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  <title>Ashram de Swâmi Petaramesh - élision du sujet</title>
  <link>http://petaramesh.org/</link>
  <description>Ashram de Swâmi Petaramesh, Grand Guru de la Secte des Adorateurs de Cela.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 06 Sep 2008 18:37:44 +0200</pubDate>
  <copyright>CreativeCommons.org BY-NC-SA 2.0 FR</copyright>
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    <title>Promiscuité</title>
    <link>http://petaramesh.org/post/2007/01/28/Promiscuite</link>
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    <pubDate>Sun, 28 Jan 2007 21:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Petaramesh</dc:creator>
        <category>Chienne de vie</category>
        <category>chienne de vie</category><category>humanité</category><category>râlerie</category><category>syllepse</category><category>élision du sujet</category>    
    <description>&lt;p&gt;Etude des comportements territoriaux chez les primates supérieurs.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ça doit être parce que &lt;em&gt;je n'aime pas les gens&lt;/em&gt;, comme disent les gens &lt;em&gt;qui aiment les gens&lt;/em&gt; sauf qu'ils n'aiment pas &lt;em&gt;les gens qui n'aiment pas les gens&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ca doit être à cause de ça, mais je ne suis pas trop fanatique de foules et de promiscuité, de harengs dans des boîtasardinitudes dans le RER A entre gare de Lyon et la Défense un mardi matin à 9 heures. C'est sans doute une des choses qui me seraient désagréables dans les pays asiatiques notoirement foulegrouillesques de partout où je n'ai jamais encore traîné mon dhôti.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quand cette promiscuité t'est imposée par nécessité, tu souffres en silence en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, certes. En souriant à ton prochain qui t'écrase un peu les orteils et te sodomise à moitié avec la sacoche de son portable en t'imposant ses odeurs corporelles, car cela est bon pour ton &lt;em&gt;karma&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais quand rien ne l'impose et qu'on te l'inflige à titre purement gratuit ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est genre tu arrives sur une grande plage déserte, dans les Côtes &lt;del&gt;du Nord&lt;/del&gt; d'Armor en mi-saison, ou alors sur une île du Pacifique, mais mes moyens financiers ne m'ont pas permis de tester. Donc, c'est quelque part entre Ploumanac'h et Trébeurden - mettons l'Île Grande ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu arrives sur cette plage déserte et tu vas tout au bout de la terre, tu t'installes pépère face à la calmitude du ciel, de la mer et des mouettes qui te chient sur la tête, et tu médites, obscur témoin...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis sur cette plage déserte débarque, neuf minutes dix-sept secondes après toi, toute une famille de &lt;em&gt;Bidochons&lt;/em&gt; armés de la glacière de &lt;em&gt;Kro&lt;/em&gt;, des sièges pliants et du &lt;em&gt;ghetto blaster&lt;/em&gt; à donf' chargé ras-la-gueule de rap de &lt;em&gt;fest noz&lt;/em&gt; par &lt;em&gt;D.-Jay Kul&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;M.C. Bocou&lt;/em&gt;. Avec les six gosses pleins de casquettes et de ballons de foot, entre les six quels on semble avoir partagé une dose de Q.I. pour deux.&lt;br /&gt;
Et ces cons-là, tu l'auras remarqué, viennent toujours poser leur serviette et planter leur bordel à deux mètres cinquante de &lt;em&gt;ta&lt;/em&gt; serviette, même si la plage fait trois cents mètres de long et que tu y es &lt;em&gt;seul&lt;/em&gt;. Sans doute qu'eux aussi, se sentent seuls, mais contrairement à toi, eux n'aiment pas ça, dirait-on...&lt;br /&gt;
Et ils montent le son de leur &lt;em&gt;ghetto blaster&lt;/em&gt; par sens du partage, craignant que tu sois trop loin pour réellement bien profiter du &lt;em&gt;beat&lt;/em&gt; et du &lt;em&gt;groove&lt;/em&gt;.
Et tu as toutes tes chances de te prendre un ballon de foot en pleine gueule dans le premier quart d'heure, si bien sûr tu as eu la coupable inconscience de rester.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est dans ces cas-là que tu rêves d'armes de destruction massive et de fin de l'humanité. De napalm, d'éventrations spectaculaires. Tu te sens le fils spirituel d'Hannibal Lecter, sauf que tu n'aurais vraiment pas envie de les bouffer, ces primates prétendûment supérieurs. Supérieurs à quoi d'ailleurs ? On ne sait pas vraiment, toujours est-il que ce sont eux qui le disent...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous les connaissez. Vous aussi, vous les avez déjà rencontrés. Vous avez comme moi rêvé d'accrocher dans les arbres des guirlandes faites de leurs tripes, utilisant leurs yeux et leurs gonades comme boules de Noël.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est genre, un dimanche 28 janvier, il fait froid, tu arrives après 6 kilomètres de vélo le long des berges du Rhône au parc de la Tête d'Or, et, passage obligé, tu vas t'arrêter un moment aux &lt;em&gt;nouvelles balançoires&lt;/em&gt; avec tes Nains.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu te sens en pleine félicité et non-dualitude, l'un des membres de la &lt;em&gt;multitude&lt;/em&gt; que tu es à l'intérieur de dans ta tête se sent tout content d'être capitaine du peloton vélocypédique de la petite famille en vadrouille dominicale : il fait beau mais froid, froid mais beau, tes enfants sont beaux et chiants à la fois, et les gravillons sifflent, chassés de sous tes pneus jusque dans les yeux des chiens qui font caca près des réverbères. Tu en oublierais volontiers les côtés légèrement moins réjouissants de l'existence. La vie est presque belle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu arrives aux balançoires. Où t'installer ? Tu n'as que l'embarras du choix : Il n'est déjà plus si tôt, mais fortement bien froid. D'un coté, 3 bancs : Un peuplé, un semi-peuplé, un vide. De l'autre côté, 3 bancs : Un peuplé d'une seule personne à une extrémité, deux vides.&lt;br /&gt;
D'un pas gaillard et assuré tu te diriges vers le côté où il y a le plus de bancs vides, tu en choisis un au milieu, bien vide et que nul ne revendique, et, comme au &lt;em&gt;far-west&lt;/em&gt;, tu &lt;em&gt;formes le cercle&lt;/em&gt;, entourant de tes quatre vélos le banc objet de ta convoitise. Tu as donc ce banc entouré de quatre vélos, visiblement occupé par une famille de quatre personnes ayant posé deux sacs dessus, bien que n'étant pas encore assis, occupés à enlever casques et gants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le temps que tu finisses de ranger les gants de tes &lt;em&gt;Nains&lt;/em&gt; dans le sac, un type s'est pointé en douce, tu ne l'as pas entendu arriver, il est presque au bout du banc, tu te dis : &lt;q&gt;&lt;em&gt;il ne va quand même pas s'asseoir là ? C'est pas la place qui manque !&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais si. le type que rien ne contraint - y'a un banc tout complètement bien vide moins de deux mètres à côté - s'asseoit pile-poil juste au bout de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;ton&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; banc, en faisant mine de ne t'avoir pas vu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En bon primate qui sent venir ce genre de chose, tu sais que la bataille pour le territoire va être cruelle. Avant de laisser l'envahisseur pousser plus largement son avantage, tu t'asseois toi, vite, en plein milieu du banc, à côté de ton sac, puis tu prends ton sac et tu le poses délibérément à ta droite, du côté du mec, bien être sûr de réduire autant que possible son espace, à cet envahisseur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu as bien fait parce qu'aussitôt arrive, elle était quelques mètres derrière le type, une femme poussant une poussette contenant un petit enfant mort. Ou endormi, remarquez : je n'ai pas vérifié.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle se dirige droit vers &lt;em&gt;l'envahisseur&lt;/em&gt;, c'est donc probablement le père de la petite victime. Et elle commence à échanger avec lui d'une voix de stentor un certain nombre de considérations dans une quelconque langue d'Europe de l'est à laquelle mon entendement est totalement étanche. Probablement du bas-moldave, du moins je le suppose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'homme, lui semble comprendre, et ouvre la bouche pour répondre, ce que je constate en même temps que je sens la puissante odeur de son haleine lourdement fétide autant que légèrement alcoolisée, bien qu'un bon mètre-cinquante nous séparent quand même, et qu'il ne parle pas dans ma direction, loué soit le Seigneur !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'adresse donc à elle et, montrant l'espace restreint qui le sépare, lui, de mon sac, lui tient à peu près ce langage : &lt;q&gt;&lt;em&gt;Pözlatonku groçvachansky !&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;, ce que je traduis approximativement, dans le contexte et grâce au geste, par &lt;q&gt;&lt;em&gt;Assieds-toi donc là ma douce colombe !&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La douce colombe évalue d'un oeil perplexe l'espace disponible entre son type et mon sac, et le constate trop étroit pour son fessier moldave. Un début de sourire naît à mes commissures : Eh oui, pour que la dame puisse s'asseoir, ils vont être &lt;em&gt;obligés&lt;/em&gt; de changer de banc. Tu penses que je ne vais pas me pousser d'une miette, surtout pas !&lt;br /&gt;
Allez, courage, les gens ! L'autre banc n'est qu'à deux mètres !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais non, la mammifère, après avoir constaté l'inadéquation de l'espace disponible avec son postérieur choisit tout simplement de... rester debout. Juste devant son type, et donc également fort près de moi. Et elle entame une conversation de crécelle continue avec le type, parlant, parlant, parlant, parlant, parlant avec son bel organe à la puissance largement suffisante pour être utilisée à Bercy sans amplification.&lt;br /&gt;
Le type, quant à lui, à du mal à en placer une (normal...), n'ouvrant la bouche qu'une fois par minute pour émettre un grognement qui fait dériver jusqu'à mes narines un relent de bouche d'égoût par un joli soir d'août.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chez moi, la moutarde au nez monte. Je me retiens de toutes mes forces de faire remarquer à ces olibrius le nombre considérable de bancs vides nous entourant, et de leur demander pour quelle malencontreuse raison ils ont décider de venir nous faire chier justement &lt;em&gt;nous&lt;/em&gt;, qui n'aspirions qu'au calme et à la tranquillité...
Car, voyant comment les choses sont déjà emmanchées, je me dis que ça va sans doute très vite dégénérer, qu'il y a exactement zéro chances que l'éjection d'importuns se passe avec civilité dans la facilité, et que nous nous dirigeons au mieux vers l'échange d'insultes, au pire, de horions.&lt;br /&gt;
Recherchant la calmitude et la détentitude dominicale en famille et n'ayant aucune envie d'être conduit à en découdre, je choisis pourtant de m'abstenir et de garder ma gueule close.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un instant plus tard, &lt;em&gt;Mâ Anandaramesh&lt;/em&gt; se lève pour aller voir les gamins sur l'aire de jeux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;20 secondes plus tard, je me lève aussi, prends les deux sacs, et vais m'asseoir sur le banc d'à côté, non sans foudroyer l'importun couple d'un regard encore plus glacial qu'un froid polaire en Sibérie, et lui laissant la garde provisoire de nos quatre vélos qui les encerclent d'un air menaçant. Histoire d'être sûr qu'ils auront parfaitement compris.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'homme semble s'en soucier comme d'une guigne, mais, voyant l'espace désormais libre à côté de lui, le désigne à sa compagne en faisant : &lt;q&gt;&lt;em&gt;Pözlatonku groçvachansky !&lt;/em&gt;&lt;/q&gt; Elle s'asseoit. Leur victoire est complète.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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