet, et ton com en réponse je me demande en quoi les enfants sont plus "protégés", moins déstabilisés par cette atmosphère plutôt lourde...
Je crois que les enfants ont surtout besoin d'avoir des parents le plus épanouis possible pour être bien, ou au pire pas trop mal.
J'ai 2 vécus.
En tant qu'enfant, mes parents se déchiraient continuellement... Je servais même parfois de "traductrice', de diplomate, de médiatrice, de conciliatrice et j'en passe... Cela ne m'a pas aidé, une fois adulte, dans mes relations amoureuses lorsqu'elles étaient houleuses.
En tant que femme, j'ai du faire face à des problèmes de couple irrespirables. J'ai tergiversé quelques mois, 8 pour être précise, mais je me voyais mal continuer à vivre dans un climat pareil. Je suis partie, pourtant ma fille n'avait pas 3 ans.
Depuis, il est devenu mon meilleur ami. Il y a à peine 3 semaines (ça fait 3 ans que nous sommes séparés), il m'a dit joliment et avec un superbe sourire que notre entente n'avait jamais été aussi bonne.
Je reconnais qu'une séparation aussi bien "réussie" n'est pas des plus commune.
Cela me fait toujours mal de lire que vaille que vaille et pour les enfants, des gens se sacrifient. Parce que pour moi, vivre malheureux, ou pas heureux, en souffrant chaque jour un peu c'est une sacrée abnégation de soi.
Je me demande ce qu'ils feront une fois les enfants partis... J'espère qu'ils ne se retournent pas trop en se disant que leur vie a été un bien beau gachis.
Je m'excuse, je suis un peu, moi aussi, dans l'émotion. Je sais que mes propos n'en sont que plus durs, mais je ne sais pas m'exprimer sur le sujet autrement.
J'aurais préféré avoir un com un peu plus léger pour ma première contribution.
@Erin : Aucun problème pour la "non-légèreté" de ta première contribution.
Un billet comme celui-ci évoquera chez chacun un écho différent en fonction de son vécu personnel, et c'est très bien ainsi.
Je ne réponds pas forcément aux détails des commentaires de chacun, parce que chacun de ces commentaires est lié à sa propre histoire et à sa propre vision des choses, chacun porte sa part de vérité, mais pour autant aucune de ces histoires ou de ces visions ne correspond exactement, entièrement à ma propre problématique.
En ce domaine, il n'y a pas de vérités générales ni de solutions toutes faites, seulement des cas individuels...
Mais je lis attentivement chacun de vos commentaires, et ils sont pour moi de précieux éclairages, des éléments supplémentaires de réflexion, et, pour d'autres, un réconfort.
Par ailleurs, ce billet date de dimanche, nous sommes mardi, et la situation, mon propre état d'esprit et d'humeur sont aujourd'hui fort différents de ce qu'ils étaient avant-hier, à chaud, à la rédaction de ce billet.
Bien sûr, les problèmes de fond sont toujours là, rien de ce point de vue n'a été résolu, mais la situation est plus calme, et je le suis moi-même aussi.
Alors, il est pour quand ce billet du "bonheur"???
@Rose : Tu m'en demandes beaucoup, là... Pour le moment ;-)
Je suis bien en train de rédiger un billet en cet instant précis, mais il traite de toute autre chose, et, à la vitesse où j'écris aujorud'hui, ça sera de la chance si je le termine cette semaine (et en le lisant, on comprendra pourquoi)...
@Le Monolecte :
Je te confirme qu'il y a des jours où l'odeur est quasiment insoutenable :-(