Ashram de Swâmi Petaramesh

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vendredi 25 avril 2008

Pénitence bien méritée

Je porte aujourd'hui le poids terrible de cette culpabilité. J'ai manqué à tous mes devoirs envers Notre Foutriquet, j'ai fait la sourde oreille au pipeau de l'homme aux rats, je n'ai pas entonné fièrement et d'une mâle voix me voilà devant toi !

Comment puis-je espérer racheter le poids de cette faute qui risque de me réincarner en ministre d'ouverture ? Ô dieux ! Que puis-je faire ?

Et puis soudain la Révélation m'est venue : pour montrer à Notre Guide tout le poids de mon repentir et m'engager désormais à placer mes pas dans les siens, il me faut séance tenante privatiser une partie - ô infime ! c'est symbolique... - de ce modeste ashram.

Voilà. Confier un billet, un seul, au Conseil d'Administration de la S.A. (domiciliée au Liechtenstein) des Divinités Tutélaires, Alcooliques Acolytes et Autres Vestales de Notre Sainte Église, afin qu'eux seuls y aient accès que le vulgaire en soit banni (c'est ma période bannissement, comme j'ai eu ma période bleue dans une précédente incarnation, je ne sais toujours pas pourquoi) et qu'on comprenne enfin bien, ici comme ailleurs et partout sur la Terre qu'il y a des privilégiés et des pas privilégiés, et que Notre Guide vit cela, et qu'il vit que cela était bon.

Amen.

Il y a ici un billet que tu ne vois pas, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ! Tu en es malade, je le sais.

Boîtakons, quand tu nous tiens !

Après avoir regardé une émission un peu niaise bien que présentant un certain intérêt historique à propos de Mai 68 sur la seule chaîne regardable de la boîtakons, j'ai éteint celle-ci juste avant le début d'un débat "sur 68", pour ne pas avoir à me farcir le duo de comiques July et Glucksmann fils : même l'endurance d'un Guru a ses limites, il faudra que je pense à me réincarner en fakir si je veux tenter ce genre d'exploit...

Je ne l'ai pas éteinte assez vite toutefois pour échapper, au milieu d'une série de questions façon micro-trottoir à de plus ou moins illustres inconnus, à la soudaine apparition de la trombine du célèbre philosophe Lionel Agacinski, plus connu sous le nom d'ermite du phare des baleines, et dont la célèbre maxime mon programme n'est pas de gauche est restée gravée dans toutes les mémoires après avoir été récompensée comme il se doit.

Que disait donc alors l'Homo Premierministrus Socialistus Decolorens ?

Eh bien, ce Grand Révolutionnaire Déchu, qui fut quand même trotskyste dans son enfance politique, nous raconte comme ça benoîtement qu'il faut toujours savoir garder une capacité de révolte[1] mais que dans nos sociétés il devait s'agir naturellement d'une révolte tamisée, c'est-à-dire évidemment respectueuse de la démocratie et des institutions.

Je suis encore bouche bée devant tant de lucidité jointe à une fibre révolutionnaire aussi formidablement trempée quoique... tamisée, bien sûr.

Eh les gens et les filles, si on allait se faire une petite révolution bien tamisée, bien proprette et bien polie en ne jetant surtout aucun mégot par terre, en ne salissant pas les murs, en respectant la propriété d'autrui et en prenant bien soin de ne pas déranger ceux qui bossent...

Ça vous branche ?

Ah mince... J'avais oublié : je peux pas, il faut avoir sa carte du parti S. !

...Ben flûte alors, va falloir que je me trouve une autre révolution...

Notes

[1] Je ne peux pas vous le faire avec le son hélas, mais on sentait dans son ton toute la noble et vertueuse indignation de l'homme de gôôôôche face à la cruelle injustice du monde, un grand moment d'émotion !