En cette joyeuse période olympique hivernale où de beaux jeunes gens tout pêtants de santé s'évertuent à atteindre, par une astucieuse exploitation de la loi de la Gravitation Universelle, des vitesses considérables pour pouvoir se fracturer violemment des os qui ne leur avaient rien fait[1] en provoquant les hurlements d'enthousiasme frénétique de journalistes sportifs cultivés[2] qui, entre deux orgasmes paroxystiques, ne manquent jamais une occasion de nous rappeler les hautes vertus de l'Idéal Olympique et la Noble Philosophie de leur génial inventeur Pierre de Coubertin[3], je suis tombé via cet article de BellaCiao intitulé Pourquoi il faut aimer les J.O. sur quelques citations du Grand Homme de nature à enrichir l'esprit du vulgaire tout en complétant opportunément sa culture générale.[4]

Vous voyant tout frémissants d'impatience, je vous livre donc ici les citations sus-mentionnées de Monsieur Pierre de Coubertin :

Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts.
Pierre de Coubertin, in Education anglaise

La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau.
Pierre de Coubertin, in Les assises philosophiques de l’Olympisme moderne

Que la jeunesse bourgeoise et la jeunesse prolétarienne s’abreuvent à la même source de joie musculaire, voilà l’essentiel, qu’elles s’y rencontrent ce n’est maintenant que l’accessoire. De cette source découlera, pour l’une comme pour l’autre, la bonne humeur sociale, seul état d’âme qui puisse autoriser à l’avenir l’espoir de collaboration efficace.
Pierre de Coubertin, cité par Y.P. Boulogne

C'est bizarre, en lisant ces morceaux de choix, on a comme un frémissement dans l'épaule, comme un réflexe médullaire qui pousserait le bras droit à se lever d'un coup tout raide pour former un angle d'environ 120° avec le corps, ou 30° avec le sol, si l'on préfère. Me demande ce que ça peut bien être... Ca gratte, c'est plutôt désagréable, vous ne trouvez pas ?

Enfin, en tout cas, cette lecture m'a pleinement rassuré. Moi qui redoutais que l'idéal des J.O. n'ait été perverti par notre société décadente, et qu'ils ne soient plus désormais qu'un grand support publicitaire destiné à doper, non pas les gentils athlètes, mais les ventes de téléphones-qui-font-appareil-photo-et-vibromasseur, ainsi que de sodas aux extraits végétaux, Ouf ! Me voilà pleinement, complètement, tout-à-fait rassuré.

Allez, faut que je rallume la télé, des fois qu'il y aurait une belle descente...

Notes

[1] Respirez, si vous lisez d'un coup vous finirez tout bleu ;-)

[2] Je raffole décidément de l'oxymore...

[3] Encore un ci-devant ? Je m'étonne qu'il ne soit pas ministre ! Ah, la régie me signale dans l'oreillette que le Monsieur est décédé. Oooops.

[4] Si, si, il y avait bien un point, là. C'est la fin de la phrase, je vous jure, vous pouvez respirer. Comment, vous êtes tout bleu avec la langue qui pend ? Dois-je appeler les secours ? C'est l'enthousiasme pour les J.O. qui vous fait un effet pareil ?