From: Swâmi Petaramesh
Date: Tue, 28 Jan 2003 01:18:42 +0100
Organization: Secte des Adorateurs de Cela
User-Agent: KMail/1.4.3

Le Lundi 27 Janvier 2003 14:36, Swâmi Petaramesh a écrit :

Ceci me remémore le souvenir de "Neige", que je vous raconterai peut-être un de ces jours [...]

Et comme ce souvenir m'habite depuis que j'y ai repensé aujourd'hui, je vais vous en conter quelques mots, même si je m'étais promis de me "coucher tôt"
;-)

Neige...

J'avais tout juste 18 ans quand je l'ai rencontrée, mi-juin, à la fin du stage d'informatique où j'ai appris les rudiments du métiers. C'est dans ce même stage que j'avais également rencontré M., avec qui j'étais déjà depuis quelques mois, et avec qui je suis resté encore plusieurs années.

Mais à l'époque, je poussais la polygamie jusqu'à des paroxysmes parfois inextricables, et j'avais bien du mal à gérer mon emploi du temps.

M. avait déjà terminé son stage depuis quelque temps, et j'avais prolongé le mien à titre gratuit et bénévole, servant à temps partiel de "moniteur" pour les T.P. de la fournée suivante, en échange de temps machine pour mes propres expériences et compilations (sur cartes perforées, eh oui...)

C'est dans cette "fournée" que je rencontrai Neige. Bien sûr, ce n'était pas son vrai prénom, mais son surnom, mais c'est sous ce nom que je la connus et que je m'en souviens aujourd'hui.

Elle avait 24 ans, était rousse, très fine et élancée, féline, des yeux magnifiques, et au premier regard cela fit "tilt".

A la fin de l'après-midi où je la remarquai, je lui proposai d'aller boire un verre quelque part, et à ma surprise, elle me proposa d'aller le boire chez elle, elle habitait à deux cent mètres, dans un bel appartement qu'elle sous-louait pour des clopinettes jusqu'à la fin de l'été.

Aussi bien l'un que l'autre savions très précisément où nous voulions en venir, et, si nous bûmes un verre, nous le bûmes au lit, pour nous désaltérer "après".

Neige méritait son surnom par la blancheur de lait de sa peau, et par son incroyable douceur. Elle était à la fois féline, et d'une douceur indescriptible. Sa peau était douce, cette fille était douce, et décidée, active, parfois presque masculine en même temps.

Un autre aspect masculin, très étrange, de sa personne, est que Neige n'avait pas de seins. Elle n'en avait pas "très peu", elle n'était pas "plate", non, elle n'avait pas du tout de seins. Elle avait par contre des mamelons fort bien formés et parfaitement féminins, qui étonnaient sur cette poitrine plate, et qui étaient d'une extrême sensibilité. Cette étonnante absence de poitrine, jointe à son corps fin et délié, lui donnait une apparence étrange, quelque peu androgyne, et infiniment féminine en même temps.
Combien d'heures ai-je passées à caresser, mordiller, sucer ou parfois pincer ces tétons improbables...

Le corps de Neige dégageait cette odeur particulière, animale, que dégage souvent le corps des rousses, mais sur son corps je trouvais cette odeur particulièrement envoûtante, agréable, et tout particulièrement l'odeur de son sexe qui était pour moi un bouquet parfumé. J'aimais particulièrement la sentir, promener mon nez dans les boucles parfumées de sa toison pubienne, puis descendre doucement alors qu'elle écartait lentement les cuisses.
C'est depuis Neige que je suis très sensible à l'odeur enivrante que dégagent certaines rousses...

Nos ébats commençaient toujours par de très lents et longs préludes, par le contact des peaux, des salives, des sexes et des bouches, et des caresses qui pouvaient durer des heures. Puis je la prenais, et cette douceur se muait alors en une activité sismique de plus en plus puissante jusqu'à atteindre pratiquement à la sauvagerie et à la violence. Nous faisions alors l'amour de manière effrénée, je la pénétrais si fort et si profondément que nos pubis s'entrechoquaient comme des machines en folie, au point que j'en eus bien souvent le pubis endolori, et même des bleus !

Parce qu'elle n'avait pas une totale confiance dans les moyens de contraception que nous utilisions, ou pour toute autre raison, Neige ne voulait pas que j'éjacule en elle. Par contre, elle adorait que j'éjacule sur son ventre et ses seins théoriques, ou que je jouisse dans sa bouche.
Si je trouvais la première solution parfaitement frustrante, je raffolais de la deuxième.
Quand je sentais l'orgasme monter, je lui présentais mon sexe qu'elle prenait dans sa bouche, juste à temps pour recevoir mon éjaculation.
Puis, bien souvent, nous échangions un long et sauvage baiser, partageant ainsi le fruit de notre plaisir, avant de nous écrouler, couverts de sueur et de foutre, rassasiés, parfaitement détendus et heureux, dans une complicité que seuls de tels moments apportent.

Il était parfaitement entendu, dès le premier instant, que nous ne nous "aimions" pas, et que si nous étions ensemble, c'était purement sexuel.
De mon côté, je ne faisais pas mystère d'avoir d'autres femmes dans ma vie, et particulièrement M., dont j'étais amoureux.
Quant à elle, elle affirmait ne pas vouloir s'engager dans quoi que ce soit, devait remonter à Paris à la fin de l'été, et je suppose d'autre part que le fait que je sois un "petit jeune" - elle avait 24 ans, moi 18 - ne lui donnait pas envie de faire des projets.

Et puis, nous étions parfaitement bien comme ça, alors, que demander de plus ?

Toutefois, comme elle vivait seule dans cet appartement qu'elle avait pour l'été, jusqu'à fin août, elle m'invita à venir m'y installer avec elle, aussi, dès le lendemain, je posai là ma trousse de toilette et mon sac.

C'est là que commença ma première expérience de vie de couple, en "contrat à durée déterminée", puisqu'il était bien entendu qu'à la fin de l'été, elle rendrait les clés, quitterait son appart, et que nous nous dirions adieu.

Pendant ces deux mois, nous formâmes un petit couple touchant. Nous étions pleins d'attentions l'un pour l'autre, nous apportions mutuellement le petit déjeûner au lit, préparions à manger ensemble, et je lui apportais presque chaque jour des fleurs.

"Nous ne nous aimions pas", mais passions nos nuits et bien souvent nos après-midis à faire l'amour comme des fous, et il y avait entre nous une tendresse partagée d'une grande délicatesse.

Aucun de nous n'attendait aucun engagement de la part de l'autre, ni ne désirait s'engager dans "une relation sérieuse". Nous n'avions l'un vis-à-vis de l'autre aucune autre attente que ce que nous nous donnions dans l'instant, de tout coeur et de tout corps, à chaque instant renouvelé.

Cet été fût le paradis.

Jamais il n'y eut entre nous ni la moindre galère, ni la moindre dispute, ni le moindre malentendu. Juste le plaisir, les fleurs, et les croissants au lit.

Puis arriva la fin du mois d'août, le dernier jour du mois d'août. Nous fîmes l'amour une dernière fois, aussi insouciants et dans l'instant qu'à l'accoutumée.

Puis je l'aidai à charger ses affaires dans sa voiture, je mis mon sac dans le coffre de la mienne, et nous nous dîmes adieu.

Je regardai sa voiture démarrer et s'éloigner rapidement, puis je commençai à me sentir barbouillé, malade, un creux bizarre au niveau du ventre.

Je rentrai chez moi, sentiments mitigés. Sentiment de bonheur et sentiment de perte. Le lendemain au réveil, j'avais l'impression qu'on m'avait arraché les tripes. La perte était immense.
Bon sang, cette fille, je l'aimais, avec une pureté rare, et en disparaissant ainsi, elle avait emporté avec elle un morceau de moi-même, me laissant ce vide doux-amer, là, au milieu du ventre.

Je n'avais pas ses coordonnées, pas son adresse, elle allait chez des amis, aucun moyen de la joindre.
Elle n'avait pas mes coordonnées précises non plus. Nous en avions décidé ainsi. Nous ne devions pas nous revoir.

Putain que ça faisait mal. Il fallut un bon mois pour que je cesse d'en être malade, de ressentir en permanence ce creux aux tripes.

Une fois la douleur apaisée, il me restait une richesse immense, un truc que jamais plus rien ni personne ne pourrait m'enlever, qu'aucune ombre ne pourrait jamais ternir: Avoir passé deux mois de pur bonheur, ainsi, deux mois de partage, d'amour et de douceur, sans le moindre orage, sans le moindre nuage, sans le moindre malentendu, avec cette fille dont j'ai aujourd'hui oublié le nom. Je sais juste qu'elle s'appelait "Neige".

- Swâmi Petaramesh

Pour bien aimer une vivante,
il faut l'aimer comme si elle devait mourir demain.
- Proverbe Arabe


Epilogue, en réponse à un commentaire fait par un ami...


From: Swâmi Petaramesh
Date: Tue, 28 Jan 2003 10:51:02 +0100
Organization: Secte des Adorateurs de Cela
User-Agent: KMail/1.4.3

Le Mardi 28 Janvier 2003 10:32, L. a écrit :

Merde... c'est bouleversant cette histoire...
'tain t'as du en baver, oh là là ça doit faire vraiment très mal...

J'en ai bavé des rondelles.
Mais ce n'était pas uniquement de la souffrance, c'était aussi du bonheur.
Bonheur d'avoir vécu cela, comme ça, que ça ce soit passé ainsi, et puis c'est tout.
Perfection.

Neige, j'ai pensé à elle tous les jours pendant des années.

En disparaîssant ainsi de ma vie, elle emportait un morceau de moi. Mais elle m'a laissé en échange quelque chose de bien plus précieux: un morceau d'elle.
Un morceau d'éternité.

Un peu moins d'un an après notre séparation, un soir que je passais chez mes parents, ma mère me dit qu'elle avait appelé quand je n'étais pas là. Elle avait du chercher dans l'annuaire, pour trouver le numéro de mes parents.
Ma mère, qui à l'époque, en avait un peu marre de servir de standard téléphonique, n'eut pas la présence d'esprit de lui demander ses coordonnées, et Neige ne les lui donna pas.
Dieu, ce que j'ai pu haïr ma mère ce jour-là...

J'ai cherché dans les annuaires de la région parisienne - je connaissais son nom - et j'ai appelé tous les numéros à ce nom sur cinq départements. Je n'ai pas pu la retrouver.

C'est ainsi que cela s'est passé, et c'est ainsi que cela devait se passer.

Je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles. Mais elle ne m'a jamais quitté.

- Swâmi Petaramesh

- Halte-là, mon grand. Cette barbe hirsute, ces bretelles, cet air hautain. Ne serais-tu pas l'un de ces condescendants utilisateurs d'Unix?
- Tiens mon petit, je te file trois ronds. Va t'acheter une vraie bécane.