La citation du jour
Par Petaramesh le vendredi 10 février 2006, 07:44 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
Une communauté s'abrutit infiniment plus par un usage régulier de la répression que par une criminalité occasionnelle.
- Oscar Wilde










Commentaires
On pourrait ajouter, pour répondre à tous les adeptes des politiques sécuritaires sarkozystes ou villepinistes (qui ne changent que sur la forme) : "Qui préfère la sécurité à la liberté aura vite fait de perdre les deux." - Benjamin Franklin. Certes, Montesquieu disait aussi avec raison "La liberté politique dans un citoyen est cette tranquillité d’esprit qui provient de l’opinion que chacun a de sa sûreté ; et pour qu’on ait cette liberté, il faut que le gouvernement soit tel qu’un citoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen." mais avec le sarkozysme/villepinisme, c'est surtout les puissants qui n'ont pas à craindre des prolétaires ou sous-prolétaires tandis que ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre ont tout à craindre de leurs premiers chefs, les détenteurs de capitaux, et de ceux qui sont au service du pouvoir en place.
Tout cela est certes dualiste : à la vérité, il n'y a que des hommes et même que du réel, mais le réel génère des illusions qu'il faut comprendre si l'on veut le rejoindre de façon non superficielle. Pour permettre que cette compréhension atteigne le plus grand nombre, il faut que la classe prolétaire, le salariat, détruise les conditions de cette illusion, à savoir la lutte des classes. Se contenter d'ignorer une telle lutte, comme c'est le plus souvent le cas, est tout le contraire d'une destruction des conditions de l'illusion dualiste évoquée ici. La révolution extérieure est la condition d'une révolution intérieure générale qui n'est plus réservée à quelques lueurs isolées dans l'inconscience générale de la misère intérieure et de l'aliénation extérieure !
Je rejoins une partie de ton commentaire, avec 2 petites remarques :
La citation de Frankin date de ses démêlés avec le gouverneur de Pennsylvanie en 1755 - elle est paraît-il inscrite sur le piédestal de la statue de la Liberté, cadeau des Français au peuple américain en d'autres temps : "Those who would give up essential Liberty, to purchase a little temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety." On la trouve aussi sous cette forme dans la revue historique de Pennsylvanie : "Those who would give up some of their Essential Liberty to purchase a little Temporary Safety, deserve neither and will loose both.". D'après Wikiquote, cette idée est attribuée à Jefferson mais on ne trouve manifestement pas de source, sachant par ailleurs que le troisième président des USA est né près de 40 ans après Franklin.
Quant à l'opposition de la révolution intérieure à l'extérieure, la première devant d'après ta sainteté précéder la seconde, le dieu que je suis en dénonce le dualisme et l'extrême naïveté ! En fait, les deux ne peuvent concrètement se mettre en oeuvre que de concert. Il n'y aurait jamais eu autant de lecteurs pour les textes du bon Krishnamurti en France au XVIIIème voire au XIXème s. sans cette révolution (inaboutie mais tout de même entamée) qu'a constitué au XXème l'école obligatoire et laïque pour tous. Mais cette révolution là a été le fait de gens habités par une spiritualité dépassant le matérialisme vulgaire comme Jaurès ou Blum. Quand j'ai l'air de dire que la révolution doit être extérieure d'abord, c'est en ce qui concerne l'éveil du plus grand nombre : il faut être libéré des inquiétudes matérielles les plus pressantes pour pouvoir s'intéresser à sa vie intérieure. Tout bonnement.
Cela ne signifie pas pour autant que la révolution extérieure donnera lieu mécaniquement à la révolution intérieure, le dieu fait homme n'a pas dit cela. Si on prend en compte à la fois le plus grand nombre, salarié, toujours plus précarisé et sous-éduqué, et le ferment éclairé par la fortune sur un minimum de la vérité ultime de l'existence, la révolution doit dans ce cas être à la fois intérieure et extérieure - ce dont n'ont effectivement pas bénéficié les révolutions uniquement matérielles que tu évoques. Ta sainteté connaît-elle beaucoup d'adeptes de la non-dualité, enfants de sous-rmistes et sous-rmistes eux-mêmes ? Croit-elle à l'opposé que la superstition lamaïste instituée en théocratie politique au Tibet ait présenté un modèle idéal de société où le plus grand nombre était effectivement éclairé ?
Quant à moi, je dis que les spirituels qui ont "barre" sur eux-mêmes, doivent cesser de se replier frileusement sur leur intériorité pour se protéger illusoirement des "guerres, massacres, flots de sang et torrents de larmes..." : tout cela même fait partie de leur béatitude bien comprise. Le quiétisme contemplatif est l'attitude veule de ceux qui se complaisent dans une foi fragile, quand la connaissance du soi est forte, elle s'épanouit extérieurement sans reconnaître de limite. Ainsi en fût-il d'enseignants comme Shankara (dont la réflexion politique était naze, certes, mais qui à terme fit cependant beaucoup pour instruire un grand nombre sur les conditions de l'expérience ultime) ou de sages comme Marc-Aurèle (<cf. fr.wikipedia.org/wiki/Mar... )
Merci pour les précisions sur la citation que j'attribuais initialement à Franklin, avant de penser que je m'étais gourré et de la réattribuer mentalement à Jefferson. Je crois que je vais désormais l'attribuer à Cela, ce sera plus simple :-}
Tu me dis Extérieur avant intérieur, et je te réponds (sommairement, parce que la boîte de commentaire est petite, et que j'ai déjà passé trop de temps à ce clavier aujourd'hui ;-) Intérieur avant extérieur.
Tu synthétises ensuite sur l'un peut difficilement aller sans l'autre, et là, nous nous rejoignons. Pas sur tous les points, mais ma Sainte Flemme doit préparer les tartines de ses Nains, ce qui ne lui laisse plus guère le temps de faire dans la longueur...
En particulier, je trouve ton qualificatif de superstition lamaïste appliqué au bouddhisme vajrâyana tibétain quelque peu excessif, insultant pour ses adeptes (qui vont de ce pas demander des excuses au gouvernement pour cette publication sur ce blog), et probablement immérité.
Il faut se garder des formulations à ce point tranchées, elles recèlent bien souvent davantage d'erreur que de vérité.
Enfin, je ne suis pas certain que l'école de Jaurès ait précipité tous les enfants de France directement du Certificat d'Etudes dans l'oeuvre de Krishnamurti ;-)
Au fait, de quel Krishnamurti parles-tu ? Jiddu, ou Uppaluri Gopala ?
Edit: Je suis con ! U.G. n'était même pas né à l'époque. C'est donc évidemment de Jiddu que tu parles.