Ashram de Swâmi Petaramesh

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mardi 7 février 2006

La pub' hyper-réaliste du jour

Monsieur Bana

Whaf, Mâ Anandaramesh m'a remonté ça de la boîte-aux-lettres, et je suis un vrai gamin, je n'ai pas pu résister au plaisir de vous faire profiter de ce morceau de bravoure ;-)

Comment ? Vous dites ? Vous avez plein de trucs du même genre dans votre boîte aussi ? Ah bon...

Je crois que je vais l'appeler, tiens. Il est grand temps que Mâ Anandaramesh se décide à courir derrière Swâmi Petaramesh "comme un chien derrière son maître". Pour l'instant, on en est fort loin, mais peut-être que ce brave homme Grand Voyant Médium y pourra quelque chose ! 8-D

L'alim moisie du jour

Da trou

Dans le genre plongée vertigineuse, c'est encore assez pas mal. Décidément, ce blog ne tient en l'air que par un fil :~/

10h30, c'est pile l'heure où EDF, d'humeur facétieuse, a trouvé que ce serait une bonne idée de me couper subrepticement le courant pendant une petite quinzaine de secondes, juste histoire de rigoler.
Visiblement, à l'instant exact du passage sur onduleur, l'alim s'est sentie toute pâle et m'a fait un truc bien gore...

M'en fous, ça n'a papété, mais visiblement, vu la tronche du graphe, c'est pas passé loin...

Onduleur roulaize tout de même, mais j'aimerais bien que ces braves gens de chez Antec se décident à me l'envoyer, cette alimentation neuve...

La liberté d'expression à l'ère numérique

Dès que l'on ouvre un blog ou un site Internet, on serait bien inspiré de se poser la question de ce que la loi autorise d'y exprimer ou non, de l'endroit où se situe la ligne jaune, et des risques que l'on encourt si jamais on la franchit.

Pour une première vision d'ensemble de la question, un détour par le désormais célèbre billet Blogueurs et responsabilité de l'incontournable Maître Eolas, ainsi que par l'article d'Eric Barbry, sont fortement recommandés : les principales règles applicables en la matière y sont explicitées, notamment en matière de diffamation ou d'injures, accusation qui risque de nous tomber sur la tête dès que l'on envisage d'exprimer une opinion "tranchée" susceptible de déplaire à quelqu'un...

Cette lecture faite, on saura qu'il convient de se montrer prudent, et de tourner 7 fois la touche [Entrée] sous son médius avant de l'enfoncer allègrement.

Certes, il est normal que la loi impose ses limites à la liberté d'expression, qui doit nécessairement s'arrêter là où commenceraient les nuisances causées à autrui.

Toutefois, cette évidence incontestable masque des problèmes de fond, qui sont l'objet de ce billet.

Le premier de ces problème est celui de la transformation rapide de notre société, et de la dissolution partielle de la limite entre la sphère publique et la sphère privée qui en découle. Ce problème est particulièrement mis en évidence par les spécificités du média Internet, qui, par le biais des blogs, forums de discussions ou simples pages perso met à la disposition de tout-un-chacun un moyen d'expression radicalement nouveau.

Notre société se transforme, donc. Il y a encore quelques dizaines d'années, il y avait, en ville, un bistrot au pied de chaque immeuble ou presque, et, dans ce bistrot se tenaient chaque soir, selon la plus ancienne tradition, des conversations de Café du Commerce. Ces conversations n'étaient pas toujours aussi tempérées que le politiquement correct aujourd'hui en vigueur l'exige, et on y entendait bien souvent des expressions évidemment excessives : "Machin est un fâââchiste !", "Ce connard de Villarko...", ou "La sécu c'est qu'un tas de glands", "la femme au volant c'est la mort au tournant", "La Société Trucchose c'est rien que des escrocs, des voleurs !!", "Faudrait y foutre une bombe !", "Ben t'as qu'a pas le déclarer !", "les [insérez ici le nom de votre minorité ethnique préférée] sont cons comme des balais !", "la prof' d'anglais est une pouffiasse !"[1], etc, etc.

Chacune de ces paroles, on s'en doute, tombe sous le coup de la loi, que ce soit pour injures, diffamation, propos racistes ou sexistes, ou incitation à la commission de crimes ou de délits. Terrorisme, pouquoi pas ?

Mais, jamais au grand jamais, les auteurs de ces propos n'ont été inquiétés, traînés en justice ou jetés au cachot pour autant - du moins tant que le bistrot en question n'était pas considéré comme un véritable repaire de terroristes ou de délinquants. Ces propos étaient tenus dans un cadre, sinon privé, du moins restreint, et étaient tolérés, d'abord en tant qu'exutoire - on sait bien que les propos extrêmes sont rarement à prendre au premier degré, mais ça soulage... - et ensuite parce qu'il aurait été impossible de coller un flic derrière chaque comptoir, prêt à verbaliser au moindre écart de langage.

Du coup, tout ceci était toléré de fait, et considéré comme un défoulement ordinaire sans conséquence, si ce n'est, probablement, la conséquence très positive de faire baisser la pression, car il est bien connu que le fait de pouvoir exprimer sa hargne ou son mécontentement calme, détend, et permet souvent d'éviter que les choses n'aillent plus loin.

De même, et a fortiori, les propos tenus par chacun dans le cadre familial ou dans un lieu privé - avec les copains invités à bouffer - échappent légitimement à toute censure et à toute sanction, et on peut à loisir exprimer sa profonde pensée en disant que "l'équipe de foot machin, c'est rien que des branleurs dopés et qu'en plus ils achètent le résultat des matches".

Gageons que des propos aussi répréhensibles, il s'en échange chaque jour des millions, à chaque table familiale, à chaque comptoir, ou à la machine à café de chaque bureau.

Certes, si de tels propos avaient été publiés, leur auteur aurait encouru les foudres de la justice, mais voilà, ils ne l'étaient pas. Parce que, jusqu'à très récemment, les moyens de publication (qui n'était qu'une diffusion, dans le sens de un vers beaucoup) n'étaient accessibles qu'à des professionnels, et que ces professionnels, outre qu'ils se comportaient en professionnels, avaient une parfaite connaissance des limites (c'est leur métier), bien souvent un statut leur accordant une protection particulière (journalistes), et, en cas de problème, le moyen et l'habitude de recourir à des avocats, et, le plus souvent, les moyens financier de faire face à un procès et d'en assumer les éventuelles conséquences.

Mais aujourd'hui, les choses ont bien changé. La plupart des bistrots-en-bas-de-chez-moi ont fermé, notre mode de vie nous éloigne de plus en plus souvent géographiquement de notre famille ou de nos amis, les grandes villes sont anonymes comme chacun sait, et plus de 8 millions de personnes vivent seules chez elles.

Arrive soudain Internet, ses forums et ses blogs. Un moyen d'expression absolument inouï, d'une puissance inconcevable, qui permet non plus à un tout petit nombre, mais à tout-un-chacun, de s'exprimer largement. La communication de chacun-vers-chacun est là. On peut s'exprimer, et sans le filtre d'un éditeur ou d'un rédac'chef, sans non plus l'éventuel conseil d'un cabinet juridique. On s'y exprime directement, immédiatement, sans souvent beaucoup de temps de réflexion, et avec les excès possibles qu'entraîne la spontanéité, surtout quand nombre d'utilisateurs sont très jeunes, et n'ont ni le background juridique et professionnel, ni la maturité d'un écrivain ou d'un éditorialiste chenu.

Il se forme des communautés virtuelles, basées sur les affinités ou les centres d'intérêt communs, où la distance physique n'existe plus, où le délai de transmission n'existe pas non plus.

Certes, techniquement, ce qu'écrit chacun est accessible à tous, mais, en pratique, il ne sera le plus souvent lu que par un cercle restreint d'amis réels ou virtuels, de personnes partageant les mêmes centres d'intérêt, la même sensibilité ou les mêmes opinions.

Internet récrée, en quelque sorte, un Café du Commerce géant, un Café du Commerce planétaire, comme l'avaient si bien pressenti ses pionniers qui parlaient, eux, de village planétaire.

A un détail près. Mais il est de taille. Tout ce qui se dit ici, du moment que c'est publiquement accessible, tombe dans le domaine des lois régissant l'expression publique. En dehors de l'e-mail personnel et des espaces clos, tout ce qui est écrit ici est considéré comme publié. Et la législation que l'on applique alors ne peut que résulter en injustice, châtiments excessifs, et limitation de la liberté d'expression.

Tu as dit que ta prof est une conne ? Tu aurais mieux fait de le dire au bistrot, car tu vois, tu es viré de ton bahut.

Tu plaisantes sur un sujet d'actualité quand des ANPE sont brûlées, en proposant sur un forum de chômeurs de communiquer d'autres adresses pour les brûler aussi ? Crac ! Les flics débarquent chez toi à 6 heures du matin pour te coller au gnouf. Incitation à la commission de crime ! Tu plaisantais peut-être[2], mais eux ne plaisantent pas... Terroriste, va !

Tu es proviseur, homosexuel également, et tu évoques les deux, même sous pseudonyme, sur ton blog ? Paf ! Tu es aussitôt révoqué, parce que, n'est-ce pas, chez ce gens-là Monsieur, ça s'fait pas...

Tu reproduis sur ton blog un article du ''Parisien'' mettant en cause la ville où tu habites ? Paf ! Tu te retrouves en correctionnelle poursuivi, non pas par le journal qui te reprocherait la reproduction de son article, non, mieux, poursuivi en diffamation par la ville dont parle l'article de presse que tu as reproduit !

Viré, révoqué, poursuivi, arrêté au petit matin... Voilà ce que risque Monsieur Durand, s'il a le malheur de faire, sur son blog, un petit pas de travers. Même si ce pas de travers a été lu, c'est le bout du monde, par peut-être une douzaine de copains. Ou un petit cercle de lecteurs partageant tes centres d'intérêt.

Gageons que quiconque simple particulier, qui tient un blog pendant assez longtemps, surtout si ce blog est un blog d'opinion, militant, politique ou que sais-je, quiconque finira un jour par trébucher sur la ligne jaune du là-il-est-allé-trop-loin, et par encourir les foudres, soit de la justice, soit d'une sanction scolaire ou professionnelle.

Le deuxième des problèmes que je vois poindre est celui de l'automatisation des recherches d'infractions. Car, si les propos tenus au Café du Commerce ont une portée acoustiquement limitée, et s'ils s'évaporent plus vite que l'odeur de la bière, les propos tenus sur Internet peuvent facilement être surveillés par le simple usage de moteurs de recherche standard, ou de robots spécialisés. Même tenus dans un lointain passé, Internet a très bonne mémoire, et la Wayback Machine est capable d'exhumer aisément des pages disparues et des propos oubliés depuis longtemps.

Si, à un instant donné, des agences ANPE brûlent[3], il sera très facile de rechercher si, sur le 'net, quelqu'un n'aurait pas par hasard suggéré la chose dans un espace "public". Si jamais c'est le cas, le pauvre bougre aura fort à faire pour démontrer qu'il plaisantait, à supposer toutefois qu'il n'ait pas été terrassé par une crise cardiaque en voyant le GIGN débarquer chez lui à 6 heures du matin...

Si donc un propos jugé "répréhensible" est tenu, on peut imaginer que, du fait de ces facilités techniques, leur auteur a bien plus de (mal-)chances que dans la vraie vie de voir ce propos lui retomber sur le coin de la figure avec le plus bel effet boomerang.

De nombreuses grosses entreprises, déjà, utilisant des cabinets spécialisés, scannent le 'net pour y rechercher tout emploi de leur nom ou de leur logo, au cas où un propos qu'elles jugeraient diffamatoire ou préjudiciable à leur image serait tenu. On imagine la suite.

Ce qui nous amène au quatrième risque potentiel : celui d'une forme de terrorisme judiciaire, ou la vieille histoire du pot de terre contre le pot de fer : On peut en effet imaginer que certaines entreprises, ou toute "personne morale"[4] suffisamment puissante, se jugeant offensée en quoi que ce soit par un quelconque propos tenu sur Internet, n'hésitera pas à brandir haut et fort le bras armé de la justice pour écraser l'imprudent moustique. Même si elle est sûre de perdre au bout du compte - et encore, sait-on jamais ? -, une telle personne morale fera probablement de gros dégâts sur la pauvre petite personne physique qu'elle aura prise pour cible.
Le pauvre bougre attaqué, une fois qu'il aura vu l'hébergement de son site coupé par l'invocation des dispositions du petit 3 du grand I jumelé au premier alinéa du grand IV de l'article 6 de la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 dite « pour la confiance dans l'économie numérique »[5], puis une fois qu'il aura eu à douiller ses frais d'avocat, à monter son dossier de défense, à bouffer des anxiolytiques pendant des mois en attendant l'heure de son procès, le pauvre bougre, à la sortie, même s'il gagne et empoche les 3 balles de l'article 700, ben il aura été bien essoré quand même et jurera, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendra plus.

Et hélas, je crains fort que pas mal de grosses boîtes n'aient guère de scrupules à pratiquer ce genre d'intimidation (que je qualifie de terrrorisme judiciaire), après tout, quand on dépense des millions d'euros en coûteuses campagnes de pub, on peut bien en dépenser quelques milliers pour aplatir un pôvre type qui aurait eu le toupet de faire de la contre-pub. Que le procès soit gagné ou perdu n'a guère d'importance, le pôv'type est essoré à la fin, et ça fait un exemple pour les autres...

Toutes ces réflexions me donnent à penser que, si le Législateur souhaite maintenir la liberté d'expression des citoyens de l'ère numérique au niveau que l'on est en droit d'attendre dans une démocratie (et j'espère qu'il ne souhaite pas le contraire...), il devrait sérieusement se pencher sur une modification des lois en vigueur pour tout ce qui concerne l'expression publique des particuliers.

Il me semble par exemple que la liberté d'expression d'opinions devrait être garantie par des textes, au-delà de ce qui existe actuellement, et en particulier pour ce qui concerne les délits de diffamation et d'injures envers des personnes morales (qui, généralement, n'en souffrent guère...) ou envers des personnages publics, élus ou membres du gouvernement (qui, bien souvent, sont en bonne position pour recevoir oeufs et tomates, et qui, bien souvent, ne les ont pas volées...).

Car je pense profondément que, quand on est un simple particulier, on devrait pouvoir dire sur Internet ou ailleurs les produits de la société Machin sont merdiques, telle boîte est une nuisance pour l'environnement, ou le ministre Truc est un escroc / facho / salaud sans risquer de se retrouver pour autant traîné devant un tribunal.

Certes, on peut désapprouver de tels propos et les juger excessifs, mais la possibilité de tenir des propos excessifs fait partie intégrante de la liberté d'expression.
Si celle-ci se trouve trop sévèrement bornée par la rigueur de la loi, beaucoup seront lourdement condamnés pour de simples peccadilles, et le risque est grand que les autres, s'en tenant à une prudente auto-censure, évitent à l'avenir de parler des choses qui fâchent...

Post Scriptum : Et tiens, puisque c'est le sujet de ce billet, je tombe à l'instant sur deux nouveaux billets qui vont dans le sens de mes inquiétudes :

Notes

[1] Ces remarques imaginaires sont données ici à titre d'exemple pour le propos de ce billet, et ne représentent en rien mon opinion, je le jure, Monsieur le Juge ;-)

[2] De mauvais goût, soit, mais la plaisanterie de mauvais goût est-elle un crime ?

[3] Juste un exemple encore, puisque c'est d'actualité...

[4] J'adore ce terme... Une "personne morale" étant assez souvent une hydre impersonnelle assez éloignée de toute forme de morale...

[5] J'adore décidément la manière dont Veuve Tarquine a tourné ça ;-)

WRT54G - Structure et taille de la mémoire

Structure de la mémoire

Avant de se lancer dans l'installation d'un nouveau firmware sur le WRT54G, il n'est pas mauvais d'avoir une petite idée de la structure de la mémoire contenue dans cette bestiole.

Le WRT54G comporte deux types de mémoire :

  1. une mémoire RAM, mémoire vive du système, dans laquelle tourne le système d'exploitation. Ce n'est pas à cette mémoire que nous nous intéresserons dans cet article.
  2. une mémoire flash, qui est subdivisée en différentes parties, contenant :
    • Le bootloader du système. C'est un micro-logiciel dont le but est de charger et de lancer le système d'exploitation (firmware) proprement dit. Il est en quelque sorte analogue à LILO ou grub sur un système PC/Linux, ou à d'autres outils équivalents que l'on peut trouver sur d'autres architectures.
      • Le bootloader du WRT54G s'apelle PMON sur les versions les plus anciennes, et CFE sur les versions plus récentes.
      • Lorsque nous chargerons un nouveau firmware sur le WRT54G, cette opération n'affectera normalement pas la partie de la mémoire flash qui contient le bootloader. Si jamais il était affecté, nous aurions alors de gros problèmes[1].
      • Outre sa fonction principale, qui est de lancer le système d'exploitation, le bootloader du WRT54G a d'autres caractéristiques essentielles qui nous serviront bien :
        • S'il ne parvient pas à lancer de firmware (parce que ce dernier est absent ou endommagé, par exemple...), le bootloader démarre un serveur TFTP incorporé, serveur qui permet de télécharger un nouveau firmware dans le WRT54G.
        • De plus, même si le firmware est installé, il est possible (via l'activation d'un flag appelé boot_wait) de demander au bootloader d'activer dans tous les cas son serveur TFTP lors du boot, pour une durée de 5 secondes, avant de démarrer le système d'exploitation proprement dit.
        • Pour remplacer le firmware du WRT54G, nous userons et abuserons de cette possibilité, car c'est encore la meilleure manière de procéder.
      • La partie de la mémoire flash qui contient le bootloader contient également une copie des paramètres usine essentiels du routeur, notamment son adresse MAC. C'est cette copie des paramètres usine qui est réinstallée dans la NVRAM quand la configuration du routeur est entièrement réinitialisée, ce que nous ferons après avoir remplacé le firmware.
    • Le système d'exploitation, c'est-à-dire le firmware à proprement parler, basé sur GNU/Linux. C'est ce firmware que nous allons donc remplacer.
    • Le ''système de fichiers racine'' ou root filesystem. Il est en lecture seule. Nous n'avons pas à nous en préoccuper ici, mentionnons simplement qu'il sera mis à jour en même temps que le firmware.
    • La NVRAM, ou plutôt une émulation de NVRAM. J'explique :
      • Sur les PC traditionnels, on trouve une NVRAM, qui est une petite mémoire généralement basée sur la technologie CMOS, et qui consomme très peu d'électricité pour conserver son contenu. Cette petite mémoire est alimentée par une pile qui dure généralement des années. Sur les PC, cette petite mémoire conserve essentiellement les paramètres du BIOS, que l'on peut régler via un utilitaire spécifique que l'on charge généralement en appuyant sur une touche du clavier (bien souvent [Suppr]) au moment du démarrage du système.
      • Le WRT54G ne possède pas de puce de NVRAM, mais sa fonction est émulée dans une partie de la mémoire flash, qui est capable de conserver son contenu sans alimentation électrique. Quand, dans cette article, on parlera de NVRAM, on parlera donc en fait de la partie de la mémoire flash qui émule le fonctionnement d'une NVRAM.
      • La NVRAM du WRT54G est particulièrement importante, car elle conserve l'ensemble des paramètres de fonctionnement du routeur, tels qu'ils sont réglés par l'utilisateur au moyen de l'interface d'administration.
    • Enfin, certains firmwares améliorés, comme DD-WRT ou OpenWRT, permettent, si la taille de la mémoire flash l'autorise, de créer également dans celle-ci un système de fichiers supplémentaire, fonctionnant en lecture-écriture, et utilisant le filesystem j2ffs. En pratique, les WRT54G n'ont cependant pas assez de mémoire flash pour y loger un tel filesystem, que l'on ne pourra réellement exploiter que sur la série WRT54GS (voir plus bas). Ce filesystem peut être très utile à ceux qui voudraient installer sur leur WRT54GS des applications supplémentaires.

Taille de la mémoire

Typiquement, les WRT54G disposent de 16 Mo de mémoire RAM et de 4 Mo de mémoire flash, tandis que les WRT54GS disposent du double (32 Mo de RAM et 8 Mo de flash).

Les WRT54G sont parfaitement adaptés à la plupart des usages, sauf si l'on a la nécessité d'installer un filesystem supplémentaire en mémoire flash, auquel cas on choisira un WRT54GS, modèle dont la mémoire flash plus grande permet de bénéficier de cette fonctionnalité.

Attention cependant : Ceci dépend de la version hardware du routeur, car les toutes dernières versions sorties à ce jour ont vu leur capacité mémoire divisée par 2 ![2]

En particulier :

  • Le WRT54G version 5 ne possède que 8 Mo de RAM et 2 Mo de flash. Ce modèle n'est pas utilisable avec des firmwares de remplacement.
  • Le WRT54GS version 4 ne possède que 16 Mo de RAM et 4 Mo de flash. Il est utilisable avec des firmwares de remplacement, mais, du fait de sa mémoire réduite à la mémoire "normale" d'un WRT54G, il ne présente guère d'intérêt pour nous. A éviter donc.
  • Le WRT54GS version 5 ne possède que 16 Mo de RAM et 2 Mo de flash. Ce modèle n'est probablement pas utilisable avec des firmwares de remplacement
  • Tous les modèles plus anciens ont la capacité mémoire "classique" décrite au début de ce paragraphe, et ne posent donc pas de problème de ce point de vue.

Voici par exemple comment se présente la taille des différentes partie de la mémoire flash sur l'un de mes WRT54G:

~ # cat /proc/mtd
dev:    size   erasesize  name
mtd0: 00040000 00010000 "pmon"
mtd1: 003b0000 00010000 "linux"
mtd2: 002c4a8b 00010000 "rootfs"
mtd3: 00010000 00010000 "nvram"
mtd4: 00050000 00010000 "ddwrt"

Tailles converties en décimal:

mtd0: 262144	256 Ko	pmon
mtd1: 3866624	3,68 Mo	linux
mtd2: 2902667	2,76 Mo	rootfs
mtd3: 65536	64 Ko	nvram
mtd4: 327680	320 Ko	ddwrt

Visualisation du contenu de la NVRAM

En mode console (connexion telnet ou SSH par exemple) le contenu de la mémoire NVRAM d'un WRT54G peut être listé par la commande :

# nvram show

Pour obtenir la valeur d'un seul des paramètres de la NVRAM, on utilisera la fonction nvget de la commande à tout faire wl[3], avec le nom du paramètre désiré. Par exemple, pour obtenir la valeur du paramètre ''boot_wait', on utilisera:

# wl nvget boot_wait
on

Réglage des paramètres de la NVRAM

La plupart des paramètres de la NVRAM se règlent habituellement via l'interface d'administration du routeur.
Il est toutefois possible de régler un paramètre à la main, en utilisant la fonction nvset de la commande à tout faire wl.

Le format est le suivant : wl nvset param="valeur". Par exemple, pour régler le paramètre boot_wait sur "on", on taperait:

# wl nvset boot_wait="on"

Les réglages ainsi entrés dans la nvram ne sont véritablement enregistrés qu'en tapant ensuite la commande:

# nvram commit

...qui effectue l'enregistrement effectif des paramètres de la NVRAM dans la mémoire flash.
A défaut d'effectuer le nvram commit, les paramètres de NVRAM qui auront été modifiés seront perdus lors du prochain reboot.
Il est donc important d'y penser à chaque fois que l'on modifie à la main des paramètres de la NVRAM.

Réglage du paramètre boot_wait

Comme nous l'avons brièvement expliqué plus haut, le paramètre boot_wait permet de demander au bootloader d'attendre pendant 5 secondes le chargement (éventuel) d'un nouveau firmware par TFTP avant de lancer le système d'exploitation proprement dit.
Ce paramètre est donc essentiel à deux titres :

  • Parce que c'est par la méthode TFTP que nous remplacerons le firmware d'origine par un firmware modifié
  • Parce que la méthode TFTP peut nous sortir d'un gros problème si quelque chose se passe mal après la mise à jour du firmware.

Sur la plupart des firmwares améliorés, le flag boot_wait peut être directement réglé dans l'interface d'administration. Toutefois, tant que vous avez sur votre WRT54G le firmware d'origine Linksys, vous ne disposez pas de cette fonctionalité.

Voici une astuce qui permet de régler le flag boot_wait sur un WRT54G encore équipé de son firmware d'origine[4] ; j'ai utilisé ceci avec succès sur un WRT54G v.2 avec Firmware d'origine Linksys v2.02.7 :

  • L'interface Internet DOIT avoir une adresse IP valide. Elle n'est pas forcée d'être connectée, SAUF si cette adresse est obtenue par DHCP. Vous pouvez définir une adresse bidon pour les besoins de la cause.
  • Appeler la fenêtre de ping (Administration / Diagnostics / Ping)
  • Entrer les commandes suivantes exactement telles quelles dans la zone de saisie de l'adresse IP à pinguer:
;cp${IFS}*/*/nvram${IFS}/tmp/n
;*/n${IFS}set${IFS}boot_wait=on
;*/n${IFS}commit
;*/n${IFS}show>tmp/ping.log

Les première commandes ne répondent rien ; la dernière doit lister le (long) conteu des paramètres de la NVRAM, parmi lesquels vous devrez trouver :
"boot_wait=on" => Ca a marché !

Effacement de la NVRAM - Reset du routeur à l'état "usine"

Il y a des situations où il peut être nécessaire d'effacer complètement les paramètres présents en NVRAM, et de les remettre à l'état usine (factory reset)[5].
Il est en particulier nécessaire de la faire après avoir remplacé le type de firmware qui équipe le routeur[6].

On peut procéder, au moins, de trois manières différentes :

  • Via l'interface web : La plupart des firmwares pour WRT54G, d'origine ou de substitution, coportent une option ad hoc dans leur interface d'administration.
  • Via le bouton RESET situé au dos de l'appareil. Enfoncer et garder enfoncé ce bouton pendant au moins 20 secondes. Au bout d'un certain temps, le voyant Power se met à clignoter : le routeur reboote et restaure ses paramètres à l'état usine[7] [8]
  • En tapant, en ligne de commande (console telnet ou SSH), la commande suivante :
# mtd erase nvram[9]

Voilà, ça sera tout pour aujourd'hui. A suivre...

Notes

[1] Le WRT54g serait alors "transformé en brique" (bricked) et serait totalement inutilisable tant qu'il n'aurait pas été "débriqué" (debricked), question que je traiterai probablement dans un prochain article.

[2] C'est vraiment stupide, hein ?

[3] Cette commande contrôle l'accès à pratiquement toutes les fonctions spécifiques du WRT54G. Pour connaître la liste complète des fonctions qu'elle gère, taper, sur un WRT54G en mode console, la commande : "wl -h".

[4] Astuce tirée de http://openwrt.org/OpenWrtDocs/Installing

[5] Notez que ceci ne remet pas en place le firmware d'origine, mais seulement les paramètres de la NVRAM

[6] Nécessaire, par exemple, quand on passe d'un firmware d'origine Linksys à un firmware non-Linksys, mais ce n'est par contre le plus souvent pas nécessaire quand on upgrade entre deux versions successives du même firmware

[7] J'ai lu ici ou là qu'il faut attendre que le routeur ait fini de rebooter (que le voyant Power ait fini de clignoter) avant de relâcher le bouton RESET. Ca ne me paraît pas très logique, il me semblerait plus logique de penser que les paramètres sont effacés juste avant que le routeur ne reboote... Dans le doute, je le garde enfoncé jusqu'à la fin du reboot. Précisions et commentaires bienvenus ;-)

[8] Cette méthode ne fonctionne que si le démon resetbuttond est actif sur le routeur, c'est généralement le cas sauf s'il a été désactivé via l'interface d'administration, ou, bien évidemment, si le firmware est planté...

[9] Cette commande est sans danger sur les WRT54G, mais a été rapportée comme dangereuse sur certains routeurs compatibles d'autres marques, qui peuvent utiliser les mêmes firmwares (notamment DD-WRT), mais sur lesquels il ne faut surtout pas utiliser cette commande sous peine de briquage en profondeur. Soyez prudents ;-)