Amour toujours...
Par Petaramesh le lundi 27 février 2006, 08:57 - Non-dualité tout court - Lien permanent
Je m'éveille ce matin avec cette pensée : La seule chose qui soit réellement éternelle, indestructible, inaltérable, omniprésente[1], c'est l'Amour.
C'est une affirmation qui peut paraître banale, mièvre, voire obscène. Surtout si l'on regarde le journal télévisé. Mais c'est pourtant vrai.
L'Amour survit à tout. Au passage du temps, à l'espace, et même à la disparition de ce qui l'a éprouvé.
Pour moi, l'Amour est la force fondamentale, au sens physique du terme, qui propulse l'univers. Quand nos physiciens auront terminé d'unifier force nucléaire forte, électrofaible, et gravitation, si jamais ils y parviennent, et avec ou sans supercordes ou p-branes, c'est là-dessus qu'ils tomberont.
Les croyants de certaines religions ont coutume d'affirmer : Dieu est Amour
. C'est sans doute la vérité la plus précieuse au milieu du fatras de conneries qui encombrent les religions, sans même évoquer ce qui est et a été commis en leur nom. Une fois qu'on a compris ça, on peut jeter tout le reste.
Dans cette affirmation Dieu est Amour
, on peut douter du premier terme - et surtout diverger à l'infini sur le sens que peut bien avoir ce mot - mais on ne peut pas douter du second.
Et, puisque j'ai au moins un lecteur qui apprécie Carl Gustav Jung, je vais terminer sur une citation du Monsieur :
Par moments, je suis comme répandu dans le paysage et dans les choses et je vis moi-même dans chaque arbre, dans le clapotis des vagues, dans les nuages, dans les animaux qui vont et viennent et dans les objets.
- C.G. Jung
Notes
[1] Comme le sucre dans le lait chaud, aurait dit Coluche.










Commentaires
Ca c'est une bonne idée ! Il suffira que les physiciens dénomment "Amour" la force qu'ils découvriront (peut-être) en synthèse des trois forces actuelles, et on arrivera peut-être à dissoudre la religion dans la science !
Sinon, imaginer que "Amour" a une signification et une existence ailleurs que dans les petits crépitements entre les synapses à l'intérieur d'un cerveau me paraît une hypothèse extrêmement aventureuse !
"Amour" n'est-il pas qu'une construction intellectuelle, une vue de l'esprit ?
En tous ca, on en fume de la bonne, dans ton ashram ;-) !
En remerciement du lecteur, une autre citation d'un autre apprécié de Ta Sainteté :
''lI est bon aussi d'aimer ; car l'amour est difficile. L'amour d'un être humain pour un autre, c'est peut-être l'épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c'est le plus haut témoignage de nous-même ; l'oeuvre suprême dont toutes les autres ne sont que les préparations. L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'amour de l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large.''
Effectivement, il semble bien que l'amour enrichisse surtout celui qui est capable d'aimer et donc de mettre son ego de côté. Narcisse doit casser le miroir pour y parvenir ce qui n'est pas évident.
Pour ce qui est de Dieu, je me suis fait une religion (!!) de ce concept il y a longtemps, comme d'ailleurs les deux-tiers des humains qui peuplent la terre (mais pour bcp d'entre eux pour d'autres raisons) qui ne savent même pas qu'il existe.
L'amour est une énergie paradoxale. Il faut d'abord que deux êtres humains (commençons par du simple, euh quoique) s'oublient eux-mêmes pour dans l'échange qui s'en suit, se créer ou se recréer et qq fois aussi se récréer.
Et cette énergie ne peut, pour moi, se manifester QUE par des signes qui font sens, du non-verbal.
Un preuve par l'absurde ?
Une expérience avait été faite pour étudier le développement de l'enfant. Il avait été demandé à des mères de garder un visage figé, impassible devant leur tout petit bébé.
Immédiatement celui-ci essayait d'établir le "contact" et devant l'impossibilité de créer ce contact, pleurait pour manifester son angoisse.
Est-ce tellement différent pour des adultes ? Personnellement je ne le crois pas.
Encore une fois je dois reconnaitre que tu as bien raison. Dieu est Amour, mais ce que les hommes en ont fait, quel gâchis ! Heureusement qu'on peut avoir une opinion différente de tous ces théoriciens, et essayer d'appliquer à sa petite échelle l'idée que l'on se fait de l'Amour ....
@Yogi :
Pourquoi pas, les quarks ont bien déjà du charme ;-)
> Sinon, imaginer que "Amour" a une signification et une existence ailleurs que dans les petits crépitements entre les synapses à l'intérieur d'un cerveau me paraît une hypothèse extrêmement aventureuse !
L'univers existe en dehors du cerveau humain, existait bien avant lui, et existera bien après lui. Le cerveau humain n'est pas l'alpha et l'omega de toute chose, même si l'outil est bien pratique ;-)
Le cerveau humain est né d'un univers où il n'existait pas.
> "Amour" n'est-il pas qu'une construction intellectuelle, une vue de l'esprit ?
Pour ce que l'on appelle couramment ainsi, certes ! Mais dans ce cas il s'agit d'un amalgame de concepts plaqués sur des émotions, assez éloignés (ô combien) de la réalité fondamentale qu'ils prétendent décrire.
Il existe une réalité plus profonde, mais c'est là vision et expérience intérieures, aussi est-il impossible d'en donner une démonstration intellectuellement convaincante - il est seulement possible d'en faire l'expérience.
> En tous ca, on en fume de la bonne, dans ton ashram ;-) !
Swâmi Petaramesh ne peut plus avoir de Potion Magique : Il est tombé dedans quand il était petit ;-)
@Laurie :Dès que l'on se fait une idée de quelque chose, on passe à côté de son essence...
Tu peux m'expliquer comment on peut fonctionner sans se "faire une idée" de tout ce qu'on appréhende ?
@PK :
A quel sujet se rapporte le pronom "son", quel est le propriétaire de cet ego ?
Qui possède quoi ?
La paradoxale réflexivité de cette construction grammaticale ne témoigne-t-elle pas de la fausseté du concept qu'elle formule ?
Qui est je ?
@Laurie : Allonge-toi sur le dos au centre d'une prairie et laisse plonger ton regard dans le bleu du ciel ;-)
Malheureusement, le cerveau humain EST l'alpha et l'omega de notre connaissance de toute chose. Pour nous êtres humains, RIEN n'existe qui ne vienne de lui, ne soit filtré par lui, ne soit construit par lui.
Au sens littéral, on peut donc dire que RIEN n'existe en dehors du cerveau humain.
C'est ainsi. Amen.
Et ?
Merci Yogi, c'est ce que je cherchais à exprimer :)
Du moins je pense que plein de choses existent en dehors du cerveau humain, mais on les perçoit forcément à travers lui.
@Yogi :
C'est juste, et c'est en partie un problème. Le cerveau construit autant qu'il perçoit.
Les couleurs que nous percevons d'une certaine manière, par exemple, n'existent pas sous cette forme : le spectre électromagnétique est continu et n'a pas de couleur.
Les ondes radio n'existent pas pour nos sens, pourtant elles sont bien présentes et nous traversent, il suffit d'allumer un transistor à deux balles pour s'en rendre compte.
Mais le cerveau humain est également capable de bien d'autres choses que de raison raisonnante et verbale. Le langage déforme et construit dans des proportions considérables. Nous nous sommes accoutumés à penser que ce que nous sommes incapables de formuler proprement avec des mots et des concepts n'existe pas, d'une part, et nous donnons d'autre part naissance à des chimères que nous prenons pour réelles dès lors que nous arrivons à les formuler de manière logiquement et grammaticalement correcte.
La raison raisonnante et le langage sont des outils extrêmement efficaces, aussi les utilisons-nous en permanence. Mais c'est un moteur extrêmement bruyant qui couvre malheureusement le murmure de la source...
Nous commettons d'autre part le pêché d'orgueil de penser que ce moteur est capable de tout appréhender à travers le filtre discursif. Il n'en est rien. C'est certes une boîte-à-outils extrêmement utile, mais tout ne se fait pas avec ces outils-là.
Le cerveau humain est capable de bien d'autres choses, mais, pour s'en apercevoir, et pour accéder à d'autres modes de perception, il faut apprendre à laisser au repos la machine à faire du bruit qui se nourrit d'elle-même.
La plupart d'entre-nous ne savons même plus que ce moteur peut parfois être arrêté, ou au moins mis au ralenti. D'ailleurs, ça ne nous viendrait même pas à l'idée ;-)
> Au sens littéral, on peut donc dire que RIEN n'existe en dehors du cerveau humain.
Ca, c'est la tentation du solipsisme ;-)
"La paradoxale réflexivité de cette construction grammaticale ne témoigne-t-elle pas de la fausseté du concept qu'elle formule ?
Je prends ego dans sa définition : expression du Moi par rapport aux autres ; image que je donne aux autres ; représentation du Moi que je veux donner aux autres.
Que je confirmais par le fait que le Narcisse qui est présent en nous doit pouvoir casser le miroir.
Aimer l'autre ce n'est pas "l'aimer" pour le reflet qu'il nous renvoie de nous-même.
Dans l'hypothèse où l'ego ne peut être "mis de côté", c'est donc soi-même qu'on aime en utilisant l'autre comme miroir.
Ouf, je n'ai pas solipsé !
Je vois mieux ce que tu veux dire, swami, et je suis entièrement d'accord avec toi. Quand je disais "l'idée qu'on se fait", je ne voulais pas dire la construction qu'on se fabrique pour soi même de la chose, mais plutot ce que l'on en pense et réfléchit et appréhende soi même au lieu de prendre les idées toutes faites et "communément admises" ailleurs.
Ne pas confondre "cerveau" et "raison raisonnante". Il est bien clair que des tas de choses existent dans notre tête qui échappent à la "conscience", mais il n'en demeure pas moins que le cerveau est notre seul outil d'appréhension du monde.
A fortiori pour des concepts comme "Amour" : est-ce que notre cerveau "perçoit" quelque chose ou est-ce qu'il le "fabrique" de toutes pièces : voilà qui est, par définition me semble-t-il, impossible à savoir.
@PK :
Tu révèles ici l'une des difficultés de ce genre de débat : à savoir le cadre dans lequel chacun se place et la définition que chacun donne aux mots. Chacun comprend les mots dans son propre cadre de référence, et cela donne rapidement naissance à des incompréhensions ;-)
Parlons-nous de l'ego au sens du moi freudien, ou du sens qui est couramment donné à ego dans les traditions du vedanta ou du bouddhisme ? etc... A partir de quoi les conversations deviennent facilement fumeuses ;-)
> Aimer l'autre ce n'est pas "l'aimer" pour le reflet qu'il nous renvoie de nous-même.
> Dans l'hypothèse où l'ego ne peut être "mis de côté", c'est donc soi-même qu'on aime en utilisant l'autre comme miroir.
Ici, tu envisages l'amour dans le sens d'amour humain, alors que mon propos de départ l'envisageait d'un point de vue plus général et plus spirituel...
Bon, c'est pas tout ça, mais mon nain me demande de lui monter un circuit pour son train électrique. Il insiste le bougre. Cela va m'éviter de me noyer dans les fumées du verbe ;-)
Avant que quelqu'un ne me le sorte, je suis prêt à admettre un point délicat à la théorie du "tout est dans la tête" : les récits des gens qui survivent à un coma en "mort imminente", et qui reviennent en racontant la décorporalisation, le tunnel, la lumière, etc ...
S'il est confirmé (ce que j'ignore) que ces récits sont homogènes quelque soient la culture et l'origine des victimes, il est vrai que ça paraîtrait quand même un peu étrange que le cerveau humain soit "câblé comme ça" à l'approche de la fin, et construise tout de manière si semblable entre les individus.
Mais ce que j'en sais, hein ...
@Yogi : Ah, si tu nous parles des NDE, tu nous éloignes vraiment du débat initial.
Il y a pour moi quelque chose qui disqualifie en partie les témoignages issus de NDE : c'est le N (Near). La mort étant par définition un état irréversible, une NDE étant un état qui a été réversé, une NDE ne donne pas d'informations sur la mort (cérébrale), mais sur la proximité de la mort.
Il ne me semble pas incongru de penser que le cerveau proche de la mort puisse produire certaines hallucinations semblables ou proches d'un individu à un autre.
Quant aux expériences de décorporation dont les relations de NDE font état, il en est également fait état dans des contextes où la proximité de la mort n'intervient pas. Mais je n'entrerai pas dans ce débat pour le moment ;-)
"Ici, tu envisages l'amour dans le sens d'amour humain, alors que mon propos de départ l'envisageait d'un point de vue plus général et plus spirituel..."
Je dois sans doute être limité mais il m'est difficile d'envisager d'autre amour que "humain"
On aime l'autre, identifié, et il s'agit d'une forme d'amour
et/ou
On aime l'Autre, et il s'agit de compassion (un peu dans le sens d'aimer son prochain) qui s'adresse à un autre pas nécessairement identifié.
On compatit par exemple au sort de sans-papiers qu'on ne connait pas personnellement et on leur vient en aide.
@PK : Je trouve ta définition de l'amour humain terriblement réductrice. Le et/ou amour compassionnel donne une alternative très aride, et ne représente pas l'infinie gradation des amours humains, du plus grossier au plus subtil, et dont les formes les plus grossières ne sont que des besoins / désirs de possession / projections purement égoïstes et qui ne méritent absolument pas d'être qualifiés par le mot amour.
La différence que tu places entre et le est intéressante, particulièrement en ce qu'elle renvoie à la notion d'identification, centrale dans le vedanta et dans le bouddhisme, mais jamais abordée - car considérée comme allant de soi - dans la pensée occidentale commune.
Et il existe mille manières différentes d'aimer . Aime-t-on son enfant, ses parents, ou ses amant(e)s de la même manière ? Et ces manières d'aimer ne sont-elles pas très différentes d'une personne à une autre, selon la compréhension que celles-ci peuvent avoir de ce que je suis / ce qu'est l'autre / ce qu'est l'amour ?
Quand tu fais une équivalence entre amour de avec , je trouve là aussi le raccourci très réducteur, et je ne prends absolument pas amour et compassion - dans son sens étymologique, souffrir avec - comme des synonymes.
J'envisage quant à moi la signification d'amour sous un angle beaucoup plus large, et qui ne se borne pas à l'amour humain. Je considère l'amour électrofaible qui fait tourner l'électron autour de son noyau, ou l'amour gravitationnel qui courbe l'espace pour rapprocher les corps, ou l'amour de la vie, qui fait sortir la tige du sol ou pousse le léopard à égorger sa proie.
On peut dire que c'est une vision mystique, si tu veux ;-)
C'est une vision d'amour :-)
Je pense que l'humain puise son énergie dans cet amour là, un amour bien au-delà de l'humain.
Je n'étais pas encore venue sur ce billet tant je redoute ce thème de discussion, finalement, je ne suis pas déçue ;-)
sensørie :
Et pas seulement l'humain.
>
Pour moi, c'est la force qui contient, englobe et meut la totalité. Qui est la totalité. Qui contient entièrement la plus grande des choses, et est entièrement contenue dans la plus petite. Après, on lui donne le nom qu'on veut, mais amour me semble le moins inadéquat.
C'est la plus petite et la plus discrète de toutes les forces, et c'est aussi celle qui est à l'origine de tout.
>
...et je m'étonnais de ton absence.
>
Là, pour le coup, tu me surprends (presque). Redouter, toi ? ;-)
Allez, pour la route, une petite citation d'Angelus Silesius qui me vient comme ça :
Je suis aussi grand que Dieu :
Il est aussi petit que moi ;
Il ne peut être dessus moi
Ni moi au-dessous de lui.
Quel rapport avec le schmilblick, me direz-vous ? :-}
La chose que je redoute le plus dans la vie, c'est être déçue.
Lorsque j'éprouve de la déception, je vis un deuil d'amour; c'est alors très clair : je n'étais pas juste, je voulais prendre quelque chose, posséder, ce qui n'est pas vraiment de l'amour, aimer est sans condition.
Heureusement, la créativité centre mon attention sur le Tout. Par mon expression artistique, je vis de véritable extases, fugaces certes mais suffisamment présentes pour m'accompagner et tracer mon chemin.
Sans cette harmonie, je ne saurais pas quoi faire de tout l'amour qui vibre en moi et ne serais jamais qu'une exaltée.
...
(Par contre, je dois être débile, j'ai un souci avec cette phrase -que je trouve par ailleurs remarquable-: "L'Amour survit à tout. Au passage du temps, à l'espace, et même à la disparition de ce qui l'a éprouvé."-> ce ne serait pas "celui qui l'a éprouvé"? ou "celui qu'il a éprouvé"?...?)
@Rose : Ce "ce" est à la fois un choix d'écriture parfaitement volontaire, et également porteur de sens.
Il est significatif d'une vision qui ne se borne pas à un amour individuel, humain, mais à quelque chose de plus large et universel qui n'a pas l'individu pour origine. D'où le "ce" et non pas le "celui" ou "celle" qui ramènerait à l'individu.
Il s'agit d'une vision non-duelle, quelque chose que j'approfondirai un jour ici sans doute - il y a même déjà une rubrique prévue à cet effet - quand des mots à ce propos se formeront sous ma plume.
Tu es trouveras certainement trace de-cî de-là dans mes billets par petites touches, sous la forme d'un pronom plus ou moins déterminé comme celui que tu as relevé. L'approche par petites touche n'est pas forcément plus mauvaise qu'un traité de 1500 pages asséné d'un seul bloc - et que je n'ai d'ailleurs pas compétence d'écrire, bien d'autres ont écrit bien mieux que moi à ce propos.
.... *je suis contemplative*... Ok, là, j'ai compris d'un coup, alors que vraiment au début, ça ne faisait pas sens... (Je dois être bête, puisque visiblement je suis la seule non-initiée à m'être posée la question...)