Humilité
Par Petaramesh le mercredi 29 novembre 2006, 10:44 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
C'est bizarre. Maintenant que j'ai un peu recommencé à mon corps défendant à fréquenter recruteurs et animaux de la sorte - va bien falloir bouffer - ça fait 2 fois de suite que je m'entends reprocher par l'un ou l'autre d'être trop humble ou trop modeste, de ne pas me la péter sauveur-du-monde que je-sais-tout et que je-suis-le-meilleur et que vous-n'attendiez-que-moi-pour-vivre...
Moi, humble et modeste ? Mouhahahaha ! Les bras m'en tombent. Pourquoi pas petite souris tant qu'on y est ? Moi qui ai plutôt la réputation d'être une grande gueule et un râleur patenté de première catégorie...
Seulement voilà. Je ne suis sans doute ni humble ni modeste, mais je n'ai pas l'égo craquelé de bouffissure comme tous ces types que j'ai croisé ces derniers jours.
Je me sentirais franchement trop ridicule, à me la péter comme un ouf'.
Et comme je ne fais pas de politique, j'ai tendance à ne promettre que ce que je suis sûr de pouvoir tenir. A dire "je suis compétent en cela" quand je suis compétent en cela, et je ne me contente pas d'avoir lu la 4ème de couverture d'un livre qui en parle pour me bombarder expert. Parce que je sais que le type qui se vend comme expert d'un truc dans lequel il est une bite, après, il risque de se retrouver à devoir tenir ses promesses... et passer pour un con.
Donc quand je sais, je dis "je sais". Quand je pense pouvoir y arriver, je dis "je pense pouvoir y arriver", quand j'ai de vagues notions, je dis "j'en ai quelques notions".
Et comme j'ai 42 balais et un bon bout de temps de chômage derrière moi, je sais pertinemment que la Société en général et l'Entreprise Machin en particulier peuvent parfaitement continuer d'aussi bien ou aussi mal se porter sans Ma Profonde Science, que les cimetières sont pleins de gens indispensables, et que si ce n'est pas moi, ce sera quelqu'un d'autre.
Alors je me montre honnête, pas spécialement modeste ni humble, simplement je ne pète pas ma grosse frime.
En face de moi, j'ai un vendeur de nègres d'importance très moyenne, brave type plutôt sympathique et jovial au demeurant, mais qui se la pète velu de détenir la vie d'autant d'esclaves entres ses grassouillettes mains. Du coup il pérore en chaire, les conseils avisés s'écoulent de sa bouche de patriarche, le Noble Homme va peut-être arriver à me vendre. Acceptons-en l'augure.
La vérité c'est qu'il s'y croit dur comme fer, qu'il se démène comme pas permis dans le rat-race dans le labyrinthe, qu'il vit dans un train ou dans une bagnole, monsieur vous me déposerez à la gare
, qu'il y a déjà visiblement laissé au moins la moitié de sa santé, qu'il a 30 bons kilos de trop à force de restos le midi avec les clients, et qu'il n'a même pas fallu lui demander quoi que ce soit pour qu'il éprouve le besoin de lâcher que sa femme, à force de ne jamais le voir, a demandé le divorce. Il n'a sûrement le temps de rien en dehors de penser à son taf et de colmater les brèches. Alors forcément, c'est vachement important pour lui.
Belle réussite. Une vie qui fait envie.
Moi il me fait peine, que voulez-vous. J'aimerais pas finir comme lui.
Mais hier, quand il m'a appris que le boulot dont il me parlait "à Lyon" était en fait à 30 bornes, et que j'ai tiré la gueule en biais en disant que pour moi, ce n'était pas tout-à-fait la même chose, et que j'aurais bien aimé qu'on me le dise avant, il s'est presque emporté en disant qu'il ne comprenait pas les types comme moi, et que tu veux bosser ou non mon gars ? Sinon y'a plus qu'à voter gauchiste, tiens, pendant que tu y est !
Alors je l'ai mise en sourdine.
Il m'a bien expliqué aussi que ce que veulent les clients, c'est être rassurés. Pas embaucher un type qui va leur apporter des emmerdes. Pas un qui aurait l'idée saugrenue d'aller se syndiquer, de râler sur les heures sup' ou sur les éventuels déplacements. De toute manière on m'a bien dit : Si tu veux que je te signe un contrat, tu me signes une "clause de mobilité France entière". Tous mes nègres me signent ça, sinon je les prends pas. Ils vivent jamais près de chez eux, faut pas rêver, mais ils ont tous moins de 35 ans. Après, ils veulent plus faire ça.
Comme je les comprends.
Après j'en ai vu un autre, un consultant très cher de très haut vol. "Léon, nettoyeur", de par son rôle et sa fonction. Un killer sachant killer qui pourrait ne pas être fondamentalement antipathique avec ses yeux à moitié morts, s'il n'était aussi gonflé de son impitoyable importance. Un ego boursouflé à 10 bars, pire qu'un pneu de vélo de course. Il doit se faire un gros paquet de thunes, lui. Et il a la haute main sur l'existence de beaucoup de gens. Il doit vivre à l'hôtel aussi, et ne guère voir sa femme. Laquelle doit se faire mettre les orteils en bouquet de violettes par son moniteur de tennis au bord de la piscine de sa jolie villa, j'en suis certain. Et ses gosses, qui ne doivent plus savoir à quoi ressemble leur père, doivent viser l'entrée dans une chère école de commerce privée si jamais ils arrivent à décrocher leur bac. A moins qu'ils n'y soient déjà. Je n'ai pas vu la bagnole de Léon le nettoyeur, mais je parie très fort sur le 4X4 BMW X5 noir avec les sièges en cuir crème. Je ne le pense pas assez important pour se payer la Porsche Cayenne. C'est sans doute son prochain objectif dans l'existence.
Lui aussi, me fait mal au coeur. Mais c'est hors de propos. Ne pas oublier de claquer les talons au gard'av...
Mais bon, je cire consciencieusement, avec modestie et humilité, les pompes de ces gens-là. Il faut bien que je croûte, donc que je rentre dans leur monde. Je veux un CDI. Putain, j'en meurs d'envie.
Bon, ça fait déjà 3 entretiens de passés pour ce même taf'. 3 haies de sautées. A priori avec succès. Reste au moins deux, dont un à Paris sans doute, aller-retour à mes frais. Le Roi des Consultants m'a carrément demandé de commencer à me former tout de suite en installant ceci et cela chez moi pour me mettre à niveau. Ce qui veut dire, en pratique, un ordinateur de plus, il le sait pertinemment. Les ordinateurs ne tombant pas du ciel ces jours-ci, la logique veut donc que j'achète une machine à mes frais pour me mettre à niveau d'un job dont rien n'est moins sûr... Il m'a demandé d'acheter quelques bouquins spécialisés aussi. Le genre pas donné, également. On m'a bien expliqué qu'on comptait sur ma capacité d'auto-formation avec investissement sur mon temps personnel. Ca coule de source. Ce sont des gens à qui l'on ne dit pas non. Enfin si, on peut dire non, et retourner là.
Et j'ai du faire un gros effort sur le salaire, parce que le marchand de nègres m'a expliqué qu'il avait été contraint de faire un gros effort sur ses tarifs et de ratatiner sa marge. Alors forcément... Gros effort appelle gros effort.
Quoi qu'il en soit, rien n'est gagné.
Et si je suis d'une politesse lisse quasi japonaise, c'est parce que si jamais je me permettais de seulement ouvrir un tout petit peu ma gueule, je ne sais pas si je partirais d'un immense rire gargantuesque, ou si je leur chierais sur la tête.
Dans un cas comme dans l'autre, je ne peux pas me le permettre.
Total respect.
C'était bien la peine d'inventer le progrès pour en arriver là...
Je suis un martien.











Commentaires
Tu m'as collé le blues...
Je n'aurais pas su mieux l'exprimer. L'autre jour, un de ces rois du monde m'appellé pour me faire passer un entretien de compétences afin de voir si j'avais le profil pour une de ses offres, chez un autre exclavagiste de l'informatique que j'avais comme fournisseur dans le passé... En gros, il m'a posé des questions techniques qui correspondaient au poste sur lequel j'ai passé le plus de temps (cinq ans en tout). Le niveau des questions, c'était genre "et sinon, pour battre des oeufs en neige, vous utilisez quoi comme couteau? Un batteur électrique? Excellent..." Quand j'imagine que ce gars va se chopper 10% de mon salaire annuel de ministre si jamais je suis embauché, ça me fait mal au cul.
@Ko : Je suis vraiment navré d'entamer ton moral matinal...
@La Moole : Ouais, l'autre vendeur de nègres m'a fait le coup (recrutant pour un poste d'ingé Linux) :
Quand tu sais que le gars, ça doit faire 30 ans qu'il achète et vend des informaticiens... ça laisse rêveur.
J'ai plutôt l'impression que vous êtes un humain et que ce sont tous ceux que vous décrivez qui sont ... je ne sais pas, mais en tout cas je ne les envie pas plus que vous alors que, comme vous, je suis au chômage et que j'ai eu, modestement, ma petite part de galère depuis la fin de ma thèse. Ils ont vendu leur âme au dieu fric et à l'ultra-libéralisme-et-flexibilismité ; ils devraient relire Faust ou Dorian Gray, parce que ce genre de pacte, en général, ça finit pas bien. Bref, à tout prendre et questions de survie mises à part, je préfère être à notre place, si vous me permettez de m'associer à vous dans cette occasion, qu'à la leur.
Dommage que ce soient eux qui mènent le monde ... A sa perte assurément, mais enfin ils le mènent, en attendant.
alors , qu'il créve vite, le monde .... et dans le tas, y en a bien un ou deux qui voteront pour l'i-conne des sondages ... Swami, merdre quand même ...
Question subsidiaire : Comment va-t-on donner envie à nos mômes d'entrer dans ce monde-là ?
Ah, on ne va pas leur en donner envie ? On n'a pas des gueules qui font envie ? Trop pas ? Bon, ben ils vont être encore plus mal que nous alors. Savoir si c'est eux qui feront péter le système... Ou si c'est le système qui les pètera... Ou s'ils se feront péter tout seuls. Ou si on aura pété le système avant nous-mêmes... Ou s'il se sera désintégré en vol tout seul... Mais je suis sûr que Ségolèèèèèèèneuh a la solution... Sainte-Marie-Pimprenelle du Marais, si tu existes, sauve mon âme, si j'en ai une...
Ah oui mon ami, tout ça n'est pas folichon.
Je suis aussi passé par là, j'ai courbé l'échine, j'ai dit oui à tout ce qu'on m'a proposé, je n'ai pas discuté le prix... l'essentiel était de sortir d'entre mes 4 murs entre lesquels je commençais à tourner mal.
Après on peut se dire, et on se dit, qu'il n'y a pas que le boulot pour s'épanouir dans la vie, alors on y va quand même chaque jour...le problème, en ce qui me concerne c'est qu'en dehors du boulot c'est pas folichon non plus.
Mais, bon, si on avance pas on recule, alors faut tenir bon.
Hum, pas très réjouissant tout ce que j'écris là, mais que cela ne t'empêche pas d'aller jusqu'au bout.
Si t'as besoin d'une quelconque aide sur Paris, tu sais où me trouver :-)
Hum, les negriers... difficile d'y échapper quand on est informaticien. Enfin, en France tout du moins. J'ai ouï-dire que dans d'autres pays comme l'Allemagne les entreprises en mal de flexibilité avaient beaucoup moins recours aux grosses SSII et n'hésitaient pas à donner du travail à des freelances, sans passer par des intermédiares gloutons et à la compétence douteuse. Est ce que quelqu'un peut confirmer ce point? Est ce que c'est mieux au bout du compte?
Sinon ton post m'a rappellé un mauvais souvenir. Il se trouve que moi aussi j'ai été chomeur dans la région de lyon et que moi aussi j'y ai accepté un entretien avec un négrier. Ca s'est très mal passé dès la première
provocationquestion , qui était :Vous n'avez jamais travaillé en SSII, est ce que ca veut dire que vous en avez une mauvaise image?
J'ai eu la maladresse de décrire l'image que je m'en faisais, avec un maximum de diplomatie mais ca n'a pas suffit, le bouffi s'est offusqué et m'a fait éclater de rire avec sa répartie :
Mais enfin, ce que j'attendais de vous, c'est une réponse avec les mots "'sens du service'" dedans, ca tombe sous le sens!
Normalement l'entretien aurait dû s'arrêter là, surtout que dans l'intervale j'avais eu le temps de comprendre qu'il n'y avait pas réellement de poste de proposé, c'était juste un exercice d'enrichissement du fichier de CVs. Mais comme ca n'avait duré que 1min et que j'avais fait 80 bornes pour venir j'ai tenté de rattraper le coup vaille que vaille, et de donner une tonalité plus pro à la suite. Il s'est vite impatienté et pour se débarasser de moi m'a laché hyppocritement :
Ecoutez vous me plaisez avec votre franc-parler, revenez la semaine prochaine je vous donne un rendez vous avec un de mes ingénieurs
Ca puait la mauvaise foi mais bon, j'ai laché le morceau et je suis parti.
La semaine suivante comme un gland je suis revenu, malgré ma certitude que ca ne déboucherait pas, mais vu que j'avais que ca à me mettre sous la dent et que j'avais faim je me suis re-motivé, je me suis re-encostardé, j'ai re-fait 80 bornes, et là : humiliation compléte, je n'ai pas dépassé la porte. L'ingénieur promis n'était pas là, en fait il n'y avait carrément personne à l'agence, et l'interphone me renvoyait sur l'accueil de la maison mère, à Paris. Quiproquo grotesque de part et d'autre sur le thème mais-si-bon-sang-je-suis-devant-la-porte comment-ca-vous-me-voyez-pas, sur fond de crachouillements electroniques parlez-plus-for- svp, bien à l'aise de gueuler dans l'entrée d'un immeuble fréquenté. Puis brutale compréhension suivie de gêne audible chez la standardiste et de dépit dégouté de mon côté. J'ai poireauté une heure devant la porte, sans succés. Plus tard evidement l'empaffé ne m'a pas rappelé malgré mes nombreux messages sur son portable, et a reussi à m'envoyer ballader sans même s'excuser quand enfin j'ai reussi à le contacter. Berk.
Comme école d'apprentissage de l'humilité y a pas mieux, ca a calmé chez moi toute veleité de ne pas être systématiquement faux-cul en entretien d'embauche.
J'espère que l'ahuri hautain en cause n'est plus en place et que tu ne tombera pas dessus... Je me souviens plus du nom de la boite, dommage.
La vie sociale est un théâtre, il est demandé à chacun d'y jouer son rôle.
La vie professionnelle est un théâtre, il est demandé à chacun d'y jouer son rôle.
Est-ce si surprenant ?
@Yogi :
Jaques :
All the world's a stage,
And all the men and women merely players :
They have their exits and their entrances ;
And one man in his time plays many parts ,
His acts being seven ages. At first the infant,
Mewling and puking in the nurse's arms.
And then the whining school-boy, with his satchel
And shining morning face, creeping like snail
Unwillingly to school. And then the lover,
Sighing like furnace, with a woeful ballad
Made to his mistress' eyebrow. Then a soldier,
Full of strange oaths and bearded like the pard,
Jealous in honour, sudden and quick in quarrel,
Seeking the bubble reputation
Even in the cannon's mouth. And then the justice,
In fair round belly with good capon lined,
With eyes severe and beard of formal cut,
Full of wise saws and modern instances;
And so he plays his part. The sixth age shifts
Into the lean and slipper'd pantaloon,
With spectacles on nose and pouch on side,
His youthful hose, well saved, a world too wide
For his shrunk shank; and his big manly voice,
Turning again toward childish treble, pipes
And whistles in his sound. Last scene of all,
That ends this strange eventful history,
Is second childishness and mere oblivion,
Sans teeth, sans eyes, sans taste, sans everything.
- William Shakespeare, As You Like It, 1600
La banalité du mal...
Comment ça encore un poit Godwin ???
Courage, un seul mot, courage.
une fois en place, tu pourras surfer pépère et travailler tranquille avec le salaire qui tombe chaque mois. Ca vaut le coup d'endurer la face bouffie du recruteur ou la gueule de raie du nettoyeur, de promettre d'être un gentil, aux ordres, le petit doigt sur la couture. De promettre de te former, de t'autoformer, voire de te déformer pour entrer dans leurs cases.
Non ?
fight up man...
Eh gars, c'est un recruteur en face de toi... Une merde de DRH... Un gars qui a fait des études de comm. Tu n'as aucune honte à avoir devant lui.
Good luck.
la cynique réalité que tu décris si bien me rappelle une excellente série américaine à l'insuccès immérité : Jim Profit.
@Swâmi : Pfffiou ... Tu n'es pas le premier Ingénieur Système que je rencontre doté d'une vaste culture, mais toi quand même tu atteins des sommets ...
Je ne connais pas le monde des informaticiens. Dire que a mon époque y avait que l'informatique pour être sur d'avoir du boulot a la sortie. hum les temps changent.
Ce qui ne change pas c'est l'incurie des recruteurs et le fait qu'on ne recrute que celui qui chante la bonne chanson. Le sens du service, l'implication, l'autoformation le travail d'équipe, etc. Le fait est qu'une fois dans la place, et une fois passe les six premiers mois, on est plus tranquille. Faire ce que l'on dit et tenir ses promesses, c'est bon en famille, avec les amis, mais en entreprise française, c'est la mort assurée.
Cependant, un headhunter a autant à gagner que toi de te placer a un bon prix (il est a la commission) et il peut te donner des infos intéressantes sur lesquelles appuyer pour l’entretien avec la boite. C'est aussi pour cela qu'il veut des sauveurs du monde. Comme il n’y connaît rien, même s’il est spécialisé dans le domaine, il va essayer de tester ce qu’on lui a demande d’important (et qu’il n’a pas mis dans l’annonce). En plus une fois qu’il a un bon produit, il va essayer de te recaser régulièrement (18 mois, des que la garantie est expirée)
Surtout, on est beaucoup plus attirant quand on travaille. C’est plus valorisant pour le recruteur donc même mal paye cela peut valoir le coup pour le rebond. A 42 ans on apprends encore vite alors un peu de hype sur le CV ... Bonne chance.
@Yogi :
Pffah... Juste un fin vernis qui ne m'empêche en rien de me sentir pire que léger dès que je rencontre quelqu'un de vraiment cultivé... Ça a beau être relativement rare, il y en a quand même, heureusement, bien plus qu'on ne le pense...
Forcément, comme on ne parle de ce qu'on connaît, on a l'air de connaître des trucs ;-)
Mais ça me prendrait du temps si fallait que je commence tout de suite à ne rien dire de tout ce que je ne connais pas ;-))