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  <title>Ashram de Swâmi Petaramesh - incommunicabilité</title>
  <link>http://petaramesh.org/</link>
  <description>Ashram de Swâmi Petaramesh, Grand Guru de la Secte des Adorateurs de Cela.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 05 Jul 2008 23:35:47 +0200</pubDate>
  <copyright>CreativeCommons.org BY-NC-SA 2.0 FR</copyright>
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    <title>De l'incommunicabilité de la Chose Politique</title>
    <link>http://petaramesh.org/post/2008/04/17/De-lincommunicabilite-de-la-Chose-Politique</link>
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    <pubDate>Thu, 17 Apr 2008 19:29:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Petaramesh</dc:creator>
        <category>Politique infiniment dualiste</category>
        <category>incommunicabilité</category><category>méditation</category><category>politique</category><category>services publics</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Parfois, je me sens bête.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Souvent, même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme ce matin, tiens : perdu au milieu d'une meute d&lt;em&gt;'Homo tertiaris surdiplomens&lt;/em&gt;, ça discutait de quelques nouvelles plus ou moins politiques, et après avoir évoqué les mérites comparés de la garde d'enfants à domicile (pour les ceusses qui ont les moyens)&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2008/04/17/#pnote-1460-1&quot; id=&quot;rev-pnote-1460-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; comparée à la crèche municipale (pour les ceusses qui n'ont ni les moyens ni place en crèche pour leur &lt;em&gt;nain&lt;/em&gt;, vu que les places en crèche sont aussi rares qu'un billet de 100 Euros sous les pas d'un chômeur, et qu'on tuerait presque pour en avoir une), ça a dérivé sur la privatisation des cantines scolaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me suis alors aperçu à mon grand ébaubissement que parmi mon entourage d&lt;em&gt;'Homo tertiaris surdiplomens&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;de gôôôôôche&lt;/strong&gt;, aucun ne percevait l'ombre d'un problème dans la privatisation du service des cantines scolaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai tout d'abord tenté, fort maladroitement, d'expliquer que le but d'un &lt;em&gt;service public&lt;/em&gt; étant de fournir un &lt;em&gt;service&lt;/em&gt; au &lt;em&gt;public&lt;/em&gt;, tandis que celui d'une société privée étant uniquement de dégager un maximum de &lt;em&gt;profit&lt;/em&gt;, on ne pouvait sans doute pas attendre la même attitude vis-à-vis du &lt;em&gt;public&lt;/em&gt; (des gamins en l'occurrence) de la part d'agents de l'état (c'est nous !) ou de la commune fournissant un &lt;em&gt;service&lt;/em&gt;, et de la part des employés plus ou moins précaires et interchangeables d'une société privée, dûment pressurés à fond dans le but de dégager le maximum de profit pour le minimum de dépense.
J'osai aussi prétendre qu'un service public était mieux à même de se répartir en fonction des &lt;em&gt;besoins&lt;/em&gt; des gens qu'en fonction de la &lt;em&gt;rentabilité&lt;/em&gt; qu'on pouvait en attendre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Là, j'ai constaté en face de moi une incompréhension aussi générale que muette, au point de m'être demandé si je m'étais exprimé en &lt;em&gt;bas-moldave&lt;/em&gt; ou en code &lt;em&gt;bash&lt;/em&gt;, un seul &lt;em&gt;tertiaris surdiplomens&lt;/em&gt; osant toutefois émettre un sonore &lt;q&gt;&lt;em&gt;Euh... Comprends pas !&lt;/em&gt;&lt;/q&gt; en roulant des yeux ronds ; il est vrai que plusieurs années de vie étasunienne n'ont pas du l'aider à comprendre ; déjà à propos des crèches il ne comprendait pas non plus, mais si un jour il se reproduit ne perdons pas espoir qu'il comprende soudain mieux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je pris alors douloureusement conscience que la simple tentative de soutenir qu'un &lt;em&gt;service public qui ne fût pas privé&lt;/em&gt; pouvait être un truc bien faisait planer sur mon innocente tête le soupçon d'être éventuellement un &lt;em&gt;communiste&lt;/em&gt; ou quelque chose d'aussi terrible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Déstabilisé, je tentai toutefois sur le métier de remettre mon ouvrage, mais je réalisai bien vite dans un éclair de tardive lucidité, que mes interlocuteurs (de gôôôôche) avaient la Foi, la Foi véritable, et que leur &lt;em&gt;credo&lt;/em&gt; viscéral suivant se résumait à la simple alternative :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Service public = fonctionnaires = branleurs = obsolète, cher, inefficace, gaspillage, coûteux, cacaboudin.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Entreprise privée = moderne = performant = efficacité, organisation, rapidité, économie, profit !&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Je commençai alors à m'atteler à la tâche ardue de leur faire part d'une simple réflexion extrêmement basique pour être à la portée d'un cerveau &lt;em&gt;surdiplomens&lt;/em&gt; :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Un &lt;em&gt;service public&lt;/em&gt; délivre quelque chose à l'ensemble de la population considérée comme en ayant majoritairement besoin, est financé par l'argent de la population, et n'a aucune raison de produire un &lt;em&gt;profit&lt;/em&gt;, son unique objet étant de rendre un &lt;em&gt;service&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un &lt;em&gt;service privé&lt;/em&gt; délivre quelque chose à des &lt;em&gt;clients&lt;/em&gt; en produisant un &lt;em&gt;profit&lt;/em&gt; qui est sa seule raison d'être, ce profit étant une somme prise dans la poche de ceux qui le financent (la population) et qui ne profite ni à ceux qui bénéficient du service, ni à ceux qui le fournissent, mais à un tiers, &lt;em&gt;l'actionnaire&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;En l'occurrence, privatiser un service public revient donc à détourner une partie de la somme servant à financer ce service pour le profit d'un tiers qui ne participe ni de la fourniture ni de la consommation du service, et qui n'occupe donc dans le circuit qu'une place de &lt;em&gt;parasite&lt;/em&gt; de celui-ci.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ergo&lt;/em&gt;, la privatisation de services publics ne peut profiter qu'aux &lt;em&gt;parasites&lt;/em&gt; et en aucun cas aux &lt;em&gt;bénéficiaires&lt;/em&gt;, qui n'auront probablement pas mieux, mais certainement pour plus cher (et moins bien réparti).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En fait, je ne fis que tenter de commencer de bafouiller le début de cette lumineuse explication, tandis que cheminait dans mon esprit la pleine prise de conscience de leur Foi en l'&lt;strong&gt;Entreprise&lt;/strong&gt; (credo ! credo !) et de la vanité de ma tentative de conversion expresse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes efforts étaient vains. Mon langage obscur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je renonçai donc et plongeai le nez dans ma tasse à café pendant que se discutaient sans moi les mérites comparés de Barak Obama et d'Hillary Clinton, tous deux de gôôôôche comme chacun sait.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://petaramesh.org/post/2008/04/17/#rev-pnote-1460-1&quot; id=&quot;pnote-1460-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Et en rapport avec le récent dégonflage des allocs familiales et le transfert d'une partie des sommes vers les heureux élus qui peuvent s'offrir une &lt;em&gt;assistante maternelle&lt;/em&gt;, ce qui n'est en aucun cas envisageable quand tu es caissière à temps partiel chez &lt;em&gt;Aurrouf&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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