Pipi !
Par Petaramesh le samedi 1 avril 2006, 18:12 - Chienne de vie - Lien permanent
Pièce en un acte et deux scènes.
Acte I, Scène 1.
Un appartement.
Sur la droite, une cuisine. On voit au sol un panier de courses vide et, sur la table, diverses petites choses encore en désordre, de celles "qui ne vont pas au frigo".
Sur la gauche, un salon. Sur la table basse, un plateau contenant une théière fumante, un biberon, un bol de Nesquik, divers petits gâteaux.
Sur la gauche, on voit la naissance d'un couloir dont on imagine qu'il aboutit dans les tréfonds de l'appartement.
Au premier plan figure l'entrée. Un placard.
Elle est dans la cuisine.
Lever de rideau (Clap ! Clap ! Clap !).
Il entre sur scène (Clap ! Clap ! Clap !) et se dirige d'un pas rapide et déterminé en direction du couloir sur la gauche.
- Elle : Tu vas aux toilettes ?
- Lui : Oui.
- Viens voir avant !
- Oui ?
- Tiens ! (Snap ! dans la main droite), tu peux mettre les cachets de Javel en haut de l'étagère des toilettes ? Je veux pas laisser ça traîner...
- Oui.
- Et... (Snap ! bouteille de shampooing dans la main gauche), tu peux mettre ça, et ça (deuxième Snap ! flacon de déodorant dans la main gauche, heureusement qu'il a 5 longs doigts) dans la salle de bains ?
- ...
- Attends ! (Tube d'aspirine glissé dans la poche latérale avant du 501) Et tu pourras mettre ça dans la pharmacie ?
Il se retourne vers le public, bras écartés chargés d'objets, tube d'aspirine dépassant du falzar (rires).
- Lui : Eh bien, voilà un homme qui partait pisser.
- Ben comme ça, tu voyageras pas à vide !
Scène 2.
Elle, dans l'entrée.
- Dis, tu sais pas où sont les porte-monnaies des enfants ?
- Lui (voix off provenant du couloir) : C'est toi qui les as. Ils sont dans le sac orange.
- Ah non, je les ai pas. Tu les avais pris l'autre jour pour les emmener à la fête foraine.
- Oui, mais tu me les as déjà demandés hier et je te les ai rendus. C'est toi qui les as.
- Hier ? (Prononcer comme signifiant : Impossible !)
- Lui (ton fataliste) : ...ou avant-hier...
- J'ai regardé, ils sont pas dans le sac orange.
- J'ai vidé mon sac tout-à-l'heure, je suis sûr qu'ils ne sont pas dedans : je te les ai rendus, c'est toi qui les as.
- Non, j'ai regardé dans le cas orange, ils y sont pas !
Il entre sur scène, ouvre le placard de l'entrée, attrape le sac orange sur l'étagère du haut.
- Elle : J'ai regardé je te dis ! Tu me fais pas confiance ? (Ton trahissant une hausse de pression soudaine de 3 bars)
Il ouvre une fermeture éclair, plonge une main dans le sac orange, en ressort aussitôt deux porte-monnaies.
- Lui : Voilà.
- Elle : Ils étaient dans cette poche-là ?
- Ben oui.
- Alors c'est toi qui les y as mis ! Je ne les mets jamais dans cette poche-là !
- P'têtre... (Ton trahissant un je m'en-foutisme teinté d'épuisement moral)
- Venez mettre vos chaussures, les enfants !
Le rideau tombe.










Commentaires
Ouh, bah dis donc!... La fête continue! T'as pas encore changé le mitigeur de la cuisine ou quoi???! :D
@Rose : Justement, le mitigeur, je m'y attaque...
Je suppose qu'il y a quand même plus grave que ce genre de choses pour déclarer le couple en crise ... Bon courage !
@Yogi : Oh non, il suffit qu'il n'y ait plus que ce genre de choses...
Et v'là qui est fait, en moins d'une heure, sans inondation, incluant le vidage de tout le bordel qui était là-dessous et le démontage d'une étagère. Swâmi Petaramesh est devenu le pro du mitigeur ;-)
Mesdames, si vous avez un mitigeur en panne
et de jolis sn'hésitez pas à faire appel à lui !Ca y est, Mâ Anandaramesh est rentrée avec les Nains, vu que j'avais voulu dégager la scène du crime (surtout de Srî Minîshiva) le temps d'opérer.
Swâmi Petaramesh n'a pas été chaleureusement félicité d'avoir remplacé un mitigeur avec succès (et fait économiser par la même occasion une belle note de plombier à l'ashram), puisqu'il n'est que normal que Swâmi Petaramesh sache très bien faire ça et diverses autres choses au même rayon perceuse et tournevis.
Par contre, Swâmi Petaramesh a eu droit a une belle grimace, parce qu'il n'en a pas profité, le bougre, pour passer l'intégralité du placard sous-évier au Vigor qui nettoie tout à fond.
Ben ouais. D'abord parce qu'il s'en fout que ça soit Vigoré ou pas (pour refoutre un tas de merdes par-dessus, hein...), ensuite parce qu'il trouve qu'il a déjà assez payé de sa personne comme ça - c'est assez physique, ce genre de chose, faut être capable de devenir gaucher on-demand, de tenir deux objets avec une seule main, de manoeuvrer de la clé plate dans un espace ridicule, sur le dos, corps soutenu sur la nuque posée sur une planche verticale bien aigüe, lombaires sur un autre angle aigu... Et non Ko, tapis sous les reins, je fais, mais serviette sous la nuque, je fais pas, parce s'il faut en plus arriver à faire tenir la serviette en équilibre alors qu'elle ne demandera qu'à se barrer au premier mouvement... - et enfin parce qu'il n'en aurait de toute manière pas eu le temps matériel.
Mais bon, Swâmiji pas tout nettoyé placard. Vilain Swâmiji !
S'en fout. Moi ranger caisse à outils, moi pas passer Vigor, moi dire merde.
En plus Vigor ça y'être vilaine chimie pas kool qui pue et qui détruit tout, pas bon pour sérénité Ashram.
Swâmi gagner un verre de ce délicieux Maucaillou cru bourgeois 1998, pour sa peine plombière (car aujourd'hui c'est entorse à l'habitude qui veut que je boive mon Languedoc natal en bouteille, au profit de ce bon Bordeaux).
La situation n'a pas l'air bien barrée, mais peut-être qu'en cassant ce sale cercle vicieux de misunderstanding ?...
"Après la pluie, le beau temps!"...
@Ko :
Miam ! Slurp ! Mais tu me surprends Ko, n'as-tu pas honte de boire des trucs bourgeois qui risquent de t'envoyer au Club-Med de Sibérie en tant qu'ennemie du Peuple contre-révolutionnaire ? :-D
>
"Si j'avais un marteau, tralala, tralalala..."
Hélas, quand dans la vie d'un couple, on ne compte plus en mauvaises journées ou en mauvaises semaines, mais plutôt en mauvaises années, ou, au mieux, en pas-très-bonnes, et que le compte de ces mauvaises années qui sont commence à dépasser le compte des bonnes années qui furent...
Hé Swâmi, la peinture tu sais faire ? parce que j'aurais besoin d'un coup de main pour repeindre une salle de bain avant de quitter mon appart ... En contrepartie, pas Vigor mais sourire, bon vin, humour, soleil et mer ..
;-)
@Sophie : Ah non, la peinture, ce n'est pas le truc de Swâmiji. Tout ce qui est gluant, peinteux ou collant, je suis pire qu'une vraie cata !
Si je tente de repeindre un mur, je vais commencer par me repeindre moi-même de la tête aux pieds, je vais repeindre le sol, le plafond, les poignées des portes, tout ce qui passe à ma portée, et aussi, un peu, le mur, mais n'importe comment et il faudra tout recommencer ;-)
Puis repeindre pour partir, c'est triste. Vaut mieux repeindre en arrivant !
Sinon pour sourire, bon vin, humour, soleil et mer, ça peut se discuter ;-)))