Ashram de Swâmi Petaramesh

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Non-dualité tout court

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lundi 1 mars 2010

Journalistes toxiques

Après une semaine non-duelle en haut de la Montagne de ma Sorcière, là où Internet peine à arriver[1] et où nul ne songerait à allumer la télé, et après quelques heures de satsang en compagnie d'un confrère Guru, de retour à la "civilisation", à l'urbanitude en tout cas, peu après m'être reconnecté au goulot du robinet à infos, l'évidence me saute soudain à la figure : je tête là au biberon un produit toxique.

D'un coup comme ça, remettre la tête sous cette douche éminemment anxiogène de pur jus de mauvaises nouvelles, à quoi cela peut-il bien servir, sauf justement à générer l'anxiété, voire à long terme la dépression ?

Quoi, la moitié de la France inondée sous la tempête, "et moi et moi et moi" bien peinard en haut de la Montagne un brin d'herbe entre les dents qui n'en souffrais même pas ? Quoi, encore un tremblement de terre, au Chili semble-t-il, et moi qui peinardos regardais les étoiles peinardosses sans avoir entendu l'appel à l'universelle compassion lancé par le radiotélémuezzin ? Les dernières bassesses et vilenies de notre gouvernement, les derniers chiffres trafiqués, et je ne savais rien dites ! Et, ne savant rien, je n'en souffrais même pas !

Piting, en ouvrant en grand le robinet à mauvaises nouvelles - celui qui ne parle jamais des trains qui arrivent à l'heure - limite mon premier réflexe a-t-il été de culpabiliser ! Quoi, toutes ces merdes sans moi ? Tout ça sans que j'en souffre, sans que j'en compassionne, sans que, même, je ne m'en foute puisque ne le sachant pas ?

Tout ça pendant que je savourais la compagnie de gens que j'aime, que je prenais tranquillement mon souffle, que je philosophais un peu, mais pas trop, pépère, que je faisais l'amour à la femme que j'aime, que je faisais le con à moto ?

Et tu te rends compte que pendant ce temps-là, tu as raté tout un épisode de L'Univers s'écroule et c'est la merde ! et que tu as manqué à ton Devoir, n'étant pas Informé, tu n'as ni souffert ni compassionné ni redouté, bref tu t'es fait porter aux abonnés absents, tu as déserté, quoi.

En culpabiliser est donc le premier réflexe, paf, automatique. Quasi.

Et puis d'un coup la réalisation se fait. Mais putain pourquoi devrais-je être affecté, malheureux, compassionné par toutes les merdes qui se produisent dans le monde à chaque instant sans m'affecter directement mais qu'on me sert sur un plateau à longueur d'ondes de tous calibres, alors que jamais on ne m'invite à me réjouir de ce qui, si ça se trouve, se passe bien ?

Est-ce que ça les aide en quoi que ce soit, tous ceux qui souffrent dans la merde, que je regarde leurs larmes sur mon écran depuis mon canapé, qu'éventuellement j'en souffre consciemment aussi, mais que j'en sois de toute manière inévitablement affecté ? Ça les avance à quelque chose ? Quel est le bilan de cette ingestion d'images et de sons ?

Je devrais être malheureux pour ce tremblement de terre du Chili, inquiet de ces chiffres du chômage et de l'effet de serre, révolté contre ces fils de putes[2] sans foi ni loi qui nous gouvernent, juste parce que j'en serais informé, et rester informé, ma foi, c'est un peu mon devoir, non ?

Sauf que ceux qui m'informent ne m'invitent jamais à me réjouir parce qu'un couple, à Düsseldorf hier soir, a bien joui, mais alors vraiment très bien, ou parce que n'importe quel bonheur inattendu s'est produit dans le monde. Ou parce qu'un train est arrivé à l'heure. Ou parce qu'un flic a renoncé à verbaliser un RMIste ou à embarquer un sans-papiers.

Alors finalement, qu'est-ce que cette "information" sinon une gigantesque, toxique, indigeste poire d'angoisse ?

Entre la manipulation délibérée "dans l'intérêt des copains du patron", la rediffusion servile de communiqués de presse de pure propagande, et le robinet à malheurs que jamais on ne ferme, qu'est-ce que cette putain d'information sinon une saloperie de produit toxique ?

Et pourquoi je devrais avaler ça moi, hmmm, à m'en rendre malade ?

À quoi cela peut-il bien servir ? À dégainer de temps à autre le chéquier dans le grand élan de solidarité programmée et orientée, payez là, là on vous dit, ailleurs on ne vous en parle pas n'est-ce pas... Et le reste du temps craignez ! Craignez la crise, ayez peur du chômage, redoutez les terroristes barbus, flippez face aux radars, craignez, redoutez, flippez, ayez peur, je manque de synonymes pour le verbe craindre mais je pourrais en dérouler comme ça à l'infini.

Et ça sert à quoi tout ça ? Toute cette énorme information ? Ça sert à quelque chose ? Ça fait réfléchir ? Ça m'apprend vraiment des choses ? Bien sûr que non !

Ça me permet d'agir utilement ? Encore moins. L'accumulation ad inifinitum, ad nauseam des sujets d'inquiétude, de crainte, de révolte, de souffrance... Quand on n'y peut foutre rien, quand on est cerné de toutes parts, ne peut en aucun cas aboutir à la réflexion, à la révolte, à l'action.

Seulement à une totale désorientation, à la dépression, donc à l'inhibition de toute action. Donc à la soumission, de plus en plus apeurée, donc aveugle et absolue, à l'appel aux hommes providentiels qui vont nous sauver de tout ça.

Mais je n'ai plus envie de craindre.

Et le pire c'est que mêmes nos potes les trop rares journalistes honnêtes (et fauchés) qui attirent notre attention sur les innombrables et véritables sujets de révolte et de colère, ne font hélas qu'en rajouter encore sur le tas de nos frustrations, de nos humiliations, de nos impuissances. Et donc participent du phénomène, mettent la cerise tout en haut du putain de gâteau.

Après un bon sevrage, se reconnecter à ce biberon-là provoque un réflexe salvateur : celui du haut-le-coeur, de la nausée. Non les gars, vous êtes gentils, je ne veux plus boire votre jus de catastrophe en tube, il me rend malade, il me fait gerber.

Je me rends compte que quand j'en suis privé, je vais vachement mieux. Je ne vais pas mal du tout, en fait, Je vais bien, même. Très bien, si vous saviez...

Et je suis libre de penser, de ressentir, de porter mon regard sur les choses réelles qui m'entourent, les belles, aussi, pas seulement sur les catastrophes lointaines, ou moins lointaines, ou attendues, prophétisées, extrapolées ou expertisées qui nous attendent.

Alors ne m'en veuillez pas, je crois que je vais garder le robinet fermé, cesser de m'intoxiquer. Je trouverai bien toujours un pote pour me passer un coup de fil, m'envoyer un mail ou toquer à ma porte dès fois qu'il se passe quelque chose à quoi je puisse quelque chose, quelque chose à quoi je puisse être utile, des fois que j'en aie l'envie et la possibilité.

En attendant cesser de laisser les médias orienter mon esprit, désorganiser ma pensée et polluer mes affects.

Quelle que soit l'action à accomplir, je l'accomplirai toujours plus efficacement si je suis heureux et libre, détendu, calme, que mentalement intoxiqué, désorienté et apeuré.

Soyez sympa : continuez sans moi. Mais vous pouvez arrêter, aussi. Si vous voulez.

Notes

[1] Seulement en milieu de journée par temps sec, ensoleillé, tempéré et sans vent ;-)

[2] Que les putes, surtout, n'y voient nulle offense, il est vrai que les comparer à des mères de ministres ne leur rend pas justice, on dira que c'est juste une expression usuelle.

samedi 28 novembre 2009

Du Partage des Corps

Je m'en vais vous entretenir du sujet le plus essentiel depuis que l'Homme est descendu de l'arbre : le cul !

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vendredi 20 novembre 2009

On est peu de choses... De bonnes choses

Il y avait un type que j'ai considérablement haï pendant considérablement longtemps à cause des conséquences désastreuses qu'il avait causées dans mon existence.[1] Le mètre-étalon du trou du cul. L'archétype. Le parangon de la troudeballitude. En version néfaste.

Notes

[1] Avec l'aide d'une bonne dose de myopie de ma part.

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mardi 4 août 2009

Propriété : Priver

Le principe fondateur de toute propriété n'est pas de posséder quelque chose, mais de priver autrui de son usage.

La manière la plus absolue d'être propriétaire d'une chose, c'est de la détruire, assurant ainsi l'impossibilité définitive que quiconque d'autre puisse en jouir.

On ne possède absolument que ce que l'on détruit.

Ainsi peut-on considérer que l'amant jaloux, la maîtresse jalouse, qui commet le fameux "crime passionnel", ne fait rien d'autre que d'affirmer - et d'assurer - sa propriété sur un autre être de la manière la plus absolue qui soit. Affirmer sa propriété sur un être quel qu'il soit étant bien évidemment commencer par déposséder cet être de lui-même.

Mais revenons aux objets moins vivants.

Pour certains objets, la finalité même de notre propriété est leur destruction. Ce sont les biens de consommation, le morceau de pizza que je viens d'avaler, la clope que je fume, les deux litres de gasoil que j'ai brûlés aujourd'hui, affirmant ma propriété de ces biens à l'instant même où je les détruis, et où, ce faisant, je m'en prive.

Pour d'autres objets, les biens durables, la propriété n'a pas pour finalité leur destruction, mais bien le droit d'empêcher autrui d'en jouir, même quand je ne les utilise pas et n'en ai aucun besoin, même quand leur utilisation temporaire par autrui ne me causerait pas le moindre préjudice. Et ma propriété sur un objet reste marquée par mon droit absolu de le détruire, si je veux.

Fondamentalement, ce désir de tenir autrui à distance de notre bien prend sa source dans la peur de manquer : la peur que cet objet ne soit plus disponible pour mon usage au moment où j'en aurai envie, si cela doit jamais arriver. Mais même si cela n'arrive jamais, ou rarement, ou va savoir, ma propriété de cet objet marque mon droit d'en tenir les autres à distance, quand bien même je n'aurais strictement plus rien à foutre de l'objet en question.
La peur que l'objet vienne à me manquer est celle qu'autrui s'en soit emparé et l'utilise à l'instant où j'en aurais besoin, ou qu'autrui l'ait rendu après l'avoir endommagé ou détruit - ce qu'on peut d'autant mieux redouter qu'on projette, probablement à juste titre, ce même désir de propriété sur autrui, et que donc, de la part de cet autrui fantasmé, conserver l'objet pour son usage propre ou le détruire seraient deux excellentes manière de s'en attribuer à son tour la propriété, le rendre endommagé en étant une forme adoucie, mais une forme de la même chose, une destruction partielle, une marque permanente de propriété, même passagère, sur l'objet.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle on prend si grand soin de ce qui nous appartient, et si peu de soin de ce qui appartient à autrui, le dégrader étant une manière détournée de le marquer de son passage, et donc, in fine de se l'approprier au moins partiellement.

Au moins le chien qui pisse sur un arbre ne l'endommage-t-il pas, mais sans doute n'a-t-il pas la notion de propriété permanente : il reviendra encore pisser dessus demain, s'il est encore en vie.

S'il y a une logique indépassable dans la propriété des biens de consommation, on atteint une forme d'absurdité quand on en vient aux bien plus ou moins durables, cette absurdité qui fait que les rues sont encombrées de millions de véhicules en stationnement, inutilisés 22h/24, qui fait que ma propre bagnole peut souvent rester une semaine à l'aise sans pointer son nez en dehors du garage. Ou que des gens crèvent de froid dans une rue en étant parfois surplombés de centaines de mètres carrés de logements inoccupés, parfois vides depuis des années.

Pour une voiture, nous sommes encore dans une situation intermédiaire : un bien durable, certes, mais qui néanmoins s'use, qui est un objet manufacturé dont l'espérance de durée est, je l'espère toutefois, inférieure à la mienne : combien de voitures ai-je déjà éreintées, d'ailleurs ?

Mais là où l'on atteint une véritable étrangeté, c'est quand on conçoit la propriété d'objets dont la durée de vie est supérieure à la notre : là, ce n'est plus nous qui les regarderons s'user, ce sont eux qui nous regarderont passer.
Comment diantre puis-je être propriétaire d'une maison de deux siècles d'âge, qui sera toujours debout quand je serai allongé sous la pelouse, comment pourrais-je être propriétaire de la terre elle-même, de cette tranche de gâteau en 3D jusqu'à son centre même[1] alors que ce bout de terre a déjà vu passer les dinosaures, les glaciers, les mammouths, et que ma chétive existence n'est même pas un clin d'oeil pour lui ?

On réalise alors qu'il n'existe aucun rapport entre ce bout de terre et moi, en tout cas certainement pas un rapport de propriété de moi sur lui !

Cette propriété, c'est manifeste, ne représente vraiment rien d'autre que ce "droit" qui m'est accordé par convention sociale de priver tous les autres humains de l'accès à ce lieu quand bien même je serais ailleurs, du moins tant que je n'habite pas définitivement le sous-sol. Risible, non ?

Dans un passé pas si lointain, les humains connaissaient les biens de consommation, les biens durables, et, économes qu'ils étaient, tentaient de rendre le non-consommable le plus durable possible : une maison était construite pour 10 ou 20 générations, les meubles à l'avenant dans une moindre mesure. Qui d'entre-nous n'a pas chez lui, au-delà de ses meubles Ik*a personnels, tel bahut normand, table ou secrétaire venant de la grand-mère ou de l'arrière grand-père ? Ou la pendule cent ans d'âge qui n'a besoin que d'un nettoyage et d'une goutte d'huile pour être pleinement utilisable par de nouveaux propriétaires passagers ? J'ai dans ma boîte à outils le tournevis de mon grand-père et le marteau de mon arrière-grand-père - que je n'ai jamais connu.

Mais "nous avons changé tout ça", et la société de consommation ne fonctionne que sur le produire, et pour produire, il faut avant tout détruire. Désormais, le rôle premier du consommateur est de consommer, donc de détruire. Le premier devoir du bon propriétaire est devenu de détruire ce qu'il possède le plus vite possible - ou de s'en lasser et de le jeter, les modes et le "progrès" sont là pour ça.

Mes meubles Ik*a ne risquent certainement pas de connaître mon petit fils, l'immeuble dans lequel j'habite est une vieille merde des années 1980.

On construit des maisons pour 50 ans, des immeubles pour trente, un immeuble "récent" mais de 40 ans est une merde inhabitable, tandis qu'un de 150 ans est coté et a encore de beaux jours devant lui. Les bagnoles sont construites pour 8 ans, les meubles et l'électro-ménager pour 5, l'informatique et le consumer electronics pour 3, voire 2. Le mieux est que l'appareil survive une semaine de plus que sa durée de garantie, il y a même des calculs très savants faits pour ça.

Et au moment même où l'on en arrive à la propriété ultime par la destruction permanente, la propriété même passe de mode avec l'arrivée de plus en plus massive de l'immatériel et des services, où notre bon capitalisme se rend compte que vendre, ce n'est pas encore assez car cela n'apporte qu'un bénéfice ponctuel, non, pour vraiment gagner du pognon (posséder du pognon, donc), il faut faire cracher au bassinet plus souvent que par l'acte d'achat, qui a le défaut majeur de produire une propriété durable, aussi peu que ce soit.

L'ère est donc à la location de services, abonnements, forfaits et autres droits d'usage concédés sous licence et avec prélèvement mensuel automatique sur votre compte bancaire, s'il-vous-plaît !

Y'a plus que le pognon que ça génère pour être réellement possédé par une frange infime de la population... qui ne peut pas le consommer... qui ne voudra surtout pas le détruire... qui n'en fera rien donc, à part le soustraire aux autres.

Ce qui nous ramène bien à la caractéristique essentielle de la propriété.

La propriété ne constitue pas les 9/10e de la loi ;
elle constitue les 9/10e du problème.
- John Lennon

Notes

[1] Sauf s'il s'y trouve du pétrole, de l'uranium ou de l'or, auquel cas le sous-sol appartient à l'état, faut quand même pas pousser, hein ! ;-)

jeudi 28 mai 2009

Bowel thinking

C'est une vérité bien connue que, dans n'importe quel groupe humain et quelle que soit la manière dont il est constitué, environ 80% de ses membres, plus ou moins la vitesse du vent modulo l'âge du capitaine, pensent avec leurs boyaux, alors qu'un petit 20% d'anormaux (les jours de beau temps avec le vent dans le dos) pensent avec leur cerveau.

Le boyau, me direz-vous, n'est sans doute pas l'organe idéal pour penser, mais aussi étrange que cela puisse paraître, cela fonctionne ainsi. Mal, d'ailleurs.

C'est par pure sérendipité, en conduisant à l'insu de son plein gré une innocente expérience de psychologie de groupe - de celles qui inspirèrent à Boileau sa fameuse maxime Faites-vous des amis prompts à vous censurer- que le Docteur Petaramesh fit l'immense découverte qui lui vaudra le prochain prix Nobel de physique : celle du Bisounours nucléaire.

Le Bisounours nucléaire est une petite créature charmante et très sensible dont la gentillesse est impitoyable.

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jeudi 2 octobre 2008

La couleur du jour

Plus le désir s'accroît, plus l'effet se recule.
- Corneille, Polyeucte

mercredi 1 octobre 2008

De la Vérité

Quelques méditations (fumeuses) du jour... [1]

Flammes

Aucun mensonge n'arrive en beauté à la cheville de la plus triviale des réalités, car le mensonge parle de ce qui n'est pas, il n'est donc que fumée ; seule la réalité fait corps.

Toute tentative d'embellissement de la réalité ne fait que la travestir, et par cela la masque. La réalité n'est pas améliorable. Seul celui qui ne perçoit pas la beauté nue de la réalité imagine qu'elle doive ou puisse être améliorée.

Tenter d'embellir ce qui est à travers un filtre de romantisme ou de pseudo-poésie ne fait que masquer la réalité, prouve qu'on ne la voit pas dans son absolue splendeur, et qu'on tente de superposer à la réalité qui est, mais qu'on ne voit pas, la fiction de ce que l'on voudrait qui soit, mais qui n'existe pas. Tôt ou tard le réel invisible entrera en collision avec l'irréel fantasmé dont les fumées s'évanouiront sous l'impact, ne laissant à la place que le réel, qui, s'il n'est toujours pas vu, ne sera toujours pas compris.

Les choses telles qu'on voudrait qu'elles soient n'existent pas. Seules existent les choses qui sont. Les vouloir différentes démontre qu'on n'en comprend pas la nature. Souffrir d'un hiatus entre ce qui est et ce qu'on voudrait qui soit est souffrir d'un hiatus entre ce qui existe et ce qui n'existe pas, on a donc fabriqué là soi-même la cause de son problème - lequel en substance n'existe pas davantage.

Il n'y a que deux manières d'éviter la collision entre le réel et l'imaginaire : s'abstraire définitivement du réel, ou ne pas s'en écarter :-}

Toute poésie véritable n'est pas embellissement artificiel et trompeur du réel, mais exhalaison à travers les mots de son essence la plus profonde et la plus insaisissable. Un véritable poète ne ment pas : au contraire il permet de percevoir davantage de l'essence des choses.

Une authentique crotte de chien vaudra toujours mille fois mieux qu'un diamant en plastique.

Elle est pas belle, la vie ? ;-)))

Et maintenant, une petite bière ?

Notes

[1] Dédiées à Yelrah, qui semblait vouloir un billet ;-)

jeudi 18 septembre 2008

Le dicton du jour

Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.

- Jacques Prévert

Oui, je sais, on m'objectera que je ne me suis encore guère foulé sur çui-là, et je répondrai que c'était, comme d'hab', faute de temps pour mettre en forme tout ce magma de sensations et de pensées qui infuse tout doucement dans le samovar de ma boîte crânienne ;-)

(On dirait presque du Laflote !)

mercredi 26 décembre 2007

Tais-toi et creuse

...ou la pensée profonde du soir.

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jeudi 6 décembre 2007

Le fil du billet sans billet

Ou "Y a-t-il une vie avant la mort ?", suite...

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lundi 3 décembre 2007

Cadeau

Jacques Higelin - L... comme Beauté (No man's land)

mercredi 28 novembre 2007

Réflexion sur la beauté

Srî Minîshiva, "mon"[1] petit bonhomme de 5 ans 1/2 vient de débarquer en pyjama dans le salon, oscillant comme une algue dans le courant de son sommeil.

- Tu peux me donner de l'eau ? J'ai soif.

En l'abreuvant, attendri devant sa petite bouille, je me disais que si on était capable de voir chez tous les autres la beauté intérieure et extérieure aussi instinctivement et profondément qu'on la ressent en contemplant ses propres mômes, l'humanité ne serait pas loin d'être sauvée...

Hélas, on en est loin.

On dépense chaque jour tellement d'efforts pour avoir l'air le plus moche et le plus fermé possible et ne voir chez autrui que le strict aspect utilitaire de ce qui nous sert ou qui nous contrarie... Qui voit-on vraiment ?

S'exercer à voir, ce n'est pas forcément instinctif, mais c'est un bon début.

Notes

[1] Ce possessif étant bien entendu totalement inapproprié, un être vivant n'appartient à personne, et surtout pas à ses géniteurs :-)

lundi 29 octobre 2007

Un maître Zen

Zafu...qui se promenait rencontra quatre moines Lîn-Hûxiens en grande conversation. Il demanda alors au premier :

- Dis-moi, jeune moine, pourquoi utilises-tu Lîn-Hûx ?
- Parce que c'est gratuit, maître ! répondit le moine.
- Voilà ma foi une excellente raison d'utiliser Lîn-Hûx, dit le maître.

Il demanda alors au second : Et toi, moine, peux-tu me dire pourquoi tu utilises Lîn-Hûx ?
- Parce que Lîn-Hûx est mille fois meilleur que Wing-Dôz ! répondit le deuxième.
- Voilà une raison qui est certes meilleure ! dit le maître Zen.

Il demanda alors au troisième : Et toi, moine, as-tu une autre raison d'utiliser Lîn-Hûx ?
- Je l'utilise parce qu'il est Libre et non-conditionné ! répondit le troisième moine.
- Voilà qui est parfait ! dit le maître. C'est une raison meilleure encore !

Puis il se tourna vers le quatrième moine qui se faisait tout petit en regardant ailleurs, et lui dit : Et toi, moine, ne voudras-tu pas me dire pour quelle raison tu utilises Lîn-Hûx ?
- Maître, répondit le moine, c'est que je n'y ai jamais réfléchi ! Je crois que j'utilise Lîn-Hûx simplement pour utiliser Lîn-Hûx...
- L'esprit du Zen est en toi, répondit le maître en se courbant. Permets-moi de devenir désormais ton disciple !

dimanche 30 septembre 2007

Méditation dominicale

Et je ne manque jamais d'éprouver un certain plaisir quand je m'approche des présentoirs de livres dans un terminal d'aéroport, même si je dispose de cinq minutes seulement pour changer d'avion, et que j'ai déjà plus de livres de poche que je ne peux en emporter. À O'Hare hier, j'ai acheté Les Onze Mille Verges d'Apollinaire, une oeuvre surréaliste de pornographie, et j'ai lu la vie pitoyable de ce pauvre bougre tandis que j'attendais mon avion. Alors cela m'est apparu avec une grande clarté : ma préoccupation et la préoccupation de tous les écrivains : refuser de faire partie de la vie de tous les jours, se tenir à l'écart, même si cela exige une attitude de brutalité ou de nihilisme. Il ne faut pas nous laisser absorber. Il y a une relation extrêmement simple entre l'esprit et son milieu ambiant. Le milieu ambiant nous entraîne tel un fleuve au cours impétueux, et l'esprit fonctionne comme un petit moteur qui peut emmener le bateau à contre-courant - ou au moins lui permettre de rester au même endroit. Lorsque le moteur marche, l'homme est fondamentalement sain. Si le moteur s'arrête, l'homme ne vaut guère mieux que du bois flotté.

Colin Wilson, Le dieu du labyrinthe, "Les belles lettres", p.12, trad. François Truchaud.

Ô combien juste !

A rapprocher du Penser, c'est dire non. d'Alain...[1]

D'un point de vue métaphysique, on considèrera qu'il s'agit d'une vision Yang de la réalité qui, pour s'équilibrer, doit être complétée de l'aspect Yin des choses : Je suis ce courant et ce courant n'est nul autre que moi. Il n'y a nul mouvement et nulle destination, rien qui soit à combattre, seulement à se laisser porter.

Notes

[1] Même si je ne prise pas particulièrement ce dernier.

jeudi 30 août 2007

Déclaration d'indépendance du cyberespace

Les développements et suites de mon article Titre IV : Enfin une loi appliquée ! me donnent l'envie de reproduire ici le texte essentiel suivant : la Déclaration d'indépendance du cyberspace de John Perry Barlow...

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