Le thon, c'est bon !
Par Petaramesh le mercredi 22 février 2006, 16:29 - General - Lien permanent
Trois petites semaines après la pose de la première pierre de cet ashram virtuel, je tente de faire un petit point sur la direction qu'il prend, et ce que sera ou pourra être son contenu. En somme une question de ''thon', ou plutôt, de ton.
Ca a démarré comme ça, par cette envie de blog qui depuis plus d'un an me trottait dans la tête, tout frustré que j'étais du peu de possibilités de publication facile de "ce qui me passait par la tête" que m'offrait ma basique page web en pur HTML éditée à la main avec vi.
Je ne compte plus le nombre de fois où j'aurais bien volontiers publié quelque chose, mais où mon extrême paresse se rebellait à l'idée de tous ces ´, à et autres <font face="blabla... à me farcir.
Ca a démarré également par la conscience aigüe que j'avais de n'avoir pas une totale liberté d'écriture sur une page web dont le nom de domaine correspond à mon identité telle que définie par l'état civil.
Tout d'abord parce qu'il n'est pas impossible (litote) que le contenu de ma cervelle, étalé crûment au grand jour, soit considéré comme incompatible par quelque recruteur[1] ou futur supérieur hiérarchique[2] dans l'univers des encravatés tertiaires, pour des raisons politiques, philosophiques, religieuses ou anti-religieuses, anticonformistiques ou sexuelles ;-) et ensuite, parce que j'ai déjà eu le plaisir de voir à quelles fins détournées le Googlage peut être utilisé, le jour où j'ai vu débarquer dans un conseil de prud'hommes un avocat de la partie adverse sortant de sous son bras une liste de plus de 600 références à mon humble patronyme dans Google, le bougre de salaud prétendant que cet amas de références prouvait que, petit a, j'étais une sommité mondialement célèbre dans le domaine des réseaux et d'Internet[3], et que, petit b, 600 références sur Google démontraient incontestablement que j'avais une activité professionnelle en dehors de mon activité salariée de l'époque, ce qui, bien entendu, était archi-mensonger. Le bougre n'eut même pas honte de produire devant les prud'hommes un tel listing issu d'une recherche effectuée près d'un an après que j'aie quitté la société dont il était question, et dont plus de 200 sur les 600 réponses pointaient en fait sur des pages internes de mon propre site perso, la majorité des autres pointant sur des messages que j'avais postés dans divers forums techniques ou listes de diffusion, et googlisés via leurs archives. Belle démonstration. Mais, partant du principe que les prud'hommes n'y bitent rien de toute manière (ce qui ne semble pas faux), et selon le vieil adage Médisez ! Il en restera toujours quelque chose...
, il ne s'est pas privé d'ajouter ça pour faire bon poids par-dessus les documents falsifiés qu'il utilisait par ailleurs à mon encontre, et qui étaient bien tout ce qu'il avait dans son dossier.
Enfin, au bout du compte, ils ont perdu et j'ai gagné, je l'ai appris en début de cette semaine après plus de 4 ans 1/2 de procédure à rebondissements, en tout cas à moins que les censuré ne fassent appel.
J'ai donc retenu la leçon, et juré, mais un peu tard, que désormais, si je devais bloguer, je le ferais sous pseudonyme, non pas pour me cacher derrière un mur d'opacité impénétrable, mais pour au moins éviter que Google n'associe trop aisément ma vie professionnelle avec ma vie privée, ou ce que je choisis d'en rendre public dans un cadre privé (ce qui veut dire, absolument extra-professionnel)[4].
D'où la paranoïa dont Swâmi Petaramesh, désormais, s'entoure.[5]
Bien. Mais nous parlions du thon. A peine commencé ce billet, et voilà, je digresse, avec ce manque de discipline intellectuelle qui me caractérise ;-)
Un jour donc, où ma paresse était moins inertielle qu'à l'accoutumée, j'installai donc un joli dotclear, un chouette thème de chez Kozlika (paix et bénédictions sur elle), déposai le nom de domaine petaramesh.org, et me retrouvai soudain propriétaire d'un bien bel ashram tout vide qu'il me fallait meubler.
La première chose que je fis, en toute logique, fut d'y déménager quelques-uns des articles et autres râleries antérieurement présents sur mon ancien site, ainsi que quelques documentations techniques qui avaient depuis longtemps besoin que je leur donne un petit coup de plumeau au passage, et dont, calculateur et sournois comme je suis, je me disais qu'elles apporteraient rapidement quelques lecteurs à cet ashram, leur connaissant un modeste, bien que régulier, succès gougueulien.
Ensuite de quoi il me fallait bien écrire, ajouter un peu de nouveauté, et je fus en cela, comme souvent, bien aidé par l'actualité qui ne manque jamais de nous livrer de bonnes raisons de pousser un coup de gueule.
Je m'aperçois toutefois que ces coups de gueule à répétition sont en train de donner à cet humble ashram un côté râlatoire[6] de Swâmi Petaramesh.
Mais Palsambleu ! me dis-je. Point n'était là l'objectif initial, que de déverser ma bile quotidienne sur ce pauvre univers qui en a si peu besoin. Et puis, d'ailleurs, chacun sait que si l'on se fixait comme mission sacrée de botter tous les culs qui sont dans le besoin, ça deviendrait un job à plein temps, il faudrait embaucher du monde, et quand bien même, le tonneau serait encore plus danaïdesque que si l'on tentait de combler la faim qui fleurit dans le monde.
Bon. Donc, la question qui se pose, c'est Cet ashram, maintenant, j'en fais quoi ?
Il n'a pas vraiment vocation à être une collection de brûlots politiques, quoi qu'il y en aura de temps en temps, et même peut-être souvent, les bonnes raisons de l'ouvrir étant plus fréquentes que les bonnes raisons de la fermer...
Devrais-je mettre des femmes à poil sur les murs, comme dans une cabine de camionneur, pour attirer le chaland ainsi que la cordiale amitié de la frange féministe de la blogosphère ?[7]
Devrais-je en faire un havre de paix non-duelle et de calme méditation ? Peut-être un jour, pourquoi pas, mais il se trouve que ces temps-ci, Swâmi Petaramesh est solidement ancré dans la dualité, mâya, tout ça quoi, donc on attendra pour ce faire que ce bon vieux Swâmi réintègre l'espace du sans-forme et arrête un peu de confondre sans arrêt les vagues et l'océan ;-)
Devrais-je, comme beaucoup, en faire ma petite blogothérapie perso, déballant sans façons, au fil des pages, mes mouvements d'âme les plus internes, doutes, angoisses, souffrances ? Hmmmff... très chiant, tout ça. Et il faudrait d'abord que Swâmi Petaramesh arrive à se défaire entièrement de toute censure de l'orgueil, et de toute préoccupation de la réaction d'autrui. C'est pas encore gagné, surtout vu le considérable respect que me vouent mes Disciples à la lecture de mes précédents sûtras. On ne va quand même pas saborder la baraque ! ;-)
Et puis, de toute manière, les tourments des uns et des autres, Internet en est plein, et tout le monde s'en tape. La simple politesse exige donc que j'aille gratter le fond de mes cuves ailleurs que dans un espace public (et n'oublions pas le rouleau de papier !)
Alors, donc, que faire ? Où vais-je, où cours-je, et dans quel état j'erre ?[8]
Ne vaudrait-il pas mieux se taire ?
C'est ce que les prochains épisodes nous apprendront, n'en doutons pas.
En attendant, laissons l'ashram de Swâmi Petaramesh être ce qu'en essence il est : l'ashram de Swâmi Petaramesh.
Une seule chose semble sûre : il faut mettre du cul !
Et puis c'est l'aventure, toujours l'inattendu se produit ! [ ;-) ]
Le bar est ouvert, la boîte à commentaires aussi !
Notes
[1] Swâmi Petaramesh étant actuellement chômiste, ce n'est pas la peine de compliquer volontairement les choses...
[2] Ou même, va savoir, banquier ou loueur d'appartement...
[3] Notez que, si seulement c'était vrai, j'aimerais bien ;-)
[4] Me suivez-vous vraiment ?
[5] Et n'oubliez pas que ce n'est pas parce que vous êtes paranoïaque qu'il faut en conclure que personne ne vous suit ;-)
[6] Un oratoire étant un endroit où l'on prie, un râlatoire est un endroit où l'on râle. Moi aussi, je néologise à mes heures, doulce amie.
[7] Les femmes à poil, c'est vrai, ça manque un peu dans la blogosphère... Il faut dire qu'un vieux bouc hétérosexuel comme Swâmi Petaramesh y fait presque figure d'anomalie criante, dans ce cyber-marais virtuel ;-)
[8] Perturbé, le gaillard, aujourd'hui !








Commentaires
Noublie pas de nettoyer ensuite, doux ami :)
Personnellement, Votre Sainteté, la tournure prise par la chronique de votre ashram me paraît fort réjouissante et prometteuse.
Déjà et d'une, quelques promenades blogosphériques suffisent à montrer que le cercle des lecteurs réguliers d'un blog est bien souvent une secte qui n'ose s'avouer comme telle. Foin de ces fausses pudeurs ! Ici le décor est posé. D'ailleurs nous constatons chaque jour davantage que le XXIème siècle est bien parti pour être religieux : dans ce cadre, l'Adoration de Cela me semble la voie salvatrice que l'humanité attendait.
Ensuite, la diversité des sujets abordés, la teneur particulièrement soignée du Saint Verbe, la pertinence des Saintes Analyses, ne manquent pas d'élever l'esprit et de contribuer à l'édification des masses.
Continuez donc un peu, Votre Sainteté, à ouvrir votre sentier dans les herbes folles des prairies bloguiennes, suivi par votre psalmodiante cohorte ! Même si nous ne savons pas où nous mène le chemin, nul doute qu'il vaille la peine d'être suivi quelque temps !
@Yogi ::
Si fait, si fait. Sages paroles que celles-ci !
Adorons-donc Cela, Cela en est digne, puisque, comme nous l'enseigne l'Upanishad :
Cela s'active, et ne s'active pas ;
Cela est loin, Cela est près ;
Cela est intérieur à tout,
Cela est extérieur à tout.
Et n'oublie pas, ô disciple: Tat Twam Asi.
> Ensuite, la diversité des sujets abordés, la teneur particulièrement soignée du Saint Verbe, la pertinence des Saintes Analyses, ne manquent pas d'élever l'esprit et de contribuer à l'édification des masses.
Faites votre pranam ici => X
> Même si nous ne savons pas où nous mène le chemin, nul doute qu'il vaille la peine d'être suivi quelque temps !
En effet, car le but du voyage n'est pas la destination, mais bien le voyage. Voyageons donc, puisque les asticots nous attendent là où nous poseront finalement notre sac.
A moins que nous ne préférions prendre exemple sur Ikkyu, qui nous dit :
Nous arrivons seul en ce monde,
Nous en partons seul,
Cela aussi est illusion.
Je vous enseignerai la manière
De ne pas arriver, de ne pas partir !
C'est quoi ce bordel ?
A peine arrivé dans ce tripot sociétal (parce que votre Sainteté est un fameux tripoteur) où l'on oublie de baver sur l'autre et où le devoir d'hospitalité est encore respecté, voilà-t-il pas qu'il planerait une mesure de fermeture ?
Un de nos maîtres, DAC, ALLEN, DESPROGES, COLUCHE, AUDIARD, SAN ANTONIO (pour les plus récents) et autres zozos bienfaisants, rappellerait que ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut la fermer.
Passons donc en revue quelques éléments indispensables à un bon tripoteur.
Esprit critique : OK Esprit caustique : OK Esprit libre : OK Esprit ouvert : OK Esprit de dialogue : OK Esprit d'autodérision : OK Esprit d'humilité : OK (ou alors pourquoi "Votre Sainteté") Doute critique : OK
Esprit nombrilesque : absent Exigence laudative : absente Ironie mordante : absente (ne pas confondre avec humour grinçant)
Quelques bonnes raisons de continuer à tripoter dans l'Ashram
Quant à l'attention portée à la réaction d'autrui, elle marque, à mon humble avis, d'abord et avant tout l'attention portée à l'autre, là où d'autres ne porteraient attention qu'à leur ego.
Ce qui te rend "trollement" sympathique, hein Ta Sainteté.
"La simple politesse exige donc "
Le souci de l'autre encore,
D'aucuns nomment cela "une certaine élégance d'esprit".
Que l'on retrouve d'ailleurs dans ce questionnement sur une dérive "râlatoire" possible.
Je suggère donc à ta Sainteté une bonne décantation suivie d'un filtrage des matières comestibles... et des non-comestibles à éliminer pour la paix de l'esprit.
"Le hasard joue souvent avec nous", ce qu'on en fait après est une autre histoire
Comme disait l'autre vieux là : carpe diem
@PK : (à ne pas confondre avec le frère de PQ)
Pour cela, il va falloir que je fasse appel aux dévoués services d'une disciplette trop heureuse de pouvoir rendre service à son Guru pour leur plus grande satisfaction mutuelle...
A moins que je n'aie commis en lisant tes propos quelque très légère erreur sémantique ?
> "Le hasard joue souvent avec nous", ce qu'on en fait après est une autre histoire
Le hasard n'est que l'autre nom que l'on donne à notre ignorance des tenants et des aboutissants, du moins tant que l'on reste en-deça du mur de Planck. Au-delà, c'est là que Cela se planque ;-)
''A moins que je n'aie commis en lisant tes propos quelque très légère erreur sémantique ? '' euh séminalique alors ? ou séminariste ?
Le hasard n'est que l'autre nom que l'on donne à notre ignorance des tenants et des aboutissants, du moins tant que l'on reste en-deça du mur de Planck
Ouais tu joues avec des bouts de ficelle là (waooow)
Ben non hein, je voulais parler de cette interférence possible dans le quotidien, cette irruption dans le cogito, ce frôlement d'aile.
@Pierre Kiroul :
On ne dit pas "bordel", on dit "ashram", c'est pour tromper ces hordes de féministes qui sssifffflent ssur nos têtes...
> voilà-t-il pas qu'il planerait une mesure de fermeture ?
La fermeture n'a pas été envisagée, seulement un nécessaire recentrage sur le hara. Encore que la fermeture subite d'un ashram ouvert depuis 3 semaines à peine serait un excellent rappel de l'impermanence, particulièrement présente dans le monde bloguique par ailleurs.
> Un de nos maîtres, DAC, ALLEN, DESPROGES, COLUCHE, AUDIARD, SAN ANTONIO (pour les plus récents) et autres zozos bienfaisants, rappellerait que ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut la fermer.
Pas besoin de chercher maître aussi illustre, Mâ Bellemèramesh en fait également une démonstration parfaitement convaincante.
> Esprit d'humilité : OK (ou alors pourquoi "Votre Sainteté") Doute critique : OK
Attention au piège : l'auto-dérision peut être le stratagème employé par un ego particulièrement boursouflé !
> Esprit nombrilesque : absent Exigence laudative : absente
Si le Disciple le dit, le Disciple parle en connaissance de cause ;-))
> Quant à l'attention portée à la réaction d'autrui, elle marque, à mon humble avis, d'abord et avant tout l'attention portée à l'autre, là où d'autres ne porteraient attention qu'à leur ego.
Attention toutefois, l'attention portée à autrui peut également être la sournoise manoeuvre de bien des Gurus de secte, bateleurs de foire et autres hommes politiques - dans le droit fil desquels je m'inscris donc modestement - pour vous soutirer en bout de courses quelques piécettes ou bulletins de vote, quand ce n'est pas une petite pipe discrète...
> Ce qui te rend "trollement" sympathique, hein Ta Sainteté.
Merci très cher, vous en êtes un autre.
> Comme disait l'autre vieux là : carpe diem
Amen. Surtout pour la petite pipe.
(...) manoeuvre de bien des Gurus de secte, bateleurs de foire et autres hommes politiques (..)
Aah, c'est un peu comme mon boucher alors, quand il dit qu'il porte attention à l'aut' truie, en général cela veut dire qu'il va la dépecer.
On apprend ici
@Walther PPK :
Ah bon, ton boucher a tué sa femme ?
DEPECER. Séparer, à l'aide d'un couteau, les différents morceaux d'une grosse pièce de boucherie.
Je ne sais pas, je ne connais pas sa femme.
Je ne suis pas certain que cette saillie sur les personnes qui, euh, vivent à quelques kilos du bonheur soit unanimement appréciée.
Mais bon, c'est thon l'Ashram
"Devrais-je, comme beaucoup, en faire ma petite blogothérapie perso, déballant sans façons, au fil des pages, mes mouvements d'âme les plus internes, doutes, angoisses, souffrances ? Hmmmff... très chiant, tout ça." Aha!! Je t'y prends! Bah oui, mais des fois, on fait pas exprès! C'est comme la râlerie ("ces coups de gueule à répétition sont en train de donner à cet humble ashram un côté râlatoire de Swâmi Petaramesh.")! :D
"Une seule chose semble sûre : il faut mettre du cul !"
1) Certes!
2) "Y'a qu'ça qui "marche", mon Pauv' Monsieur!" :)
On pourrait presque dire "y a qu'ça qui compte", on serait pas loin d'avoir pas tort...
Quand j'étais adolescent il y a huit siècles, un ami également adolescent et qui se la jouait cynique-blasé revenu-de-tout avait coutume de dire :