La politique de la chaise vide
Par Petaramesh le lundi 27 novembre 2006, 13:58 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
Veuillez vous adresser à l'animateur de salle.
L'ASSEDIC Lyon-sud, telle que je la connaissais jusqu'à récemment, mais... dans le passé :
Une grande entrée, 2 téléphones en libre-service permettant de causer uniquement à l'accueil téléphonique de l'ASSEDIC pour accomplir "sans attente" les démarches qui peuvent se régler par téléphone. Jamais vu grand-monde les utiliser.
Ensuite, un photocopieur qui-ne-marche-jamais en libre-service, que j'ai rarement vu utiliser, pour une raison qui coule de source.
Ensuite, quelques sièges en face d'une grande banque d'accueil comportant 3 guichets dont 2 sont généralement ouverts et un fermé. Devant ces guichets, une longue file d'attente. Quand on entre dans la file, on sait qu'il faut compter une demi-heure à une heure d'attente. Les plus fatigués et les moins valides s'asseoient, quelques rangées de chaises métalliques étant disposées là. Le plus difficile alors étant de repérer leur place dans la file. Il y a bien un panneau "On appelle le numéro... tant.", mais il n'a jamais servi au guichet d'accueil, et il n'y a pas de distributeur de numéros. On fait donc la queue debout, sauf les plus fatigués.
Ces guichets accueillent les "demandeurs d'emploi" et les conseillent, règlent en quelques minutes la plupart des problèmes "simples" ou de mauvaise compréhension, les pièces à fournir, etc.
Pour les cas plus complexes, ils délivrent un ticket numéroté, et on passe dans la salle d'attente suivante, toujours bourrée de monde (prévoir un bouquin), avec là, un panneau lumineux qui tsoin-tsouine en appelant les "numéros" un par un dans un des 7 ou 8 bureaux individuels fermés répartis autour de la salle d'attente. C'est dans ces bureaux que se règlent les questions plus complexes, les inscriptions, les gros dossiers, etc.
Je dois dire qu'à l'époque bénie où cela marchait ainsi, j'y ai toujours été aimablement et convenablement traité. Mais ces pratiques n'ont plus cours.
L'ASSEDIC Lyon-sud, lundi 27 novembre 2006, Ère du Père Ubu :
Une grande entrée, un téléphone en libre-service permettant de causer uniquement à l'accueil téléphonique de l'ASSEDIC. Sur le mur, la marque claire et les trous de vis de l'endroit où se trouvait jadis le deuxième téléphone du même type, qui n'y est plus.
Une personne est au téléphone. 7 ou 8 personnes font la queue pour pouvoir l'utiliser à leur tour. Quand je serai depuis 10 minutes dans la file d'attente suivante (plus loin), un esclandre éclatera dans cette file-ci : Une dame se mettra à insulter comme du poisson pourri le monsieur qui est devant elle (et qui est le premier de la file), au prétexte que celui-ci a laissé passer quelqu'un devant lui. La bonne femme est furieuse que du coup, cette personne soit aussi passée devant elle, et elle insulte gravement le monsieur qui la précède pour son acte de charité, quelle qu'en ait été la cause. Bon.
Ensuite, un photocopieur qui-marche-aujourd'hui en libre-service, c'est un miracle. Une "cliente" (ou doit-on dire "patiente" ?) fait une photocopie.
Ensuite, quelques sièges en face d'une grande banque d'accueil comportant 3 guichets tous fermés. Trois chaises vides. La banque d'accueil est surmontée d'un grand panneau imprimé du genre publicitaire indiquant que A partir du (x) septembre 2006, seules les personnes ayant rendez-vous seront reçues à l'accueil.
. Et le panneau ajoute plus bas que Pour gagner du temps et éviter les déplacements inutiles, il y a désormais 3 moyens d'interagir avec l'ASSEDIC
:
Le site web
Le robot téléphonique vocal 0890.642.642
(0,112 Euro la minute) qui ne permet rien d'autre que de pointer ou d'obtenir quelques informations automatisées (la même chose que le site web, en moins complet, plus lent, chiant et fastidieux quoi...)L'accueil téléphonique 0811.01.01.69
(coût d'un appel local) auquel j'ai eu tristement affaire l'autre jour, et qui m'a indiqué ne pas être en mesure de me donner le moindre rendez-vous.- Le reste se traitant par courrier.
Voyant ce panneau, deux remarques me viennent à l'esprit :
- Il doit devenir très difficile d'interagir avec l'ASSEDIC quand on n'a pas son bac, pas d'ordinateur, pas d'accès Internet, ou pas de grandes facilités pour l'utilisation des automates et les courriers en français administratif. Les plus humbles de nos concitoyens doivent en prendre plein la gueule pour pas un rond. Merci pour eux.
- Logiquement, il n'est donc plus possible d'obtenir le moindre rendez-vous pour voir son dossier traité par un humain face-à-face en cas de pépin.
Comme ceci m'interpelle, avant de prendre sagement ma place dans la queue-devant- la-banque-d'accueil-vide (car oui, il y a toujours une queue-devant-la-banque-d'accueil-vide, je vais y revenir), je pousse mon exploration jusqu'à la salle d'attente suivante, celle où attendaient jadis les gens ayant obtenu un ticket à l'accueil, pour être reçus dans les bureaux individuels : Cette salle d'attente est vide. Personne. Le panneau lumineux d'appel des numéros est éteint. l'endroit semble mort.
Je retourne donc faire la queue-devant-la-banque-d'accueil-vide. A côté du grand panneau publicitaire Pas la peine de venir ici !
, je note une affichette plus modeste, visiblement faite maison :
Veuillez vous adresser à l'animateur de salle.
L'animateur de salle...
Quand je poireaute depuis quelques minutes en ènième place dans cette queue-devant- la-banque-d'accueil-vide, je vois en effet débarquer par une porte latérale un jeune type habillé en chômeur ordinaire, mais à la poitrine épinglée d'un badge bleu ASSEDIC - Accueil
.
C'est donc visiblement à ce jeune type que revient la Noble Tâche de remballer les gens que le système n'a pas su dégoûter au point de les empêcher de venir jusque-là. Mais il faut bien les renvoyer chez eux, tout de même !
Le gars demande à la cantonnade : Y en a-t-il qui ont rendez-vous à 11h15 ?
Aucune réponse du peuple. Il se répète donc. Toujours aucune réponse.
J'observe le type, je le vois jeune, bien plus que la moyenne des employés ASSEDIC auxquels j'étais habitué, lâché devant les fauves de la foule du peuple résigné en colère.[1] Je l'imagine lui aussi en contrat précaire et mal payé sans doute, CDD ou intérimaire jetable à peine mieux loti que ceux qu'il est chargé d'évacuer. Visiblement, l'animateur de salle n'est pas digne d'avoir un bureau à lui, ni même un guichet équipé d'une chaise, d'un ordinateur et d'un téléphone. Il n'est pas là pour faire un travail d'employé des ASSEDIC, quoi. Il est là pour animer la salle. C'est vrai que ça poireaute beaucoup, mais qu'à part l'esclandre dans la file d'attente du téléphone, ça manque un peu d'animation. C'est assez tristouille, comme ambiance, je dirais même.
Comme je poireaute et n'ai que ça à foutre, je regarde l'animateur animer les gens qui me précèdent dans la file d'attente. La majorité de ceux qui sont là se sont visiblement déplacés parce qu'ils n'ont pas pu obtenir satisfaction sans se déplacer. Devant moi, j'ai beaucoup de personnes issues de l'immigration qui semblent avoir du mal à s'exprimer en français des ASSEDIC, ou à comprendre quels sont les documents qu'on leur demande. Ils ont besoin d'une aide qu'ils n'obtiendront pas ici.
L'animateur les éjecte les uns après les autres. Il leur explique en gros pourquoi ça ne va pas. Parce que vous n'avez pas renvoyé ceci, parce que c'est à l'ANPE qu'il faut s'adresser, parce que c'est à la DDTE qu'il faut s'adresser, parce que vous n'avez pas les justificatifs, parce que vous n'avez pas compris, parce qu'il faut faire la demande par téléphone, allez donc poireauter dans l'autre file, celle du téléphone.
J'entends tout ce qui se dit bien sûr, aucun respect de l'intimité de la vie personnelle des gens, puisqu'ils ne sont plus reçus dans un bureau, ni même à un comptoir d'accueil, mais simplement traités à la volée par un type qui s'en bat les couilles, debout en bout de file d'attente.
Miracle, il oriente un type vers un bureau que je n'avais pas remarqué, posé contre un des murs de la salle d'attente, et où se trouve un ordinateur : Il faut que le type fasse sa démarche par Internet. L'ordinateur propose un navigateur sur le portail des ASSEDIC. Le client/patient commence à pianoter tout seul. lui, visiblement, il "sait cliquer", comme disait il y a quelques années une publicité pour AOL. Tant mieux pour ce chômeur de qualité !
Vient mon tour. Je suis énervé, et c'est ce pauvre type d'animateur de salle, contre qui je n'ai rien personnellement, qui va en faire les frais. De toute manière il est là jeté en pâture aux fauves, non ? Alors allons-y.
J'y vais de ma petite histoire reprise depuis le début pour lui expliquer que l'ASSEDIC m'a sucré mes ASS en prétendant que je n'avais pas retourné des documents que j'avais pourtant retournés ; et que, n'ayant pu obtenir un rendez-vous par téléphone, j'étais donc venu sans rendez-vous pour en découdre régler le problème.
Le gars me dit d'aller poireauter dans la file des téléphonistes pour demander un rendez-vous. Je lui dis qu'il n'en est pas question, puisqu'on a déjà refusé de m'en donner un, et que j'y ai déjà perdu une heure chez moi, la semaine dernière.
Le gars me dit que c'est normal, qu'on m'ait refusé un rendez-vous, puisqu'on n'en donne que pour les inscriptions !
(donc pour le reste, défense de venir vous expliquer avec un humain) (Au fait, pourquoi voulait-il m'envoyer téléphoner la seconde précédente, alors ?).
Mais moi, j'y suis, j'y reste, et j'attends qu'on me reçoive. J'exige de parler à son supérieur.
Ah. Là, je lui pose un problème. Je suis le grain de sable. Je maîtrise le français, je suis déterminé, moins humble que les autres dans la file, sur la gueule desquels le système essuie ses semelles tous les jours (quoique je n'en suis pas loin). Je ne bougerai pas comme ça. Il me dit d'attendre, et va trois mètres plus loin chercher un autre "chômeur" qui gribouillait des paperasses sur un coin de banque d'accueil. Debout côté salle d'attente, lui aussi.
Ah, ce chômeur-là n'est pas un vrai chômeur ! C'est un vrai employé de l'ASSEDIC que rien, pas même le moindre badge, ne distingue d'un vrai chômeur. Il doit être là pour traiter en souplesse les cas qui dépassent les compétences de l'animateur de salle, ceux dont ce dernier n'arrive pas à se débarrasser du premier coup.
Il est beaucoup moins sympa que l'autre, bien que presque aussi jeune et probablement pas beaucoup mieux payé. Il écoute mon histoire, et, bien que je reste poli malgré ma très mauvaise humeur, commence par exprimer que je ne manifeste peut-être pas toute la déférence due à son rang. J'essaie de me montrer aussi urbain que possible, pour ne pas aggraver les choses.
Une fois qu'il a compris mon problème, il disparaît dans les bureaux par une porte latérale. J'attends 10 minutes.
Il revient avec un papelard qu'il me montre. C'est un courrier des ASSEDIC, à moi adressé, qu'il vient d'imprimer à l'instant.
- Le dernier courrier que j'avais reçu, et qui m'amène ici, me sucrait mes ASS au motif que je n'avais, paraît-il, pas renvoyé les pièces requises à l'ASSEDIC.
- Celui-ci me sucre mes ASS au motif que l'ASSEDIC a bien reçu mes pièces (
Elles ont été traitées le 22 !
), mais que, paraît-il toujours, je dépasserais le plafond des trop-riches-pour-toucher l'ASS.
J'explique au type que, bien entendu, j'ai calculé tableur en main que j'étais sous le plafond, sinon je ne me serais pas emmerdé à remplir leur document et renvoyer leurs 3 kilos de photocopies de pièces soi-disant pas reçues. Mais je n'ai pas sous la main la feuille de tableur me permettant de refaire le calcul détaillé de ces revenus...
Je suis debout dans le couloir de la salle d'attente comme un con avec la lettre que vient de me donner le type. La même lettre de refus que l'autre fois, seul le motif change, et si vous n'êtes pas heureux adressez-vous à la DDTE. J'y ai déjà passé une plombe. La manipulation psychologique est superbe. Je n'ai plus l'envie ou la niaque de contester.
Je dis au type que ses chiffres ne correspondent pas à mes calculs, mais que je n'ai pas mes calculs sous la main. Il me dit que c'est ce qu'il a dans sa machine. Je suis K.O. technique.
Je dis que je vais rentrer chez moi et vérifier ça à tête reposée, parce que je sais que leurs chiffres sont faux. Et je vais bien trouver en quoi.
Je reviendrai.
Notes
[1] Il faut être dans une file d'attente de l'industrie du chômage, pour comprendre ce que cela veut dire que d'être à la fois résigné, et en colère.











Commentaires
Moa, je trouve tout cela très positif. Au moins, ça apprend aux gens à se prendre en charge. Les femmes apprendront à faire le tapin, les hommes à dealer... les plus malchanceux finiront SDF... Et les plus chanceux finiront en prison... le gite et le couvert payés par la collectivité (ne cherchez pas la logique). Voilà. Les Français sont des assistés, et ça, là, l'amélioration du service aux Assedic, ça fait partie des progrès du libéralisme : les gens ne doivent pas trop compter sur les services de l'Etat pour s'en sortir, sauf de la prison.
Ah.
J'oubliais la cerise sur le gateau. Plus de monde en prison, ça permet de créer des emplois... dans la restauration collective industrielle, et aussi, dans les prisons... des emploirs de gardien à foison ! D'ailleurs, ça devient tellement nécessaire qu'ils en font la pub.
Vous les connaissez ces panneaux sur les chantiers menés par l'Etat ? "Ici l'Etat investit pour votre avenir"... avec en dessous le nom de ce qu'ils construisent. L'autre jour, sur la route. "Ici l'Etat investit pour votre avenir : Prison de Trifouillis les oies".
Tu vas dealer quoi toi Swami ?
(attention, ce commentaire contient de gros morceaux de hainièmes degrés, l'auteur de commentaire est dans la vraie vie totalement outré par la façon dont les assedic traitent les gens...)
Pouah ! ça donne envie de gerber...voir plus !
Je ne sais pas comment on peut résister à ça, je me dis que j'ai eu de la chance de ne pas sombre dans les ASS... je sentais bien qu'il fallait que je me sorte du pétrin avant cette échéance.
Bon courage.
Nausée ! simplement la nausée à la lecture de ce post. Déshumanisation du système à l'extrême... Allez, je te rassure (?) maintenant aussi, les entreprises sont traitées de cette façon là, lorsqu'elles ont une question à poser à l'assedic...
Put%@# d'Assédic de mer#&* J'ai bien fait de rompre tous liens avec ces énergumènes...!! Objectivement, dans ton cas, aller taper à la porte de le DDTE semble le plus sur moyen d'atteindre, dans un délai "raisonnable" (pffff...), le bout du tunnel. En matière d'ASS ils sont seuls décisionnaires. Et donc seuls à pouvoir dire si, oui ou non, tu dépasses un plafond quelconque. Ce qui me paraitrait étonnant si ta situation personnelle, financière, matrimoniale...etc... n'a pas changé depuis l'année dernière.
Bon courage...
que mes droits s'achèvent dans très peu de mois...
Goût rance dans la gorge, là.
Putain de saloperie de bordel de merdier.
Après avoir téléphoné à la maison qui rend fou tu as eu le courage de te rendre DANS ladite maison de dingues. Déjà, chapeau bas.
Moi j'ai jamais eu d'emmerdes, j'ai eu de la chance avec eux. RDV obtenu vite fait bien fait, reçu dans un bureau fermé, dossier torché en 10 minutes (ce n'était qu'une inscription et tous les papelards demandés étaient là, ça aide). Mais c'était il y a 4 ans... ce temps là semble révolu à en croire ton récit.
Résultats des courses, vous avez plus droit à l'ASS, parce que... eh ben parce que j'ai décidé comme ça et c'est moi qui bosse à l'ASSEDIC alors je-fais-ce-que-je-veux-et-je-vous-emmerde parce que j'en ai ras le bol de vos tronches, salauds de chomistes qui savez même pas cliquer !
Bon courage I'll be back... (trad.: quand je vais revenir, ça va chier !)
On ne parlera pas d'allumettes, ça porte malheur. Mais faut pas s'étonner de ce quiarrive.
(Y avait pas un rappeur qui chantait ça, Eclater un type/ des assedics ?)
@Attila :
Si, Akhenaton. Je l'ignorais complètement, mais un certain Julien, l'autre jour, en a laissé l'URL en commentaire de mon précédent billet. je suis même surpris que dans notre Société de Libertés on ait encore le droit de faire seulement allusion à une telle chanson (ne parlons même pas de l'écrire ou de l'interpréter) sans voir aussitôt débarquer le GIPN accompagné d'une armée d'huissiers et d'avocats et être immédiatement jeté sur la paille humide des cachots sans autre forme de procès.
C'est que la tolérance à l'expression des mécontentements se ratatine à vue d'oeil à mesure que cette société déliquescente au totalitarisme mou se fige sur ses peurs et tente de colmater les brèches... à la matraque.
Histoire de montrer, une fois de plus, la diabolisation et la "chasse aux sorcières" sur les Rmistes et autres bénéficiaires des Subsides Ne Suffisant Plus A Payer les Factures qui font la fièrté de la
GaucheBienPensante: ICIPeut-être connaissez-vous déjà ce "machin" ... si tel est le cas, Mea Culpa et Merci à Mr Petaramesh de censurer ce message Sauvagement ... ;)
le "rigolo", pour rebondir lestement sur les nièmes degrés de Fred de L., est qu'une étude, menée par des chercheurs universitaires britanniques, ex directeurs d'instituts de criminologie (des comiques, quoi) qui semble fort sérieuse, très premier degré, voire.. (limite chiante ? pas sexy en tout cas, tant la "grâânde" presse s'en fit peu écho...) tend à établir de manière assez solide et robuste une corrélation forte de nature inversement proportionnelle entre protection sociale et prison : plus il y a de protection sociale, moins il y a de prison, et "lycée de versailles".
ça marche en comparant entre Etats américains, de même qu'au cours du temps, de même qu'en comparaisons internationales.
hein ? c'est fou ?
trouvé sur le blog éconoclaste.
voici le premier paragraphe du billet d'Alexandre Delaigue :
l'étude : Welfare and punishment - The relationship between welfare spending and imprisonment by Professor David Downes and Dr Kirstine Hansen http://www.crimeandsociety.org.uk/opus208/WelfareandPunishmentembargo.pdf
@Bituur. C'est con, je n'ai pas sous la main le nombre de prisonniers américains, le nombre de prisons, le nombre de salariés qui bossent pour garder tout cela. J'ai juste en mémoire un truc "rigolo". C'est que les prisons sont parmi les premiers employeurs du pays là bas. Enfin, c'est de la mémoire floue.
En débitant mes aneries tout à l'heure, j'avais à l'esprit les militants UMP qui débitent très sérieusement leurs conneries sur l'assistanat. Est-ce qu'ils se rendent compte des effets induits par leur bétise transcrite en politique sociale ? C'est génial n'empêche... Dire qu'on va remettre le pays au travail en lui coupant les vivres, et dans le même temps dire qu'on va combattre la délinquance. On force les gens à devenir des délinquants et on annonce qu'on va de suite les coffrer. Bientôt, on va les entendre expliquer qu'il faut stériliser les pauvres. On sera revenu à Malthus et au XIXè une bonne fois. Les bourgeois sont des cons. Ils ont accès à l'éducation plus que les autres. Et voilà ce que ça donne. Des abrutis. Ou des cyniques. Des malfaisants dans les deux cas.
He'll be back!
Pour répondre à notre hôte Swâmi Petaramesh, le chanteur d'IAM, Akhenaton, a bien été suivi de près par les huissiers et "mis sur table d'écoute" à la suite de ce texte, c'est en tout cas ce qu'il affirme dans une autre chanson ou il dit aussi "ces empaffés voulaient mon dossier".
Je vous conseille d'envoyer votre "jolie" histoire à une certaine Ségolène Royal, peut-être via par son site ("désir d'avenir", hum hum) ou pourquoi pas directement par courrier avec timbre et tout tout au siège de la rue de Solférino... Ce témoignage digne d'un roman de Kafka mérite d'être amené aux oreilles de notre chère candidate de "gauche". Grand merci pour cet éclairage qui donne vraiment enfin de .... crier.
@internaute de passage : C'est que je ne nourris pas le moindre espoir en cette candidate de (pseudo-) gauche pour apporter à ceci l'ombre de la moindre amélioration, et je ne suis pas grand consommateur de promesses électorales... Mais si l'un de vous veut passer sur son blog (ou celui de n'importe qui) l'URL de cette page à titre d'information, il est le bienvenu pour le faire. Moi, je n'irai pas envoyer des trucs à des gens en qui je n'ai aucune confiance et à qui je n'aurais aucune envie de serrer la main.
Une méthode comme une autre pour réduire le chôme^W chômage... D'ailleurs voici la prochaine.
L'animateur de salle est très certainement l'un des 150.000 contrats aidés précaires de six mois créés par Borloo-Villepin cette année sans projet d'activité. Ces contrats étant directement gérés par les ANPEs, difficiles à ceux qui s'en voient proposer d'y échapper.
J'en ai vu un dans une école assis toute la journée à ne rien faire. Que voulez-vous ? On hésite à lui confier les gamins et, pour le travail administratif, il n'est au courant de rien. On ne peut même pas lui demander de balayer car il n'y a pas de balai (et les femmes de ménage de la commune n'apprécieraient pas, en plus, les produits d'entretien sont dangereux).
Voilà une filière d'avenir : punching-ball : on vous lâche sans formation, sans matériel et sans objectif au milieu d'autres pauvres hères : le tout, de préférence, filmé par des caméras de surveillance, comme ça, on pourra vendre de la vraie TV réalité à TF1 (ou des documentaires sur les pauves aux militants PS)
Voilà, ça me travaillait. J'ai retrouvé des références.
Le secteur des prisons est le second employeur des US. Presque 2 millions de prisonniers, plus de 500000 employés. Seul Général Motors fait mieux, comme le dit l'article, qui date de 2000. Oui, les prisons, c'est un métier d'avenir. D'ailleurs, l'Etat Français y investit pas mal. Vous pouvez lire l'intro de cet article.
@Fred, de L. (#19) : (et à mes autres commentateurs également)
Quand tu mets une URL dans un commentaire, aurais-tu la gentillesse d'utiliser le bouton adéquat ou la syntaxe Wiki explicitée ci-dessous, de manière à en faire un lien cliquable qui marche ?
Ca m'éviterait de devoir repasser à chaque fois derrière pour le faire moi-même, aussi j'apprécierais que l'on prenne cette peine...
S'il n'y avait ni bouton ni explications, je comprendrais qu'on ne le fasse pas. Mais j'ai pris soin de mettre les deux...
(Promis, j's'rai moins flemme la prochaine fois :-) )
Desole pour ta mesaventure swami.
Je me souviens que chez mam' Agnes tu te rejouissais, sauf erreur, que l'Etat est en train de supprimer une partie de la paperasse en faisant la promotion de la feuille d impot electronique mais avec les consequences de supprimer des emplois soit disant inutiles.
En supprimant presque totalement l accueil on peut supposer que les ASSEDIC sont sur la même voie. Cela t apparait plus genant parce que tu experimentes les difficultés de trouver un interlocuteur humain pour resoudre tes problemes de refus.
Pense à ceux qui n'auront pas/plus d'emploi, emploi exercé probablement au chaud dans un bureau à faire du classement, parce que de plus en plus de monde, semble remplir sa feuille d'impot par internet.
Dans un monde rempli d'absurdité (par exemple; parce que tu es né en afrique tu risques de ne jamais depasser 60 ans et souffrir de la faim) je ne vois pas ce que cela va rajouter à l absurdité de notre monde de maintenir ce genre d'emplois qui sont largement moins penibles que de descendre au fond d'un puit de mine à 1km sous terre.
@Henry Kanaan : Comparaison n'est pas raison, et ce sont des problèmes qui n'ont rien à voir. Ta phobie de la "feuille d'impôts électroniques" et de ses conséquences pour l'emploi, telle que tu l'as évoquée chez Agnès, c'est idiot, et j'ai déjà expliqué pourquoi là-bas (Chercher "Brazil" dans mon commentaire).
Je ne vais pas recommencer ici, et je ne sais pas pourquoi tu tiens à importer ici un débat qui a cours ailleurs.
Maintenir des postes inutiles simplement pour créer artificiellement du travail, c'est idiot. Et cela n'a rien à voir avec supprimer des postes utiles et même nécessaires à la clientèle..
@Henry Kanaan : Tiens, malgré ce que je dis plus haut, je vais quand même développer un peu plus.
Le but de l'existence n'est pas de travailler pour travailler, encore moins de passer le plus clair de sa vie à accomplir des tâches inintéressantes, répétitives et inutiles, comme peut l'être le fait de saisir à la file des milliers de déclarations de revenus. Quand un travail est inutile et peut être supprimé ou automatisé, la logique et l'intelligence veulent que cela soit fait.
Seule une conception droitière, doloriste et protestante, valorise le travail en tant que tel (comme châtiment du péché originel ? Va savoir).
Nul n'a besoin d'exercer une activité chiante et pénible, mais tout le monde a besoin de vivre.
Une société qui est capable d'organiser un travail inutile et de rémunérer des gens à le faire, serait tout aussi capable de rémunérer ces gens à ne rien faire (et ce serait plus simple), ou de partager la masse de travail entre tous, de manière à ce que chacun dispose de moins de travail et de plus de temps libre - ou de temps de formation, que sais-je...
C'était même l'attente initiale vis-à-vis du "progrès", que de libérer l'Homme du travail inutile, pénible... et de créer une "civilisation des loisirs".
Seul le modèle social capitaliste, qui base tout sur le profit, a transformé ce rêve en un système où l'on presse de plus en plus un nombre de plus en plus réduit de citrons (ou des citrons moiins chers, à l'échelle mondiale), au lieu de réduire la pression sur l'ensemble des citrons. C'est une question de pouvoir et de choix politique.
Vous avez le choix de dépenser votre énergie pour maintenir des tâches et des emplois inutiles, ou pour mieux répartir à la fois le travail nécessaire et les revenus. Que choisirez-vous ?
Si on dispose d'un seul employé, pas exemple, sera-t-il plus utile à saisir des feuilles d'impôts inutiles, ou à accueillir des gens pour les aider à l'ASSEDIC ?
Si vous optez pour la première réponse, je vous suggère de militer pour rendre la déclaration de revenus mensuelle, ou même hebdomadaire, ça en fera encore plus à saisir, non ?
Mais le problème est que toute tentative de réorganisation du sacro-saint Travail se heurte non seulement aux intérêts des grands bénéficiaires et dirigeants du système, mais bien souvent aussi à la bêtise et au corporatisme des syndicats et des travailleurs eux-mêmes - parions, dans l'exemple imaginaire que je cite, que les syndicats des impôts pousseraient les hauts-cris si l'on décidait de transférer le personnel de saisie - à rémunération égale - pour faire de l'accueil et du traitement de dossiers face-à-face à l'ASSEDIC.
La plus grande des énergies étant celle de l'immobilisme, ou l'inertie vue comme un absolu.
@Swami: Pourquoi veux tu mettre du sens dans un systeme qui n en a pas?
On peut(pouvait) faire fortune en vendant des petits parasols en bois pour tremper dans un verre cocktail ou d autres betises du même genre. (la legende pretend que sullitzer a gagné son premier million dans les annees 60 en vendant des portes clefs)
Puisque le systeme n a pas envie de laisser librement le choix aux gens de travailler ou pas pour un salaire et en cas de reponse negative de leur donner les moyens de vivre decemment alors le travail absurde et inutile risque de durer encore des decennies. Sauf que maintenant ce travail absurde et inutile se rarefie, mais ceux qui n ont pas accès à ce travail absurde sont plongés dans la misere.
Le seul choix qui est donné au plus grand nombre est: travailler et effectuer des taches absurdes ou sombrer dans la misère.
Ouf. On a enfin trouvé un moyen d'éviter les occupations d'Assedic.
On va enfin pouvoir supprimer la prime de Noël.
Un formidable espoir se lève dans le monde merveilleux du chômage : le rapprochement de l'ANPE et de l'ASSEDIC, pour vous SIMPLIFIER la vie, mesdames et messieurs les chômeurs. Ce que vous décrivez en terme d'ACCUEIL dans votre ASSEDIC préférée ressemble furieusement à ce qui se passe déjà, ou va se passer sous peu, dans votre ANPE.
Pourquoi fatiguer tout ce beau monde (nous, les agents) à vouloir rencontrer une personne humaine alors que vous n'êtes pour nous qu'un dossier, qu'on a déjà beaucoup de mal à "traiter" à l'abri de vos états d'âme ?
Encore heureux que les chômeurs ne connaissent pas la loi et leurs droits : vous imaginez s'ils se mettaient tous à demander à voir leurs dossiers informatiques, avoir des copies et des explications sur les décisions les concernant ? On ne pourrait plus faire notre boulot de gestionnaire de stocks ! Et qui c'est qui feraient baisser les chiffres du chômage, hein, je vous le demande ?
Rose, agent ANPE
http://www.cnil.fr/index.php?id=1683
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En pratique Le droit d'accès s'exerce directement auprès de l'organisme qui détient des informations. La communication des données doit être fidèle au contenu de ce qui est enregistré dans l’ordinateur et effectuée en langage clair.}}
rhaaalalaaaaa
ces chomeurs...
toujours a se plaindre pendant que les honnetes gens travaillent pour leur payer des animateurs de salle qui nous coutent deja assez cher.
toujours a profiter des largesses accordées par le systeme, car il est de notoriété publique que les chomeurs sont des vampires saprophytes.
ps : pas bien blogolophile, mais la, le tien force le respect... tout ce que j'aime... linux, atheisme, decalage et gauche antiliberale...
iiii j'y vais moi aussi de ma petite histoire : merci qui ? merci l'âne pêt euuuuh !!!
j'suis remontée comme un coucou suisse !!
Voilà tit pas que ce soir, rentrant du bulot (petit CDI à tps partiel ds une boutique, où l'on vend pas que du whisky au cerf) que je vois une lettre de l'âne pêt euuuh. Ô joie ô surprise : "vous zêtes radiée de l'ANPE car vous ne vous zêtes pas présentée à votre entretien du 3 novembre 2006" !! oO
Et là c'est le drame, car je n'ai pas reçu cette fichue convoc' !!! Ah si je l'ai reçu avant hier, courrier daté du 26 octobre envoyé à mon ancienne adresse (alors que j'ai fait mon chgt d'adresse sur leur bbbiiiip de site dès mon déménagement ) dc reexpédition de mon courrier de convoc daté le 24 novembre...pour un rdv 21 js plus tôt.... CQFD
Arf vivement lundi que je leur marave leur tête !!!
Je suis confuse, et tiens à m'excuser pr ce langage indigne d'une fille...mais qd je suis ennervée, je jure comme un charretier ; )
salut,
j'ai été moi meme animateur de salle dans une antenne assedic, et ta description est vraiment savoureuse...c'est tout à fait ça! on est embauché en cdd pour faire comprendre comprendre aux gens qu'ils ne faut plus se deplacer a l'accueil...on s'en prend bien sur plein la gueule comme ça ça arrange tout le monde en plus, on ne connait absolument rien mais on est bombardé direct à l'accueil et tout ça au bout du compte pour se re-retrouver nous meme aux assedic mais de l'autre coté cette fois! (et l'on se sent terriblementcon comme vous pouvez l'imaginer!)