Ashram de Swâmi Petaramesh

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Râleries dualistes

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mercredi 3 décembre 2008

Au jour le jour en Sarkozie

Il y a vingt minutes de ça, dans un beau bouchon à 60 mètres d'un feu rouge, une blondasse irascible qui me suit à l'arrêt me klaxonne avec hargne. Mon crime : Ne pas avancer des dix mètres qui sont libres devant moi - oh ! je ne pourrais pas "rouler", c'est bouché, le feu est rouge, je ne pourrais qu'avancer de dix mètres - parce que je suis occupé à fouiller mes poches à la recherche d'un Euro pour le type qui se pèle dans un froid glacial à la hauteur de ma fenêtre.

Je reconnais la blonde dans mon rétroviseur : dix minutes plus tôt elle était à deux caisses de moi, chez Toys R'US, avec un caddie plein.

J'ai pris t.o.u.t mon temps, et celui d'échanger quelques mots avec le type.

Quelques minutes plus tard, la blondasse me doublait avec sa Mini Cooper en excès de vitesse manifeste, en agglomération, et en franchissement de ligne blanche. Elle me fit au passage un signe original, que j'appellerai "signe de foune", s'agissant sans aucun doute possible du pendant féminin au classique doigt tendu bien haut.

Je serais assez tenté de penser que ce que Guy Bedos[1] dit des conducteurs de BMW se transpose sans difficultés aux blondasses conductrices de Mini[2] - ou de gros cacatre noir.

Notes

[1] Hiiiii ! Un socialisse ! Vade retro !

[2] "nouveau modèle"

samedi 29 novembre 2008

Conso-plaisir

...ou le terrorisme de consommation, même pas sponsorisé par les anarcho-autonomes...

(via Yves)

NEW YORK - Un employé meurt piétiné pendant les soldes

Une horde de consommateurs excités par les soldes a écrasé l'employé qui était venu ouvrir les portes du magasin. Il n'a pas survécu.
[...]
La foule attirée par le "Black Friday", journée de grands soldes marquant le début officiel de la période des courses de fin d'année aux Etats-Unis, a défoncé la porte du Wal-Mart, projetant par terre l'employé qui était en train de l'ouvrir. Environ 20.000 personnes se sont ruées à l'intérieur, selon la police.
[...]
Les clients se sont comportés en "sauvages", a raconté un témoin, Kimberly Cribbs. "On leur disait qu'ils devaient partir, qu'un employé avait été tué, et des gens criaient 'Je fais la queue depuis hier matin!' Ils ont continué leurs courses".
[...]
L'employé tué était un intérimaire. (avec AP)

Les restes c'est là.

Hein ? Non, rien. De toute manière, je me réincarnerai en oursin.

jeudi 20 novembre 2008

La vie en rose (ou bleu)

(Spéciale dédicace à Christine)

Ah Noël approche ! La féérie innocente de cette grande fête joyeuse du bonheur familial et domestique qui fait briller des étoiles dans les yeux des petits nenfants et mettre des petits Jésus en terre cuite sur des lits de coton par des ânes et des boeufs...

Justement, tiens, à Auchiant, à côté, ils ont déjà déballé la totale des kits de formation ludique pour enfants de prolétaires :

Galerie des filles

C'est rose, c'est tout doux. Poupées, petits poneys, maquillage, aspirateurs en plastique qui marchent comme des vrais, vroum-vroum !

Égalité des sexes

Galerie des garçons

On n'y voit que du bleu ! Voitures, robots, armes, jeux de construction, monstres ! Les zaventuriers sont là !

Barbie talibanUn drôle d'endroit d'ailleurs, ce magasin. Peut-être y fêtent-ils toujours Halloween tout en préparant Noël ? Toujours est-il que pas plus tard que tout-à-l'heure j'y ai croisé deux étranges créatures, fantômes en négatif couverts d'un drap noir de la tête (supposée) aux (probables) pieds, ne laissant qu'une très mince fente à l'endroit où l'on peut imaginer que doit se trouver le regard.
N'ayant pas entendu parler d'un conclave de mères du Bene Gesserit dans le coin, je pense qu'il devait s'agir de créatures bien hideuses pour se soustraire ainsi entièrement à notre vue, et probablement dangereuses, mais heureusement accompagnées chacune du gardien en uniforme - longue barbe, robe gris-perle jusqu'aux genoux, mollets poilus, chaussettes de tennis à bandes bleu-blanc-rouge, Nike-air - sans la surveillance duquel ces créatures ne peuvent paraît-il pas sortir en public.

Quoi qu'il en soit, le magasin n'est pas si bien approvisionné que ça : je n'y ai pas vu, au rayon "filles" la pourtant célèbre Barbie Taliban. À moins que tout le stock ne soit déjà parti ?

Sinon, pour Noël, on est mal. Srî Minîshiva nous a appris avant-hier soir d'un air moqueur que le Père Noël, c'est les parents ! et qu'à notre âge, on était quand même de gros nigauds de ne pas le savoir...

jeudi 18 septembre 2008

Extremely urgent !

Je viens de croiser le mec d'UPS qui en a lâchement profité pour me remettre une enveloppe.

Sur l'enveloppe, pré-imprimé, en rouge : « EXTREMELY URGENT »

Des imprimées "Pas urgent, facteur prends ton temps.", y doivent pas en avoir.

Il n'en faut pas plus pour embrayer ma petite machine à penser et me rendre compte du désastre : dans l'univers professionnel, ce bel univers de l'Entreprise tant vanté par les cohortes du MEDEF et les trouducs de la fête J'aime ma boîte, tout est désormais, et de plus en plus, et sans exception, « EXTREMELY URGENT ».

Tout ce qu'on te demande est pour avant-hier, mais pour le temps et les moyens, démerde-toi.

Il n'y a plus rien qui soit à faire quand t'as le temps (le rare qui resterait ne serait jamais fait, puisque tu n'as plus jamais '"le temps") ni même à faire tranquillement, bien, en prenant le temps qu'il faut pour bien le faire, regarder l'oeuvre accomplie, te demander à quoi elle sert...

Dans les joyeux plateaux de bureaux du tertiaire, nous vivons sous l'esclavage des Gantt, des deadlines fantaisistes, de l'exploitation optimale des ressources, avec en bout de course toujours le même résultat : c'est pour avant-hier. Et à la fin, ni fait, ni à faire.

La "procédure" te dit que pour préparer un audit (putain de plaie des temps modernes, branlette inutile, incantation au vide), t'as un mois et demie ? Pas de problème, on te donne une semaine, entre un déménagement de l'entreprise et un voyage à l'étranger que tu devais préparer, mais c'est pas grave, tu pourras toujours le préparer dans l'avion...
Mais en attendant il te reste jusqu'à demain (selon la "procédure", encore 5 semaines...) pour montrer à l'audit comment qu'on a plein de belles et chouettes procédures et comment qu'on les respecte bien.
Surtout celles que t'as jamais vues de ta vie mais que t'as jusqu'à demain matin pour "mettre à jour" et apprendre par coeur.
Des centaines de pages de vide, mais très bien organisé. Du vide qui en jette, quoi !

La machine s'affolle, tourne dans le vide pour produire toujours plus de rien avec toujours moins de sens, mais toujours plus vite, plus vite ! Moins on sait pourquoi, plus faut le faire vite, sans doute pour éviter d'avoir le temps de se poser la question.

Et pour faire ce toujours plus de rien toujours plus vite, on licencie forcément toujours plus de monde : pour toujours plus de bénef !

Poser une fesse sur le muret pour écouter tranquillement le chant du petit ruisseau en regardant tourner lentement les ailes du moulin ? Pas même en rêve.

Pendant ce temps-là les bourses s'écroulent sous le poids de leur propre néant, comme on le savait déjà depuis belle lurette, mais défense de le dire à la télé.

Vers le néant, oui ! Mais à condition d'y aller vite ! Putain qu'est-ce qu'on fout, on devrait déjà y être !

jeudi 10 juillet 2008

Bonobo

Ces jours-ci, ce modeste ashram est quelque peu comateux. Il a dirait-on autant de mal que son taulier à terminer l'année "scolaire"...

J'ai pourtant entièrement rédigé dans ma pôv' tête quelques excellents[1] billets dont je n'ai pourtant publié aucun, après avoir réalisé qu'ils n'étaient qu'une élaboration du renvoi - au sens le plus organique du terme - des toxines psychologiques que nous inocule ces derniers temps le moindre allumage de radio ou de télévision, ou de n'importe quel objet nous abreuvant d'"informations" sur la danse macabre accélérée dans laquelle les psychopathes et les vampires qui nous gouvernent nous entraînent.

Je me suis alors dit : déjà qu'on est forcé d'en ingurgiter dès qu'on ouvre l'oreille, est-il bien utile ou peut-être encore pire de le régurgiter en longs spasmes sur la place publique ?

Quelques kamarades et autres animaux militants commencent à s'interroger : dans ce contexte fou, ne conviendrait-il pas plutôt de se concentrer prioritairement sur la révolution ...sexuelle ? Au moins ça occupe, ça lave la tête et ça produit un résultat... palpable.

Enfin bref, j'irais bien faire le bonobo dans la jungle, moi, tiens... Si seulement ça n'impliquait pas de devoir bouffer des vers pas cuits et de partager son coin d'ombre avec des araignées aussi sympathiques qu'un membre du gouvernement, de la majorité pestilentielle ou du parti d'opposition qui fait pleurer les fesses.

M'enfin bon, faut voir. Bonobo, ça a quand même du bon.

Notes

[1] Ben tiens !

mercredi 18 juin 2008

Puterie d'administration de merde !

« Au service du public ? ? » comme dirait Jardin...

Ce matin je suis parti pour le bureau en laissant derrière moi Mâ Anandaramesh en pleurs...

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dimanche 25 mai 2008

Sixième sens

Je ne sais pas si vous avez déjà eu le plaisir de travailler avec des américons, au sein d'un groupe américon ?

Au début, ça surprend, et puis après, on ne s'y fait pas.

L'une des premières choses que l'on constate au bout de quelques e-mails et une paire de vidéoconférences est que ces animaux-là sont dotés d'un sixième sens : le sens de la hiérarchie.

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jeudi 8 mai 2008

Toute-toute première fois, la toute première fois...

Même à plus de quarante ans, on peut être victime non consentante et par surprise d'un dépucelage sauvage.

Je ne dis pas ça pour vous rassurer, hein : ça vient tout juste de m'arriver...

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lundi 28 avril 2008

Y a-t-il un martien dans l'assistance ?

Faisons un billet tout léger, avant d'aller se coucher...

Tiens, ça fait longtemps que je ne vous avais pas narré mes pérégrinations plombières, et comme je sais que cela vous passionne, je ne saurais vous faire languir plus longtemps !

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jeudi 27 mars 2008

Les trouducs

Le monde est plein de trouducs qui lâchent du matin au soir leurs fientes d'emmerdes sur des têtes innocentes, y'a des jours comme ça, ça pleut, les touts petits ennuis sans gravité aucune mais qui te prennent ton temps et te font juste un peu chier la vie...

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jeudi 14 février 2008

Principe de précaution

Dans notre belle ville de Lyon, la municipalité socialisse a trouvé depuis des années un bon moyen de faire entrer un peu d'argent facile dans les caisses municipales : Faire surmonter les toîts de nombreux bâtiments publics de belles antennes-relais de téléphonie mobile, ceci incluant comme de bien entendu les écoles primaires afin que nos charmants bambins soient cuits aux micro-ondes du matin au soir.

Puisqu'on vous dit que c'est pas dangereux !

Depuis plusieurs années, une poignée de parents s'en inquiétaient, devant de nombreux indices laissant à penser que ce ne serait pas si inoffensif que cela, voire même carrément dangereux.

Ces parents se sont donc renseignés sur la question, ont contacté diverses associations,[1], ont tenté des démarches auprès de la municipalité pour demander le retrait de ces antennes par mesure de précaution, informé les autres parents... et ont rencontré en face d'eux le mur d'une formidable indifférence.

Puisqu'on vous dit que c'est pas dangereux !

Quand on se mèle de ce genre de combat, on a l'impression de passer aux yeux d'autrui pour un technophobe rétrogrado-paranoïaque voyant des petits hommes verts partout, et qui passerait ses journées à se balader coiffé d'un tinfoil hat. Propos lénifiants de la municipalité, négation pure et simple de tout danger par les opérateurs qui font tout pour décrédibiliser les études indépendantes n'allant pas dans leur sens, indifférence de la plupart des dirigeants d'établissement et de nombreux parents d'élèves... On passe vraiment pour l'hurluberlu de service qui vient faire chier son monde quand on ne lui a rien demandé. Les gens détestent par-dessus tout qu'on les dérange, qu'on les inquiète. Ils préfèrent de loin penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, qu'on prend grand soin d'eux, et que seuls quelques paranos vont s'inquiéter pour tout, pour rien, ou pour le reste.

Antenne GSM sur la façade d'une écoleA Lyon, donc, 5 écoles concernées à ma connaissance : trois avec des antennes directement sur leur toît, deux arrosées par des antennes pile en face montées sur d'autres bâtiments, mais être dans le faiceau, c'est plutôt pire.

Parmi les parents des écoles concernées, un petit groupe très actif s'est dépensé sans compter sur la question, et sans résultat jusqu'à ces derniers temps. Une liste de diffusion a été montée au début de l'année scolaire 2006-2007 pour discuter de la question et informer les parents, à laquelle "seulement" 60 familles se sont inscrites, sur 5 écoles, c'est pas des tas. Les autres : pas intéressés.

Les occupations des uns et des autres ne laissant pas toujours le temps de "se battre pour tout", et devant l'indifférence générale ou presque, on en vient à finir par se dire que bon, puisque les gens s'en foutent, ils s'en foutent, que nos mômes grandissent et qu'ils ne resteront plus bien longtemps la tête sous l'antenne, qu'ils auront quitté l'école avant que la question n'ait avancé d'un pouce.
Au début de cette année scolaire, les choses étaient un peu plus en sommeil, situation bloquée.

Et puis voilà du nouveau : deux enfants de l'école Victor-Hugo développent un cancer. Deux enfants ayant occupé la même classe de CM2, pratiquement à la même place (pour ce que j'ai entendu). C'est fâcheux. Du coup, on se réveille, on s'émeut, on s'inquiète. Oh, les antennes relais ne sont toujours pas dangereuses, c'est sûrement une pure coïncidence.

Les antennes de Victor-Hugo viennent d'être désactivées. Dans quelques jours, elles seront démontées.

Pour les autres écoles ? Ah non, les antennes des autres écoles ne sont pas (assez) dangereuses, d'ailleurs, aucun enfant n'y a encore fait de leucémie cette année. La municipalité organisera une "grande conférence" au mois d'avril pour étudier "objectivement" la question et déterminer "ensemble une « nouvelle charte de la téléphonie mobile »". On nommera sans doute une commission chargée de préparer un rapport ? Nous voilà bien avancés.

En attendant, les antennes de l'école où mes enfants bronzent de l'intérieur émettent toujours. Pour cette école, la municipalité a renouvellé le contrat la liant à l'opérateur téléphonique en novembre 2007. C'est ballot. Et pour une période de 8 ans. Un contrat, c'est un contrat mon bon monsieur !

Mais maintenant, on a trouvé le truc pour faire enlever les antennes vite-fait bien-fait : il suffit de trouver dans chaque école deux enfants volontaires pour développer une leucémie. De préférence dans la même classe, ça a plus de poids.
Alors, on cherche des volontaires. N'hésitez pas à vous faire connaître !

On appelle ça : le principe de précaution.

Sinon, le maire actuel de la ville va solliciter nos suffrages dans quelques petites semaines. C'est aussi l'un de ceux qui se sont courageusement abstenus le 4 février dernier à Versailles. Le champion de France de l'installation de caméras de surveillance. Le monsieur aime visiblement les technologies modernes ! Un socialisse, quoi.

('reusement, à Lyon, on a aussi une vraie liste de vraie gauche pour les municipales. Avec des écolos pur sucre dedans, ce qui ne gâche rien. Parions que leur point de vue sur les antennes serait légèrement différent de celui de la municipalité actuelle...)

jeudi 7 février 2008

DailyMotion réinvente le "carré blanc" !

Je n'aurai pas la paranoïa d'attribuer cela à autre chose qu'une coïncidence...

Mais il semble que l'interface de DailyMotion ait "subitement" changé, faisant disparaître de ce modeste ashram toutes les vidéos DailyMotion incorporées - comme d'ailleurs probablement de tous les autres sites incorporant des vidéos DailyMotion de manière similaire :-(

Exit donc pour l'instant (en attendant que je voie si je peux y faire quelque chose) toutes les vidéos de la manif' du 4 et des discours et interviews correspondants. Carré blanc involontaire à la place :-(

Il semble que cependant les liens renvoyant chez DailyMotion même, sous les carrés blancs, permettent toujours d'y accéder, avec leur nouvelle $£%ùµ@# d'interface.

Je leur dis bravo les gars, et merci :-((

Addendum 08/02 01:09 : Je m'étais en bonne partie enduit d'erreur en écrivant cela. Plus d'explications ici. Oui, j'ai Hhhoooonnnnteuh.

samedi 24 novembre 2007

Y a-t-il une vie avant la mort ?

Parfois, dans une ville, je regarde toutes ces petites fourmis humaines qui s'agitent en tous sens à leurs activités, pressées, visages fermés, pas le temps de rigoler ni de sourire ni de regarder autour de soi ni de penser, ni de ressentir, et de ma position de témoin impuissant de cette fourmillière, je me demande : Est-ce qu'il se rendent compte qu'en cet instant précis ils ne sont pas en vie ?

Combien le savent ? Combien s'en rendent compte ? Combien en souffrent ? Combien voudraient bien faire autrement mais ne peuvent pas ou ne savent pas ?

Alors ils se vissent le MP3 dans les oreilles, téléphonent, se hâtent... Surtout ne pas perdre de temps... On n'a pas le temps ! Pas le temps d'être poli, pas le temps de laisser passer une poussette au feu rouge, pas le temps de se rappeler qu'il y a un ciel au-dessus de la rue, pas le temps de réaliser que toutes leurs petites activités tellement urgentes n'ont le plus souvent pas l'ombre d'une importance, qu'elle soient faites ou non. Et le gros con en 4x4 noir prêt à risquer des vies pour gagner deux places dans la file.

La pression sociale les meut, la publicité les galvanise, la nécessité de gagner sa vie les actionne à contre-gré, rouages consentants d'un mécanisme absurde qu'ils ne songent pas une seconde à contester au fond, tâchant simplement de ne pas se laisser broyer par lui, de ne pas laisser traîner leurs doigts entre les engrenages...

Le seul temps dont on fait bon usage est pourtant celui que l'on "perd"...

Après avoir un peu trop contemplé ce spectacle, je me sens en proie à un mélange un peu amer de compassion, de désarroi, d'impuissance et d'amertume. Que faire ? Il n'y a rien que je puisse faire, sinon zigzaguer moi aussi entre les roues dentées, avec la pleine conscience de ce qui m'entoure et de ce que je suis en train de faire.

Le milieu de l'entreprise, archétype tertiaire, sent encore plus mauvais. J'aime ma boîte ! claironne l'autre tarte... Mais tous ces encravatés, toutes ces entailleurisées, chacun imbu de sa futile importance, chacun oubliant toute humanité et jusqu'à la plus élémentaire des politesses dès lors qu'il poussent eux aussi leur propre rouage sans aucun scrupule à le pousser le cas échéant sur la tête de leur plus proche voisin, ne sachant plus qu'on peut dire "s'il-te-plaît" même quand on demande à un subordonné de faire quelque chose qui fait partie de sa tâche, oubliant qu'un retard de trois minutes à une réunion n'est pas un crime passible d'exécution sommaire, éjaculant de bonheur dès qu'on prononce le terme "corporate", prêts à tirer une langue bien longue et bien rose pour lécher les semelles des "supérieurs" tout en bottant sans vergogne le cul des "inférieurs". Même pas forcément par calcul intéressé, mais juste parce que ça leur est naturel.

Allez dans une "entreprise", un beau plateau de bureaux d'une grande ville, observez les gens : les 9/10e puent la mort.

Il y a des instants où subitement l'humanité me désespère, bien que je ne sache pas vraiment ce qui déclenche à un moment donné cette prise de conscience aigüe et douloureuse, sans raison particulière autre que, peut-être, une overdose, une gastro-entérite de la machine à digérer la connerie ? J'ai l'estomac fragile.

En période de courses de Noël, on touche au sublime.

Etre un homme utile m'a toujours paru quelque chose de bien hideux. - Charles Baudelaire

lundi 5 novembre 2007

Des gens très bien sous tous rapports

...ou ''la blogosphère pasteurisée".

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lundi 27 août 2007

Je ne suis pas un journaliste citoyen !

Le journalisme citoyen (après l'entreprise citoyenne, bientôt tout sera citoyen, à commencer par mes couilles, surtout la gauche, plus citoyenne qu'elle, tu meurs) est une expression creuse mais ronflante inventée un jour d'ennui par un membre heureusement[1] inconnu du club de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir[2] et reprise depuis ad nauseam par le troupeau des médiocres con-muniquants et quelques journalistes couchés[3] qui s'emparent plus facilement d'un mot qu'ils ne produisent une idée, et qui ont leur petit bizness à expliquer à leurs semblables et aux masses laborieuses ce qu'il faut penser de ce que créent les autres, à défaut de créer eux-mêmes quoi que ce soit qui ait plus de valeur que la giclée de sperme que leur père aurait mieux fait d'étouffer dans un Kleenex (et tout s'efface avec une caresse...).

Un peu comme des critiques d'art, quoi. Mais sans l'art. Ni la manière.

Puis y'en a quelques autres kislapètent : Saviez-vous, Anne-Florence, que je fais du journalisme citoyen, entre mes deux manuscrits refusés chez Grasset et mon Chef d'Oeuvre que j'enverrai chez Gallimard quand il sera terminé, dans trente ans, l'oeuvre d'une vie ! Si, si, belle-maman, vous ne connaissez pas le « web 2.0 » ? Voyons...

Ou : T'sais quoi Coco ? J'ai le filon ! Le « journalisme citoyen », ça c'est d'la balle Coco ! On va publier ce que pondent les autres, c'est d'la merde d'accord, mais on se fera un max de blé avec les bannières de pub' et ça augmentera notre trafic et nos hits chez Xiti ! Attends, je te fais le business plan et après on fonce lever des fonds, on sera les premiers !

Je ne suis pas un jounaliste citoyen. Manquerait plus que ça. Juste un chroniqueur de ta mère à poil sur Internet, ça suffit déjà bien !

Notes

[1] pour lui...

[2] Pierre Dac

[3] Penser à pondre un billet...

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