Contrôler les chômeurs
Par Petaramesh le lundi 18 septembre 2006, 17:35 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible
il faut toujours taper sur les mêmes.
- Proverbe Shadok
Ce billet vient en écho à un espèce de crétin des Alpes Bavaroises[1], le genre de type prêt à embaucher un handicapé pour toucher des subventions, selon son propre aveu. Mais ce n'est pas là ce qui motive mon ire. Non, ce qui me m'attire au clavier, c'est de voir que ce bon apôtre fait partie de la fine équipe de ceux qui affirment qu'il faut contrôler les chômeurs, tous ces salauds de profiteurs de (même pas assez) pauvres assistés qui tirent la France-qui-Gagne vers le bas et en fait la France-qui-stagne, pouah, salauds de chômeurs !
Alors je vais rappeler quelques petites vérités, quelques petites évidences que l'on oublie souvent. Oh, de ces idées, aucune ou presque n'est de moi, et je n'en revendique nulle paternité. Ce qui n'empêche, à mon sens, qu'on ne les entend pas assez souvent.
Faut-il contrôler les chômeurs ?
La mode MEDEFienne est à représenter le chômeur sous les traits maintenant archétypiques (à force d'insister...) d'un feignant, cossard, incapable et alcoolique (pourquoi pas?) qui vit paresseusement[2] aux crochets de la Société et passe ses journées au bistrot à claquer au Rapido les sommes considérables dont le gave la trop gentille ASSEDIC. Pour mettre fin à ce scandale, il faut remettre cette feignasse au boulot, et plus vite que ça, et donc pour cela le contrôler, et lui couper les vivres, à ce branleur, si, comme on s'en doute, il fait la sieste au lieu de chercher du boulot.
Au-delà des apparences et du matraquage médiatique, cette image a-t-elle un quelconque fondement ?
On pourrait peut-être le penser dans une société de plein emploi où les entreprises peineraient à pourvoir des postes honnêtement rémunérés et offrant des conditions de travail satisfaisantes. Là, on se demanderait bien pourquoi le chômeur chôme, hors raison médicale.
Mais voilà, nous ne vivons pas dans une telle société. Nous n'y vivons plus depuis belle lurette, depuis la fin des trente glorieuses. La refonte des industries de notre pays a commencé il y a fort longtemps à jeter sur le pavé des centaines de milliers, puis des millions d'ouvriers, d'employés, puis de cadres. Et une fois la mutation industrielle achevée, la mutation néo-libérale s'est poursuivie, avec des entreprises qui, faisant chaque année des bénéfices de plus en plus colossaux (et offrant, en retour de la satisfaction des actionnaires, des salaires de plus en plus pharaoniques à leurs hauts dirigeants), licencient sans cesse de plus en plus de monde.
On arrive à de totales absurdités de gestion (j'en ai plusieurs exemples autour de moi[3]), dans de grosses sociétés de taille mondiale, qui font des bénéfices sans cesse croissants, et enchaînent tous les deux ans "plan social"[4] sur "plan social", on ne sort du dernier que pour entrer dans le prochain, supprimant de plus en plus de postes et de services entiers externalisés[5] ou délocalisés, et se retrouvant dans des conditions de sous-effectifs telles que certains services sont désormais peuplés de gens archi-over-surchargés qui doivent se démerder avec la charge de travail de 3 personnes et la perspective d'avenir de faire partie de la prochaine charrette une fois qu'ils seront arrivés à l'épuisement total. Comment peuvent-ils rester motivés dans de telles circonstances ?
Ceci dessine une société où la moitié de la population n'a pas de boulot, et l'autre moitié bosse comme quatre et n'a qu'une seule trouille : perdre son boulot...
C'est un peu, toutes proportions gardées, un traitement de type concentrationnaire de la force de travail, de la ressource humaine : Le salarié n'est plus un partenaire que l'entreprise considère sur la durée, celle de sa carrière, mais au contraire une denrée surabondante et de peu de valeur que l'on peut tailler et corvéer à merci, puis, usagée, jeter ou remplacer, mais toujours a minima. Donc, on se fout pas mal de son bien-être : pourquoi s'en préoccuperait-on ? C'est une juste mise en pratique de la théorie enseignée par l'Allemagne nazie dans ses camps d'extermination durant la seconde guerre mondiale.[6] Toutes proportions gardées disais-je : Ici et maintenant, on n'élimine plus les travailleurs "hors d'usage" : On se contente de les licencier. La mise à mort n'est plus physique, elle est seulement économique et sociale.
les entreprises ne se rendent pas compte qu'elle scient ainsi la branche sur laquelle elles sont assises, qu'elle compromettent ainsi, non seulement la motivation de leurs salariés, mais également l'expérience, la mémoire de l'entreprise, la créativité, le long terme. Enfin si, leurs dirigeants le savent sans doute, ils sont loin d'être cons à ce point, mais cela n'a plus vraiment d'importance. Car tout ceci ne se voit pas sur un tableau de résultats trimestriels, n'est-ce pas ? Et les tableaux mensuels et trimestriels sont devenus la seule chose qui compte. Le reporting au closing. Finalement, désormais, l'entreprise aussi est jetable[7]. Seul le pognon que les actionnaires se seront mis dans les fouilles au passage a vocation à une certaine perennité.
Mais une fois qu'on a dûment zombifié le salarié, que faire ?
Bien sûr, pour que tous ces salariés licenciés, mis à mort socialement mais pas physiquement, ne se transforment pas en une dangereuse masse organisée susceptible, en fin de compte, de se révolter et de faire péter le système, il faut un certain nombre de choses :
- Les culpabiliser : leur faire penser que s'ils ont abouti au chômage, c'est nécessairement de leur faute (ils sont incompétents, feignants, pas assez formés, trop ceci, pas assez cela...) et en aucun cas la faute du système, qui lui est parfait.
- Leur faire penser que s'ils ne retrouvent pas de travail, c'est là aussi de leur faute, pour des raisons analogues : C.V. mal fait, incompétence à l'entretien, incompétence à la recherche d'emploi, cravate nouée de travers, chaussures pas assez bien cirées, manque de formation, trop cher, pas assez d'expérience, pas assez flexible... En aucun cas la faute du système, qui lui est parfait.
- Leur laisser un peu d'espoir que, s'ils se crèvent suffisamment le cul (stages bidon, évaluations bidon, réunions bidon, sessions de techniques de machinchouette bidon...), ils retrouveront à nouveau un emploi. Car après tout, il y a une justice immanente, en ce monde judéo-chrétien, non ? Travaille bien mon petit, et tu seras récompensé !
- Bien contrôler le chômeur pour en remettre une couche et s'assurer qu'il se sent pleinement responsable de son état, et que les points précédents imprègnent bien son esprit.
En essayant continuellement, on finit par réussir.
Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche.
- Proverbe Shadok
Donc, le système fait tous ses efforts pour créer dans la tête du chômeur l'équation :
- Si je suis au chômage c'est de ma faute et je dois me défoncer pour en sortir, car si j'y reste, c'est de ma faute.
Mis dans une telle situation, le chômeur n'a qu'une obsession : remonter dans le train, et n'a aucune envie de se rebeller contre le système, encore moins de s'associer "entre chômeurs", puisque ce serait s'installer dans la durée de cet état, et que ça, le chômeur ne le veut surtout pas : il se rêve au travail après-demain matin, pas vice-président d'une assoce de chômeurs dans 6 mois...
Et puis, lui, il n'a rien à faire avec tous ces autres branleurs de chômeurs, m'enfin !
Il reste isolé. Donc inoffensif. Sous contrôle. Rien n'est moins dangereux pour le système qu'un individu isolé qui se sent responsable de sa propre "défaillance".
Un chômeur qui cherche du boulot en trouve-t-il ?
Rappelons une autre évidence : Sauf à créer sa propre entreprise, et tout le monde n'a pas vocation à être chef d'entreprise (comme je l'expliquais en partie dans ce billet), le chômeur ne crée pas son propre emploi, contrairement à ce que serinent les fantasmes néo-libéraux.
Ce qui veut dire que :
- S'il y a 60 postes à pourvoir
- Et 100 personnes susceptibles de les pourvoir
- Alors il y aura 40 chômeurs
C'est aussi simple que ça, et les chiffres sont obstinés. Si la société indemnise les chômeurs pour leur permettre de survivre, elle devra indemniser 40 personnes.
Il y a 100 postes, un point c'est tout. Que Monsieur X se crève plus le cul que Monsieur Y (qui est dépressif) pour trouver du boulot, il y a 100 postes et pas un seul de plus, il y a 40 chômeurs et pas un seul de moins. Du point de vue de la société, le nombre de chômeurs ne changera pas du fait des efforts ou de l'absence d'efforts de X ou de Y pour trouver du boulot.
Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien
que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.
- Proverbe Shadok
Soit ce sont toujours les mêmes (flemmards) qui sont au chômedu, soit on fait tourner. Du point de vue de la société, le flemmard est le meilleur, parce qu'on va l'indemniser de moins en moins, jusqu'à ne plus l'indemniser du tout. Alors que le chômeur récent coûte beaucoup plus cher à indemniser. Moralité : Pour la pure rentabilité sociale cynique, mieux vaudrait que ça ne tourne pas trop, que ce soit toujours les mêmes qui restent sur le banc de touche, et qu'on finisse par ne plus rien leur donner après leur avoir bien démontré à quel point c'est de leur faute et qu'ils méritent d'être punis.
La peur du chômage fera travailler les autres davantage et pour moins cher, et les incitera moins à râler. Tout bénef.
S'il n'y pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.
- Koân Shadok
Il n'y a pas 36 solutions pour résoudre un problème de ce genre. Il s'agit d'un problème collectif qui ne peut en aucun cas être résolu par un chômeur individuel.
On peut soit :
- Créer davantage de travail en fabriquant encore davantage de choses inutiles (au mépris des ressources de la planète) et en créant désormais l'obligation légale de changer son téléphone portable tous les trois mois, son ordinateur tous les ans, et sa voiture tous les deux ans.[8]
- Répartir le travail "qu'il y a vraiment" entre les travailleurs disponibles. Arrêter d'en avoir qui bossent comme quatre et d'autres qui chôment pour deux. Ré-par-tir. Donner des loisirs à chacun, du travail à tous.[9]
Ceux qui prétendent qu'une société comme la nôtre s'en sortira en faisant travailler les gens davantage et plus longtemps, et en reculant leur retraite, sont de vrais cons, de vrais menteurs ou de vrais salauds. Le cumul est possible.
C'était pas la peine d'inventer toutes ces usines, toute cette technologie productiviste, toute cette mécanisation, toute cette automatisation, toute cette informatisation et toute cette robotisation pour en arriver là, si ? [10] Bande de trous du cul.
Ceux qui prétendent qu'on puisse avoir une croissance tendant vers l'infini sur une planète dont les ressources[11] sont finies (et dont les ressources énergétiques fossiles seront majoritairement épuisées dans moins de 50 ans) sont les grands frères des premiers. On les appelle généralement des économistes.
Ugh.
Je dis des choses tellement intelligentes
que le plus souvent je ne comprends pas ce que je dis.
- Koân Shadok
Notes
[1] Je présente par avance mes excuses à tous les habitants de ces lointaines contrées, fussent-ils crétins ou non.
[2] Cocher les pléonasmes.
[3] Et tout le monde en connaît autour de soi, il n'y a pas besoin de chercher bien loin...
[4] Terme Novlangue qui signifie "Virer du monde". Pour virer du monde, on peut aussi parler de "Plan de Sauvegarde de l'Emploi".
[5] Pour faire riche, on peut aussi dire outsourcer, outsourcinge. Ca fait mieux. En pratique c'est pareil : ça veut dire, pour les gens qui accomplissent les tâches correspondantes, précarisés et sous-payés.
[6] Bon, puisque je sais qu'il y en a qui vont hurler, veuillez s'il-vous-plaît hurler dans cet espace.......................: [ ==> _ _ _ _ _ <==]. Merci.
[7] Et fusion-acquisitionnable.
[8] Mais avec quel pognon ? C'est une autre histoire...
[9] Cette dernière solution n'étant définitivement pas compatible avec l'économie néo-libérale capitaliste mondialisée, faut-il que je vous fasse un dessin ?
[10] Si "l'Homme des cavernes" travaillait 4 heures par jour, c'était la fin du monde. Le reste du temps, il se grattait les couilles, jouait aux échecs et montait sur madame...
[11] Et la capacité d'absorption des déchets...








Commentaires
Grandiose si vous étiez en face de moi, je vous embrasserais!
j'adore le // avec les shadoks.
répartir, travailler moins..allez, ma citation préférée: "vivre tous simplment pour que tous puissent simplement vivre" Gandhi
Jouissif. J'ai immédiatement fait passer chez Seb le Pyromane...
Je crois que je vais faire mes gremiers virtuels parce que j'ai bien l'impression d'avoir fait le même genre de billet il y a 1 an et 2 ans... ce qui est assez désespérant dans le fond...
@Grabuge :
C'est bien possible... Comme je le dis en introduction, je ne revendique la paternité d'aucune de ces idées très simples, qui méritent seulement d'être répétées encore et encore tellement elles sont inaudibles, noyées sous le discours "dominant".
>
Hélas, la situation générale ne s'est pas fondamentalement améliorée, depuis un an ou deux...
"en créant désormais l'obligation légale de changer son téléphone portable tous les trois mois, son ordinateur tous les ans, et sa voiture tous les deux ans." euh ... ça existe déjà ... pour les bagnoles on appelle ça le contrôle technique ... pour les portables, ça s'appelle la mode ...
pour les zordinateurs, on appelle ça windaube ....
on a créé depuis bien longtemps l'interdiction de réparer pleins de trucs ... mais ça a pas créé d'emplois pour autant ... la "ressource humaine" c'est devenu de la merde , pas comme les vieilles toles , on a jamais vu des braqueurs taxer des prolos sur un chantier, les tubes de cuivre eux ont de la valeur ...
J'ai vu la machine à culpabiliser les chomeurs détruire une infographiste en 6 mois ... au point de lui faire accepter un smic comme esclave chez un imprimeur , ou elle faisait du boulot qui aurait du lui valoir un salaire presque décent ...
j'ai vu les petites mécaniques sordides des antennes ANPE ...
je regarde avec étonnement nos gourous de droite et de gôche "croire" au mythe du gisement d'emploi des services à la personne, sans jamais poser la question de la "solvabilité" de ce "marché" ... envie de vomir ...
Tu t'es vautré (fumiste de chômeur ;-D ) :
Il y a 100 candidats et 60 postes, dans ta démonstration. Encore que mon expérience intime et douloureuse me laisse entrevoir qu'il y a le plus souvent 100 ou 200 candidats pour 1 poste...
Ton papier plairait beaucoup sur actu>chomage, tu sais?
ça fait du bien de rigoler, mais un de ces biens! Je vais en faire un scénar! ça fait vraiment du bien une tranche de, pas une tranche une tronche de Médf non une tanche non pas un poisson vaseux, quoique si! Vaseux et cinique! Et la petite boulotte du medf ellea repris trois fois des nouilles?
@les marques du plaisir :
Oui, même moi qui suis un idiot-bête qui n'ai fait ni Science-Po ni l'ENA ni HEC, je me dis que les mirobolants "emplois de service" qui consistent essentiellement à changer la couche de la mémé ou à lui faire ses courses... Ce n'est pas en prélevant un petit peu de la petite retraite de la mémé qu'on va grassement payer le mirobolant "emploi de service"...
Mais peut-être que si j'avais fait l'ENA, je comprendrais mieux. C'est là que le bât blesse : le manque d'éducation du peuple, moi compris :-p
@Le Monolecte :
Je comparais (fictivement) le nombre de postes existant dans un domaine donné au nombre de personnes qualifiées pour les occuper ; il ne s'agissait pas dans ma comparaison du nombre de postulants pour une annonce ou un recrutement...
>
Eh oui, pitètre, mais si j'écris sur actu>chomage, je mets quoi sur mon blog ? ;-)
Faudra qu'on en recause :-}
Perso, tout comme dans le Monde Citoyen, je file les billets de mon blog, même s'il peut m'arriver de les réécrire pour l'occasion.
@Céleste : Je m'aperçois que j'ai oublié de te remercier pour ton premier commentaire, tout là-là-haut... :-)
La citation du Mahatma est magnifique, également.
Vous devriez lire Pas de pitié pour les gueux. Sur les théories économiques du chômage de Laurent Cordonnier, chez Raisons d'Agir http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/catalog/cordonnier/gueux.html
Tout a fait sur votre ligne et très drôle pour un truc d'économie
L'éditorial du "Monde" sur la victoire de la droite aux élections en Suéde est révélateur de ce que pense "l'élite" en France:
"La défaite de Göran Persson prouve que, malgré un succès incontestable, cette stratégie de forte assistance sociale conduit trop souvent à décourager de travailler. C'est un défaut intrinsèque que la gauche suédoise a manifestement tardé à corriger. C'est aussi une leçon pour les gauches européennes."
Ségo et ses amis "blairistes" avaient certainement déjà compris!
Arbeit macht frei, puisqu'on vous le dit.
En fait non, je ne crois pas. ça marque mal les chômeurs de longue durée. En faisant tourner, ça entretien l'illusion que chacun a sa chance et que c'est bien par sa faute qu'il est "provisoirement privé d'emploi". Alors les emplois aidés, c'est un coup pour les jeunes, un coup pour les femmes, pour les sans diplômes, pour les vieux...
Le premier proverbe shadok est un authentique proverbe de la marine française.
@Hervé : Comme celui-ci ?
Dans la marine il faut saluer tout ce qui bouge
et peindre le reste.
- Proverbe Shadok
Bonjour Swami, tu fais mouche encore une fois. Ceci dit, le devoir de penser la société différemment urge.
''On peut soit :
Créer davantage de travail en fabriquant encore davantage de choses inutiles (au mépris des ressources de la planète) et en créant désormais l'obligation légale de changer son téléphone portable tous les trois mois, son ordinateur tous les ans, et sa voiture tous les deux ans. Répartir le travail "qu'il y a vraiment" entre les travailleurs disponibles. Arrêter d'en avoir qui bossent comme quatre et d'autres qui chôment pour deux. Ré-par-tir. Donner des loisirs à chacun, du travail à tous''
Deux propositions et il est clair que la première, au vu des résultats et au point de gâchis où en est, saute. La dernière alors ! Est-ce pour nous ou pour Minishriva et sa génération ? Sommes-nous prêts pour épargner les richesses de la planète et éviter de produire du gras, du gros et de l'inutile ? Le Mahatma a raison, mais nous sommes loin de résister à nos envies de consommation ( par exemple, les belles galeries à Paris, la rue Saint Honoré, machinchose qui fait saliver et des tonnes de produits dans les grandes surfaces!!! Allez hop, tout ça !!!) que je vois la lutte difficile. Je vais encore sortir des trucs trop alambiqués au risque de ne pas me faire comprendre, bon, je vous souhaite à tous une bonne journée.
Je m'excuse pour la présentation, j'ai mal utilisé les boutons pour l'italique et cie. J'essayerai de faire mieux.
@garçonconfus :
Tu sais que le bouton [Prévisualiser] sert justement à ça... Etonnant, non ? (© Desproges)
L'utiliser avant de valider pourrait te permettre de sembler moins confus à tes lecteurs, justement. Tant il est vrai que bien souvent on ne comprend pas grand-chose à ce que tu racontes, au point que j'en aie parfois envisagé de supprimer purement et simplement certains de tes commentaires que j'ai trouvés obscurs au point de penser qu'ils ne pouvaient rien apporter au débat...
Alors un petit effort de relecture histoire de t'assurer tant de la présentation que de la clarté de tes propos ? C'est d'ailleurs un conseil de portée générale : Se relire ne fait jamais de mal à personne...
"Alors je vais rappeler quelques petites vérités, quelques petites évidences que l'on oublie souvent. Oh, de ces idées, aucune ou presque n'est de moi, et je n'en revendique nulle paternité. Ce qui n'empêche, à mon sens, qu'on ne les entend pas assez souvent."
"Là-bas", j'ai lu ceci:
" François Ruffin - Le climat, qui est le climat d’aujourd’hui, c’est un climat de... de résignation...
Maurice Kriegel-Valrimont - Je vais prendre deux moments.
En 1934, la France a l’air dans une situation pré-fasciste. Et les fascistes se manifestent, et ils essaient de prendre le pouvoir. Il y a des forces, dans l’armée, qui sont candidats, il y a la Cagoule, etc. C’est sérieux ! Et dans l’ensemble, l’état d’esprit n’est pas meilleur qu’aujourd’hui. Ca, c’est 1934. En février 34, c’est la première grande manifestation où se rassemblent les forces syndicales et où ils vont dans l’autre sens. En 36, c’est le Front populaire. En deux ans, non seulement vous avez un recul du fascisme, mais d’une certaine manière en France le fascisme est battu... En deux ans... Si en 34 quelqu’un vous avait dit que deux ans après, en France, ce serait le Front populaire, on vous aurait ri au nez. J’imagine, là, j’ai vu quelques uns de mes gars de l’époque, de mes militants syndicaux, je les ai vus rire. Ils n’auraient pas cru. Ils n’auraient pas cru...
Mais ça ce n’est rien du tout. En 42... Stalingrad est à portée de la conquête des Allemands. C’est-à-dire : c’est fini ! Le monde est sous la botte fasciste... Et en 44, Paris est libéré... (Rires.) Là, j’ai imaginé... vous savez, nous avons été dans la même cellule avec Aubrac, avec Ravanel, à Lyon, et si l’un de nous, un soir, une nuit, s’était réveillé, on n’avait que des matelas. On était trop nombreux pour pouvoir coucher sur le dos, il fallait être couché sur le côté. S’il y en avait un qui changeait de position, il fallait que tout le monde change de position. Bien. Si l’un de nous avait dit que dans deux ans Paris serait libéré, les autres auraient passé le reste de la nuit à rigoler ! C’était invraisemblable... et c’est deux ans (rires). C’est ça ma réponse.... "
Tout ceci pour dire que les choses changent parce qu'il se trouve des gens pour vouloir qu'elles changent.
Dans le même article, il y a aussi cela:
" La question vient, normalement, on dit : « Mais c’était une petite minorité au début ». Ah, ah, qu’est-ce que ça veut dire ?" ... "ne dites pas : « Il y en a peu », dites, ce qui est vrai : « Il y en a quand même et tout de suite ! » C’est ça la réalité ! "
Qu'importe combien nous sommes, qu'importe notre manière d'agir, l'important est que nous soyons là. Et qu'importe si nous ne prêchons que des convaincus, l'important c'est que nous ayons des lieux où nous retrouver, comme ici, comme chez Agnès, ..., ne serait-ce que pour savoir que nous existons et que rien ne nous fera baisser les bras.
Il y a bien des choses qui nous échappent: pourquoi les choses se transforment-elles dans le sens souhaité alors que ce n'est pas le nombre de ceux qui les portent qui est décisif ?
Peut-être vaut-il mieux porter des certitudes plutôt que des espoirs. Etre certain que les choses ne peuvent pas aller indéfiniment dans le sens de la putréfaction s'il y a des gens pour le refuser. Ça demande de la confiance: nous l'avons, certainement, sinon nous ne serions pas à l'écoute de ce site et d'autres, mais il est bon de se le répéter.
A la revoyure!
@Swami
Merci pour ta gentillesse.
Concernant Apollinaire : il est vrai que ce qu'il a écrit est BEAU (en parlant des fusées), mais pour moi, c'est insupportable la guerre.
C'est pour cette raison que j'ai des difficultés à concéder au poète même un chouia d'esthétique. D'ailleurs, je ne savais pas qu'il était dans le merdier de 14!!! Merci pour le retour sur cet épisode de sa vie, j'ai appris des choses donc.
J'espère que cette fois-ci, le garçon confus est mieux dans ses mots.
L’atmosphére générale est au désespoir. Seul un changement de perspective historique peut permettre d’éclairer nos ténèbres. Souvenons-nous que nous avons bien souvent été surpris au cours du XXé siècle. Surpris par l’apparition soudaine d’un mouvement populaire, par le brusque renversement des tyrannies, par l’étonnante renaissance de flammes que l’on croyait éteintes.
Nous devons retrouver cette tradition qui, d’une révolution à l’autre, s’est faite rare dans l’Europe qui l’a vu naître: ne pas quitter le rang des déshérités et ne jamais servir les maîtres!
retrouver cette tradition
Inventons une tradition !!! Une toute nouvelle tradition. Il est possible qu'elle soit en train de prendre forme, amorcée par le relais d'idées qui se fait grâce à l'activisme humain utilisant le net comme moyen.
Je ne suis pas historien et je risque de me tromper, mais il me semble que les mouvements qui ont renversés les tyrannies avaient ou se passaient dans un cadre local, autrement dit ils concernaient un peuple et ses dirigeants (révolution russe, par exemple).
Le cadre global, dans lequel on vit, suscite d'autres interrogations quant à la pertinence et le résultat de nos actions.
Je citerai l'exemple de(s) l'(es) opinion(s) publique(s), j'utilise le pluriel pour l'ajuster au cadre local d'un pays. Au début des hostilités contre l'Irak, des gens sont descendus protester dans les rues pour exprimer leur désaccord.
Résultat définitif : Ils ont perdu, la guerre a gagné. L'opinion publique s'est éclipsée partout dans le monde. Si on parle d'opinion publique universelle, celle-ci ne peut et ne doit s'effacer devant les injustices commises ailleurs. Ce n'est ni plus ni moins qu'une forme de repli sur soi, réconfortée par l'illusion que les conflits sont loin de nos paillassons et ont plutôt une dimension locale.
Il y a beaucoup et surtout MIEUX à dire sur le sujet.
Ca fait rudement plaisir de voir ces idées exprimées, un parce que je les partage, deux parce qu'elles me semblent tout simplement justes et émancipatrices. J'ai écrit avec mon ami Christophe Hamelin, sociologue comme moi, un article sur le traitement des chômeurs qui est publié sur le site d'actuchômage, intitulé "la figure du chômeur, une construction imaginaire". Nous tenons -quoique dans un langage plus formel et plus "scientifique", ce mot me fait bien rigoler - à peu près le même discours que toi et faisons nous aussi des rapprochements avec le totalitarisme - quoique sur des bases différentes. Voilà, en tous cas, ce fut un réel plaisir de te lire, continue comme ça !
L'Histoire n'est pas le sujet de ce billet mais... Swamiji voudra bien tolérer ma réponse à l'amnèsique!
Le mouvement d'opposition à la guerre du Vietnam débuta en 1965 par quelques actions isolées. Mais très vite, en quelques mois, des millions de gens ont protesté contre cette guerre non parce que leurs propres vies étaient en cause mais parce qu'ils se souciaient sincèrement de celles des autres: des Vietnamiens comme des conscrits américains. Après cinquante-cinq mille victimes américaines et plus d'un million de morts vietnamiens; après le plus massif bombardement qu'une des plus grandes puissances de toute l'histoire eut jamais fait subir à un miniscule pays et après s'être montrés incapables de l'emporter miltairement, les Etats-Unis finirent par signer un traité de paix avec le Nord-Vietnam au début de l'année 1973 et acceptèrent de se retirer...
C'est aussi ça l'histoire du XXé siècle. Qui oserait-dire que l'opinion publique et la mobilisation internationale n'a pas joué un rôle dans le retrait des Yankees? Il n'y a pas que la révolution russe...
Bonsoir,
je m'excuse d'avance pour les fautes de francais que je fait au quotidien.
Tres bon texte de Mr. Petaramesh. Bravo ..Clap clap. J'applodie des 2 mains.
Je dirais que je suis d'accord avec tout et que je trouve cela tres bien tourné. En fait c'est exactement ce que je pense et que je n'aurez jamais mis sur le net d'aussi belle maniere. J'aime aussi vos reponses messieurs & medames (?). J'ai deja lu les commentaires ou ecrit de certains d'entres vous sur des sites (? rezo, actu-chomages, ou autres ?) entre autre, Mr Le monolecte et j'adere avec votres vision de l'evolution effarente de notre pays voir de notre Monde. Je lis aussi de ci de la de nombreux autres serieux ecrits alarmants voir dramatique sur de nombreux autres sujets. Alors qui a des solutions ?
A part : - le Bio. - ne pas etre a la mode et con-sommateurs. - le troc. - les carburants aleternatifs voir ecolo. - le chaufage a bois. - le solaire. - l'entraide. - eteindre et jetter sa TV. - vivre dans un tipi ou une grotte. - - ne pas chasser par sport ou amusement. - trier ses dechets. - ne pas voter sarko, sego, et autres politicos. - evitez Big brothers ( trop tard .?)
- ce ne sont que des exemples et sans un ordre precis ni ordres de priorité.
Bref Que faire, comment nous donner une chance de changer grace aux NET les prochaines années a venir tres TRES sombres (fuckin' dark)? Sachant que nos problemes majeurs ( enemy ) seront si jr resumme et synthetise:
- polution donc industrie donc Business - corruption -> Drogue - armes - traffic -> Politic & Business - Education -> Medias - Pub - show business - => Potitic & Business. l'education et la reconnaissance de soi sont obligatoire pour une societe harmonieuse !? - Guerres => politic international & Business international.
Donc qui a des solutions - propositions ? Vous qui me parraissez si juste et si sencé?
Voila desole pour mon intrusion. Sur ce : let's have a spliff. je part m'en griller un que le neo-liberateurs n'aurons pas !
Il est regrettable que le MEDEF ne nous gratifie pas de son nom complet ! Peut-être à cause de l'acronyme que cela génèrerait :
Mouvement des Entreprises Rentables de France
Comme mouvement global, il y a eu aussi 68... ça a bien raté...
Et oui,"comme mouvement global, il y a eu aussi 68..."
Voici l'oeuvre d'un poète américain des années 68 (lauréat du célèbre prix Lamont); Daniel Berrigan.
Ce poème évoque ceux qui "résistent, résistent, résistent" et ceux qui "marchent, marchent et marchent":
Why do you stand
they were asked,and
Why do you walk?
Because of the children, they said, and
because of the heart, and
because of the bread
Because
The cause
is the heart's beat
and the children born
and the risen bread.
Pourquoi résistez-vous / leur demandait-on / Pourquoi marchez-vous?
Pour les enfants, répondirent-ils, et / Pour le coeur et / Pour le pain.
Parce que la cause / C'est le battement du coeur / Et les enfants qui naissent / Et le pain qui lève.
Source: Howard Zinn, "L'impossible neutralité. Autobiographie d'un historien et militant." Ed. Agone Coll. Mémoires Sociales
lorsque dieu a créé les économistes, c'était pour que l'on prenne les astrologues au sérieux.
@Yves : Excellent :-D