C'est sans doute pour cela que Ma Sainteté, rentrée ce midi à l'ashram dans le louable but de nourrir mademoiselle Patâpatî, est passée il y a un instant à travers la chaise de la cuisine, au grand dam de Son guruique postérieur.

Étant donné qu'au cours de l'année écoulée, Ma Sainteté a également traversé de part en part deux transats ainsi qu'une chaise de jardin (au grand tourment de Son coccyx), il ne fait désormais plus aucun doute que Ma Sainteté est bel et bien un authentique guru dont on ne saurait en aucun cas mettre en cause la sérénissime guruitude.

De plus, de nombreux autres authentiques gurus ont l'amusante coutume de s'asseoir par terre,[1] comme on les comprend ! et il semble évident que Mon Saint Postérieur y tend également, avec l'aide fort bienvenue de Sir Isaac Newtown.

Il me souvient également d'un dîner à la campagne chez des amis il y a quelques années, où une fort imposante, rustique et solide chaise fut transformée instantanément en bois de chauffage par le miracle de mon cul et pour la plus grande joie des petits et des grands, alors pourtant que ladite chaise aurait laissé Bruce Lee ou tout autre karatéka impuissant.

Comme nous étions juste devant la cheminée et que nous manquions de bûches, ce miracle fut le bienvenu.

Vous savez donc désormais, ô disciples, à quoi l'on reconnaît un authentique guru d'un vulgaire imposteur ou autre président de la République : il suffit de pratiquer le test de la chaise.

Mais tout de même, est-ce bien raisonnable ?

Notes

[1] On croit naïvement que ce sont des pays arriérés où l'on n'a pas encore inventé la chaise, alors que ce sont seulement des pays de culture plurimillénaire où l'on rencontre un grand nombre de gurus...