Avant-vie
Par Petaramesh le mercredi 8 mars 2006, 11:02 - Non-dualité tout court - Lien permanent
Srî Minîshiva, du haut de ses trois ans 1/2, est à l'âge des questions. Il peut passer des heures à nous bombarder de questions, souvent très détaillées et très pertinentes, et qui parfois, peuvent évoluer vers une tonalité surprenante...
Aujourd'hui, pendant que je lui lace ses chaussures, il démarre dans la généralité :
- Papa, comment y marchent, les totèn[1] et puis les voitures ?
- Oh là, tu sais, tu me poses une question bien trop générale pour que je te donne une réponse facile. Mais tu sais que globalement, ils marchent avec un moteur...
- Oui. ...Mais Papa...?
- Oui ?
- Avant, y'avait pas de voitures, quand on était morts...
Notes
[1] C'est le seul mot d'enfant qu'il a conservé dans son vocabulaire. "Totèn" est le terme générique qui désigne la famille des gros trucs jaunes, engins de chantier, pelles mécaniques, bulldozers et toutes ces sortes de choses.










Commentaires
Ca me rappelle mon ainé à 6 ou 7 ans : "Dis Maman, c'était comment quand t'étais à l'école, au Moyen Age ?"
Argh !!!!
Le bout de chou a des idées, mais il peut progresser en orthographe : "quand on était mort
s" !... à moins que ce ne soit le transcripteur.
@Chloé : La faute incombe évidemment au transcripteur.
Je n'ai nulle prétention à l'agrégation de grammaire, loin s'en faut, mais il me semble qu'il y a désormais une large tolérance dans les règles d'accord en genre et en nombre suivant le pronom indéfini "on".
Ici, je m'octroie la liberté d'accorder "morts" en nombre, suivant le sens du "on" employé comme équivalent sémantique de "nous", plutôt que de l'accorder au singulier en suivant une stricte règle d'accord au détriment du sens.
Valà, c'est ainsi que je fais. Les règles sont faites pour être violées, en en plus, elles aiment ça ;-)
>Chloé En plus si tu le mets au féminin, tu dirais quand on était "mortes" "grandes" "petites" "vertes" "assises" ...... CQFD
Oui, l'accord au féminin montre que le sens prend le pas sur l'indéfini du "on".
Exemple: "On peut être très belle dans une robe toute simple."
On voit ici que l'accord de l'adjectif au féminin est nécessaire à l'expression du sens, et que ne pas l'accorder en fonction du sens serait parfaitement incongru.
Cette tournure est extrêmement courante, comme le montre une rapide recherche sur Google
En conséquence, Swâmi Petaramesh persiste et signe.
Je me permet de souligner qu'on peut aussi être très moche, chacun son style, et Google est d'accord avec moi.
Bien. Espérons que nous avons satisfait les demandes de précisions émanant
de Sarkolanddu Ministère de l'Intérieur, et que nous échappons donc à la contravention grammaticale de quatrième catégorie.Il faudra peut-être que je m'offre un Grevisse un de ces jours d'ailleurs, pour parer à ce genre d'éventualité ;-)
Quoi qu'il en soit, vous ne pouvez pas savoir le bonheur que j'éprouve à voir que sur ce blog, on peut se livrer avec joie à de complexes exercices de tétratrichotomie, voire même violenter quelques diptères ou sodomiser une poignée de drosophiles, à propos d'un simple "s" placé bien ou mal t'à propos...
C'est la preuve incontestable de la qualité et de l'attention de mon lectorat, et je préfère un million de fois lire ce genre de commentaire plutôt qu'un
Mieux vaut être intelligemment critiqué, plutôt que bêtement applaudi !
J'ajouterai à notre minute culturello grammaticale que cette figure de style particulière s'appelle une syllepse. Ca vous en bouche un coin, n'est il pas ? (Et en plus ça la fait rire ... lui en faut peu !)
De plus, trainant depuis quelque temps sur certains blogs non sarkosiment corrects, je pense qu'on peut aussi être très beau dans une robe toute simple..... Chacun son truc !
Ah tiens, tout comme monsieur Jourdain, je faisais des syllepses sans le savoir...
Eh bien, je me coucherai moins con ce soir ;-)
"Les règles sont faites pour être violées, en en plus, elles aiment ça ;-)", et toi aussi, tu aimes ça, hein ?
Je te comprends, et c'est un plaisir qui n'est accessible qu'aux initiés : quelle jouissance peuvent bien éprouver ceux qui violent ces règles à tour de bras (c'est une façon de parler) sans même en avoir conscience ?
Quant à tes sournoises enquêtes de routage, en ces temps de grippe aviaire... je te serais reconnaissante de n'avoir rien vu.
A ton service my dear, quand tu sais pas, tu me demandes :))))
@Chloé :
Ah ça, l'honnêteté me force à le reconnaître :-} Tout petit déjà, j'aimais beaucoup ça...
>
(Air innocent) Je n'ai rien vu du tout, d'ailleurs, je ne sais même pas de quoi tu peux bien parler...
Si j'en crois Wikipedia, on pourrait même lire dans les commentaires 11 et 13 ci-dessus de belles syllepses de sens...
En dehors des questions d'orthographe qui n'ont ici que peu d'intérêt, à part m'avoir fait découvrir les syllepses, je trouve que le petit pose une question plutôt intéressante. Il aurait donc d'instinct deviné la ré-incarnation, les 9 vies de certains... ça me laisse rêveur.
Ce petit est vraiment le digne fils de son Guru de père :-)
Swâmi,
Une rapide recherche du mot toten (sans accent) via un traducteur (Gougle par exemple), me révèle que ce mot allemand signifie mort ou plus probablement aux morts (mais je ne suis pas calé en allemand je dois dire).
Interressant (?) si on fait le rapprochement avec sa dernière phrase ... (Me demandez pas ! ;-) )
Pour vous rassurer (?), Toten est aussi un district en Norvège, selon Wikipedia.
Bien que mon Teuton de cuisine soit notoirement sous-développé, depuis l'époque où je dormais près du radiateur en cours de Teuton-seconde-langue, et m'amusais davantage à dévisser les boulons de celui-ci afin de créer d'amusantes inondations pour le plus grand plaisir des petits et des grands, il me semble que "Das Tot", c'est la mort, et que, logiquement, "Die Toten", ça devrait être les morts.
Enfin, rien à voir avec les totèn de Srî Minîshiva, d'ailleurs, il est né sans casque à pointe ;-)
Je m'incline très bas devant votre science. Moi aussi j'ai fait Teuton seconde langue, mais J'avais toujours des notes du genre "0 -" (zéro moins), quand bien même je suis sûr que ça valait un peu plus.
D'autre part, heureusement qu'il est né sans casque à pointe, heureusement pour la maman, surtout.