Les Héros de l'Olympe
Par Petaramesh le mardi 14 février 2006, 17:30 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
En cette joyeuse période olympique hivernale où de beaux jeunes gens tout pêtants de santé s'évertuent à atteindre, par une astucieuse exploitation de la loi de la Gravitation Universelle, des vitesses considérables pour pouvoir se fracturer violemment des os qui ne leur avaient rien fait[1] en provoquant les hurlements d'enthousiasme frénétique de journalistes sportifs cultivés[2] qui, entre deux orgasmes paroxystiques, ne manquent jamais une occasion de nous rappeler les hautes vertus de l'Idéal Olympique et la Noble Philosophie de leur génial inventeur Pierre de Coubertin[3], je suis tombé via cet article de BellaCiao intitulé Pourquoi il faut aimer les J.O. sur quelques citations du Grand Homme de nature à enrichir l'esprit du vulgaire tout en complétant opportunément sa culture générale.[4]
Vous voyant tout frémissants d'impatience, je vous livre donc ici les citations sus-mentionnées de Monsieur Pierre de Coubertin :
Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts.
Pierre de Coubertin, in Education anglaise
La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau.
Pierre de Coubertin, in Les assises philosophiques de l’Olympisme moderne
Que la jeunesse bourgeoise et la jeunesse prolétarienne s’abreuvent à la même source de joie musculaire, voilà l’essentiel, qu’elles s’y rencontrent ce n’est maintenant que l’accessoire. De cette source découlera, pour l’une comme pour l’autre, la bonne humeur sociale, seul état d’âme qui puisse autoriser à l’avenir l’espoir de collaboration efficace.
Pierre de Coubertin, cité par Y.P. Boulogne
C'est bizarre, en lisant ces morceaux de choix, on a comme un frémissement dans l'épaule, comme un réflexe médullaire qui pousserait le bras droit à se lever d'un coup tout raide pour former un angle d'environ 120° avec le corps, ou 30° avec le sol, si l'on préfère. Me demande ce que ça peut bien être... Ca gratte, c'est plutôt désagréable, vous ne trouvez pas ?
Enfin, en tout cas, cette lecture m'a pleinement rassuré. Moi qui redoutais que l'idéal des J.O. n'ait été perverti par notre société décadente, et qu'ils ne soient plus désormais qu'un grand support publicitaire destiné à doper, non pas les gentils athlètes, mais les ventes de téléphones-qui-font-appareil-photo-et-vibromasseur, ainsi que de sodas aux extraits végétaux, Ouf ! Me voilà pleinement, complètement, tout-à-fait rassuré.
Allez, faut que je rallume la télé, des fois qu'il y aurait une belle descente...
Notes
[1] Respirez, si vous lisez d'un coup vous finirez tout bleu ;-)
[2] Je raffole décidément de l'oxymore...
[3] Encore un ci-devant ? Je m'étonne qu'il ne soit pas ministre ! Ah, la régie me signale dans l'oreillette que le Monsieur est décédé. Oooops.
[4] Si, si, il y avait bien un point, là. C'est la fin de la phrase, je vous jure, vous pouvez respirer. Comment, vous êtes tout bleu avec la langue qui pend ? Dois-je appeler les secours ? C'est l'enthousiasme pour les J.O. qui vous fait un effet pareil ?










Commentaires
Il est bon de rappeler régulièrement aux jeunes classes que le sus-mentionné, régulièrement célébré par les mercanti de la basket et du surf des neiges (qui n'est jamais aussi beau qu'enroulé autour d'un sapin, son propriétaire encore accroché dessus) était avant tout une crapule fasciste qui n'a jamais vu dans le sport qu'un moyen de glorifier la race supérieure dont il raffolait tant surtout quand elle se penchait pour ramasser la savonette. http://www.sapere.it/mm/sport/objects/OL36AG57.jpg Vous y verrez le baron avec quelques amis. Tiens, attrape! (bruit de glaire ramenée du fin fond de la gorge pour être propulsé violemment au museau du la crapule).
Entièrement d'accord avec tout ce qui est dit ici, et sur BellaCiao dont tu tires quelques références; conséquences sociales, écologiques, économiques de tout ce 'grand cirque' ne sont pas mesurables. Quelle chance que Paris n'ait pas décroché les jeux de 2012; la vie parisienne est assez insupportable sans encore des tonnes de travaux faramineux et toute cette prise de tête, ce 'marche ou crêve' d'idolatrie des JO. Cerise sur le gateau : ce chauvinisme exacerbé de nos journalistes sportifs qui ne savent rendre compte que des bonnes médailles ou déconvenues de NOS athlètes BLEU BLANC ROUGE... tu peux savoir que tel français a fini 3ème d'une course dont on ignorera tranquillement le premier ! on pourrait même passer sous silence le podium d'une épreuve dont le favori français aurait échoué... si, si ça se passe comme ça. Qui se souvient du vainqueur du 2 x 15 km ski de fond de samedi ? mais qui ne sait pas que le 'favori français' Vincent Vittoz a échoué en 6ème place !!! et tout à l'avenant. Ne parlons même pas des commentaires lamentables pleins de 'formidable' 'extraordinaire' de l'équipe de 'micro cassés' qui assuraient la retransmission de la cérémonie d'ouverture... où est 'notre' Léon Zitrone d'antant ? ça c'était de la 'télé'. Cool pour moi, les gosses sont en vacances, je peux laisser la télé tranquille, je devrais échapper au maximum de retransmissions :-)
@skoobeedoo: , comme vous y allez, mon bon ami !
Monsieur le Baron était un gentil fasciste de bonne famille, d'excellente éducation, apprécié de sa crémière et entretenant de cordiales relations avec le curé de sa paroisse, qu'il recevait régulièrement à dîner !
@pla qui a écrit :
Je confirme. On nous a assommés à longueur de J.T. avec Carole Machinchouette qui a courageusement fini 26ème de chaipakoa (elle s'était pris une gross gamelle la veille avec des bleus et tout, c'est pour ça qu'elle est courageuse...) mais on ne sait même pas qui a fini sur le podium.
Et là, début d'une soirée de tapinage artistique (que je m'apprête à zapper dès que j'irai me poser dans le canapé), et j'entends de la bouche du journaliste cultivé que . Au risque de décevoir le Grandiose Journaliste, y'a quand même une bonne partie de la France qui s'en bat sérieusement les couilles, à commencer par votre serviteur.