En dehors de mon précédent billet humoristique sur la question, j'ai hésité plusieurs jours à y aller moi-même de mon petit couplet à propos de cette affaire de caricatures de Mahomet, dans la mesure où tout ce qui pouvait être dit sur la question semblait l'avoir déjà été, des propos les plus sages aux plus extrêmes, en passant par les plus stupides et les plus pétochards. Et puis, je n'avais pas la vanité de penser que mon petit édito personnel puisse apporter grand-chose de nouveau ou d'indispensable au débat.
Aujourd'hui toutefois, je tombe sur l'excellent récapitulatif de cette affaire par Laurent Gloaguen sur Embruns, article que tout le monde devrait lire pour étayer son opinion, car, contrairement à nombre de billevesées lues ou entendues dans la presse, Laurent part des faits à partir desquels il construit une analyse cohérente et précise. La blogosphère deviendrait-elle un exemple à suivre pour la presse professionnelle ?
L'article de Laurent est donc l'article à lire, et il épargnera ainsi ma paresse plumitive, après ce bref rappel des faits :
- Les caricatures paraîssent initialement le 30 septembre dans le journal danois Jyllands-Posten
- Même si on peut leur trouver un caractère provocateur, c'est avant tout un "défi" lancé à des dessinateurs, visant à tester leur auto-censure vis-à-vis de l'Islam, après qu'un écrivain local n'ait pu trouver aucun dessinateur acceptant d'illustrer un livre pour enfants qu'il écrivait, racontant la vie de Mahomet.
- Elles provoquent initialement une réaction (manifestations de rues, quelques menaces téléphoniques) de la part de certains membres de la communauté musulmane danoise, mais cette réaction locale n'a aucune commune mesure avec l'ampleur qu'a aujourd'hui prise cette affaire.
- Ce n'est que plusieurs mois après que, et je cite ici l'article de Wikipedia:
Une organisation nommée Société islamique au Danemark [...] entreprend alors une tournée de sensibilisation dans les capitales arabes, ajoutant trois dessins aux douze publiés dans le Jyllands-Posten :
* le premier qualifie Mohamet de pédophile faisant référence à Aïcha
* le second le montre en porc
* le troisième violé par un chien.
Le porte-parole de l'organisation affirma par la suite avoir utilisé ces images, reçues par courrier électronique d'une source qu'il refusa d'identifier, comme un exemple de l'antipathie de la société danoise envers l'islam. C'est après cette tournée que l'affaire prend une ampleur internationale.
On voit donc ici clairement que l'affaire est montée en épingle et instrumentalisée (avec le recours à de fausses caricatures particulièrement insultantes vis-à-vis des musulmans !) par des gens qui cherchent à susciter un antagonisme et une hostilité entre le monde musulman et l'Europe occidentale.
Cette manipulation réussit d'autant mieux que les gouvernements de plusieurs pays musulmans y prêtent main-forte pour des raisons stratégiques ou de politique intérieure qui n'ont absolument rien à voir avec des raisons religieuses.
S'ensuivent les embrasements de foules, manifestations de haine, appels au meutre, menaces, marches sur les ambassades occidentales dans les pays arabes que l'on voit depuis lors, et qui causent au passage la mort de plusieurs manifestants. Mourir pour une telle histoire, hein...
(Pour une présentation plus complète et plus détaillée de l'affaire, on se réfèrera également avec fruit à l'article de Wikipedia Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten, et, toujours dans Wikipedia, à sa chronologie détaillée.)
Le plus déplorable est que ceux-là même qui réagissent à ces caricatures par des appels au meutre ou à l'émeute, et par des flambées de violence "au nom de l'Islam" donnent par là justification à la caricature la plus polémique des douze, celle représentant le prophète Mohamet coiffé d'un turban en forme de bombe, celle qui a fait couler le plus d'encre.
Bien évidemment, la seule réaction capable de s'inscrire en faux par rapport à cette caricature est, au nom de l'Islam d'appeler au calme et à la tolérance.
C'est heureusement ce qu'on fait certains musulmans, comme Soheib Bencheikh, dans son remarquable article Ceux qui ne comprennent ni l'islam ni la liberté publié dans Le Monde, et également repris dans l'article de Laurent Gloaguen.
A citer aussi, l'article très mesuré d'Akram Belkaïd Quelques réflexions à propos de l'affaire des caricatures publié sur Oumma.
Je vois quant à moi dans toute cette affaire un antagonisme irréconciliable entre la vision du monde des fondamentalistes islamiques et des sociétés démocratiques, dans la mesure où les premiers prétendent que la loi divine, du moins telle qu'ils l'interprêtent, devrait avoir en tout et partout le pas sur la loi des hommes (et que donc la loi des hommes devrait s'y plier en interdisant ce que les uns considèrent comme un blasphème), tandis que les secondes affirment que la Loi de la République a le pas sur toute loi divine proclamée par tel ou tel groupe religieux.
"La République ne reconnaît aucun culte", et c'est d'autant plus sage que le culte des uns prétend régulièrement le contraire de ce que dit le culte des autres. Que, bien souvent, le culte des uns est, en soi, le blasphème des autres. Que les coutumes alimentaires ou sexuelles des uns violent régulièrement les interdits des autres.
Ne reconnaissant aucun culte, la République ne peut reconnaître aucun blasphème. La République ne peut en aucun cas interdire l'expression de ce qui choque ou contrarie telle fraction de la population pour quelque motif que ce soit, religieux y compris, parce que le faire restreindrait toute liberté d'expression au minuscule domaine du consensus mou et de la discussion météorologique - et encore, on pourrait toujours s'empoigner sur le fait de décider si le beau temps qui vient est le résultat de l'action l'anti-cyclone des Açores, ou de la Volonté Divine.
D'autre part, l'Europe occidentale en général et la France en particulier sont issus d'une longue histoire judéo-chrétienne, et ont, pendant des siècles, vécu sous le joug du catholicisme. Je rappelais ironiquement dans mon précédent billet In Vino Veritas un certain nombre de conséquences déplaisantes qui en ont résulté : Sainte Inquisition, massacre des Cathares, nuit de la Saint-Barthélémy, croisades... N'en avons-nous pas eu assez ?
De la Révolution Française au début du XXe siècle, une lutte féroce a eu lieu en France entre catholiques et laïcs, cléricaux et anti-cléricaux. Crôa-crôa... Avec à l'occasion publication de quantité de caricatures blasphématoires[1] dont notre société s'est accomodée sans effusion de sang.
Au terme de ce combat et de cette évolution, la société française a su devenir laïque, et, bien que quelques fondamentalistes chrétiens - si clairsemés et si ridicules qu'ils en sont folkloriques - s'agitent encore de-cî de-là, que la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne soit pas encore tout-à-fait complète (notamment dans quelques départements de l'Est de la France, qui sont encore sous le régime du concordat pour des raisons historiques : ils n'étaient plus français au moment du vote de la loi de 1905 et le sont redevenus ensuite...), et qu'il reste encore à avancer un peu pour se dégager entièrement de l'emprise de la religion (et, notamment, de sa morale et des ses interdits), la société française a atteint un relatif équilibre entre liberté d'expression et liberté des cultes.
L'Islam est dans notre société un phénomène relativement récent, et on peut à bon droit se dire que, si nous avons réussi avec peine à finir par nous débarrasser de l'emprise de nos propres curés, ce n'est pas pour accepter de subir demain le diktat des curés des autres, ou de curés locaux d'importation récente.
Nous n'allons pas tomber du Charybde d'un monothéisme dans le Scylla d'un autre.
Et c'est tout ce que nos politiques devraient s'acharner à répéter. Accepter que les propos des uns puissent choquer les autres, et le tolérer, le défendre, au nom de la Liberté d'Expression qui est un bien rare et précieux. Et pour les autres, accepter, si l'on est choqué par le verbe ou le dessin, d'avoir le choix entre mépriser l'affront ou répondre par les mêmes armes : par la plume et non pas par le glaive, c'est là se montrer civilisé.
Le rôle d'un état démocratique est de permettre le combat des mots et des idées, et d'interdire le combat des armes.
Il est regrettable que cela, Nicolas Sarkozy, que je ne porte pourtant habituellement pas dans mon coeur, soit le seul parmi les politiques à avoir le courage de l'exprimer clairement et sans ambigüité, tandis que les autres s'emmèlent les pinceaux dans les draps en tentant de ménager la chèvre et le chou, et condamnent les réactions violentes des uns[2] tout en "réprouvant" ou "regrettant" les dessins des autres, empêtrés dans des condidérations économiques, la crainte de fâcher des extrêmistes, et autres couillemollitudes.
Ce qui nous ramène toujours à la maxime de Jefferson...
Attribution des illustrations : Les deux premières illustrations de cet article sont des dessins de Seidel et Sorensen respectivement, parues dans le Jyllands-Posten.
La troisième illustation est un dessin de Cabu paru dans le Canard enchaîné.
Je me suis permis de reproduire ces dessins déjà très largement diffusés par ailleurs, sur ce site personnel à but non lucratif. Si cette reproduction devait offenser les titulaires des droits, merci de me contacter plutôt que de m'envoyer des huissiers. Je retirerai bien volontiers ces images si les titulaires des droits y trouvent à redire.
Par Petaramesh - un commentaire
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Avant de vous attaquer au remplacement du firmware[1] du WRT54G, il vous faut choisir le type de firmware que vous désirez installer à la place du firmware d'origine, et vous assurer que votre routeur est bien compatible avec le firmware que vous envisagez d'installer.
Si vous ne l'avez pas encore lu, référez-vous à mon billet WRT54G, firmwares de remplacement et versions hardware.
Ensuite, par mesure de précaution, assurez-vous toujours de régler le flag boot_wait de votre routeur sur on, comme indiqué à la fin de cet autre billet.
Après avoir téléchargé le firmware adéquat, extrayez-le de l'archive zip ou tar.gz dans lequel il est le plus souvent fourni, avec, parfois, des instructions d'installation additionnelles que je vous conseille fortement de lire attentivement.
Pénétrez-vous enfin de ces vérités :
- L'installation d'un firmware qui n'est pas d'origine Linksys annule la garantie de votre routeur[2]
- L'installation d'un nouveau firmware sur ce type de routeur est susceptible de mal se passer. Ca arrive. Dans ce cas :
- Soit votre routeur ne fonctionne pas comme vous le souhaiteriez, et il est toujours possible de réinstaller un autre firmware ;
- Soit votre routeur est briqué, c'est-à-dire qu'il répond désormais autant qu'une brique à vos tentatives de communiquer avec lui. Pas de panique cependant, il existe des degrés de briquage plus ou moins sévères, le plus souvent pas très sévères, et il est, dans l'immense majorité des cas, possible de se tirer de se mauvais pas sans recourir au tournevis ou au fer à souder. Pour les cas les plus graves, c'est l'escalade, tournevis d'abord, fer à souder ensuite ;-)
Je décline toute responsabilité si vous flinguez votre routeur en suivant les indications que je donne dans cet article, où il est toujours possible qu'une erreur se soit glissée.
Bien. Ceci étant posé, on peut y aller.
Choix du firmware
Mon article WRT54G, firmwares de remplacement et versions hardware présente brièvement différents firmwares de remplacement disponibles pour le WRT54G.
J'utilise personnellement l'excellent DD-WRT, et c'est sur l'installation de ce firmware que cet article se focalisera plus précisément. Toutefois, la méthode de remplacement d'un firmware décrite ici est générale, aussi vous pourrez utiliser ces informations même si vous souhaitez installer un firmware d'une autre famille.
Par rapport à un firmware Linksys d'origine, le firmware DD-WRT apporte, parmi de nombreuses autres, les fonctionnalités supplémentaires suivantes:
- Mode client routé, client bridge ou Ad-hoc : Le WRT54G peut ainsi être utilisé non pas comme point d'accès, mais comme client, et remplacer avantageusement un pont de type WET54G ou similaire.
- Mode WDS permettant d'étendre un réseau sans fil.
- Peut également être utilisé comme point d'accès simple, liaison "Internet" désactivée.
- Réglage de la puissance d'émission permettant d'accroître la portée et la qualité de la liaison sans fil.
- Gestion de service DNS dynamique (plusieurs services supportés)
- Routage avancé
- Chiffrement/authentification WPA, WPA-Radius, WPA2, WPA2-Radius, WEP, etc.
- SNMP
- Firewall programmable, restrictions d'accès, filtres L7
- Port forwarding et port triggering, QoS / traffic shaping (très utile pour les jeux en réseau ou les applications P2P)
- Accès terminal par SSH
- Scripts de démarrage et cron
- Système de fichiers JFFS2 sur Flash permettant l'installation sur le routeur de modules d'applications supplémentaires
- Module d'authentification Radius
- Possibilité d'accéder depuis le routeur à un disque réseau hébergé sur un autre ordinateur, et de lancer ainsi des applications supplémentaires
- Fonction Hotspot / Chillispot
- Log système à distance
- Interface graphique web enrichie et améliorée, pages d'état améliorées.
Certaines versions de DD-WRT proposent également :
DD-WRT, c'est d'la balle, non ?
Méthodes de remplacement du firmware
Il existe plusieurs moyens de remplacer ou mettre à jour le firmware d'un WRT54G. Chacune a ses avantages et ses inconvénients :
- En utilisant un navigateur, par l'interface web d'administration du routeur.
- C'est la méthode la plus simple, et qui sera le plus couramment employée après la première installation d'une nouvelle famille de firmware.
- Peut être effectué soit en connection LAN/Ethernet sur le routeur, soit en connection radio (WLAN). Bien que la connexion par câble soit recommandée (pour minimiser les risques de problèmes), ça marche aussi généralement très bien via radio/WLAN, et je le fais régulièrement comme ça sur l'un de mes routeurs (éloigné de l'ordinateur).
- Malheureusement, les firmwares d'origine Linksys ne permettent pas toujours d'installer n'importe quel type de firmware de remplacement par cette méthode. Il me semble en particulier que certaines versions du firmware de Linksys limitent la taille du firmware que l'on peut installer ainsi à 3 Mo maximum, et que d'autres versions ne permettent pas d'installer ainsi des firmwares non-Linksys. Tout dépend en fait de la version de votre firmware d'origine...
- Une fois que vous aurez changé de firmware (par une autre méthode), cette limitation disparaîtra souvent, et vous pourrez faire vos mises-à-jour ultérieures en utilisant l'interface web.
- En utilisant TFTP sur un routeur en fonctionnement
- Les firmwares d'origine Linksys possèdent un serveur TFTP intégré, qui permet de mettre à jour le firmware par cette méthode, routeur en fonction
- Ce serveur TFTP nécessite l'emploi d'un client TFTP modifié sur votre ordinateur, car le client TFTP doit fournir le mot de passe administrateur, ce qu'un client TFTP "normal" ne fait pas[3]
- Cette méthode ne présente pas d'intérêt particulier par rapport aux autres méthodes que nous présentons
- De plus, certains firmwares spécifiques (comme DD-WRT par exemple) ont complètement supprimé cette possibilité, en supprimant le serveur TFTP pour gagner de place dans l'image du firmware pour d'autres choses plus utiles...
- Nous ne décrirons donc pas davantage cette méthode dans cet article.
- En utilisant TFTP via le bootloader CFE à l'instant du boot du routeur.
- C'est la méthode que nous utiliserons pour une première installation d'un firmware d'une nouvelle famille
- Cette méthode nécessite que le flag boot_wait du routeur soit réglé sur on, comme expliqué ici.
- Cette méthode nous limite à l'installation d'un firmware d'une taille de 3 Mo maximum.
- Cette méthode peut également servir dans de nombreux cas pour le débriquage d'un routeur briqué (bricked)
- Nous décrirons cette méthode plus en détail ci-dessous.
- En utilisant un câble JTAG
- Cette méthode permet d'écrire directement sur la mémoire flash du routeur en connectant celui-ci par un câble spécifique au port parallèle de l'ordinateur
- Elle nécessite de construire un câble spécifique, et de souder (!) un connecteur à l'intérieur du routeur. Est-il nécessaire de préciser que cette fois, vous pouvez vraiment vous asseoir sur la garantie ?
- Pour cette raison, elle sera considérée comme une méthode de secours pour les cas vraiment désespérés, et nous ne la décrirons pas davantage dans cet article. Peut-être dans un prochain ?
Quelle que soit la méthode que vous emploierez, la procédure d'update du firmware ne doit jamais être interrompue avant d'être terminée, faute de quoi vous avez de fortes chances de vous retrouver avec un routeur briqué.
L'écriture dans la mémoire flash par la plupart des méthodes se fait après que le routeur ait reçu le firmware complet. Après avoir envoyé le firmware au routeur, vous devez absolument lui laisser le temps d'écrire le firmware en flash, puis il reboote (normalement) de lui-même.
En toute hypothèse, attendez que le voyant Power ait cessé de clignoter et soit redevenu fixe avant d'éteindre ou de rebooter le routeur vous-même.
Lors d'une première installation d'une nouvelle famille de firmware, l'initialisation de la flash lors du boot peut parfois prendre plusieurs minutes, surtout si votre firmware gère un système de fichiers J2FFS ! Ne l'interrompez pas pendant qu'il s'initialise !
Ce n'est que si le voyant Power continue toujours de clignoter après plus de 5 minutes, et qu'il est impossible de communiquer avec le routeur, que vous devrez envisager de le rebooter de force. Mais attendez au moins 5 minutes !
Première installation d'un firmware d'une nouvelle famille - Méthode TFTP au boot
Pour cela, vous devrez choisir une image firmware adaptée, de moins de 3 Mo !
- Si vous voulez installer DD-WRT, vous installerez en premier lieu par TFTP la version mini, qui fait moins de 3 Mo, puis vous installerez ensuite une version complète de votre choix via l'interface web.
- Si vous utilisez DD-WRT, choisissez pour cela une version adaptée précisément à votre modèle de routeur (par exemple, DD-WRT.v23_mini_wrt54g.bin pour un WRT54G, ou DD-WRT.v23_mini_wrt54gs.bin pour un WRT54GS, etc...
Recopiez ensuite l'image firmware choisie sur votre disque dur, en lui donnant le nom: code.bin
Important : Quand vous utilisez la méthode TFTP au boot, l'adresse IP de votre WRT54G sera toujours 192.168.1.1, quelle que soit l'adresse IP sur laquelle il est "normalement" configuré. En effet, à ce stade, le système d'exploitation n'a pas encore démarré, et le bootloader PMON ou CFE met systématiquement le routeur en 192.168.1.1 au moment où il active son serveur TFTP rudimentaire.
- Assurez-vous que le flag boot_wait de votre routeur WRT54G a été réglé sur on
- Quand le flag boot_wait est réglé sur on, le bootloader attend 5 secondes avant de lancer le système d'exploitation du routeur, temps pendant lequel son serveur TFTP est actif, et pendant lequel il est possible d'uploader ainsi un firmware sur le routeur
- Si le flag boot_wait est sur off, il est tout de même possible d'uploader un firmware par TFTP lors du boot, mais, dans ce cas, le bootloader attend moins d'une seconde. Il est alors très difficile de synchroniser l'envoi du firmware par TFTP, et cela peut parfois demander plusieurs dizaines de tentatives. Mais ce n'est pas désespéré...
- Connectez votre ordinateur par câble réseau Ethernet à l'une des prises LAN (1-4) de votre WRT54G encore éteint.
- Personnellement, je connecte directement l'ordinateur sur le routeur, et ça marche chez moi
- Certains utilisateurs de Windows rapportent que la carte réseau de leur ordinateur est trop lente à s'activer quand celle du WRT54G s'active, ce qui provoque le "loupé" de la courte période durant laquelle le serveur TFTP est disponible au boot. Certains ont rapporté que dans ce cas, le fait d'interposer un switch Ethernet entre l'ordinateur et le routeur permet d'éviter ce problème. Si ça ne marche pas chez vous sans switch, essayez éventuellement avec... ca peut parficulièrement aider si vous avez oublié de mettre boot_wait sur on.
- Si vous êtes connecté directement (sans switch) au WRT54G, configurez la carte réseau de votre ordinateur en 10Base-T, half-duplex.[4]
Ceci ne semble pas strictement nécessaire avec tous les modèles de WRT54G, mais si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal, et mieux vaut éviter par avance les problèmes.
Pour ce faire, si vous êtes sous GNU/Linux, vous taperez par exemple la commande:
mii-tool -F 10baseT-HD eth0
Si vous êtes sous Windows, vous irez cliquouiller quelque part dans le clickodrome (hint: Du côté des fenêtres des bidules réseau, est-il besoin de le préciser ?)
- Puisque le routeur sera toujours en 192.168.1.1, vous devez configurer la carte réseau de votre ordinateur en adresse IP fixe, avec par exemple l'adresse 192.168.1.2, masque 255.255.255.0.
Si vous êtes sous GNU/Linux, vous taperez par exemple la commande :
ifconfig eth0 192.168.1.2
Si vous êtes sous Windows, vous irez encore cliquouiller quelque part dans le clickodrome.
- Une fois cela fait, je vous conseille d'ouvrir deux fenêtres console, l'une dans laquelle vous lancerez un ping permanent vers le routeur (pour voir quand il commence à répondre), l'autre dans laquelle vous préparerez (sans l'exécuter) la commande TFTP d'envoi du firmware.
- Pour démarrer le ping dans une fenêtre, sous GNU/Linux, vous taperez par exemple :
ping -i 0.5 192.168.1.1
Le ping se poursuivra en permanence jusqu'à ce que vous l'interrompiez par [Ctrl]-C
...sous Windows, la syntaxe de la commande ping est un poil différente si l'on veut que le ping soit permanent (sinon, seuls 5 pings sont effectués, puis cela s'arrête). Si vous êtes sous Windows, renseignez-vous sur votre commande ping.
- Préparons dans l'autre fenêtre la commande TFTP
Nous utiliserons ici un client TFTP ordinaire, et non pas le client TFTP spécifique Linksys dont il a été question plus haut.
Sous GNU/Linux, nous taperons par exemple (SANS encore taper [Entrée]) :
tftp -m binary 192.168.1.1 -c put code.bin
Sous Windows, encore une fois, renseignez-vous, la syntaxe est un poil différente.
Prêt ?
- Allumons le routeur WRT54G, le doigt sur la touche [Entrée], en regardant la fenêtre où se déroulent les pings.
- Aussitôt que le routeur répond à un ping, tapons joyeusement [Entrée], ce qui enverra le firmware au routeur.
Si cela se passe bien, l'envoi du firmware doit se dérouler en moins de 20 secondes (la commande TFTP doit rendre normalement la main).
Le routeur WRT54G écrit alors le firmware en mémoire flash, puis reboote de lui-même. Il se peut que le clignotement du voyant Power lors du reboot dure plus longtemps que de coutume, et même plusieurs minutes si le nouveau firmware initialise un système de fichiers J2FFS.
Laissez au routeur le temps de booter et de faire ce qu'il a à faire. Ne le rebootez ou ne l'éteignez que si cela dure plus de 5 minutes et qu'il est impossible de communiquer avec lui.
Si cela se passe mal, la commande TFTP ne rendra pas la main, restera "figée" plus d'une minute, ou vomira une erreur du genre timeout, etc.
Si cela se produit, il faut recommencer : Arrêter le TFTP, éteindre puis rallumer le routeur, renvoyer...
Si cela ne marche toujours pas après plusieurs tentatives, c'est qu'il y a un problème (Le flag boot_wait du routeur est-il bien sur on ?). Vérifiez votre config réseau côté ordinateur, envisagez d'utiliser un switch, etc. Il se peut aussi que votre routeur soit sérieusement briqué.
Si vous pensez que le flag boot_wait n'est pas sur on, essayez plusieurs fois, et essayez encore. Dans ce cas-là, vous devez envoyer le firmware dès que le voyant de votre carte réseau s'allume. Vous n'aurez probablement pas le temps de voir que le routeur répond au ping, car il le fera bien trop brièvement.
Généralement toutefois, cela se passe bien, et vous avez votre nouveau firmware sur votre routeur.
- Une fois que vous pensez que l'upgrade a réussi, si vous avez changé de famille de firmware, la première chose à faire est un reset de la NVRAM aux valeurs usine. C'est indispensable, sinon votre nouveau firmware risque de faire des choses très bizarres.
- Suivez pour cela la méthode indiquée à la fin de ce billet. L'utilisation du bouton RESET enfoncé plus de 20 secondes est le moyen le plus simple.
Ca y est, ouf !
Si vous avez installé tout d'abord une version minimale (de moins de 3 Mo) de votre firmware favori, il est temps maintenant d'upgrader à nouveau le firmware en installant la version "complète" via l'interface web.
Installation d'un firmware via l'interface web
N.B.: Quand votre WRT54G est à ses valeurs usine:
- Son adresse IP est 192.168.1.1
- Pour vous connecter par l'interface web, laissez le champ utilisateur vide, et utilisez le mot de passe admin
- Pour vous connecter en console par telnet ou SSH, utilisez le nom utilisateur root, et le mote de passe admin
- Choisissez maintenant le firmware que vous voulez installer. Extrayez le binaire qu'il vous faut de son archive.
Si vous utilisez DD-WRT, vous prendrez par exemple le fichier DD-WRT.v23_generic.bin (pour la mise à jour via l'interface web de DD-WRT, utilisez les fichier génériques et non pas les fichiers comportant le nom de votre modèle précis de routeur, ces derniers étant réservés spécifiquement à la mise à jour par TFTP[5])
- Mettez maintenant à jour le firmware : Sur la plupart des familles de firmware, rendez-vous sous Administration / Firmware upgrade, et, à partir de là, envoyez le fichier de votre choix.
- Comme pour la méthode précédente, n'interrompez pas la mise-à-jour, laisser au routeur le temps de rebooter tranquillement, et remettez ensuite la configuration du routeur à zéro.
- Si vous upgradez entre deux versions successives et proches d'une même famille de firmware, il n'est généralement pas nécessaire de remettre la config à zéro. Cependant, si vous constatez des choses bizarres, n'hésitez pas à le faire avant de conclure que votre nouveau firmware "ne marche pas".
Voilà, votre nouveau firmware est installé, vous n'avez plus qu'à en découvrir les multiples possibilités...
Par Petaramesh - aucun rétrolien
Chronique de la vie quotidienne...
Hier après-midi vers 16h30, Swâmi Petaramesh sort de chez lui l'ashram et prend sa petite voiture papamobile pour aller chercher ses nains disciples à l'école au gurukul.
A 200 mètres de l'ashram[1], dans une rue à grande circulation, j'arrête mon char au feu rouge au milieu de 3 files de voitures.
J'entends alors le pééééèèèt ! pèt-pèt-pèt-pèèèèééétt !! caractéristique d'une motobylette à pot trafiqué, et, à ma grande surprise, je me vois doublé par un engin minuscule, véritable modèle réduit de moto routière, carénage et tout, mais, pas plus grand que le vélo Décathlon de mon nain de 3 ans, monté par un d'jeunz recroquevillé sur son bidule, avec l'air aussi malin qu'aurait Swâmi Petaramesh s'il pédalait sur le vélo de son nain de 3 ans.
Le d'jeunz n'a manifestement pas plus de 14-15 ans, en tenue de d'jeunz réglementaire : jogging informe à capuche (qu'il ne porte pas sur la tête), baskets pourries. Pas de casque. Il a un peu l'aspect grand dépendeur d'andouille tout mou qu'ont certains adolescents au moment où leur croissance prend leur virilité de vitesse.
Il s'est arrêté bien sagement au feu rouge, et attend, comme tout le monde, que celui-ci passe au vert. Il est seul.
Je l'observe avec le sourire sur son étrange attelage, en me disant que si un flic passe, c'est sûr, il y aura droit. Car je doute légèrement de la conformité réglementaire de tout ça.
Swâmi Petaramesh n'aurait pas du penser cela, car ses siddhis provoquent immédiatement la survenue de l'évènement pressenti :
Par la rue de gauche arrive alors une voiture estampillée POLICE MUNICIPALE, croisant à très faible allure, pas plus de 20 à l'heure. Swâmi Petaramesh se dit il a de la chance, les municipaux ne doivent pas être compétents pour ça... Grossière erreur.
Le flic en place avant droite remarque aussitôt l'ORNI[2], dit deux mots à son acolyte conducteur, et la voiture de flics pile net et s'arrête en plein milieu du carrefour, barrant le passage devant la pétrolette. Starsky et Hutch au ralenti.
3 portières s'ouvrent simultanément, 3 flics en tenue descendent - tous sauf le conducteur.
Le premier se dirige droit sur le délinquant présumé, tandis que simultanément les deux autres le contournent en un mouvement de tenaille parfaitement exécuté. Je vois celui qui arrive par la gauche[3] détacher son bâton tonfa de sa ceinture et ramener le bras en arrière dans la position menaçante d'un individu prêt à frapper.
Les trois cow-boys fondent sur le dangereux individu qu'ils s'apprêtent à appréhender.
Vue de ma voiture, aux premières loges, la scène est impressionnante. Je me dis que sous l'effet de surprise, le gamin doit être liquéfié. J'imagine qu'à son âge j'aurais fait dans mon froc.
Ma vitre est fermée, je n'entends pas les conversations, mais je vois le môme - qui ne montre aucune vélléité de résistance, et à sa place, on ferait pareil - sortir de sa poche des papiers qu'il brandit vers les gardiens de la paix.
Le flic de gauche raccroche son tonfa à la ceinture. La scène semble devenir un peu plus pacifique.
Le feu passe au vert, je démarre, contournant l'obstacle que forme toujours la voiture de police au beau milieu du carrefour - et qui gène les 80 bagnoles qui attendent derrière et essaient de passer. Dans le fond, un concert de klaxons commence, les musiciens accordent leurs instruments...
Le môme a la peau claire et les cheveux blonds. Je me dis qu'il a probablement de la chance.
Brrrr... On peut s'interroger sur les raisons qui conduisent des flics municipaux, en pleine ville, à contrôler un môme avec l'impressionnant déploiement de force menaçante qui fait penser à l'interpellation d'un trafiquant de drogue par le GIGN.
A l'âge du gamin, il y a des kalpas de ça, je vivais moi aussi dans une (autre) grande ville[4], et j'avais moi aussi un monstre vrombissant au pot ach'tement trafiqué - qui permettait à ma mère de savoir que je rentrais quand j'étais encore à 4 pâtés de maisons. Je "faisais chier le bourgeois" avec ma dégaine de caillera, mot qui n'existait pas encore à l'époque, et la pétarade de mon 50 trafiqué grave m'attirait l'amitié régulière des forces de police.
Pourtant, si ceux-ci manquaient rarement une occasion de me contrôler et de me verbaliser, ils étaient beaucoup moins lourdement armés, et infiniment moins menaçants que dans la scène de violence virtuelle à laquelle je viens d'assister. Ils n'étaient peut-être pas franchement sympathiques, mais ils étaient corrects et faisaient leur boulot.
Autre temps, autres moeurs, dirait-on...
Il n'en reste pas moins qu'on se demande ce qui conduit un trio de flics municipaux à interpeller un môme si peu terrifiant autrement qu'avec la ferme courtoisie qu'un citoyen est en droit d'attendre de ses gardiens de la paix. Un flic peut baisser la vitre de sa voiture et dire au gosse "Veuillez vous ranger sur le côté, s'il-vous-plaît !", non ? Pour une mission aussi dangeureuse, un flic peut descendre tout seul de sa voiture - qui n'est pas obligée de rester portières ouvertes au milieu d'un carrefour à grande circulation - et contrôler les papiers d'un môme sans avoir le tonfa à la main... Ou je me trompe ?
Que je sache, leur mission ne consiste pas à terroriser les populations ?
On peut s'étonner ensuite qu'entre jeunes et forces de l'ordre (ces deux communautés, selon l'expression à la mode) ne règne pas une entente cordiale et un amour bucolique...
Certes, les flics, ici, n'ont certainement commis aucune infraction à leur règlement, mais une éducation à un peu plus de civilité ne leur ferait pas de mal.
Je cite rarement les Etats-Unis d'Amérique en exemple, mais là-bas, s'il est très fortement conseillé de ne jamais opposer de résistance aux injonctions d'un flic de la route, quand ceux-ci vous arrêtent, et tant que vous obtempérez, ils s'adressent toujours à vous avec une scrupuleuse politesse, en vous donnant du monsieur et du please à tour de bras... Ca ne ferait peut-être pas de mal chez nous ?
Epilogue : 20 minutes plus tard, et à quelques rues de là, j'entends péééèèt ! pèt-pèt-pèèèééét !! et je vois passer le même môme, toujours sur sa trotinette à réaction, et toujours sans casque. Ils l'ont donc laissé repartir.
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Une communauté s'abrutit infiniment plus par un usage régulier de la
répression que par une criminalité occasionnelle.
- Oscar Wilde
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