Le savez-vous ? Le sous-amendement 213 à la loi sur l'Economie Numérique, qui vient d'être adopté par le parlement (qu'il soit couvert d'opprobre et de mépris pour cela) retire de la définition légale du courrier électronique la notion de correspondance privée, ce qui veut dire que la protection légale accordée à toute correspondance privée disparaîtra pour le courrier électronique, ceci dans le seul intérêt des lobbies de l'ubiquitaire et tartuffesque propriété intellectuelle qui redoutent que le courrier électronique puisse être utilisé pour l'échange de "fichiers protégés par copyright".
Une fois de plus, la majorité de nos députés trahit sans vergogne non seulement l'intérêt des citoyens qu'ils ont mission de représenter, mais pire, trahit les principes fondamentaux du respect des Droits de l'Homme et de sa vie privée, dans le seul intérêt de lobbies économico-financiers.
Pendant qu'ils y étaient, ils auraient du supprimer carrément toute notion de correspondance privée, même "papier", car il a du leur échapper qu'il est possible de glisser dans une enveloppe une copie d'un CD contenant les bêlements ineptes de la dernière starlette à la mode. Il a d'ailleurs toujours été possible de glisser dans une enveloppe des documents autrement plus inquiétants (plans d'une bombe atomique ou projets illégaux), mais la sagesse de la République avait jusqu'ici estimé que la notion de correspondance privée était suffisamment importante pour mériter d'être protégée. Cette sagesse semble aujourd'hui bien éteinte, quand pour satisfaire quelques lobbies, on abandonne cette notion pour le courrier électronique, qui constitue aujourd'hui pourtant le vecteur principal de la correspondance écrite privée -- car qui s'écrit encore avec une enveloppe ? Il y a belle lurette que nos boîtes-aux-lettres physiques ne contiennent plus que des factures et des prospectus publicitaires...
Face à cela, il est plus nécessaire que jamais de chiffrer systématiquement toute votre correspondance électronique privée, voir OpenPGP en français.
Ce nouveau coup de pied donné aux libertés fondamentales vient s'ajouter à tout ce que la "loi sur l'économie numérique" comportait déjà de mépris des citoyens et des règles fondamentales de la démocratie, instituant par exemple une justice privée pour Internet, en forçant les fournisseurs d'accès et d'hébergement à assumer un triple rôle de flics, de juges et de bourreaux qui n'est pas de leur ressort, et dont ils ne veulent pas, là encore au profit des seuls lobbies de la propriété intellectuelle.
...Ces mêmes lobbies au profit desquels des taxes ont déjà été instituées sur les supports d'enregistrement vierges, si bien que quand vous achetez un CD vierge pour y stocker vos photos de famille, la copie de sauvegarde de votre disque dur, ou des Logiciels Libres, vous payez par la même occasion une taxe au profit de ces requins, et ce sont vos représentants au parlement, élus pour défendre vos intérêts de citoyens, qui en ont décidé ainsi !
N'ayez nulle illusion braves gens, Internet à la sauce Raffarin / U.M.P., c'est flicage partout, justice nulle part, et que surtout rien n'arrête la machine à pognon. On est bien loin ici du village planétaire dans lequel chacun pourrait librement communiquer et échanger avec tous. Hélas, avant même Raffarin, le gouvernement Jospin avait déjà lui-même bien entamé la descente de cette pente glissante.
Mais ces dernières "évolutions", si j'ose dire, dépassent cette fois les bornes du tolérable, et plusieurs associations ont déjà réagi:
- Le 2 janvier 2004, L'Association des Fournisseurs d'Accès et de Services Internet publie un communiqué par lequel l'ensemble des fournisseurs d'accès français s'oppose fermement au filtrage d'Internet.
- Communiqué d'IRIS, (Imaginons un Réseau Internet Solidaire) et pétition à signer contre la LEN.
- Reporters sans frontières dénonce ce projet de loi.
- L'association ODEBI publie un communiqué et appelle au boycott de l'industrie phonographique.
- Le 13 janvier 2004, L'Association des Fournisseurs d'Accès et de Services Internet, s'exprimant au nom de l'ensemble des fournisseurs d'accès Internet de France, menace de la fermeture complète
de l'ensemble des "pages perso" et "forums" de tous les fournisseurs d'accès français, si la honteuse loi sur l'économie numérique est adoptée.
- Article sur Yahoo Actualités: Les fournisseurs d'accès internet menacent de couper les services hébergés
- Autre article sur yahoo Actualités L'internet français se mobilise contre une loi jugée liberticide
- Article sur TF1 News: Menace sur les pages perso
- Article sur ZD Net France: Loi Fontaine: les FAI menacent de couper les pages persos
- 13 janvier 2004, journal télévisé "20 heures" de France 2: RIEN. Ici, on préfère vous montrer des sujets plus racoleurs ou plus people comme le ènième long reportage sur des repêchages de boîtes noires pas encore repêchées, le titanesque duel Sarkozy / Chirac, ou les aventures de Bertrand Cantat à Vilnius. Et les sorties cinéma de la semaine. Et surtout, surtout, on évite les sujets qui vous apprendraient réellement quelque chose ou susciteraient une véritable polémique. Dormez bien, braves gens, pendant qu'on muselle votre liberté d'expression et qu'on sacrifie le secret de votre correspondance. Pour les autres chaînes je ne sais pas, désolé, ma boîtakon ne me permet de regarder qu'une chaîne à la fois, et d'ailleurs, je ne suis pas certain qu'elle capte encore TF1, depuis le temps que personne ici n'a allumé cette chaîne...
- 13 janvier 2004, Article sur 01net.com: Législation: Les FAI menacent de débrancher les sites personnels
- 13 janvier 2004, Article sur news.tf1.fr: Il est impossible de surveiller les sites en permanence
- 14 janvier 2004, Article sur vnunet.fr: Front uni contre la loi sur l'économie numérique
- 14 janvier 2004, Article sur liberation.fr: Les fournisseurs d'accès ne se voient pas en censeurs du Net ; Ils menacent de couper l'accès aux pages personnelles si la loi est adoptée.
- Le 13 janvier 2004, L'Association des Fournisseurs d'Accès et de Services Internet propose au public une pétition à signer pour contester cette loi digne d'un état totalitaire.










