Ca a démarré comme ça, par cette envie de blog qui depuis plus d'un an me trottait dans la tête, tout frustré que j'étais du peu de possibilités de publication facile de "ce qui me passait par la tête" que m'offrait ma basique page web en pur HTML éditée à la main avec vi.
Je ne compte plus le nombre de fois où j'aurais bien volontiers publié quelque chose, mais où mon extrême paresse se rebellait à l'idée de tous ces &acute;, &agrave; et autres <font face="blabla... à me farcir. Ca a démarré également par la conscience aigüe que j'avais de n'avoir pas une totale liberté d'écriture sur une page web dont le nom de domaine correspond à mon identité telle que définie par l'état civil.
Tout d'abord parce qu'il n'est pas impossible (litote) que le contenu de ma cervelle, étalé crûment au grand jour, soit considéré comme incompatible par quelque recruteur[1] ou futur supérieur hiérarchique[2] dans l'univers des encravatés tertiaires, pour des raisons politiques, philosophiques, religieuses ou anti-religieuses, anticonformistiques ou sexuelles ;-) et ensuite, parce que j'ai déjà eu le plaisir de voir à quelles fins détournées le Googlage peut être utilisé, le jour où j'ai vu débarquer dans un conseil de prud'hommes un avocat de la partie adverse sortant de sous son bras une liste de plus de 600 références à mon humble patronyme dans Google, le bougre de salaud prétendant que cet amas de références prouvait que, petit a, j'étais une sommité mondialement célèbre dans le domaine des réseaux et d'Internet[3], et que, petit b, 600 références sur Google démontraient incontestablement que j'avais une activité professionnelle en dehors de mon activité salariée de l'époque, ce qui, bien entendu, était archi-mensonger. Le bougre n'eut même pas honte de produire devant les prud'hommes un tel listing issu d'une recherche effectuée près d'un an après que j'aie quitté la société dont il était question, et dont plus de 200 sur les 600 réponses pointaient en fait sur des pages internes de mon propre site perso, la majorité des autres pointant sur des messages que j'avais postés dans divers forums techniques ou listes de diffusion, et googlisés via leurs archives. Belle démonstration. Mais, partant du principe que les prud'hommes n'y bitent rien de toute manière (ce qui ne semble pas faux), et selon le vieil adage Médisez ! Il en restera toujours quelque chose..., il ne s'est pas privé d'ajouter ça pour faire bon poids par-dessus les documents falsifiés qu'il utilisait par ailleurs à mon encontre, et qui étaient bien tout ce qu'il avait dans son dossier.
Enfin, au bout du compte, ils ont perdu et j'ai gagné, je l'ai appris en début de cette semaine après plus de 4 ans 1/2 de procédure à rebondissements, en tout cas à moins que les censuré ne fassent appel.

J'ai donc retenu la leçon, et juré, mais un peu tard, que désormais, si je devais bloguer, je le ferais sous pseudonyme, non pas pour me cacher derrière un mur d'opacité impénétrable, mais pour au moins éviter que Google n'associe trop aisément ma vie professionnelle avec ma vie privée, ou ce que je choisis d'en rendre public dans un cadre privé (ce qui veut dire, absolument extra-professionnel)[4].
D'où la paranoïa dont Swâmi Petaramesh, désormais, s'entoure.[5]

Bien. Mais nous parlions du thon. A peine commencé ce billet, et voilà, je digresse, avec ce manque de discipline intellectuelle qui me caractérise ;-)

Un jour donc, où ma paresse était moins inertielle qu'à l'accoutumée, j'installai donc un joli dotclear, un chouette thème de chez Kozlika (paix et bénédictions sur elle), déposai le nom de domaine petaramesh.org, et me retrouvai soudain propriétaire d'un bien bel ashram tout vide qu'il me fallait meubler.

La première chose que je fis, en toute logique, fut d'y déménager quelques-uns des articles et autres râleries antérieurement présents sur mon ancien site, ainsi que quelques documentations techniques qui avaient depuis longtemps besoin que je leur donne un petit coup de plumeau au passage, et dont, calculateur et sournois comme je suis, je me disais qu'elles apporteraient rapidement quelques lecteurs à cet ashram, leur connaissant un modeste, bien que régulier, succès gougueulien.

Ensuite de quoi il me fallait bien écrire, ajouter un peu de nouveauté, et je fus en cela, comme souvent, bien aidé par l'actualité qui ne manque jamais de nous livrer de bonnes raisons de pousser un coup de gueule.
Je m'aperçois toutefois que ces coups de gueule à répétition sont en train de donner à cet humble ashram un côté râlatoire[6] de Swâmi Petaramesh.

Mais Palsambleu ! me dis-je. Point n'était là l'objectif initial, que de déverser ma bile quotidienne sur ce pauvre univers qui en a si peu besoin. Et puis, d'ailleurs, chacun sait que si l'on se fixait comme mission sacrée de botter tous les culs qui sont dans le besoin, ça deviendrait un job à plein temps, il faudrait embaucher du monde, et quand bien même, le tonneau serait encore plus danaïdesque que si l'on tentait de combler la faim qui fleurit dans le monde.

Bon. Donc, la question qui se pose, c'est Cet ashram, maintenant, j'en fais quoi ?
Il n'a pas vraiment vocation à être une collection de brûlots politiques, quoi qu'il y en aura de temps en temps, et même peut-être souvent, les bonnes raisons de l'ouvrir étant plus fréquentes que les bonnes raisons de la fermer...
Devrais-je mettre des femmes à poil sur les murs, comme dans une cabine de camionneur, pour attirer le chaland ainsi que la cordiale amitié de la frange féministe de la blogosphère ?[7]
Devrais-je en faire un havre de paix non-duelle et de calme méditation ? Peut-être un jour, pourquoi pas, mais il se trouve que ces temps-ci, Swâmi Petaramesh est solidement ancré dans la dualité, mâya, tout ça quoi, donc on attendra pour ce faire que ce bon vieux Swâmi réintègre l'espace du sans-forme et arrête un peu de confondre sans arrêt les vagues et l'océan ;-)
Devrais-je, comme beaucoup, en faire ma petite blogothérapie perso, déballant sans façons, au fil des pages, mes mouvements d'âme les plus internes, doutes, angoisses, souffrances ? Hmmmff... très chiant, tout ça. Et il faudrait d'abord que Swâmi Petaramesh arrive à se défaire entièrement de toute censure de l'orgueil, et de toute préoccupation de la réaction d'autrui. C'est pas encore gagné, surtout vu le considérable respect que me vouent mes Disciples à la lecture de mes précédents sûtras. On ne va quand même pas saborder la baraque ! ;-)
Et puis, de toute manière, les tourments des uns et des autres, Internet en est plein, et tout le monde s'en tape. La simple politesse exige donc que j'aille gratter le fond de mes cuves ailleurs que dans un espace public (et n'oublions pas le rouleau de papier !)

Alors, donc, que faire ? Où vais-je, où cours-je, et dans quel état j'erre ?[8]
Ne vaudrait-il pas mieux se taire ?

C'est ce que les prochains épisodes nous apprendront, n'en doutons pas.

En attendant, laissons l'ashram de Swâmi Petaramesh être ce qu'en essence il est : l'ashram de Swâmi Petaramesh.

Une seule chose semble sûre : il faut mettre du cul !

Et puis c'est l'aventure, toujours l'inattendu se produit ! [ ;-) ]

Le bar est ouvert, la boîte à commentaires aussi !

Notes

[1] Swâmi Petaramesh étant actuellement chômiste, ce n'est pas la peine de compliquer volontairement les choses...

[2] Ou même, va savoir, banquier ou loueur d'appartement...

[3] Notez que, si seulement c'était vrai, j'aimerais bien ;-)

[4] Me suivez-vous vraiment ?

[5] Et n'oubliez pas que ce n'est pas parce que vous êtes paranoïaque qu'il faut en conclure que personne ne vous suit ;-)

[6] Un oratoire étant un endroit où l'on prie, un râlatoire est un endroit où l'on râle. Moi aussi, je néologise à mes heures, doulce amie.

[7] Les femmes à poil, c'est vrai, ça manque un peu dans la blogosphère... Il faut dire qu'un vieux bouc hétérosexuel comme Swâmi Petaramesh y fait presque figure d'anomalie criante, dans ce cyber-marais virtuel ;-)

[8] Perturbé, le gaillard, aujourd'hui !