Calanque
Par Petaramesh le vendredi 3 mars 2006, 17:59 - Intime Universel - Lien permanent
Le Vendredi, c'est non seulement paléontologie, mais il arrive aussi que ce soit trilogie.
Juin 1989, calanque de Sormiou, minuit.
Je te connais à peine. En sortant du restaurant où je t'ai invitée, j'ai réussi à te convaincre de m'accompagner à Sormiou pour un bain de minuit.
Nous nous laissons bercer par cette eau presque noire, depuis des temps immémoriaux. Nous sommes nus. Au dessus, le ciel est parfaitement clair, infinité d'étoiles dans cet espace immense où nous plongeons sans poids, corps portés par l'eau fraîche. Nos mouvements éveillent sous l'eau des planctons luminescents dont la lumière scintillante et laiteuse prolonge le sillage de nos bras et nos jambes. Féérique.
Agenouillés au fond, tout près du bord, nous nous caressons sous l'eau, mélange de fraîcheur douce.
Nous remontons très doucement vers la plage de l'Anglais. A la limite de la mer, tu te cambres en arrière et écartes doucement les jambes. Je pose mon visage sur ta cuisse et ma langue s'insinue dans les frais replis salés de ton sexe marin.
Pendant un temps infini, je te lèche doucement, lentement, profondément. Ton sexe est la calanque et ma langue est la mer. Au-dessus de nous, les étoiles, silencieuses, observent.
A mesure que ton plaisir augmente, je sens de petits jets sous ma langue. Tu urines à son rythme. Tu t'en excuses, gênée. Pourtant, cela ne me gène pas. Au contraire, cela m'excite immensément. Tes gémissement étouffés rythment tes jets d'urine, sel contre sel, mer contre mer. Tu te cambres et jouis, tendue comme un arc. Je me relève.
Tu ne veux pas que je te pénètre, nous n'avons pas de protection. Mais tu me prends dans ta bouche et m'amènes à mon tour au plaisir, pendant que mon regard chavire dans les étoiles. Nous avons tous le temps, la nuit est éternelle.
Au bout d'un temps, nous revenons au monde, tu passeras la nuit chez moi. A côté de moi dans le lit, tu ne veux plus que je te touche. Le lendemain matin, nous nous disons adieu.










Commentaires
(Et un commentaire! Un! :) ) Effectivement "résonnance" il y a, sur la fin de ce billet...
Texte poétique... (je mettrais juste un tout petit bémol justement sur la fin de ce joli texte... répétitions sur "gêner", "temps", "nuit" et "moi", mais c'est ton choix, ton écrit... :) Tu as le droit de supprimer ce bémol un peu "la fille qui se permet de juger" -ce qui n'est pas le cas, je dis juste ce que je pense. Je devrais sans doute pas! Pardon!-. Mais je trouve dommage parce qu'à mon goût, ça enlève un peu à la sensualité de ce récit.)
@Rose : Ah, mais è'commence à m'casser les pieds, la chieuse de service ;-)))
Blague dans le coin, tu as parfaitement le droit de formuler les remarques qui te viennent, y compris concernant les répétitions, puisque tu as raison sur ce point.
Ce court texte n'a pas été "travaillé" et encore moins "retravaillé". Peut-être aurait-il gagné à l'être, d'un point de vue littéraire ?
Mais il s'agit d'un texte sorti en un seul jet (si j'ose dire ;-) de la soudaine réminiscence d'un instant.
Il a jailli ainsi, je l'ai écrit ainsi. Imparfait et immédiat.
Je le laisse ainsi, car je répugnerais à le reprendre a posteriori. Je préfère le laisser tel qu'il est plutôt que de le retrafiquer après coup...
:) Ok!
"Réminiscence d'un instant"???!... WOW!... ...
:D