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  <title>Ashram de Swâmi Petaramesh - putes</title>
  <link>http://petaramesh.org/</link>
  <description>Ashram de Swâmi Petaramesh, Grand Guru de la Secte des Adorateurs de Cela.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 21 Nov 2008 17:23:19 +0100</pubDate>
  <copyright>CreativeCommons.org BY-NC-SA 2.0 FR</copyright>
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    <title>Une ville inconnue</title>
    <link>http://petaramesh.org/post/2006/09/14/399-une-ville-inconnue</link>
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    <pubDate>Thu, 14 Sep 2006 14:26:55 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Petaramesh</dc:creator>
        <category>Chienne de vie</category>
        <category>misère</category><category>putes</category><category>ville</category><category>vélo</category>    
    <description>&lt;p&gt;Avec &lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/2006/09/06/384-transpirator-le-retour&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le vélo&lt;/a&gt;, je découvre le plaisir de balades solitaires dont le silence est seulement troublé par le chuintement léger de mes pneus sur le sol, chuintement qui se transforme en crissement dans les allées gravillonnées.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je découvre aussi la ville sous un angle qui m'était totalement inconnu, tant il est vrai que de la vitesse à laquelle on se déplace et de son moyen de locomotion dépend le point de vue que l'on a sur les choses.&lt;br /&gt;
A vélo, la ville m'apparaît plus calme, plus vaste, plus ouverte, plus ludique. Plus dangereuse aussi. Quantités d'endroits, tunnels, &lt;em&gt;trémies&lt;/em&gt;, 4-voies où je passais régulièrement en voiture sans jamais y penser m'apparaîssent maintenant comme autant de dangers mortels où je serre les fesses les deux premières fois en me disant &lt;q&gt;&lt;em&gt;mais qu'est-ce qui t'a pris ?&lt;/em&gt;&lt;/q&gt; et que je tente de mon mieux d'éviter les fois suivantes.&lt;br /&gt;
Passer de voiture à vélo, c'est découvrir de nouveaux itinéraies, de nouveaux possibles, de nouveaux impossibles. Découvrir que là, oui, on peut prendre la voie des bus à contresens de la circulation des voitures ou rouler sur le trottoir&amp;nbsp;; que là, non, à moins de vouloir se suicider, on ne passera pas. Les voitures apparaîssent désormais comme des monstres bruyants, puants, gloutons et terriblement dangereux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai encore mal aux phalanges&amp;nbsp;: Il y a deux jours, j'ai failli passer par-dessus le guidon de mon vélo (putaing ce qu'il freine sec !) en pilant comme un &lt;em&gt;ouf&lt;/em&gt;' parce qu'une bagnole venait de me couper la route en se rabattant et en se garant net sur la bande cyclable. Le con n'avait pas vu que j'arrivais bien lancé, et j'ai failli me le prendre. Je me suis mis à tambouriner avec une telle force sur sa vitre avant droite que je me suis ruiné une articulation du &quot;&lt;em&gt;nageur&lt;/em&gt;&quot;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/09/14/#pnote-399-1&quot; id=&quot;rev-pnote-399-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Le type a alors soulevé bien ostensiblement un gyrophare bleu à ventouse qui était posé sur son siège passager, damned, c'était un poulet camouflé, et a baissé sa vitre pour me demander ce que je pouvais diantre bien lui vouloir. Je lui ai expliqué qu'il avait failli m'envoyer au tapis en me coupant la route, et le flic s'est poliment excusé, il ne m'avait simplement &lt;em&gt;pas vu&lt;/em&gt;. Preuve de plus que le vélo en ville est parfois limite suicidaire&amp;nbsp;: Les bagnoles ne nous voient tout simplement pas. Preuve aussi qu'un flic peut être poli et reconnaître qu'il est en tort. Aussi surprenant que cela puisse paraître.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Toujours est-il que quand on ne tremble pas pour sa vie, on peut apprécier le paysage et la ville vus à une autre vitesse et sous un autre angle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce matin, je suis parti me balader à vélo vers le parc de Gerland, au niveau du confluent Rhône et Saône. Il avait plu en début de matinée, et le temps revenait tout doucement au beau. Presque personne au parc, seuls quelques joggueurs (&lt;em&gt;ces gens sont des malades !&lt;/em&gt;) et moi sur mon vélo. Un calme olympien, le parc, le Rhône, qui me semble très haut ces jours-ci, coulant tranquillement. Un bonheur. Il faudrait sans doute le talent d'une &lt;a href=&quot;http://traou.net/blog/index.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Traou&lt;/a&gt; pour en rendre une description vivante et quasi picturale, talent que je n'ai pas. Je ne sais pas rendre une lumière...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je profite donc de la balade, puis prends le premier pont en remontant vers le nord pour me rendre sur la &quot;presqu'île&quot;, c'est-à-dire entre Rhône et Saône, juste au-dessus du confluent. Je ne connais presque pas le sud de la presqu'île, j'ai dans l'idée de remonter tranquillement par là jusqu'à la place Bellecour où j'ai une course à faire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La partie sud de la presqu'île est couverte d'entrepôts plus ou moins désaffectés et de terrains plus ou moins vagues, à côté de l'autoroute A7 qui passe juste là, et sous les multiples échangeurs de celle-ci. C'est sur le plus grand de ces &quot;terrains vagues&quot; que s'installent généralement les cirques de passage à Lyon. Je connais très mal le coin, à part pour l'avoir moûltes fois traversé en voiture sur l'autoroute adjacente - mais est-ce ainsi qu'on visite un quartier d'une ville&amp;nbsp;? - ou pour y avoir emmené, une fois, toute la famille au cirque.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je traverse donc le pont, arrive sur la partie sud de la presqu'île et ses mignons échangeurs, endroit qui ressemble assez à un cauchemar de cycliste. Dans cet endroit désolé, à un feu rouge perdu sous l'échangeur, une vieille femme couverte de foulards et fichus, d'apparence Rom ou Tzigane, mendie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je traverse vers l'ouest, remonte un peu... Et me retrouve soudain au beau milieu d'un véritable parking de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;dizaines&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, probablement même de plusieurs centaines de petites camionnettes et utilitaires pouraves tranformés en &quot;&lt;em&gt;camping-car du pauvre&lt;/em&gt;&quot;. Une quantité incroyable&amp;nbsp;! On voit derrière le pare-brise de la plupart d'entre-eux des lampes-tempête à pétrole, peintes en rouge, éteintes, accrochées là. D'autres pare-brise laissent voir des kyrielles de bougies. Tous ces véhicules miteux sont autant de baisodromes à roulettes. Il ne me faut pas 10 secondes pour comprendre que je suis au coeur d'un immense bordel à ciel ouvert, un bordel monté sur pneus&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est incroyable, tout le coin en déborde, non seulement le &quot;parking&quot; mais toutes les rues alentours. Je me souviens d'avoir régulièrement remarqué &lt;em&gt;quelques&lt;/em&gt; tels véhicules depuis l'autoroute, garés le long de celle-ci, et avoir compris qu'il s'agissait des bureaux de péripapéticiennes, mais je n'aurais jamais imaginé que ce n'était que la partie émergée de l'iceberg, et qu'on puisse en trouver une telle foule juste derrière. Je ne crois pas en avoir jamais vu une concentration pareille, pas même à la belle époque du bois de Boulogne ou dans les quartiers chauds du Marseille de ma folle jeunesse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'avais lu quelque part que le maire et le préfet s'étaient donné le mot pour &lt;q&gt;&lt;em&gt;virer &lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/2006/03/09/122-les-putes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les putes&lt;/a&gt; du centre-ville&lt;/em&gt;&lt;/q&gt; et les repousser vers le confluent. Mais je n'aurais jamais imaginé que cela pouvait avoir de telles proportions, ni résulter en un pareil ghetto de bordel à roulettes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On imagine les conditions d'exercice des &lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/2006/03/09/122-les-putes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;putes&lt;/a&gt; qui opèrent ici&amp;nbsp;: Aucun confort, pas d'eau courante, pas de sanitaires. Et pas de chauffage en hiver en dehors des moyens de fortune qu'elles peuvent imaginer pour leurs &lt;em&gt;vans&lt;/em&gt; pourris. C'est vraiment une vision en images de ce que peut être &lt;em&gt;le ban de la société&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me demande si elles &lt;em&gt;vivent&lt;/em&gt; là-dedans, où si elles se contentent, si j'ose dire, d'y exercer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au moins, en ce triste endroit, leur vue ne dérange-t-elle pas le regard du bourgeois, sauf bien sûr quand il y vient comme client. Monsieur le Maire doit être content.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Me voyant passer sur mon vélo, quelques-unes me font des signes d'invite. Dans les véhicules garés, peu de filles sont cependant visibles. Ca ne doit pas vraiment être l'heure du &lt;em&gt;coup de feu&lt;/em&gt;. Toutes les filles que je verrai ce matin, derrière leur pare-brise, sont noires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entre Rhône et Saône coule un fleuve de foutre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je continue ma route, remontant vers le nord. Quartier d'habitations HLM anciennes. L'absence de toute station &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://velov.grandlyon.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Vélo'v&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; m'indique que je dois être dans un quartier considéré comme &lt;em&gt;pourri&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ah, voilà que j'arrive aux &lt;em&gt;prisons&lt;/em&gt;, maintenant. J'en fais le tour, &lt;em&gt;pour voir&lt;/em&gt;. Des murs d'une vétusté qui évoque un autre siècle. Par-dessus le haut mur d'enceinte dépassent quelques bâtiments. Vision fugitive de visages et de  mains agrippées à des barreaux rouillés. La seule chose qui ait l'air moderne, ce sont les casemates, ou doit-on les appeler &lt;em&gt;miradors&lt;/em&gt;, construites au haut des murs d'enceinte, aux angles, comme posées sur les coins des vieux murs. Ces casemates ont, elles, des murs lisses en béton bien peint, des vitres-miroirs reposant sur des châssis aluminium. Sur le mur de l'une d'elles je remarque, en saillie, le compresseur d'un climatiseur. Toute modernité n'est donc pas bannie de ces lieux...
Un camion vert sur lequel est écrit en très gros &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Heineken&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; me dépasse. De par-dessus le mur, j'entends quelques cris et appels. Le supplice de Tantale, j'imagine...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je remonte encore, toujours des entrepôts et des locaux industriels à l'air plus ou moins semi-désaffecté. Je passe sous la gare de Perrache, qui de la presqu'île délimite la partie &lt;em&gt;abandonnée&lt;/em&gt; de la partie &lt;em&gt;civilisée&lt;/em&gt;. J'arrive sur la place Carnot, cette place où au printemps dernier encore, je crois, campaient quantités de familles de réfugiés des pays de l'Est qui ne pouvaient être accueillis ni hébergés nulle part. Je me rends compte que je ne sais pas s'ils y sont toujours. C'est dire si tout le monde s'en fout. En tout cas moi. J'ai honte. Je traverse la place&amp;nbsp;: je n'y vois pas nettement de familles entières y camper, mais, sur les bancs, plusieurs groupes de personnes dont l'apparence est proche de celle qu'on attendrait de réfugiés sans une thune. Ou est-ce juste mon imagination&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je remonte toujours vers la civilisation. Ici, maintenant, il y a le métro, il y a un &lt;em&gt;McDo&lt;/em&gt;, et même plein de stations de &lt;a href=&quot;http://velov.grandlyon.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;vélos&lt;/a&gt;. J'ai bien quitté la &lt;em&gt;zone interdite&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'arrive place Bellecour. J'entre dans le magasin de musique pour acheter les partitions que le conservatoire demande à Mademoiselle &lt;em&gt;Patâpatî&lt;/em&gt;. Autre monde. C'est une sorte de douche...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://petaramesh.org/blog/images/Miscellania/ecossaise.jpg&quot; alt=&quot;Ecossaise&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Addendum 17:07 :&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Tiens, j'apprends grâce au portail de &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://rezo.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Rezo.net&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, puis en lisant &lt;a href=&quot;http://dissidence.libre-octet.org/apprendre/espace_urbain.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ceci&lt;/a&gt;, que notre belle ville de Lyon fait de la &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://dissidence.libre-octet.org/apprendre/espace_urbain.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;prévention situationnelle&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/09/14/#pnote-399-2&quot; id=&quot;rev-pnote-399-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, ce qui veut dire (je simplifie pour que tout le monde comprenne, même ceux qui n'ont qu'un &lt;em&gt;socle commun de connaissances&lt;/em&gt; auquel se raccrocher...) que tous les z'hommes sont z'égaux, mais qu'ça va pas être facile, surtout si tu es jeune, Arabe, chômeur et que tu habites Vénissieux.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/09/14/#pnote-399-3&quot; id=&quot;rev-pnote-399-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; Tu peux aussi être &lt;a href=&quot;http://www.grandcorpsmalade.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;malade&lt;/a&gt;, mais ce n'est pas obligatoire, quant à pauvre, c'est inclus dans l'énoncé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Re-Addendum 17:19 (décidément) :&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; C'est aussi dans &lt;a href=&quot;http://dissidence.libre-octet.org/apprendre/espace_urbain.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce document&lt;/a&gt; que je trouve la phrase qui sera sans doute pour moi &lt;em&gt;la phrase du jour&lt;/em&gt;, et que je cite ici&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce n&amp;#8217;était que des sans-abri, ce sont désormais des sans-abri, ni siège. C&amp;#8217;est ainsi que nos collectivités s&amp;#8217;attaquent à la question de la pauvreté.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Addendum 15/09/2006 09:37 :&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Pas grand-chose à voir avec &lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/2006/03/09/122-les-putes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les putes&lt;/a&gt;, mais beaucoup à voir avec &lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/2006/09/06/384-transpirator-le-retour&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le vélo&lt;/a&gt;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Via&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://embruns.net/logbook/2006/09/15.html#004082&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Embruns&lt;/a&gt;, je tombe sur &lt;a href=&quot;http://scienceblogs.com/cognitivedaily/2006/09/does_wearing_a_helmet_increase.php&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;cet étonnant article&lt;/a&gt;, lequel à son tour pointe sur &lt;a href=&quot;http://www.eurekalert.org/pub_releases/2006-09/uob-wah091106.php&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;cette étude&lt;/a&gt; scihentificque du Dr Ian Walker, psychologue du trafic routier de l'université de Bath, U.K., étude selon laquelle &lt;em&gt;&lt;strong&gt;à vélo, le port du casque &lt;ins&gt;augmenterait&lt;/ins&gt; le risque d'accident par collision avec d'autres véhicules&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, car les conducteurs de véhicules à moteur frôleraient de plus près les cyclistes portant un casque, et laisseraient plus d'espace et de marge de sécurité à ceux n'en portant pas...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le monde est vraiment &lt;em&gt;bizarre&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/09/14/#rev-pnote-399-1&quot; id=&quot;pnote-399-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Comme disent mes &lt;em&gt;Nains&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/09/14/#rev-pnote-399-2&quot; id=&quot;pnote-399-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Parquer &lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/2006/03/09/122-les-putes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les putes&lt;/a&gt; entre deux fleuves, une autoroute, un ensemble d'échangeurs et d'entrepôts désaffectés, ça doit donc s'appeller de la &lt;em&gt;prévention situationnelle&lt;/em&gt;. Fallait le dire ! Il faut reconnaître que ça sonne vachement mieux qu&lt;em&gt;'osctracisme&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;ghettoisation&lt;/em&gt;. (Je connais des &lt;em&gt;situationnistes&lt;/em&gt; qui doivent se retourner dans leur tombe...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/09/14/#rev-pnote-399-3&quot; id=&quot;pnote-399-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Libre et très légère adaptation d'un fameux sketch de Coluche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les putes</title>
    <link>http://petaramesh.org/post/2006/03/09/122-les-putes</link>
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    <pubDate>Thu, 09 Mar 2006 12:10:45 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Petaramesh</dc:creator>
        <category>Miscellania</category>
        <category>putes</category>    
    <description>&lt;p&gt;A l'occasion de la récente &quot;&lt;em&gt;journée de la femme&lt;/em&gt;&quot;, Agnès Maillard s'interroge dans son article &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethologie.info/monolecte/?2006/03/08/184-les-putains&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les putains&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; sur le statut social et la vie, les rêves des &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Simulnatément, le site &lt;a href=&quot;http://www.lesputes.org&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;lesputes.org&lt;/a&gt; décide de lancer, le 18 mars prochain, la &lt;em&gt;Pute Pride&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Marche des travailleuSEs du sexe&lt;/em&gt;. Ce site publie également une &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lesputes.org/putophobes.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;lettre ouverte à ceux qui veulent nous abolir&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; qui mérite amplement d'être lue.&lt;br /&gt;
Ce dernier site n'est évidemment pas représentatif du point de vue de l'ensemble des prostituées ni de l'ensemble de la problématique de la prostitution, mais il a le mérite, pour une fois, de donner la parole à des &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt; elles-mêmes, qui parlent en leur propre nom, à la place des habituelles paroles et opinions professées par des politiques, philosophes, religieux... qui ne connaissent pas grand-chose de la réalité dont ils parlent en dehors des idées théoriques qu'ils s'en font&amp;nbsp;; même les avis d'associations oeuvrant pour l'aide aux prostituées, et qui connaissent ce milieu mieux que la plupart de ceux qui en parlent, sont souvent très orientés par la couleur religieuse ou politique de ces associations, la problématique particulière qu'ils traitent, et le but que certaines de ces associations se sont fixées - par exemple, aider les &quot;filles&quot; à sortir du &quot;métier&quot;, ou recueillir et protéger celles qui sont victimes de traite d'êtres humains.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le débat sur ce &quot;&lt;em&gt;plus vieux métier du monde&lt;/em&gt;&quot;, qui revient régulièrement sur des tapis divers, est semé de milles embûches qui vont du voyeurisme pur et simple - pour faire monter l'audimat d&lt;em&gt;'Envoyé Spécial&lt;/em&gt;, rien de tel qu'un bon petit sujet sur les &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt;, les &lt;em&gt;travelos&lt;/em&gt; ou les &lt;em&gt;transsexuels&lt;/em&gt; qui tapinent, aussi nous ressort-on fréquemment des sujets de cet acabit - jusqu'à tous les pièges idéologiques et lieux-communs ressassés, souvent teintés d'idéologie judéo-chrétienne, et qui, bien que possèdant souvent une part de vérité, prétendent à la vérité absolue et incontestable, alors que rien ne le démontre. Parmi ces idées courantes, citons&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Aucune femme ne peut exercer cette activité par &lt;em&gt;choix&lt;/em&gt;&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Toutes les putes sont doublement exploitées, à la fois par des &lt;em&gt;maquereaux&lt;/em&gt; et par leurs clients&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Toutes les putes souhaitent &lt;em&gt;s'en sortir&lt;/em&gt;&amp;nbsp;;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On ne peut devenir &lt;em&gt;pute&lt;/em&gt; qu'après avoir subi un important traumatisme sexuel, souvent des abus sexuels dans son enfance, etc.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Le tout sous-tendu par la morale judéo-christiano-bourgeoise habituelle, qui affirme implicitement que la prostitution est en soi une &lt;em&gt;mauvaise chose&lt;/em&gt; qu'il conviendrait d'éradiquer, ou, à défaut d'y parvenir, de réduire autant que possible en en rendant l'exercice le plus difficile possible, en la chassant des centre-villes (où ça fait désordre, n'est-ce pas, que nos enfants puissent croiser des putes qui tapinent, sacré trouble à l'ordre public...), en tentant d'inciter les putes à la &lt;em&gt;reconversion&lt;/em&gt; (quoiqu'aucun gouvernement n'ait jamais fait d'effort significatif en la matière), et surtout, en réprimant, puisque quand quelque chose dérange socialement, la réponse la plus facile et la moins onéreuse, c'est toujours le flic, le gourdin, le bâton.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, des putes, il y en a eu de toute éternité, de la prostitution, il y en aura toujours. Que l'on apprécie ou non cet état de fait, vouloir faire disparaître cet aspect de la société humaine est totalement illusoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le fait de traiter cette question principalement par la répression n'aboutit qu'à la marginalisation des &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt;, celles qui exercent cet inavouable métier, qui n'ont droit de la part de notre société à aucune considération, aucune protection sociale, mais qui, par contre, ont comme tout le monde le &quot;droit&quot; de payer des impôts et ne sont pas à l'abri d'un redressement fiscal. Taillables et amendables à merci, pour racolage actif, puis, depuis quelques années, pour racolage passif (ce qui veut dire à peu près n'importe quoi, le simple fait d'attendre un bus avec une minijupe pouvant suffire), victimes de harcèlement policier et de gardes à vue à répétition - quand le maire de la ville décide de &quot;&lt;em&gt;faire le ménage&lt;/em&gt;&quot; dans tel quartier, c'est sans ménagement que le ménage est fait.&lt;br /&gt;
Ainsi marginalisées et privées de tout droits et de tout existence sociale reconnue, les &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt; n'en sont que davantage à la merci des proxénètes et trafiquants d'humains de toute sorte. Elles ne bénéficient d'aucune protection.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si notre société considère que ces femmes&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/03/09/#pnote-122-1&quot; id=&quot;rev-pnote-122-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; sont des &lt;em&gt;&lt;strong&gt;victimes&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, alors cette attitude de négation et de répression à leur égard est tout simplement inique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si notre société considère que ces femmes ne sont pas nécessairement des victimes mais peuvent exercer une activité qu'elles ont choisie ou acceptée (tout comme d'autres ont &quot;choisi&quot; ou &quot;accepté&quot; de faire des ménages, travailler en usine, faire des hamburgers ou vider les poubelles...), et puisqu'il est patent que cette activité ne disparaîtra jamais, alors notre société se doit de leur donner les mêmes droits et la même protection sociale qu'à tous les autres corps de métier, et leur permettre des conditions d'exercice décentes pour leur activité, seule voie pouvant vraiment permettre de lutter contre l'exploitation d'êtres humains, et pouvant également favoriser la reconversion ou le changement d'activité pour celles qui le désirent.&lt;br /&gt;
La meilleure façon d'ouvrir des possibilités de reconversion ne serait-elle pas, comme pour toute autre activité, de prévoir un droit à la formation&amp;nbsp;? Congé individuel de formation, stages, possibilité de reprise d'études, venant se greffer sur une activité &quot;légalement ordinaire&quot; et bénéficiant des mêmes droits et dignité que toute autre, protection renforcée contre toute exploitation par des tiers, ne serait-ce pas la seule voie crédible pour une société qui prétendrait vouloir leur venir en aide&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me garde bien pour ma part d'émettre un quelconque jugement moral de portée générale sur &lt;em&gt;une pute&lt;/em&gt; prise de manière générique. Je ne sais pas ce qu'elles ont dans la tête. Je ne sais pas ce que le fait d'avoir des rapports sexuels multiples à titre vénal et professionnel leur fait. Je ne sais rien du traumatisme que cela peut leur occasionner ou non. Je ne sais rien des circonstances qui les ont conduites à cette activité. Je sais par contre qu'aujourd'hui, cette activité, elles l'exercent. C'est un fait.&lt;br /&gt;
Je sais aussi que la réponse à ces question doit être très différente d'une pute à une autre, qu'il y doit y avoir presque autant de réponses que de caractères et d'histoires individuelles. Je sais que ni un apitoiement stérile, ni une condamnation morale ne sont de nature à les aider en quoi que ce soit, ni à résoudre le problème.&lt;br /&gt;
Je sais enfin que, quelles que puissent être les réponses, elles ne me donnent en aucun cas le droit de les condamner moralement, ni celui de trouver juste le fait que la société s'acharne à leur pourrir la vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne suis pas moi-même un bien grand spécialiste ès-putes, il faut le reconnaître.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'en ai cependant, dans un lointain passé, fréquenté quelques-unes à titre amical, et, la comparaison faite dans les commentaires de &lt;a href=&quot;http://www.ethologie.info/monolecte/?2006/03/08/184-les-putains&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;l'article d'Agnès&lt;/a&gt; entre &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;caissières de supermaché&lt;/em&gt; m'a remis en mémoire que j'avais connu une jeune femme qui exerçait simultanément les deux professions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Narrer cette petite histoire peut peut-être en partie répondre à l'une des questions que se pose Agnès sur la possibilité ou non d'exercer cette activité par choix, et librement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai en effet rencontré, il y a plus de vingt ans, et par des copains-de-copains, une jeune femme agréable dont je découvris très rapidement qu'elle exerçait le noble métier de &lt;em&gt;pute&lt;/em&gt;, puisque, quand nous parlâmes de nos activités respectives, elle n'en fit aucun mystère.&lt;br /&gt;
Elle m'expliqua à l'époque qu'elle travaillait à temps partiel comme caissière dans un supermarché, et que ce job peu intéressant et peu rémunérateur lui donnait l'excellente possibilité de choisir elle-même la clientèle de son activité privée.&lt;br /&gt;
D'après ce qu'elle m'en raconta, à sa caisse, elle était capable de juger assez rapidement les hommes qui la regardaient - d'autant qu'elle était mignonne - et, quand un homme ne lui déplaisait pas, et qu'il paraîssait de nature à faire un futur client potentiel, elle lui glissait discrètement sa &lt;em&gt;carte de visite&lt;/em&gt; en lui rendant sa monnaie avec un coup d'oeil appuyé. Selon elle, ce petit stratagème lui avait permis de se constituer tranquillement, avec le temps, une &lt;em&gt;clientèle d'habitués&lt;/em&gt; dont elle était fort satisfaite.&lt;br /&gt;
Elle disait exercer parfois à son domicile, parfois au domicile de ces messieurs, parfois pour un week-end entier, en prenant tout son temps et ne voyant jamais plus d'un client par jour - 2 ou 3 par semaine, en moyenne, disait-elle. Elle me dit également qu'elle pratiquait cela depuis plus de deux ans, et n'avait jamais &quot;eu le moindre problème&quot;.&lt;br /&gt;
Elle me dit aussi que ses tarifs étaient &lt;em&gt;chers&lt;/em&gt;, mais que la prestation était à la hauteur, et que, l'un dans l'autre, sa deuxième activité lui rapportait mensuellement environ 3 à 4 fois plus que son salaire de caissière à temps partiel, net d'impôts. Et qu'en plus, son job de caissière lui apportait statut et couverture sociale.&lt;br /&gt;
Elle semblait fort satisfaite de son activité, et n'entra jamais avec moi dans les détails profonds de sa psychologie interne, mais, vue de l'extérieur pour le jeune homme que j'étais, elle ne donnait nulle impression d'être une pauvre créature exploitée et traumatisée. Il me semble que, quitte à exercer ce métier - idée qui lui était spontanément venue, selon ce qu'elle m'en avait dit - elle avait trouvé un moyen fort astucieux et fort tranquille de le faire.&lt;br /&gt;
Nous entretînmes quelque temps une relation purement amicale, puis nous nous perdîmes de vue.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Je connus également, encore plus jeune, adolescent, quelques autres &lt;em&gt;putes&lt;/em&gt; qui me montrèrent que des femmes peuvent exercer cette activité avec une certaine tranquillité et une certaine autonomie, se prenant en charge elles-mêmes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vivais à l'époque dans une grande ville du sud de la France, dans un quartier résidentiel calme dont quelques larges avenues étaient, le soir, envahies de ''tapins', et où les soirées étaient ponctuées d'un perpétuel défilé de voitures roulant au pas dans les contre-allées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme je sortais fréquemment le soir, je connaissais bien la vie nocturne du quartier, et j'avais remarqué, dans la plus peuplée des avenues, la présence constantes de quelques &lt;em&gt;BMW&lt;/em&gt; et autres cabriolets &lt;em&gt;Mercedes&lt;/em&gt; rutilants, qui, soit faisaient de petits tours, soient s'arrêtaient auprès de filles, soit restaient là garées avec un ou deux types à l'intérieur. Véhicules très différents de ceux des badauds ou clients, c'était à l'évidence les &lt;em&gt;macs&lt;/em&gt; qui surveillaient leur &lt;em&gt;cheptel&lt;/em&gt; et passaient de temps à autre relever le compteur...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon domicile, lui, donnait, après une petite rue, sur une autre avenue plus calme et où la population putesque était beaucoup moins nombreuse, mais toujours présente, et où je n'avais jamais remarqué de telles voitures rutilantes.&lt;br /&gt;
Quand je sortais et rentrais chez moi à moto, au coin de ma petite rue et du boulevard, je voyais presque toujours les 2 ou 3 mêmes putes, qui avaient fini par faire partie de mon &lt;em&gt;paysage&lt;/em&gt;, aussi avais-je pris l'habitude de leur faire un petit coucou ou un petit signe de la main.&lt;br /&gt;
Un soir, l'une d'elle me fit signe de m'arrêter, ce que je fis, et me demanda une cigarette, ce que j'offris bien volontiers. Comme je n'avais rien de précis à faire, et elles non plus, sinon d'attendre, nous nous mîmes à discuter de choses et d'autres, et, essentiellement, de leur métier, la curiosité me poussant.&lt;br /&gt;
Elles me dirent que ce qui les emmerdait le plus était l'attente, et les soirées où &quot;ça ne travaillait pas&quot; (apparemment, comme ce soir-là...), et où elles pouvaient parfois poireauter la moitié de la nuit sans ramener grand-chose.&lt;br /&gt;
Elles me dirent que ce dont elles souffraient le plus était le froid, dans leurs tenues plus que légères, parce que, en dehors de la belle saison, le nuit sur le trottoir, ça caille vite méchamment, quand on est à moitié à poil. Qu'heureusement qu'il y avait une station-service ouverte 24/24 à 500 mètres, où elles pouvaient de temps à autre se réfugier pour boire un café bien chaud.&lt;br /&gt;
Aucune de ces filles n'avait l'air ni droguée ni visiblement alcoolique. Elles avaient simplement l'air de putes entre 25 et 40 ans, en train de s'emmerder sur un coin de trottoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et comme je les interrogeais sur le fait de savoir si elles bossaient librement ou si elles avaient des &quot;macs&quot;, elle me répondirent que non, dans l'autre avenue, oui, toutes les filles avaient des macs, mais pas dans cette avenue moins peuplée, sur laquelle s'étiraient une douzaine de filles, ici, non, toutes étaient libres et aucune n'avait de mac.&lt;br /&gt;
Comme je m'étonnais de cette surprenante affirmation, elles me dirent&amp;nbsp;: &lt;q&gt;&lt;em&gt;Tu vois, comme on ne veut pas être emmerdées, on s'est en quelque sorte, avec toutes les filles de la rue, montées en&lt;/em&gt; coopérative.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
- En &lt;em&gt;coopérative&lt;/em&gt; ?&lt;br /&gt;
- Ben oui. Tu vois, là, en face, devant l'immeuble de bureau, la voiture blanche &quot;Tartempion Gardiennage Sécurité&quot; avec un gyrophare orange et un vigile dedans ?&lt;br /&gt;
- Ben oui.&lt;br /&gt;
- Qu'est-ce qu'il fait, à ton avis ?&lt;br /&gt;
- Ben... Il surveille l'immeuble de bureaux ?&lt;br /&gt;
- Non. Il nous surveille, &lt;strong&gt;nous&lt;/strong&gt;. Et il a un berger allemand avec lui.&lt;br /&gt;
- Il vous surveille vous ??&lt;br /&gt;
- Oui. A toutes ensemble, on paie une société de vigiles pour nous protéger. On en a un toutes les nuits, ils se relaient à trois. C'est pour pas être emmerdées. Là, il est arrêté, mais il fait le tour régulièrement.&lt;br /&gt;
- Ah &lt;acronym&gt;&lt;/acronym&gt;?&lt;br /&gt;
- Oui, et on lui fait une passe gratuite, tous les soirs. Comme ça, ils sont motivés pour venir. Et ils nous font un prix.&lt;br /&gt;
- Ahhh.....&lt;br /&gt;
- Oui, et c'est bien. En plus, si tu veux garer ta moto là un jour, tu peux la laisser toute la nuit, ça risque rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela m'ouvrit de nouveaux horizons sur les réalités du métier de pute...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2006/03/09/#rev-pnote-122-1&quot; id=&quot;pnote-122-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] J'écris tout cet article en parlant de femmes et de prostituées, je précise ici que, dans le contexte de cet article, cela englobe également dans mon esprit les prostitués, travestis, transsexuels se prostituant, et tous les &quot;&lt;em&gt;travailleurs du sexe&lt;/em&gt;&quot; comme les appelle le site &lt;a href=&quot;http://www.lesputes.org&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;lesputes.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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