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  <title>Ashram de Swâmi Petaramesh - prison</title>
  <link>http://petaramesh.org/</link>
  <description>Ashram de Swâmi Petaramesh, Grand Guru de la Secte des Adorateurs de Cela.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 21 Nov 2008 23:10:59 +0100</pubDate>
  <copyright>CreativeCommons.org BY-NC-SA 2.0 FR</copyright>
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    <title>Le plaisir pour pas cher</title>
    <link>http://petaramesh.org/post/2007/12/18/Le-plaisir-pour-pas-cher</link>
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    <pubDate>Tue, 18 Dec 2007 08:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Petaramesh</dc:creator>
        <category>Chienne de vie</category>
        <category>chienne de vie</category><category>magma</category><category>prison</category>    
    <description>&lt;p&gt;Quand j'étais petit garçon, j'habitais dans un bâtiment que les habitants du quartier appelaient &amp;quot;&lt;em&gt;la prison&lt;/em&gt;&amp;quot;, parce qu'ils croyaient sincèrement que c'en était une. Sur 250 mètres le long de ma rue, un interminable mur d'enceinte aveugle et moche de 5 bons mètres de haut, entrecoupé près de son extrémité gauche d'une forte porte pleine en arrondi surmontée d'une inscription également arrondie en mosaïque de carrelage : &lt;q&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bureau d'Abandon&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;, et que j'ai toujours vue fermée. Au premier tiers droit, un fort portillon métallique doté de puissants barreaux laissait voir entre eux une passerelle également métallique de 8 mètres de long rejoignant l'immeuble construit en contrebas et en retrait, à la hauteur d'un premier étage plus entresol.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les habitants du quartier, c'était donc &amp;quot;&lt;em&gt;la prison&lt;/em&gt;&amp;quot;, mais pour Petit Petaramesh, c'était l'entrée de ma maison à moi où j'accédais par le &lt;em&gt;pont-levis&lt;/em&gt; et coulais une enfance heureuse, à moins que je ne gonflâsse légèrement mes géniteurs et qu'ils me menacent de me conduire à &lt;em&gt;la porte d'à côté&lt;/em&gt;, ce qui ne laissait pas de me causer une impression fortement désagréable, même si je n'ai jamais pensé qu'ils mettraient sérieusement cette menace à exécution.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais je me demande pourquoi je vous raconte ça, puisque ce n'est absolument pas le sujet de ce billet.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La prison donc, était en fait l'arrière d'un vaste complexe administratif qui comportait également des appartements pleins de mètres carrés où notre bonne République logeait certains de ses fonctionneurs d'élite, ce qui fait que, sur le palier du troisième étage auquel on accédait par l'ascenseur après le &lt;em&gt;pont-levis&lt;/em&gt;, il y avait sur la droite la porte de notre appartement plein de mètres carrés, et sur la gauche la porte du bureau professionnel de mon papa, qui avait donc le palier à traverser pour se rendre au boulot ou rentrer à la maison, ce qui lui permettait de partir tôt le matin et de rentrer très tard tous les soirs. Bureau où je ne fus que très exceptionnellement autorisé à mettre les pieds, où entrait et sortait un ballet bien réglé de secrétaires affairées, et où trônait, sur le grand bureau dans le grand bureau à la porte matelassée un énorme téléphone en bakélite noire doté de plein de touches bizarres qui dépassaient devant et de voyants en croix qui clignotaient clic-clac, objet démontrant sans l'ombre d'un doute à mon enfance que mon papa était un Monsieur Important.&lt;br /&gt;
Ce que je comprenais du métier de mon papa, c'est que ça consistait essentiellement à signer avec son stylo-plume et son buvard des tonnes de papiers que les secrétaires zélées lui apportaient dans de beaux classeurs, puisqu'il se plaignait du temps fou que ça lui prenait, à jouer avec son gros téléphone (moi, j'y aurais bien passé mes journées), et à subir d'interminables réunions avec &lt;em&gt;le-recteur-est-un-con&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans l'appartement plein de mètres carrés à côté, il y avait un truc qui m'avait fasciné quans nous y étions arrivés : Dans chaque pièce sortait du mur un long fil avec parfois un interrupteur à pied comme les lampadaires, et parfois une poire avec un bouton dedans. Quand on appuyait dessus, ça faisait &amp;quot;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Drrriinngg !&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot; dans la petite pièce à côté de la cuisine et ça allumait une petite lampe sur un panneau plein de petites lampes, même qu'il fallait y aller et appuyer sur un bouton pour éteindre la lampe. Je ne comprenais pas trop à quoi ça pouvait bien servir, mais on m'a expliqué que c'était un système pour appeler l&lt;em&gt;'esclave&lt;/em&gt;, mais qu'il était défendu de s'en servir, parce que &lt;q&gt;&lt;em&gt;les gens on ne les sonne pas, c'est très mal, si on a quelque chose à leur demander on va les voir&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;. Mes parents avaient aussi toute une collection de clochettes en bronze ramenées d'Afrique en forme de bonshommes marrants avec des petits bâtons pour taper dessus &lt;em&gt;ding-ding&lt;/em&gt;, mais il était également interdit de s'en servir même si c'était rigolo, parce que ça servait aussi à &lt;em&gt;appeler l'esclave&lt;/em&gt;, et qu'il était interdit d'appeler les esclaves avec des clochettes, il fallait aller leur demander. D'ailleurs, il était aussi interdit de dire &amp;quot;&lt;em&gt;esclave&lt;/em&gt;&amp;quot;, ni même &amp;quot;&lt;em&gt;bonne&lt;/em&gt;&amp;quot; comme disaient tous les copains de l'école et le fils du sous-préfet, il fallait dire &amp;quot;&lt;em&gt;employée de maison&lt;/em&gt;&amp;quot; même si c'était long et pas pratique, mais sinon on était puni.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais je me demande pourquoi je vous raconte ça, puisque ce n'est absolument pas le sujet de ce billet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le sujet de ce billet, c'est que quand je sortais de la prison pour aller à l'école, on était vers 1970, je passais tous les jours devant un magasin de meubles et de lampes de formes bizarres et des objets de formes rondes et carrées et des couleurs orange et marron et des trucs brillants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et dans la vitrine de ce magasin, il y avait quelque chose qui me fascinait complètement : Des lampes bizarres en forme de fusée de Tintin, mais sans les ailettes, à l'intérieur desquelles montaient et descendaient lentement sans cesse de grosses bulles molles lumineuses rouges et oranges, on aurait dit de la matière en fusion.&lt;br /&gt;
Tous les jours, je me collais le nez à la vitrine et regardais monter et descendre les bulles magmatiques jusqu'à ce qu'on m'en décramponne de gré ou de force.&lt;br /&gt;
J'aurais bien voulu avoir une lampe comme ça rien que pour moi, mais à la tête de mes parents je comprenais bien que l'idée n'était même pas seulement envisageable, alors je me suis fait à l'idée que je n'aurais pas une lampe comme ça avec des bulles de magma dedans. N'empêche, l'idée m'est restée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Hier midi, à &lt;em&gt;Auchiant&lt;/em&gt;, dans le rayon des promos de Noël où ils accumulent les trucs pachers kitchissimes et mochissimes pour &lt;em&gt;gens-qui-ont-des-goûts-de-chiottes&lt;/em&gt;, je suis tombé sur tout un stock de lampes oranges avec du magma dedans, coûtant une somme ridicule vu qu'elles sont fabriquées par des petits chinois pas payés, et en plus oranges avec l'inscription &amp;quot;&lt;em&gt;Zen&lt;/em&gt;&amp;quot; et un Bouddha méditant dessus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Là, je me suis dit : &lt;q&gt;&lt;em&gt;Je n'y peux rien, c'est pas possible, il m'en &lt;ins&gt;faut&lt;/ins&gt; une&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;. Et je suis parti avec une lampe kitsch orange avec du magma dedans, ça ne faisait que 40 ans que je l'attendais celle-là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au moment où j'écris ces lignes, j'ai à côté de mon écran une fusée de Tintin orange sans les pattes, avec un Bouddha Zen méditant dessus et des boules molles lumineuses qui montent et descendent dedans.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et je suis bien content, pour 7 Euros, ce serait dommage de se priver d'être content !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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